A la veille de l’ouverture du synode sur la famille, polémique en vue


Ce livre fondamental est à lire ; il traite du sujet sensible actuel, à savoir la question de l’indissolubilité du mariage et de son rapport avec la vie sacramentelle des Chrétiens.

On se souvient que le Cardinal Kasper avait fait un discours allant dans le sens se l’idée d’un alignement des pratiques catholiques sur celles des pratiques de certaines Églises orthodoxes ; apparemment, ces idées, assez anciennes, ont pu, dans l’ambiance de « réforme de l’Église » qui s’est installée au Vatican, avoir un certain succès médiatique.

Il semble néanmoins que ce succès médiatique ne corresponde en rien à un succès théologique… Puisqu’elles ouvrent tout simplement la porte à une fausse notion de la miséricorde, à un oubli de la notion de péché, à un amoindrissement de la conscience, à une ouverture à un certain relativisme, et à une négation de la croix. Et au bout du compte, à l’impossibilité pour les pêcheurs à accueillir la grâce d’une conversion.

Au sujet des prochaines polémiques du synode de la famille, un autre Cardinal, l’archevêque de New York, Thimothy Dolan, pouvait ainsi dire récemment :

« Les gens ne devraient pas s’attendre à quelconque changement sur la question de l’accès au sacrement de communion pour les divorcés remariés, question très en vogue les derniers mois en prévision du rendez-vous du Synode. »

« personnellement je ne vois pas comment il pourrait y avoir de changement dramatique sans aller à l’encontre de l’enseignement de l’Église. »

Il importait donc de rappeler deux ou trois idées, ce que fait avec constance et intelligence ce livre. Non, l’Église ne peut pas reconnaître le divorce (mais peut légitimement constater la séparation des corps) ni « remarier ». Et cela même justement, au nom de la miséricorde. Il est bien triste de constater que de nombreux média, y compris certains d’entre eux qui prétendent avoir une étiquette chrétienne, cherchent à monter en épingle cette polémique pour en quelque sorte ensuite accuser le pape d’avoir « reculé » face aux promoteurs d’une « vision conservatrice et pharisienne » du mariage.

On entend ici ou là que « la seule chose que ne pardonne pas l’Église, c’est le remariage après divorce », alors même que le clergé est prêt à donner l’absolution à des serial killers. On oublie cependant une chose : pour qu’il y ait sacrement il faut qu’il y ait matière, et pour qu’il y ait sacrement du pardon, il faut une contrition. Si un(e) remarié(e) continue à vivre comme si son mariage (valide) n’existait pas, c’est à dire en reniant un sacrement précédemment reçu, il n’y a pas de contrition donc pas de pardon.

Le vrai débat aura lieu sur les questions de validité du premier mariage. Un mariage peut être reconnu comme nul, a posteriori, si effectivement les conditions de sa validité ne sont pas réunies. La grande question est justement de faire en sorte que les procédures de reconnaissance en nullité – surtout au regard du caractère éminemment mondain de certains mariages, très loin de l’ancrage et de l’engagement chrétiens – ne s’apparentent pas – a minima dans l’esprit des gens – à des reconnaissances de divorce.

 

En prenant un peu de hauteur, nous pouvons facilement nous rendre compte que ce débat est en réalité né de l’infection janséniste qui a atteint les plus hautes sphères pastoralo-ecclésiales. Le sacrement n’est plus vraiment – si on écoute certaines personnes – un gage efficace de l’action divine dans la vie chrétienne, mais une attitude mondaine. A l’époque des apôtres, l’attitude ritualo mondaine était entre autres, la circoncision, qui était impérative ; « ça se fait ». Notre époque n’est pas si différente : on se marie parce que ça se fait, on divorce parce que ça se fait et on voudrait également communier parce que ça se fait. Tout l’enjeu du synode sur la famille sera justement de redonner du sens à la réception des sacrements, qui sont le gage de vie éternelle et aussi source d’un bonheur ici bas, dans notre vie quotidienne, ici et maintenant, cette vie chrétienne qui nous fait participer à la croix. Rappelons qu’à cette croix participent directement et violemment nos frères chrétiens d’Iraq et de Syrie. Portons les dans nos communions.

Laissons donc en conclusion, dans cette perspective, la parole à S. Paul : Gal 6,11-18 :

Vidéte quálibus lítteris scripsi vobis mea manu.  Quicúmque volunt placére in carne, hi cogunt vos circumcídi, tantum ut crucis Christi persecutiónem non patiántur;  neque enim, qui circumcidúntur, legem custódiunt, sed volunt vos circumcídi, ut in carne vestra gloriéntur.  Mihi autem absit gloriári, nisi in cruce Dómini nostri Iésu Christi, per quem mihi mundus crucifíxus est, et ego mundo.  Neque enim circumcísio áliquid est neque praepútium sed nova creatúra.  Et quicúmque hanc régulam secúti fúerint, pax super illos et misericórdia et super Israel Dei.  De cétero nemo mihi moléstus sit; ego enim stígmata Iésu in super córpore meo porto.  Grátia Dómini nostri Iésu Christi cum spíritu vestro, fratres. Amen.

Voyez en quels caractères je vous ai écrit de ma propre main.  Tous ceux qui veulent plaire selon la chair vous obligent à vous faire circoncire, uniquement afin de n’être pas persécutés pour la croix du Christ.  Car ceux-là même qui sont circoncis n’observent point la loi; mais ils veulent vous faire circoncire, afin de se glorifier dans votre chair.  Pour moi, à Dieu ne plaise que je me glorifie, si ce n’est dans la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde.  Car, dans le Christ Jésus, ce n’est pas la circoncision qui sert à quelque chose, ni l’incirconcision, mais la nouvelle créature. Tous ceux qui suivront cette règle, que la paix et la miséricorde soient sur eux, et sur l’Israël de Dieu. Que personne à l’avenir ne me cause de la peine; car je porte sur mon corps les stigmates du Seigneur Jésus. Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit, mes frères. Amen.

De l’élection et la nomination des évêques

Une question écrite à l’Assemblée nationale : Quelles furent les conditions de la nomination de l’évêque de Metz ?


Une seule question, quant à nous : serions-nous revenus au XIXème siècle ? Le retour en arrière, c’est maintenant !

Comment l’Église de France sortira-t-elle de cette difficile position ? Par l’autorité du Souverain Pontife. Que les évêques s’adressent au Vicaire de Jésus-Christ, en lui faisant entendre leurs vœux et leurs désirs, leurs craintes et leurs inquiétudes. Il s’agit de sauver l’héritage de la foi.

MENACÉE dans la loi même de sa perpétuité, que va devenir l’Église de France ? Par quelle issue sortira-t-elle des voies périlleuses dans lesquelles elle se trouve engagée ? Est-elle donc abandonnée sans ressource au milieu des plus redoutables écueils ? Non : Dieu dans sa sollicitude pour son Épouse a pensé à ses besoins d’aujourd’hui, comme à ceux de tous les siècles. Il a préparé un secours permanent à tous ses maux, un rempart assuré contre toutes les attaques auxquelles elle peut être exposée.

« Ils ont dit : Faisons un pacte avec la mort ; concluons un traité avec l’enfer. Plaçons dans le mensonge nos espérances, couvrons-nous de la protection de l’erreur. Mais voici ce que dit le Seigneur Dieu : J’ai placé dans les fondements de Sion une pierre éprouvée, angulaire, fondamentale, et l’espoir des partisans du mensonge sera submergé, et leur alliance avec la mort sera brisée, et leur pacte avec l’enfer sera rompu . » Ainsi prédisait Isaïe. Jésus-Christ, la pierre véritable parut ; et il associa l’un de ses disciples à ce titre glorieux. « Tu es Pierre, lui dit-il, et sur cette pierre, sur toi-même, je bâtirai mon Église . »Ainsi fut garantie l’immortelle durée de l’édifice sacré.

