Fête Dieu

Pour rappel, la fête Dieu ou solennité du Corps et du Sang du Christ est bien, dans le calendrier romain, au jeudi qui suit la Trinité. On ne le fête dans beaucoup de pays le dimanche suivant uniquement parce que le jeudi de la Fête Dieu n’est pas férié. Dans les monastères en particulier, la fête Dieu est bien fêtée aujourd’hui et non pas dimanche prochain.

Décaler une célébration au dimanche le plus proche s’appelle célébrer une « solennité extérieure ». Cela se fait donc couramment, et en particulier pour la Fête-Dieu. D’aileurs, il est tout à fait possible de le faire pour d’autres célébrations universelles ou locales.

Nous vous proposons ici un commentaire de cette célébration par le P. Madros, du patriarcat latin de Jérusalem.


La Fête-Dieu : le Corps et le Sang du Christ B 2018 A.D.

Manque d’églises en Orient, vide et vente d’églises en Occident !

(Ex 24, 3-8 ; Hé 9, 11- 15 ; Mc 14, 12 s)

(par P. P. Madros)

La présence réelle du Christ

Différence essentielle entre le Catholicisme (l’Orthodoxie) et le Protestantisme. Croire en cette présence réelle du Corps et du Sang du Christ, après les paroles de la consécration (et l’épiclèse, dans les rites surtout orientaux) reste une condition sine quo non de recevoir l’Eucharistie. Ceci vaut pour tous, surtout pour les conjoints protestants (allemands). Nos églises catholiques ont toujours le Saint-Sacrement, pendant la Messe et au tabernacle, en dehors du « sacrifice eucharistique ».  Un presbytérien, Scott Hahn, est devenu catholique en partant de l’idée de l’Alliance (Hé 9, 11 s) : baptême des tout-petits, garçons et filles, comme Alliance avec Dieu, et pas seulement pour les enfants mâles ; Alliance avec Dieu « dans le Sang de l’Alliance nouvelle et éternelle » !

Malheureusement, nous n’avons pas ici le temps de rapporter les mots expressifs de saint Cyrille de Jérusalem sur la présence réelle dans l’Eucharistie. Voici la référence : vingt-deuxième catéchèse ou quatrième catéchèse mystagogique. Une seule phrase nous suffit (nr. 1) : « Lors donc que la propre parole (du Christ) déclare su sujet du pain : « Ceci est mon corps », qui osera encore hésiter » (ou douter ou nier ?)

Si nos églises sont vides, souvent, c’est parce que la splendeur, la majesté, le respect du Seigneur présent ont été estompés, à coup de « familiarité », désinvolture, manque de foi dans « le mystère de la foi », et aussi comme suite à la réduction ou la disparition de la Confession. Cette protestantisation, plus ou moins voulue ou consciente, a déjà eu ses fruits amers. Le manque d’égard au Corps du Christ a dévalué le corps humain aussi ; le manque de confession a fait déchaîner le mal, sans frein, sans regret, sans honte, sans vergogne. Un exemple récent, plutôt rare, qui n’entre pas directement dans notre sujet, est la confession sincère, dramatique, de Tony Blair, regrettant profondément sa funeste décision d‘envahir l’Irak et en en reconnaissant la pleine responsabilité, sans ambages. Ce n’est pas par hasard qu’il s’était converti au Catholicisme !

Quelle tristesse, quel crime, que de vendre nos églises où le Christ a été réellement présent ! Et les votes de pays autrefois catholiques comme Malte et l’Irlande, en faveur de l’avortement, des unions gay et, dernièrement, de l’euthanasie au Portugal, doivent nous réveiller et nous faire faire un bon examen de conscience : qu’avons-nous fait de nos fidèles, de la pastorale, de la catéchèse, de nos écoles, de nos églises, de notre baptême, de notre Eucharistie, de nos enfants trop souvent agressés près de nos autels ?! (sans généraliser toutefois !)

