XXVIIeme per annum : un dimanche avec les anges.

SUR LA TERRE COMME AU CIEL

 Lundi dernier, nous fêtions les saints Archanges Michel, Gabriel et Raphaël et jeudi les saints Anges gardiens. Une seule fois dans l’année, l’Eglise nous amène à jeter un coup d’œil du côté du monde angélique, et on peut regretter que ce ne soit plus souvent, car il y a là pour nous une occasion de renouvellement, d’élargissement de notre horizon. Les Anges nous empêchent de ramener notre foi chrétienne à une petite affaire privée : nous agissons, nous luttons, nous espérons, à la face du ciel, aidés et soutenus par nos grands amis, qui nous entraînant dans leur ronde, jusqu’auprès du trône de Dieu et de l’Agneau.

 

Une curieuse lecture du livre de l’Apocalypse, que l’Eglise nous propose en la fête des Archanges, nous parle d’un combat qui est d’abord une bataille dans le ciel, entre le « Dragon » et ses anges d’un côté et, de l’autre, Michel qui commande les milices angéliques ; au terme de cette lutte, le Démon, vaincu, est rejeté sur terre et poursuit la guerre contre les amis de Jésus. Il faut donc se convaincre que, actuellement, le Démon n’est pas seulement le Prince de ce monde, comme l’appelle saint Jean, il est « Prince de la puissance de l’air », selon le mot d’Ephésiens 2,2, il agit dans tout le domaine intermédiaire entre Dieu et l’homme, dans les réalités qui nous dépassent et où nous nous sentons manœuvrés : mouvements d’opinions, rumeurs surgies d’on ne sait où, influences occultes. Les phénomènes cosmiques n’échappent probablement pas à ce règne néfaste des Puissances angéliques dévoyées. C’est ainsi qu’on peut sans doute expliquer bien des catastrophes, apparemment naturelles, mais en réalités téléguidées par des êtres plus puissants que nous et qui ont intérêt à nous nuire, en nous plongeant dans le désespoir. Profitant du pouvoir sur le monde que Dieu avait donné au départ aux anges, le Démon et ses affidés s’efforcent de semer des embûches sous les pas des hommes, en secouant leur habitat, en les écrasant sous l’acharnement du mal.

 Quand nous demandons, dans le Notre Père, que la volonté de Dieu se fasse sur la terre comme au ciel, nous ne devons peut-être pas le comprendre comme on le fait généralement : que la volonté de Dieu se fasse sur terre, comme elle s’accomplit déjà au ciel, en prenant le « ciel » comme le domaine où Dieu règne sans partage. Il faut plus sûrement prendre au sérieux les deux faces de cette demande : que Dieu réduise la résistance des mauvais anges, et qu’il nous permette d’entrer dans sa volonté.

 En un certain sens, c’est sur la terre, dans le sacrifice du Christ, que la volonté de Dieu a commencé à se réaliser et c’est au ciel qu’elle doit encore advenir. Quand le Père voit l’eucharistie où son Fils bien-aimé s’offre par amour de Lui, il peut dire que tout ce qu’il voulait est accompli. Par contre, il importe maintenant, pour que cesse la dure domination qui pèse sur l’homme, que le Démon ne puisse plus se prévaloir de sa position « au ciel » et pour cela qu’il soit chassé de ces domaines, où, sans pouvoir gagner, il peut perturber les amis de Dieu.

 Alors, oui, que Ta volonté, si douce si bienfaisante, ô Père, se réalise aussi au ciel, avant de redescendre sur notre terre en fruits de paix et de lumière.

 

Michel GITTON

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