De ce jour c’est contre cette pierre que les portes de l’enfer se sont déchaînées sans interruption : c’est aussi en elle qu’ont espéré les enfants de Dieu. Investie de l’infaillibilité dans la doctrine, Rome, […], a résolu par son autorité souveraine toutes les questions de la foi. Source première de toute juridiction, à elle a toujours appartenu le droit de déterminer quelles lois régiront l’Église.

« C’est à cette Église pour sa puissante principauté, » comme le dit saint Irénée, que toute Église, c’est-à-dire « tous les fidèles de tous les lieux, doivent s’adresser  ; » c’est donc à elle, et à elle seule que l’Église de France doit recourir pour sortir de la dangereuse situation où elle se trouve. Et non seulement la raison de sa sollicitude générale conduit directement au tribunal du Saint-Siège la grande affaire qui nous occupe, mais plus que toute autre matière celle-ci en ressortit naturellement.

Dans tous les siècles, la puissance épiscopale n’a cessé de découler médiatement ou immédiatement de la Chaire de saint Pierre. Le pouvoir des Apôtres, pouvoir immense et extraordinaire, ne s’est éteint après eux que pour venir se concentrer dans l’unique siège qui a retenu le nom d’Apostolique. L’évêque de Rome est véritablement Souverain Pontife, parce que les autres ne sont pontifes que par lui .

De là résultent des droits immenses pour l’Église Romaine sur toutes les Églises. Mais ces droits combien sont-ils plus solennels et plus directs encore, s’il est possible, dans les contrées de l’Occident placées sous la juridiction patriarcale du successeur de saint Pierre ! Évêque de Rome, Métropolitain des Églises suburbicaires, Primat d’Italie, le Pape, outre son titre œcuménique de Chef de l’Église, est encore le pasteur ordinaire des Églises d’Occident. En sa qualité de Patriarche de nos Églises, il peut exercer sur elles des droits immenses dont l’usage, quoique souvent interrompu, n’en est pas moins appuyé sur les monuments les plus authentiques. Cette prérogative trop peu étudiée rehausserait seule la puissance du Pape sur nos Églises au-delà de ce que les Décrétales ont offert de plus fort .

Il est un titre qui place l’Église de France dans une dépendance immédiate de l’Église Romaine : c’est son origine.

Quelle Église, demande Bossuet, a enfanté tant d’autres « Églises ? D’abord tout l’Occident est venu par elle, et nous « sommes venus des premiers . » Ce n’est point ici le lieu de redire les noms et les travaux des innombrables apôtres qui descendirent des Alpes, comme autant de sources bienfaisantes destinées à porter la fraîcheur et la fertilité aux terres qu’elles ont à parcourir. Que nos Églises consultent leurs fastes, qu’elles remontent à la première page de leurs annales : elles y verront que le siège de Pierre est le cep dont elles sont les branches ; que jointes à lui par un lien indissoluble, elles n’ont de vie que celle qu’elles tirent de sa puissante végétation.

Aussi la tradition nous apprend-elle que dans tous les temps, c’est au Pontife Romain qu’a été dévolu le soin de régler la forme des élections épiscopales. Les Sirice, les Innocent, les Zozime, les Léon dans leurs immortelles Décrétales ont tour à tour expliqué et. modifié à cet égard les antiques règles de la discipline . Les Innocent III, les Grégoire IX, ont organisé les élections capitulaires. D’autres Papes ont établi les réserves, rédigé les concordats, ou maintenu les élections. Partout l’action du Saint-Siège s’est fait sentir d’une manière souveraine dès qu’il s’est agi du mode à observer dans la provision et l’élection aux bénéfices.

Rien d’étonnant après tout, puisque le Pontife Romain est le pasteur suprême du troupeau ; puisque dans l’Église l’action de chaque évêque n’est que celle du Pape, en qui Pierre vit, parle et régit toujours, comme l’enseigne saint Léon dans ses immortels sermons ; puisque enfin, comme nous l’apprend le saint Concile de Trente, c’est l’autorité du Pontife Romain qui établit tous les pasteurs de toutes les Églises

Évêques de France, vous sur qui repose dans ce moment la responsabilité de l’avenir d’une immense Église, ne tardez donc pas. Adressez-vous promptement au Siège Apostolique. Faites entendre au Vicaire de Jésus-Christ vos vœux et vos désirs, confiez-lui vos craintes et vos inquiétudes. Conduisez à ses pieds vos troupeaux fidèles, et demandez-lui de ne pas les laisser exposés à la dent des loups. Il ne s’agit plus de traités et de négociations diplomatiques ; il ne s’agit que de satisfaire le tendre amour que vous avez pour nous ; bientôt vous nous laisserez seuls au milieu de ce monde que vous avez vaincu ; ne nous quittez pas sans avoir assuré à notre faiblesse des soutiens et des protecteurs. Désormais les vicissitudes d’une société qui se dissout n’ont plus rien de commun avec le sort de l’Église ; cette grande affaire n’est plus qu’une affaire de famille. Elle est toute entre vous et celui qui est votre père et le nôtre. Hâtez-vous donc de verser dans son sein le secret de vos douleurs, de lui dire que sans lui nous périssons. Rome vous entendra. Elle viendra à notre secours. Notre héritage ne sera plus donné à l’étranger ; nos pasteurs seront à nous, et lorsque vous nous quitterez pour passer à un monde meilleur, vous emporterez la consolation d’avoir arraché vos Églises au plus affreux des dangers, de leur avoir assuré une longue suite de jours dans l’unité de la foi et de la charité de Jésus-Christ. (Source)

Bref : qui a raison ?


Le ministre des cultes…


Ou le prophète ?

Inventé de A à Z !

« Inventé de A à Z ! » s’est exclamé Mgr Gänswein, Préfet de la Maison Pontificale et Secrétaire de Benoît XVI, à la lecture de l’article de Zenit rapportant une soi-disant expérience mystique de Benoît XVI qui serait à l’origine de son retrait. Et il ajoute : « Il n’y a pas un mot de vrai dans cet article ».

Le prélat était interrogé par la chaine de télévision italienne « Canale 5 » au cours d’une visite à Castel Gandolfo où il a célébré le 36e anniversaire de la dédicace de l’église « Madonna del Lago », un pèlerinage marial au bord du lac d’Albano.

On se souvient que le 19 août dernier, l’agence romaine « Zenit » avait défrayé la chronique avec une « nouvelle sensationnelle » : une personne qui avait tenu à rester anonyme, avait eu le privilège de rencontrer le Pape émérite Benoît XVI dans son couvent « Mater Ecclesiae » et prétendait que ce dernier avait pour la première fois évoqué les coulisses de sa renonciation à la charge pontificale. Benoît XVI lui aurait confié : « Dieu m’a dit de la faire ». Selon cette personne, il ne s’agissait pas d’une « apparition », ou d’un phénomène semblable, mais plutôt d’une « expérience mystique » par laquelle Dieu aurait « éveillé dans son cœur un désir absolu » de se retrouver « seul à seul avec Lui ».