Nous passons aux lectures de cette solennité. Sa désignation en français comme « la Fête-Dieu », par excellence, dans une identification avec Dieu, dans Sa présence réelle, est fort significative. Cette expression émouvante Fête-Dieu, comme « la Chandeleur » etc, dénotent « la civilisation de la foi » qui est aussi celle « de l’amour » (Jean-Paul II), source et racine de la culture « occidentale ». Un auteur moderne vient de confirmer la déclaration du vice premier ministre hongrois : « Si l’Europe veut survivre, qu’elle garde son héritage chrétien », qu’elle garde ses églises ! Et, puisque « la charte universelle des droits de la personne humaine » a donné lieu à beaucoup d’équivoques, et que la « laïcité » a été exploitée en faveur de l’athéisme et de l’islam, il est grand temps, dit cet auteur, « de secouer la poussière sur les Bibles et les faire sortir des placards » !

L’obéissance aux commandements de Dieu, signe de l’Alliance avec Lui (Ex 24, 3- 8)

Ne l’oublions pas pour un instant : le sommet de l’Alliance est l’Eucharistie : dans le Corps de l’Agneau divino-humain est scellé ce pacte nouveau et éternel, donc définitif (pas question d’avoir le Coran, foncièrement antichrétien, comme troisième alliance !). Plus besoin de sang d’animaux, ni pour les sacrifices ni pour les alliances ! Or, « la fête du Sacrifice », islamique, célébrant l’immolation du bélier par Abraham au lieu de son fils, marque une régression par rapport à l’Eucharistie et au Calvaire.

Moïse propose, une fois de plus, les commandements de Dieu. Le peuple, fanfaron, fort en déclarations, exprime sa disponibilité, bien deux fois dans cette courte lecture. Au v. 3, « Et tout le peuple répondit d’une seule voix (comme pour l’avortement, à peu près !) : « Toutes les paroles que Yahvé a prononcées, nous les mettrons en pratique ». Le verbe hébreu  ‘asah, «   נעשה   na’aseh » veut dire : « Nous ferons ». Dans le Coran 5 : 46, la translittération de Deut 5, 27, parallèle à Ex 24, 7, donne un contresens : « Nous avons entendu et nous avons désobéi », « asah  عصى» en arabe signifiant « se révolter, désobéir » ! Plus loin, au v. 7 de notre lecture de l’Exode 24, l’expression hébraïque, de prime abord, semble étrange : littéralement « Nous mettrons en pratique (toujours le verbe « asah ») et nous entendrons  נעשה ונשמע ». Dans l’une des chinoiseries de l’hébreu biblique, le verbe « shama’ », entendre, suivi de la préposition « be » vient à signifier « obéir », shama’ bekolo שמע בקולו ne veut donc pas dire « entendre sa voix » mais « lui obéir ». Le Coran lui-même fait état de ces jeux de mots de « certains Juifs » qui veulent tromper les Arabes ou les induire en erreur (sourate Les Femmes 4 : 46), produisant intentionnellement confusion et malentendus, par des mots identiques en arabe et en hébreu, mais qui n’ont pas le même sens. Pour illustrer l’idée, il suffit de penser au « burro » italien (beurre) et espagnol (âne) !

Christ, médiateur d’une nouvelle alliance (Hé 9, 11- 15)

Seul médiateur pour la bonne raison que c’est seulement en son Sang à Lui que cette Alliance nouvelle a été scellée ; nouvelle et éternelle et pas seulement « deuxième Alliance », comme si la différence avec « la première Alliance » était simplement question de nombre et de chronologie. La différence est essentielle, substantielle, irréductible : aucune comparaison !

« Ceci est mon corps… ceci est la coupe de mon sang » (Mc 14, 12 s)

Répétons en frémissant ces divines paroles ! Réaffirmons la présence réelle après la transsubstantiation ! Non, le prêtre n’est pas seulement un conseiller, un accompagnateur des fidèles, mais un « compagnon » au sens étymologique, qui a le même pain  que ses ouailles !  Il n’est pas davantage seulement distributeur de ce pain (ce qu’un diacre ou un autre fidèle pourrait être), mais aussi et surtout un consécrateur, un sacrificateur, mais sans violence et sans effusion de sang.  Sainte Thérèse de Calcutta dit : « Marie, immédiatement après avoir reçu Jésus, est allée, en toute hâte, le donner à Jean ! »

Nous aussi, recevons le Christ et donnons-Le aux autres. Certainement, nos églises seront remplies, par le retour des anciens et l’entrée de nouveau fidèles ! Plus besoin de vendre Jésus et l’église, comme Judas !


 

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