RP Louis Bouyer

On a esquissé dans trop de livres ou de commentaires sur la messe une théorie de l’offertoire absolument fantaisiste. A lire ces développements, on croirait que le sacrifice de la messe consiste seulement, ou surtout, en une présentation au Christ de nos « sacrifices », c’est-à-dire de toutes les peines acceptées patiemment, de tous les efforts poursuivis généreusement, etc… On s’abuse ici sur le sens du mot sacrifice et l’on confond un emploi rhétorique de ce mot dans la piété du XVIIIe et du XIXe siècle avec son emploi théologique traditionnel. La vérité est qu’il ne s’agit pas d’offrir au Christ ce que nous appelons nos « sacrifices », mais d’offrir à Dieu le sien, l’oblation du Crucifié qui seule nous sauve et nous réconcilie et qui seule peut communiquer quelque valeur à ce que nous-mêmes nous ferons ensuite. Il y a là une interversion des valeurs qui aboutirait logiquement au pur pélagianisme. En tous cas, son résultat immédiat est de naturaliser brutalement notre notion de la messe.

RP Louis Bouyer 

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