Ces mots ont fait le tour du monde et avaient déjà suscité la réaction de Peter Seewald, biographe de Benoît XVI : « Que dire ? Que tout cela ne sont que des bêtises inventées de toutes pièces ! » Ce que les déclarations de Mgr Gänswein viennent de confirmer de façon définitive.

Reste la question de savoir pour quelles raisons certaines informations sont ainsi données en pâture au monde entier. Des informations qui, de plus, se caractérisent par un profond manque de respect à l’encontre de Benoît XVI.

L’agence Kath.net (plus sérieuse quant à sa ligne éditoriale et la qualité de ses informations) pose judicieusement la question de savoir pour quelle raison une telle information a été mise au grand jour et demande s’il ne s’agissait pas de discréditer l’ancien Pape.

Chose étrange, cette information est arrivée quelques jours après la fin des JMJ (à Rio du 22 au 29 juillet) et durant le repos estival et donc temps de silence du Pape François, à un moment où l’agence « Zenit » semblait commencer à tourner en rond, notamment en relatant la biographie de Nelson Mandela. On aura remarqué que depuis le début de l’année 2013, « Zenit » agrémente son bulletin quotidien de petites citations qui n’ont rien ni de biblique, ni de théologique, ni d’hagiographique ou de philosophique (de Don Camillo, au Seigneur des Anneaux, en passant par Sister Act, Marcel Pagnol, le Roi Lion ou Clint Eastwood…). Certaines traductions semblaient elles-aussi déjà légères par le nombre d’erreurs qu’elles contenaient.

L’agence « Zenit » créée pour « nourrir l’espérance et aider l’humanité à trouver la vérité, la justice et la beauté » grâce au message du Souverain Pontife, semble être un peu à côté de son but. D’autant qu’elle précise encore son objectif « de recueillir et de diffuser les informations avec professionnalisme, avec fidélité et au service de la vérité » sous des catégories telles que la bioéthique, genres, histoire, idéologies, environnement.

Créée par les Légionnaires du Christ (mouvement fondé par le Père Maciel qui a beaucoup défrayé la chronique), la rédaction de « Zenit » annonce aujourd’hui fonctionner de manière indépendante et sans but lucratif grâce à trois femmes (Anne Kurian, Anita Bourdin et Hélène Ginabat) sans mentionner le moindre contrôle de l’Eglise ou au moins la tutelle d’un responsable religieux. Certains journalistes de renom, tel que par-exemple Jean-Marie Guénois (« Le Figaro » ) bien au fait de l’histoire de cette agence, s’était déjà interrogé quand à la gestion financière de celle-ci : « Le plus inquiétant est que cette agence gratuite, très connue en France, qui livre des informations sur la vie de l’Eglise, demande en retour de l’argent à ses lecteurs sans jamais dire qui elle est vraiment ».

Force est de constater que « Zenit » réclame et récolte sans cesse beaucoup d’argent pour des informations qui semblent parfois aléatoires et provenant de sources qui ne justifient pas des frais de fonctionnement aussi élevés : à Rome la plupart des informations sont accessibles gratuitement et en outre, de nombreux sites de qualité (à commencer par celui du Saint-Siège) proposent aujourd’hui toutes sortes de d’informations (conférences, actualité des églises locales…) sans que cela ne justifie des centaines de milliers d’euros pour palier à des frais de traduction ou bien encore des frais de fonctionnement ou techniques aussi élevés.

« Zenit » semble avoir voulu frapper un grand coup : c’est un coup de sabre dans l’eau qui instrumentalise de façon irrespectueuse Sa Sainteté Benoît XVI ; cela justifie aujourd’hui de sérieuses explications du représentant moral de cette structure et de sa gestion financière, par respect vis-à-vis de l’Eglise et des nombreux donateurs.

Source : Proliturgia. http://proliturgia.pagesperso-orange.fr/styled-5/debut.htm

Recognitio de la nouvelle bible de la liturgie

Vu sur le site de CEF :
http://www.liturgiecatholique.fr/Nouvelle-traduction-liturgique-de.html


Le 17 juillet 2013

La Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements vient de faire parvenir au Président de la Conférence des Évêques de France la recognitio de la nouvelle traduction liturgique de la Bible dans sa version intégrale.

Cette approbation du Saint-Siège vient couronner les efforts d’un énorme travail débuté il y a maintenant plus de 17 ans.

En effet, jusqu’à présent, seuls les textes du Nouveau Testament et 4000 versets de l’Ancien Testament et des lectionnaires étaient regroupés dans un ouvrage, la Bible de la liturgie, édité en 1993.

Très rapidement, la nécessité d’un texte intégral pour la liturgie fut exprimée par les évêques de la Commission Internationale Francophone de Traduction Liturgique (CIFTL, aujourd’hui CEFTL) et, en 1996, cet ambitieux chantier de traduction fut lancé.

Durant toutes ces années, et jusqu’à aujourd’hui, ce sont près de 70 experts, liturgistes, exégètes, écrivains et poètes venus de France, de Belgique, du Canada, du Luxembourg et de Suisse qui se lancèrent dans cette lourde entreprise. L’ensemble de la nouvelle traduction fut, dès 2005, soumise aux différentes Conférences épiscopales francophones, pour être finalement validées par elles à l’automne 2012, après l’étude de plus de 4.000 remarques et de nombreux échanges avec la Congrégation.

50 ans après l’ouverture du Concile Vatican II, cette nouvelle Bible intégrale dans sa traduction liturgique est, pour citer le P. Jacques Rideau, directeur du SNPLS « un fruit de Sacrosanctum Concilium et de Dei Verbum ; elle signe ce lien intime que l’Écriture et la Liturgie entretiennent l’une avec l’autre ».

Cette nouvelle traduction est une première étape avant la publication des nouveaux lectionnaires.

La Bible, traduction officielle liturgique paraîtra à la fin du mois de novembre. Elle sera également progressivement mise en ligne sur le site de l’AELF et sur liturgiecatholique.fr, afin que chacun puisse se l’approprier.

Frédéric Bergeret

Secrétaire général de l’AELF

Journées d’étude autour du Manuscrit du Puy

Journées d’études autour du « Manuscrit du Puy »

du jeudi 11 au samedi 13 juillet 2013

Le Puy-en-Velay


Dominique Vellard

avec la participation de

l’Ensemble Gilles Binchois, sous la direction de Dominique Vellard,

la Maîtrise de la Cathédrale du Puy (dir. Emmanuel Magat),


La maîtrise de la cathédrale du Puy, dir. Emmanuel Magat

Wulf Arlt, musicologue (Bâle)

Felix Heinzer, professeur en philologie (Freiburg)

Philippe Canguilhem, musicologue (Toulouse)

Vous pouvez télécharger le programme détaillé de ces journées exceptionnelles organisées par le Centre de musique sacrée du Puy-en-Velay sur son site internet : http://www.centredemusiquesacreedupuy.fr


Le bulletin d’inscription est ici :
http://www.scholasaintmaur.net/?attachment_id=2219

Qu’est-ce que le Centre de musique sacrée du Puy ?


Julien Courtois

Créé en 1997, sous l’impulsion du chef de chœur et musicien, Emmanuel Magat aujourd’hui maître de chapelle et directeur de la Maîtrise de la Cathédrale du Puy, le Centre de musique sacrée du Puy-en-Velay a pour objectif d’encourager la valorisation, la restitution, la diffusion et la création du patrimoine musical lié à la Cathédrale Notre Dame du Puy.

