Adoremus : Une nouvelle série sur « l’art de célébrer» du prêtre

Certains d’entre vous connaissent peut être l’excellente publication « Adoremus Bulletin », https://adoremus.org/ aux Etats-Unis, qui est tout à fait en conformité avec ce que nous cherchons à promouvoir dans nos propres pages. À plusieurs reprises, nous avons ainsi proposé des traductions d’excellents articles. C’est encore ce que nous faisons ici aujourd’hui, puisqu’ils proposent une série d’articles sur l’art de célébrer. Nous proposer comme à notre habitude, des commentaires en rouge et des soulignements. Ce premier article fait largement écho à d’autres articles en formation liturgique que nous avons déjà publiés, notamment notre série sur « Le Bon usage ». http://www.scholasaintmaur.net/tag/du-bon-usage-de-la-liturgie/


Une nouvelle série sur « l’art de célébrer» du prêtre

Par Abbé Dennis Gill –  21 juin 2018

La liturgie peut est assimilée à une œuvre d’art, et l’art du célébrant à un ars celebrandi, un « art de célébrer ». L’ars celebrandi, dit le pape Benoît XVI, est « le fruit de l’adhésion fidèle aux normes liturgiques dans toute leur richesse », le principal moyen de favoriser la participation du Peuple de Dieu au rite sacré » (Sacramentum Caritatis, 38). Il dénote l’habileté et le soin avec lequel le célébrant dirige la célébration liturgique, car c’est par l’intermédiaire des signes et des symboles magnifiquement exécutés par la liturgie que brille la personne et l’œuvre de Jésus.

L’abbé Dennis Gill, Directeur du Bureau pour le culte divin à Philadelphie et Recteur de la Basilique Cathédrale de S. Pierre et S.Paul, présente ici l’article inaugural d’une série expliquant le métier de l’art du présider. Les futures entrées apparaîtront dans le Bulletin et sur le site Web d’Adoremus, www.adoremus.org.

 Commencer au commencement …

« Bonjour, et commençons notre prière, » Au nom du Père … « .

Parfois, même avec les célébrations les plus solennelles de l’Eucharistie, une fois que le prêtre célébrant arrive au siège de présidence, il s’adresse d’abord à l’assemblée avec un amical « Bonjour ! » Parfois, il le suit avec une phrase introductive au Signe de la Croix « Commençons notre prière, ‘Au nom du Père …' » La plupart des prêtres et la plupart des gens peuvent se demander pourquoi il est question de l’utilisation de ces deux expressions. La question la plus importante, cependant, est la suivante : qu’est-ce que la célébration de la Messe attend à ce stade et pourquoi ces deux phrases sont irrecevables ?

L’Institution Générale du Missel Romain (ci-après IGMR), la présentation qui introduit le Missel Romain et règle la célébration de la Messe, fournit une description théologique des Rites d’Introduction – le Chant d’Entrée, le Salut, l’Acte Pénitentiel, le Kyrie, le Gloria et la Collecte. « Leur but est que les fidèles réunis en corps réalisent une communion, et se disposent à bien entendre la parole de Dieu et à célébrer dignement l’Eucharistie. » (IGMR 46). [Les traductions de l’IGMR sont tirées de https://www.ceremoniaire.net/depuis1969/missel_2002/pgmr_2.htm : Finis eorum est, ut fideles in unum convenientes communionem constituant et recte ad verbum Dei audiendum digneque Eucharistiam celebrandam sese disponant.] Tous les éléments des Rites d’introduction que nous venons d’énumérer agissent ensemble pour atteindre ce but. Du Chant d’Entrée à la Collecte, chaque élément se combine, l’un coulant dans l’autre, pour donner à cette partie de la Messe « le caractère d’une ouverture, d’une introduction et d’une préparation. » (voir IGMR46 [characterem habent exordii, introductionis et præparationis.]).

Pour que le prêtre célébrant annonce son « Bonjour ! » après le chant d’entrée, c’est percer artificiellement ce qui a déjà commencé en ce qui concerne la célébration de la messe. Le Chant d’Entrée nous rappelle que le Christ nous rassemble – prêtre et peuple – pour célébrer les Mystères Sacrés. Tous les fidèles sont unis d’une manière ou d’une autre au prêtre lorsqu’il révère et vénère l’autel, pièce maîtresse de l’Eucharistie, et les encens des signes du Sacrifice du Christ, l’autel et la croix, quand cela a lieu. À ce moment-là, le début de la messe est déjà bien avancé. La préparation à la Parole et au Sacrifice a commencé.

Ce qui vient ensuite ne tolère pas d’interruption avec un « bonjour ! », ou quelque chose de familier ou de mondain, aussi amical ou sincère soit-il. Mais ce qui vient ensuite, c’est notre déclaration de notre prérogative baptismale pour participer à l’Eucharistie : « Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » Ceci est immédiatement suivi par la salutation, « Le Seigneur soit avec vous. / Et avec votre esprit », ou l’une des autres options, où «  Cette salutation et la réponse du peuple manifestent le mystère de l’Église rassemblée.» (voir IGMR 50 [Qua salutatione et populi responsione manifestatur Ecclesiæ congregatæ mysterium.]).

Y a-t-il donc un moment propice pour dire « Bonjour ! » à ceux qui se sont rassemblés pour la messe ? Pour le prêtre célébrant, peut-être pas « Bonjour ! « , mais après la salutation liturgique et avant l’Acte Pénitentiel, une brève introduction à la messe du jour est possible qui peut inclure un mot de bienvenue à tous (voir IGMR 50 [Après la salutation au peuple, le prêtre, le diacre, ou un ministre laïc, peut introduire les fidèles à la Messe du jour par quelques mots très brefs. En latin : Salutatione populi facta, sacerdos, vel diaconus, vel minister laicus potest brevissimis verbis introducere fideles in Missam diei. Notons que ces mots ont un caractère de monition. Nous avions fait un article spécifique sur la question du « mot d’accueil » que vous retrouverez ici : http://www.scholasaintmaur.net/du-on-usage-de-la-liturgie-3-le-mot-daccueil/ ] et Ordo de la messe 3).

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