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Un table, au centre de la nef, le jeudi saint ?


Ceci est faux.

La table du repas
L’ensemble de la célébration de la Cène, le Jeudi saint au soir s’articule autour du signe du repas.
Repas pascal dans le livre de l’Exode, repas d’adieu du Christ à ses disciples dans la Lettre aux Corinthiens, à nouveau le dernier repas du Christ dans l’évangile du lavement des pieds. Il est donc intéressant de modifier l’espace habituel de l’église pour dresser une grande table dans la nef autour de laquelle toute l’assemblée prendra place. Cette disposition de l’espace demande cependant à être réfléchie en fonction de l’autel habituel afin que celui-ci n’apparaisse pas comme relégué au second plan, et en fonction de la taille de l’assemblée. L’autel habituel DOIT être en « fonction » ce soir du Jeudi Saint, il est le départ de la grande table qu’éventuellement on aura dressée dans la nef. Il faut aussi prévoir un lieu de la Parole.
Comme les deux foyers d’une ellipse, le lieu de la Parole et le lieu de l’Eucharistie pourraient se placer en bout de table.
Michel Wackenheim

Ne nous laissons pas « emberlificoter » par le paragraphe sur l’autel habituel qui « DOIT » être en fonction, et qui donne un semblant de discours pseudo rigoriste à cet article lamentable présent sur Croire.com

Le Chanoine Wackenheim a tort. Il est interdit explicitement par Notitiae, qui est la revue liturgique romaine éditée par la congrégation du culte divin, de mettre en œuvre ce type de pratique. Cela pourra étonner certains, tellement l’usage est « entré dans les mœurs » en certains endroits. C’est pourtant le cas. On nous demande souvent des références précises pour pouvoir corriger les abus, les voici donc :



Utrum liceat disponere in medio spatio ecclesiae mensam cum pane et vino prope altare vel in presbyterio occasione Missae « In Cena Domini » aut primae plenae participationis Eucharisticae, « primae Communionis » ut aiunt?
℟. Negative.

Normae ad hoc vigentes debitum momentum altaris explicate asseverant, cuius locus attentum sibi universum populum faciat oportet: « Expedit in omni ecclesia altare fixum inesse, quod Christum Iesum, Lapidem vivum (1 Petr 2, 4; cf. Eph 2, 20) clarius et permanenter significat; ceteris vero locis, sacris celebrationibus dicatis, altare potest esse mobile. Altare fixum dicitur, si ita exstruatur ut cum pavimento cohaereat ideoque amoveri nequeat; mobile vero si transferri possit » (Institutio Generalis Missalis Romani, n. 298). Inde fit ut unum necesse exstet altare, sedes praecipuissima presbyterii totiusque ecclesiae, quia participationem christifidelium singularitas eius foveret: « In novis ecclesiis exstruendis praestat unum altare erigi, quod in fidelium coetu unum Christum unamque Ecclesiae Eucharistiam significet. In ecclesiis vero iam exstructis, quando altare vetus ita situm est, ut difficilem reddat participationem populi nec transferri possit sine detrimento valoris artis, aliud altare fixum, arte confectum et rite dedicandum, exstruatur; et tantum super illud sacrae celebrationes peragantur. Ne fidelium attentio a novo altari distrahatur, altare antiquum ne sit peculiari modo ornatum » (Institutio Generalis Missalis Romani, n. 303).

Mos ergo mensam cum pane et vino disponendi ad Novissimam Cenam Iesu revocandam vel ad pueros collocandos in prima participatione eucharistica est symbolice iteratio, paedagogice distractio et pastoraliter inanis, cum populum ab altari distrahat, intellectum ponderis singulorum elementorum architecturae Ecclesiae confundat et minime participationem christifidelium foveat.

Une traduction française du dernier paragraphe, tout à fait explicite :

L’usage de dresser une table au milieu de la nef pour célébrer la dernière Cène (Jeudi-saint) ou la Messe de Première Communion des enfants relève d’une pratique dont le symbolisme ainsi que la valeur éducative et pastorale est incohérente : cette façon de faire détourne l’attention des fidèles de l’autel, rend troubles l’agencement architectural de l’église et, ne favorise pas la participation des fidèles.

Remarquons et rappelons encore une fois que le triduum pascal qui devrait être le sommet liturgique de l’année est malheureusement dans trop d’endroits victime du hold up des « liturges » qui ne savent pas quoi inventer pour rendre ça plus « vivant ». Ou plutôt plus kitch… En réalité, avant d’inventer des rites peut être serait il intéressant de penser à voiler les croix et les statues dès le 5ème dimanche de Carême (pour rendre plus signifiants les dévoilements du vendredi saint et de la Vigile pascale), chanter les Ténèbres (qui est une magnifique liturgie, non seulement priante mais également très forte en symboles).

Il faudrait aussi bien se souvenir que le lavement des pieds à la messe in Cena Domini du jeudi saint ne concerne pas les femmes. Une vraie question cependant : ceux qui font la promotion de ce genre d’abus le font ils par ignorance, par manque de formation, par naïveté, par inconséquence plus ou moins coupable, ou alors parce qu’ils désirent miner la logique profonde de la source et du sommet de la vie chrétienne ? (Cf. Concile Vatican II, Lumen Gentium 11). Appliquons Vatican II. Vraiment…


Ceci est interdit.


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