L’étude et la restitution d’un fonds de musique ancienne comprenant plus de 700 partitions inédites du XVIIIe siècles

La diffusion des œuvres appartenant à ce fonds

L’organisation de colloques internationaux avec le concours de l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand

La formation diocésaine des acteurs musicaux de la liturgie

La création contemporaine est également au cœur des activités du Centre de musique sacrée. Plusieurs commandes, comme la Messe du Puy de M. Godard ou la Messe du Jubilé de N.-D. du Puy 2005 de Y. Lafargue lui ont été ainsi confiées par le diocèse du Puy.

En septembre 2008, le Centre de musique sacrée du Puy-en-Velay s’est restructuré et s’est vu confié par Mgr Brincard, évêque du Puy, les 4 missions suivantes :

  • Valoriser le patrimoine musical de la cathédrale et du diocèse
  • Former les chantres et organistes liturgiques du diocèse
  • Animer des liturgies diocésaines et une saison de concerts spirituels
  • Chanter, grâce aux chœurs d’adultes

La direction des chœurs a alors été confiée à Julien Courtois.

McKinsey, le cabinet en stratégie du S. Père

Plusieurs ont suivi dans le blog « Chiesa » la « bombe » déclanchée par la publication des propos du Saint Père avec une délégation de la CLAR (http://benoit-et-moi.fr/2013-II/articles/le-pape-franois-dialogue-avec-la-clar.html )qui évoque la réalité du lobby gay au Vatican.

Vous me permettrez de ne pas être surpris. Cette « bombe » n’en est pas une : évidemment il y a un groupe de pression homosexualiste au Vatican comme dans beaucoup d’autres endroits de l’Église catholique (http://benoit-et-moi.fr/2013-II/articles/les-voeux-de-rv-au-cardinal-daneels.html ) (http://eponymousflower.blogspot.fr/2012/04/another-homosexual-affirmed-on-parish.html ) (http://www.crisismagazine.com/2013/cardinal-mahonys-la-cosa-nostra ). Curieusement ce sont souvent ces personnes incriminées qui furent les plus enthousiastes au moment de l’apparition de saint Père à la loggia de S. Pierre du Vatican, et qui l’encensent pour son « style » franciscano-jésuite cf : http://rorate-caeli.blogspot.com/2013/03/someone-is-very-happy.html

Bref, ce n’est pas le lieu ici de lever toutes les pierres pour voir dessous grouiller des armées entières de fourmis qui s’organisent et travaillent assidûment contre l’Église. En tout cas l’affaire du Lobby Gay est repris par Sandro Magister dans Chiesa : http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1350536?fr=y


Le Cardinal Marx recevant la barrette cardinalice des mains du pape Benoît XVI

Mais ce qui frappe le plus dans cet article de Chiesa, ce n’est donc pas l’aveu des turpitudes de certains ecclésiastiques par le saint père, qui est loin d’être un scoop… C’est bien la façon dont semble se dessiner la réforme de l’Église. Sandro Magister explique que le Cardinal Marx, membre pour l’Europe du panel de 8 cardinaux nommés par le pape pour mener à bien la révision d e la curie a sollicité les conseils un ancien consultant du cabinet de stratégie Mc Kinsey : Thomas von Mitschke-Collande, auteur d’un livre au titre choc : l’Église catholique cherche t’elle à s’auto dissoudre ? Évidemment, ce genre de titre en rappelle d’autres notamment des titres de livres de réflexion sur la liturgie qui étaient paru sil y a pas si longtemps du type de : Peut on continuer à aller à la messe le dimanche sans perdre la foi ? par don Nicola Bux (le titre du livre édité en français était nettement moins… militant.) Intéressé par le personnage, et voulant en savoir plus, j’ai trouvé une interview ancienne (septembre 2012) de Mitschke sur le blog Pray Tell, que je vous propose ci-dessous avec une traduction, des mises en gras et les habituels commentaires.


Septembre 2012 [Cet entretien date d’avant le changement de pape. Ce qui le rend croustillant]

Entretien avec Thomas von Mitschke-Collande sur la réforme de l’Église

Un consultant bavarois analyse la crise de l’Église.

Est-ce que l’Église catholique est en train de sortir du jeu ? C’est le titre provocateur d’un nouveau livre. L’auteur est un ancien consultant de chez MacKinsey, [Pour ceux qui ne voient pas biend e quoi on parle Mc Kinsey est le cabinet de stratégie de référence dans le monde entier. D’origine américaine, ses collaborateurs sotn triés sur le volet et conseillent les plus grands groupes industriels et de service dans le monde entier, ainsi que les plus grosses fortunes. Il n’est pas banal de voir une personne qui a frayé avec les plus riches de se voir convoqué pour conseiller à terme le pape des pauvres.] Thomas von Mitschke-Collande qui a conseillé la conférence des évêques allemande et plusieurs diocèses. Dans cet entretien, l’homme de 62 ans propose son diagnostic et suggère un traitement pour la crise de l’Église.

M. von Mitschke-Collande, êtes vous comme le suggère le titre de votre nouvelle publication, le sarrasin catholique ?

Si ce livre déclenche le même débat à l’extérieur ou à l’intérieur de l’Église, si il est aussi controversé, alors la comparaison ne me posera pas de problème. Mais en cas contraire je ne voudrais pas que nous soyons « logés à la même enseigne ». [L’auteur n’hésite donc pas apparemment, à taper dans la fourmilière !]

Quel est votre sujet ?

L’Église officielle devrait reconnaître la gravité de la situation et saisir l’occasion pour envisager le futur non pas avec un comportement référent au passé, mais dans une stratégie d’avancée. L’Église n’a pas de problème de demande, mais un problème d’offre. [Une vision des choses qui est évidemment très business, et on devine encore chez l’interlocuteur une volonté un peu provocatrice, qui est très loin de la « langue de buis »] Elle atteint de moins en moins de personnes, telles qu’elles sont, avec leurs espoirs et leurs besoins. En réalité, l’Église devrait être en plein boom. [L’Eglise a un potentiel pour faire de bons produits, mais elle n’a pas de business plan…] Bien plus qu’auparavant, les gens sont en quête de spiritualité, de communauté, de direction. Ce que je traite est entièrement décrit dans la première phrase du livre : « Je préférerais casser la loi de l’Église plutôt que le cœur d’un homme ». C’était la ligne de conduite pastorale de mon dernier curé. [Mitschke semble donc penser que le problème de l’Église est avant tout un problème disciplinaire… Mais attendons pour la suite pour voir.]

Tous ceux qui lisent votre livre ont l’impression que vous avez fini par perdre patience avec votre Église. Est-ce que ce fut un moment décisif ?

En fait non. Ce livre a évolué petit à petit, à partir des conférences, publications, observations et discussions de ces dernières années. Dans certains endroits, les expériences illustrent le contenu, spécialement en ce qui concerne le contexte de la planification régionale avec mon évêque diocésain Mgr Konrad Zdarsa à Augsburg. J’ai pu expérimenter l’impuissance des fidèles face aux décisions de l’autorité épiscopale, le désespoir de beaucoup de catholiques engagés qui sont passés à la colère et à la déception. [Mitschke semble également déoncer un certin autoritarisme clérical. Son expérience provient avant tout de difficultés d’ordre local, cela ne concerne pas vraiment judsqu’ici un problème d’ordre universel]

Qu’est ce qui aurait pu être fait de façon différente ?

