Venite Adoremus

VENEZ, Adorons ! Dieu descendit du ciel, Dieu s’est fait chair. Il demeure dans une hutte fragile. Comme il me plaît de voir dans les crèches provençales tous ces personnages s’acheminer vers l’humble grotte, monter de partout pour venir se prosterner, avec les rois mages, devant l’Enfant-Dieu. Et je m’émerveille de l’agenouillement des savants et des ravis, et même de ceux qui, ne comprenant rien, pressentent le mystère. Chaque messe est une nativité où le Verbe se fait chair et demeure parmi nous. Or, je dois le confesser, je suis parfois saisi d’impatience devant le peuple qui n’est ni ravi, ni savant, ni vraiment ignorant, et qui, je ne sais pour quelle raison, ne se prosterne plus devant le miracle des miracles. St Antoine de Padoue fit s’agenouiller un âne devant le St Sacrement.. Isaîe l’avait bien prophétisé : que l’âne et le bœuf reconnaîtraient leur maître, mais que le peuple de Dieu ne reconnaîtrait plus son Dieu (Is 1, 3) Un ami prêtre me parlait du réveil spirituel de sa paroisse rurale en ces termes : “tous les homme se mettent à genoux au moment de la consécration”. Ce petit enfant que nous fêtons, son Père “Lui a donné le Nom qui est au-dessus de tout Nom, afin qu’au Nom de Jésus, tout genou fléchisse, au Ciel, sur terre et dans les enfers, et que toute langue proclame que Jésus-Christ est Seigneur”. (Ph.2 9, 11). Si nous voulons vivre debout avec Lui, il nous faudra nous agenouiller devant Lui ; nous serons alors un peu plus à sa portée, un peu plus acteur de cette crèche vivante qui, de messe en messe, se continue.

Abbé Pierre Friess, curé.

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