On a mais la charrue avant les bœufs. Plutôt que d’intégrer les gens depuis le début, on leur a dit c’est comme ça désormais. [Cela rappelle tout de même furieusement ce qui a pu se passer en France notamment dans els années 1970, où le grand chambardement a surtout été l’œuvre du clergé, contre l’avis des fidèles. Cf. Mgr Gaidon http://www.editions-emmanuel.com/f/index.php?sp=liv&livre_id=134 ] Maintenant, il n’y a pas grand-chose qui se déroule en conformité avec le plan initial, et c’est dû au fait que beaucoup de catholiques du diocèse d’Augsburg ne sont pas impliqués et ont protesté. Cependant il n’y a pas de révolutionnaires. [ Mitschke ne parle donc pas des initiatives dites populaires en faveur du mariage des prêtres, de l’intégration des divorcés remariés ou encore de la reconnaissance des « droits » homosexuels dans l’Église etc… qui fleurissent un peu partout en Allemagne et en Suisse] Évidemment, on devrait faire de plus larges zones pastorales. LA question fondamentale, c’est : comment faire pour établir et promouvoir la vie de l’Église à la base ? C’est à partir de là seulement que des structures hiérarchiques devraient se développer.

Vous diagnostiquez chez preneurs de décision de l’Église des mécanismes puissants de répression. Comment voulez vous vous en débarrasser ?

Les données que j’ai réunies ne sont pas nouvelles. Mais j’espère que leur synthèse compacte n’affaiblira pas leur effet. Nous avons une crise de la foi et une crise de l’Église. Les deux sont liées et les deux doivent être traitées de façon simultanée. [doctrine et ecclésiologie sont profondément dépendantes l’une de l’autre. Et j’ajouterais : qu’elles sont également en lien fort, justement, avec la liturgie] Et de l’autre côté, nous avons un problème de ressource.

L’Église catholique en Allemagne a désormais quatre fois plus d’argent – ajusté à l’inflation – qu’en 1960. Pendant la même période, la participation des fidèles à la vie de l’Église est tombée de 50% à moins de 13% aujourd’hui. [la ressource qui pose problème en tout cas en Allemagne, ce n’est pas l’argent. Allons même plus loin c’est probablement l’argent qui pourrit l’Église en Allemagne.] Si bien qu’on a un problème de relationnel et de communication. C’est là que devraient commencer les délibérations. Il ne s’agit pas de se conformer à l’esprit de l’époque. L’Église doit, sur la base de l’Évangile, interagir avec le siècle, répondre aux questions que les gens se posent aujourd’hui, et comprendre.

Vos propositions cherchent à changer la culture de l’Église sur la façon dont elle réalise des choses. L’expérience montre qu’un tel processus demande du temps. Qu’est ce qu’il faudrait faire d’abord ?

Les responsables devraient d’abord avoir le courage de faire face au diagnostic. Peut être que l’image dans son ensemble n’est pas complète, mais elle est consistante. Le point de départ, c’est le changement de la façon de s’envisager soi même. L’Église existe pour les gens, elle doit de nouveau être plus évangélique, simple. [En tout cas en France, il est clair que l’Église se voit encore comme une sorte de condition sine qua non de la cohésion sociale, alors même que la classe politique lui refuse désormais ce rôle. L’Église dans sa structure hiérarchique, en croyant par là adopter une tactique qui lui permettrait de conserver ses acquis n’ose pas de parole contestatrice. L’action dans la société ne doit jamais être faite « en tant que chrétien ». C’est l’héritage philosophique – discutable aujourd’hui – de Maritain. Nos clercs nous ont expliqué pendant plus de 30 ans qu’il fallait renoncer à vivre en chrétienté, et pourtant, ils font tout comme si la chrétienté existait encore. L’Église doit donc entrer dans une logique de conquête évangélique du monde qui l’entoure et non pas vivre comme si tout allait de soi, dans une structure d’apologétique défensive] Nous avons besoin d’une théologie de l’échec et de la compassion afin d’être de nouveau crédibles. [On ne voit pas très bien de quoi il veut parler. La théologie de l’échec, par exemple si c’est la prise en compte et la reconnaissance au niveau pastoral par exemple des échecs de mariages ou de l’éducation… C’est alors une façon d’intégrer la contrainte. Par contre, si c’est la prise en compte même de la réalité de la relativité du monde par rapport à la radicalité évangélique…. Ca devient intéressant. Et réellement théologique.] Ce n’est pas synonyme avec l’affaiblissement des principes dogmatiques, on peut s’inspirer de l’Église orthodoxe. [Pendant 40 ans on nous a expliqué que l’Église latine n’avait rien compris et que le bon modèle c’était l’orient. Bon, il ne faut pas rêver : dans l’orthodoxie il ya aussi de graves problèmes ecclésiologiques, mais aussi et donc : doctrinaux] Alors l’Église a besoin de devenir davantage catholique et pas romaine.

Qu’est ce que vous voulez dire ?

Vous ne verrez jamais une entreprise multinationale avoir un hymne national approuvé par le quartier général. [Principe de subsidiarité. C’est dans la doctrine sociale de l’Église. C’est aussi clairement la vision de Vatican II tant pour la question liturgique que la question de la direction de l’Église. Mais tout ça reste à appliquer….]
Le sommet ne devrait pas contrôler tout mais se concentrer sur la préservation des vérités de base. L’Église s’est superbement développée lors du premier millénaire sans le centralisme. [Je n’oublie pas que je suis un mérovingien, né trop tard, dans u onde trop vieux.] « Catholique » signifie aussi l’implication de tous, l’appel à chacun, [On nous dit il n’y a pas de crise des vocations, il n’ya qu’une crise des réponses… Ca reste donc à démontrer : est ce que l’Église, nos prêtres, nos pasteurs, appellent vraiment ? Et cet appel, est il dans un esprit administratif ou réellement pneumatologique ? J’ai la réponse. Vous voyez laquelle…] pas seulement l’existence d’une tête. (…)

Vous défendez la« désobéissance loyale ». Un consultant d’affaires perdrait immédiatement son job s’il conseillait au salariés de son client de s’opposer davantage à ses patrons.

Ca va peut être vous surprendre, mais une règle fondamentale de la société Mc Kinsey est justement : un employé est contraint d’objecter qu’il a une opinion différente de son chef. Et ce dernier est contraint de prendre en compte la critique. [Beaucoup de blogs dans le milieu catho sont de façon reflexe seulement et uniquement la voix de son maître. On n’ose plus rien dans le catholicisme français, rien d’autre que de dire ce qu’a déjà dit le Cardinal par exemple. Or il faut être capables de propositions, de déplacer els lignes. Le sensus fidei n’est pas uniquement clérical. Mais pour cela il faut aussi accepter la véritable obéissance. Et c’est ce hiatus qui existe aujourd’hui dans l’Église entre initiatives des laïcs et la capacité des clercs à se faire obéir qui stérilise la vie et la mission chrétiennes.]

Qu’est ce que ça pourrait donner, si on l’appliquait à l’Église ?

Nous parlons de réformes depuis des années et rien ne se passe. Au bout d’un moment, il faut bien faire quelque chose. Aujourd’hui nous avons une sorte d’esprit de pré réforme partout. Il ya suffisamment d’écueils. Et il y aussi des puissantes possibilités de communication. De chez les catholiques en colère, viendront des catholiques courageux. Pour que quelque chose commence à rouler, il nous manque peut être seulement une figure charismatique comme François [cet entretien était avant l’élection papale] ou Martin Luther [je préfère nettement le premier. Parce que justement, le second ce fut une initiative probablement justifiée mais qui ne fut pas capable de sensus Ecclesiae et qui à terme a emporté avec lui toute une civilisation. L’Europe ne s’en est toujours pas remise.]. N’oublions pas. Beaucoup de saints furent d’abord des outsiders rebelles. [Ou pas. Des gens énergiques, avec une grande créativité, une capacité d’action, un goût pour aller au bout des choses, qui parfois ne fut pas compris. Mais le mot rebelle s’applique davantage à mon sens, aux pécheurs et à Lucifer.] Mais on en devrait pas non plus exclure la possibilité que l’Esprit Saint vienne de nouveau et nous donne un révolutionnaire aussi attachant que Jean XXIII sur le siège de Pierre. [L’a t’on désormais avec François ? L’avenir nous le dira] Nous n’avons pas un problème de connaissance mais un problème d’action.

Le Habemus papam avec les séminaristes français de Rome

A revoir sur le site de France 2 : Le Habémus papam avec les séminaristes français de Rome. On pourra noter une petite phrase très bien vue de l’un d’entre eux : ce qui est important, ce n’est pas la prêtrise des femmes, ce qui est d’actualité, c’est de rendre l’Eglise attractive. Et .. Séquence suivante : classe de chant grégorien ! CQFD ! JE ne sais pas si dans la réflexion du journaliste ces deux éléments étaient à relier entre eux mais en tout cas, quant à nous, le lien nous le faisons…

Rappelons que le séminaire français de Rome fut un lieu très important pour le chant grégorien, puisque ce sont les séminaristes français qui contribuèrent, via la visite de moines de Solesmes, à la ville éternelle de se réapproprier le chant propre du rite romain à l’époque de la controverse franco germanique sur les mélodies authentiques.

Les plus anciens d’entre nous reconnaîtront également la brillante prestation de M. l’abbé Guillaume Dupont, diacre, (et assidu à la classe de chant grégorien dans al vidéo !) avec qui nous avons partagé les moments très forts du Triduum pascal à Saint Quentin Les Sources, avec l’abbé Bruno Bettoli, le curé de l’époque. Nous sommes nombreux à avoir une nostalgie certaine pour ces moments particuliers de grâce, d’une célébration de la liturgie entièrement conforme à la liturgie romaine dans sa forme ordinaire, sans hésitation aucune à déployer convenablement le rite dans une cohérence d’ensemble comme dans les détails les plus porteurs. Souvenez vous : http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/samedi-saint-et-dimanche-de-paques/

L’abbé Dupont sera ordonné prêtre en juin prochain, prions pour lui.

Ici : répétition pour le Te Deum du séminaire français.

sfr

La vidéo est ici : Il était une foi (France 2)http://www.france2.fr/emissions/13h15-le-samedi-le-dimanche/diffusions/31-03-2013_49392

Préparons-nous au martyre

P. de Plunkett aimerait bien… Mais non. Je crois que l’homélie d’hier soir à la chapelle sixtine montre bien que notre pape ne va pas si facilement pouvoir être classé selon nos critères européens : pour être un pape proche des pauvres, il faudrait être un pape a-liturgique ? C’est une lecture superficielle. Nos commentaires et mises en gras, comme d’habitude.

Le nouveau pape continue à bousculer les traditions liturgiques délibérément, pour faire passer un message essentiel. [Nous avons ici un procédé littéraire dialectique. Pour faire passer un message essentiel, il faudrait « nécessairement » bousculer la liturgie. Cela signifie donc, si on comprend bien le message que fait passer P. de Plunkett (et non le pape)  que la liturgie serait un obstacle à l’essentiel ? Cela paraît plus que discutable… Et tellement contraire aux enseignements des papes qui ont précédé François, bien sûr mais également en contradiction formelle avec Vatican II…] Le protocole voulait qu’il parle assis, mitre en tête et crosse en main ;  le pape François, pour son homélie aux cardinaux dans la Chapelle Sixtine, a parlé sans mitre, sans crosse, et debout à l’ambon comme un simple curé de paroisse. [Ce protocole est applicable si il parle entant qu’évêque de Rome. Or, la messe d’inauguration du pontificat, c’est le 19 mars, pour la S. Joseph. P. de Plunkett n’aura pas remarqué non plus qu’il n’y avait que 6 cierges sur l’autel et non pas 7, comme dans le cas où l’évêque du lieu célèbre pontificalement, et que le pape n’est pas revêtu du pallium… Bref, Patrick, tournez votre langue 7 fois dans votre bouche avant de faire des affirmations aussi tranchées… ] Sa liberté envers les traditions s’était déjà exprimée hier au balcon de Saint-Pierre (voir ce blog : note du 13/03) ; cet après-midi elle s’est exprimée à nouveau, et avec une grande force symbolique. [En vérité, nous nous rendons compte que nous avons un pape jésuite, c’est à dire un pape dont la spiritualité est marquée non pas par la patristique, les usages et la spiritualité la plus ancienne de notre vielle Europe, mais un pape marqué par la devotio moderna du XVIème siècle, la fougue d’un Ignace et d’un François-Xavier. Quelque chose de complémentaire par rapport à Benoît XVI, une même foi, une même énergie, un même attachement à l’authenticité mais qui s’exprime de façon différente. Par ailleurs et par pitié, laissons lui un peu de temps pour enfiler les vêtements du pontife romain. Il était jusqu’à une date récente archevêque d’une grande ville d’Amérique… se déplaçant  en métro. Qu’il y ait un temps d’ajustement – souvenons nous de la tempête qui a soufflé à Rome à l’arrivée de Jean-Paul II… Ca a pas mal décoiffé…  – c’est naturel. ]

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Par ailleurs n’oublions pas une chose essentielle : notre pape est un religieux, pas un membre du clergé diocésain, donc un ascète. En plus de ça il est jésuite. Et les jésuites c’est le seul ordre religieux qui a obtenu du pape à sa création  la dispense de la liturgie communautaire. Il n’a donc aucune éducation à l’ars celebrandi. Concrètement, ce n’est pas qu’il ne veut pas – et apparemment il aura du mal ! – mais il ne sait pas faire. Alors évidemment, après Benoît, qui a écrit et promu les plus belles avancées en matière liturgique au XXème et XXIième siècle, c’est un peu passer au régime sec. On passe concrètement du pure malt 18 ans d’âge au Label 5… On est donc tout à fait en droit de le regretter…

Mais n’oublions pas que lorsque Benoît XVI est arrivé au trône de Pierre, tout le monde aurait voulu qu’il nous fasse du Jean Paul II. Il ne l’a pas fait, et il a fait autre chose. Il a fallu que nous nous y habituions. N’attendons donc pas de François qu’il nous fasse du Benoît ; il nous apportera autre chose   Mais c’est tellement simple pour les chroniqueurs qui ont pignon sur rue de réduire le pape – l’homme – à des catégories… Or je crois que nous allons être très vite dépassés par le réflexes des « petites cases ». François n’est pas l’anti Benoît  Parce que si vous avez écouté son homélie… Elle a exactement les accents de l’homélie du Cardinal Ratzinger lors de la messe de 2005 d’entrée en Conclave. Les mots sont très forts; très simples en même temps, – et du coup – très explicites.

Il cite Léon Bloy (Léon Bloy !!!!) lors de sa première homélie publique  :

Celui qui ne prie pas le Seigneur, prie le diable. Et quand nous ne confessons pas Jésus-Christ, nous confessons la mondanité du diable, la mondanité du démon.

J’ai lu hier un tweet de Samuel Grzybowski qui manifestement fait une erreur complète d’analyse :

« Un pape qui souhaite une bonne après midi, qui fait une blague au moment d’accepter sa charge, qui demande la bénédiction avant de la donner ».

Samuel,  j’ai bien peur que le pape ne rentre pas dans les habits de clown dont les médias cherchent à l’affubler. Il y a comme qui dirait une distance … infranchissable, « dans l’ensemble comme dans le détail » entre les propos… ! C’est même à se demander s’il n’y a pas en quelque sorte une réponse du berger à la bergère. Samuel, j’ai bien peur que le pape François ne soit pas vraiment du style à « coexister »… Avec lui, nous allons nous  préparer au martyre.

Nous pouvons cheminer tant que nous voulons, nous pouvons édifier tant de choses, mais si nous ne confessons pas Jésus Christ, quelque chose ne va pas. (…) « nous deviendrions une pieuse ONG.  (…) Je voudrais que nous tous, après ces jours de grâces, nous ayons le courage, oui le courage, de cheminer en présence du Seigneur, avec la croix du Seigneur, et d’édifier l’Eglise sur le sang du Christ versé sur la croix, et de confesser l’unique gloire, le Christ crucifié. Ainsi l’Eglise peut avancer.

Par ailleurs hier soir, il était visiblement fatigué. Il est entré dans la Sixtine en boitant  Il n’a pas donné la communion, alors qu’évidemment, c’est un signe liturgique très fort. Il était manifestement épuisé. Alors si tous les médias voient en lui un nouveau pape Luciani (Jean – Paul 1er) prions bien que Dieu nous le conserve plus longtemps qu’un mois ! L’Eglise en a besoin.

Allez, pour ne pas finir ce petit billet sur une note trop dramatique, je vais  faire comme notre pape … Citer Léon Bloy :

J’ai l’air de parler à la foule pour l’amuser. En réalité, je parle à quelques âmes d’exception qui discernent ma pensée et l’aperçoivent sous le voile.
Le Mendiant ingrat – 1892-1895, Léon Bloy, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 1999, p. 78 [dédicace, spéciale Samuel….]

Un des inconvénients les moins observés du suffrage universel, c’est de contraindre des citoyens en putréfaction à sortir de leurs sépulcres pour élire ou pour être élus. Le Président de la République est probablement une charogne.
Quatre ans de captivité à Cochons-sur-Marne, Léon Bloy, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 1999, p. 468 [dédicace spéciale François, mais… l’autre]

Je suis pour l’intolérance parfaite et j’estime que qui n’est pas avec moi est contre moi.
Le Mendiant ingrat – 1892-1895, Léon Bloy, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 1999, p. 118 [dédicace spéciale « coexister »]

A Christine : moi non plus….

Déjà deux fumées noires. C’est à la troisième fumée qu’en 2005, on apprit l’élection du Cardinal Ratzinger comme pape. Les cardinaux sont retirés depuis hier sans la chapelle Sixtine, sous la fresque du jugement dernier, et sous le regard de Dieu, qui les jugera, votent en leur âme et conscience pour choisir celui qui doit être le successeur de Pierre. Pendant ce temps les médias se perdent en conjectures, les télévisions sont braquées sur une petite cheminée sur le toit, somme toute plutôt banal de la fameuse chapelle. On nous demande quel est notre favori, à la Schola Saint Maur : Mais enfin bien sûr, Mauro Pacienza, qui d’autre ? C’est évident !!! Car nous le savons bien, Maur, c’est le fidèle disciple de Benoît, et comme un autre Pierre, il a marché sur les eaux… Donc…
mauroMais ce pape ne plairait pas à Christine Pedotti… Christine Pedotti qui commet des articles sur le site de magazine (mourant) Témoignage chrétien. Le pire c’est que ses idées sont reprises par des quotidiens nationaux, et même certains qui se prétendent catholiques. Jusqu’où va le buzz ! Comme quoi, lorsqu’on a rien à dire, on finit vraiment par dire n’importe quoi. Comme habituellement, le gras est de nous ainsi que les commentaires en rouge.

Je ne suis pas entrée ! [Moi non plus, chère Christine…]
Par Christine Pedotti

J’avais pourtant préparé mon coup de longue date : une longue robe rouge, très élégamment ceinturée, un chapeau et des chaussures assortis… Mais ça n’a pas suffi, je ne serai pas la 116e cardinale de ce conclave, et ceci pour une simple anomalie chromosomique ! [1 fois]
J’avais pourtant préparé mon coup de longue date : une longue robe rouge, très élégamment ceinturée, un chapeau et des chaussures assortis… Il n’y avait que pour les dentelles que j’avais hésité. Ordinairement, je les porte dessous, or, il semble que selon les usages locaux, il faut les porter dessus. Je m’en suis rapportée au vieux proverbe : « When in Rome, do as the Romans do », « à Rome, fais comme les Romains ». Et puisque je suis à Rome…

Mais ça n’a pas suffi, je ne serai pas la 116e cardinale de ce conclave, et ceci pour une simple anomalie chromosomique ! [2 fois. Quelle anomalie chromosomique, chère Christine ? Vous ne me paraissez pas souffrir de handicap, en tout cas d’handicap physique… ? Nous vous expliquerez vous ?] Certes, on me fera observer que, surtout, je n’ai pas été « créée » – c’est le terme adéquat – « cardinale » par l’un des derniers papes. C’est très juste. Mais précisément, n’est-ce pas là que se situe le problème ?

DES CARDINALES

Pourquoi le pape n’appelle-t-il autour de lui, en son conseil, que des hommes ? [Pourquoi le Christ n’a t’il appelé, que des apôtres, et pas des apôtresses ? C’est vrai que c’est scandaleux. Ce sera donc une discussion que vous aurez chère Christine, avec le Christ lui même lorsque vous le rencontrerez, à l’heure de votre mort. Vous pourrez alors aisément, je pense, Lui reprocher son grand manque de liberté intérieure.] On me rétorquera qu’il appelle des évêques et que, jusqu’à plus ample informé, il n’y a parmi les évêques, prêtres et diacres de l’Église catholique aucune femme. [Ni dans les églises orientales dont le christianisme reconnaît la validité des ordres. Bref, en fait il n’y a même validement aucun évêque, prêtre ou diacre femme tout court…]

Cette impossibilité d’appeler des femmes à l’ordination s’appuierait sur une solide tradition qui viendrait de Jésus lui-même. [Oui, en effet il faudrait utiliser ‘indicatif, pas le conditionnel. Jean Paul II a tout de même été explicite sur ce point, en engageant son infaillibilité pontificale sur cette question. ] On pourrait en discuter, [et bien non, justement. On ne devrait plus en discuter, cette question a justement été réglée de façon définitive.] mais ce n’est pas notre sujet. En effet, ce sont ces cardinaux qui pourraient éventuellement être aussi des cardinales. [Non.]

Que dit la tradition ? Originellement, les cardinaux sont le clergé de Rome, donc, bien évidemment des hommes ordonnés, évêques, prêtres, diacres… [Oui, voici la vértiable tradition qui nous vient des apôtres, qui a présidé à l’election de tous les successeurs de Pierre, depuis l’origine… La seule tradition, la vraie.] Mais, il y a un gros MAIS. Dans le passé, cette tradition a changé. Pendant des siècles, des cardinaux ont été désignés, qui n’étaient nullement prêtres ou évêques. [Il y avait aussi des abbés de commende, des évêques qui n’étaient que bénéficiaires des revenus  et non pas clercs. Bref, pas forcément la période la plus reluisante de l’histoire de l’Eglise. Il y a eu pendant un moment, et jusqu’au XXème siècle, une possibilité pour le pouvoir politique de s’opposer à l’élection d’un pape… Vous voulez aussi remettre ça au goût du jour, sous prétexte que la tradition a changé ? Soyons sérieux. On n’en est plus là, fort heureusement. Vous êtes friande de la série Borgia de Canal+ ? Vous ne voulez tout de même pas qu’on revienne en arrière, tout de même ? Je ne vous savais pas aussi conservatrice … Par ailleurs si on est vraiment sérieux, on sait bien par principe que si une tradition « a changé » c’est que justement cette « petite » tradition n’était pas en conformité avec la (grande) Tradition] Les Français se souviennent du cardinal Mazarin, exemple d’un cardinal qui n’était pas prêtre. Il n’avait reçu que les ordres mineurs. Aujourd’hui, ces ordres mineurs (lecteur, acolyte) sont toujours conférés à des laïcs. [Depuis Paul VI, le pape de Vatican II, il y a eu une réforme des ordres… Le lectorat et l’acolytat ne sont plus des ordres – même mineurs – mais des ministères institués laïcs. Et en plus de ça ils sont réservés aux hommes. Oui oui. Dans la liturgie d’après le Concile, celle que vous devriez connaître, la lecture de la messe est supposée être faite par un lecteur institué, forcément homme. C’était la volonté de Paul VI, oui oui, le pape de Vatican II. Motu proprio Ministeria Quaedam… Bref, essayez de mettre à jour vos connaissances, vous avez 50 ans de retard. J’ai la conviction que justement si on appliquait correctement le désir de Vatican II sur le lectorat et l’acolytat, vous seriez la première à vous plaindre d’un soit disant machisme, puisque mécaniquement, madame Michu ne pourrait plus être « lecteuse » à la messe.]

Alors, il est vrai que le code de droit canonique de 1983 [celui qu’a promulgué le bienheureux Jean-Paul II… ] a précisé que désormais, il faudrait être évêque pour devenir cardinal. [Ce n’est pas ça :  à sa création, le cardinal est ordonné évêque, s’il ne l’est pas. Et en plus il y a toujours des exceptions, comme le Cardinal Vanhoye, immense exégète et expert en écriture sainte au Concile, créé par Benoît XVI, qui a demandé et obtenu de rester prêtre. Mais il n’a jamais été électeur.] Mais dans la longue tradition de l’Église, ce qu’on a fait en 1983, on peut le défaire en 2013, surtout qu’il ne s’agit ni de la foi ni des mœurs, mais d’une simple question juridique sur le gouvernement de l’Église. [Vous vous trompez. La grande Tradition c’est que les cardinaux sont membres du clergé de Rome, donc ordonnés.]

Afin de montrer à quel point l’habitude de choisir les cardinaux parmi les évêques est récente, on peut rappeler que le dernier cardinal « laïc » est mort en 1927. [Si vous revendiquez cela, c’est que quelque part vous allez contre le désir de réforme qui a justement initié Vatican II. En fait vous êtes traditionaliste ou quoi ? ] On dit [oui, bon, les rumeurs… hein… ] aussi que Paul VI a proposé la pourpre à Jacques Maritain – qui a refusé – mais qu’il avait créé Jean Guitton cardinal in petto (en secret). [In petto ça veut dire sur le champs. Créer un cardinal en secret, c’est « in pectore ». Tant que vous êtes à Rome, profitez pour prendre deux ou trois cours de latin…] Les deux hommes étaient des laïcs… comme moi. Mais des hommes… [Pour rappel, un homme n’est pas une femme et une femme n’est pas un homme… J’ai l’impression qu’il faut quand même le rappeler, malgré l’idéologie dominante, la théorie du gender et la propagande pour le « mariage » des homosexuels… ]

Je propose donc de restaurer officiellement l’ancienne tradition du cardinalat pour des personnes éminentes et non ordonnées. [Ce n’est pas une tradition, mais ce fut une décadence, heureusement réformée.] Quelques grands hommes d’abord, et quelques années plus tard (la progressivité est pédagogique) de grandes femmes. Et le tour est joué. [Quel tour ? Quelle utilité ? Pourquoi ? Quelle justification ? Bref, Christine, quels arguments ? Je n’en vois aucun…] Il et elles seront électeurs et électrices. Si on ne change pas la règle, ils ne pourront désigner que quelqu’un qui pourra devenir évêque de Rome, donc pour l’instant, [comment ça « pour l’instant » ? Quand on prend ses désirs pour la réalité, quand on en vient à tordre la rationnalité pour qu’elle se plie à ses fantasmes, ça s’appelle l’idéologie.] un homme célibataire.

LE PAPE N’EST PAS LA REINE D’ANGLETERRE

Voilà qui m’amène à parler des femmes. Parce que, quand même, voir ces 115 hommes en robe rouge et dentelles entrer en conclave, tous plus vieux que moi (et je ne suis plus une perdrix de l’année), [m’enfin Christine, pourquoi dites vous ça ? Je vous assure que vous ne faites pas votre âge. Et votre énergie, votre pugnacité…. Vous semblez avoir… 22 ans, non ?] ça fait un choc.

Évidemment, si on considère ce rite comme une sorte de folklore désuet, ça peut prêter à sourire. La papauté, avec ses étranges coutumes et ses cérémonies d’un autre âge, c’est un peu comme la monarchie anglaise : on se moque un peu, mais on reste fasciné devant sa télé.

Mais si, comme moi, on croit que l’Église n’est pas un conservatoire des traditions et arts religieux, [curieux,juste auparavant, vous nous expliquiez vouloir restaurer ce que vous appelez « une tradition »… ] mais le porte-voix d’une bonne nouvelle de fraternité et d’espérance pour toute l’humanité, [oui oui, et précisément, c’est pour cela que les pratiques électives de l’Eglise ne s’aligneront pas sur celles du monde] alors, le spectacle de ces hommes en rouge est, quelles que soient leurs qualités personnelles, désolant. [Mais alors pourquoi donc rêvez vous d’être parmi eux ? Manque un peu de rationnel, votre discours…]

Bon, allez, il faut se remonter le moral ! En attendant la prochaine fumée noire, je vais faire un truc de fille : profiter que je suis à Rome pour me trouver une belle paire de chaussures rouges. [Vous êtes à Rome : profitez plutôt d’être tout près du collège cardinalice pour vous unir à lui par la prière : Veni Creator. Texte, musique et traduction ici ]

L’Esprit de la liturgie selon Benoît XVI : à réécouter sur Radio Espérance

L’Esprit de la liturgie selon Benoît XVI

Avec Grégory SOLARI, directeur des éditions Ad Solem, auteur entre autres du livre : « Les raisons de la liturgie », éditions de L’oe’œuvre, 2009.

EspritdelaliturgieBenoît XVI aux curés de Rome le 14 février 2013 :

« Rétrospectivement, je trouve maintenant que c’est très bien de commencer par la liturgie car ainsi apparaît le primat de Dieu, le primat de l’’adoration. « On ne doit rien préférer au Service de Dieu » (Operi Dei nihil praeponatur) : cette parole de la Règle de saint Benoît (cf. 43,3), apparaît ainsi comme la règle suprême du concile. Certains ont critiqué le concile, disant qu’il avait parlé de beaucoup de choses, mais pas de Dieu. Il a parlé de Dieu ! Et cela a été le premier acte, substantiel : parler de Dieu et ouvrir tous les fidèles, tout le peuple saint, à l’’adoration de Dieu, dans la célébration commune de la liturgie du Corps et du Sang du Christ. »

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