Un stage de chant grégorien à Nantes… Vu par un débutant

Nos amis du choeur grégorien de Nantes organisent chaque année un stage technique. Plusieurs d’entre nous étaient présents et ont bien profité des enseignements de dom Perrin, de Messieurs Maurice Tillie (choeur grégorien de Nantes ), Etienne Roulet (choeur  grégorien de Nantes et chanteurs du Val de Chézine ) et Bernard Pinot (choeur grégorien de Saint-Nazaire ). Voici le « ressenti » d’un tout jeune novice de la schola Saint Maur, qui a amplement profité de ce week-end pour se lancer… Mention spéciale à dom Lelièvre, maître de choeur de S. Pierre de Solesmes qui cette année a pu remplacer dom Saulnier retenu à Rome et qui nous a retracé le parcours et les options musicales de son prédécesseur le RP Dom Claire.

Après un réveil à l’horaire bénédictin et 4 heures de « penibilem transportum », nous voila arrivés à Rezé juste à temps… pour la première pause. Ce n’est pas bien grave, il faut bien cela pour se préparer à l’exposé à venir sur le thème directeur de ce séminaire : les modes. Pour le débutant que je suis, l’exercice est ardu, mais pas insurmontable. Il faut dire que nos orateurs savent rendre passionnant ce sujet que l’on pouvait penser très théorique. Etienne Roulet, bien épaulé de Maître Tillie nous présente les différents modes avec divers exemples et illustrations. Nous apprenons ainsi que chaque mode se caractérise par une note de corde et une note finale. J’aurais au moins retenu de cette première séance que Mozart est beaucoup plus proche en terme de ton de Johnny Halliday que du chant grégorien !

Ensuite, notre session se sépare et j’ai la chance d’intégrer la classe de débutant, beaucoup plus adaptée à mon niveau ultra novice. Cette classe nous permet de tout reprendre à la base. Comment lire les notes, les différentes clefs qui peuvent changer de lignes suivant que le morceau est grave ou aigu, les divers podatus, porrectus, clivis et autres neumes commencent à quitter leurs apparences si mystérieuses.

Ensuite, nous nous retrouvons en assemblée plénière pour quelques exercices parfois alambiqués concoctés par notre maître de conférences.
Le séminaire se poursuit à un rythme intensif, parfois dur à soutenir pour un novice, mais chaque heure est différente de la précédente. C’est ainsi que, entre les cours de débutants, les exercices et les répétitions, nous profitons de l’énergie et de la sensibilité émouvante de dom Lelièvre, qui va nous retracer l’histoire de son illustre prédécesseur à l’Abbaye de Solesmes, dom Claire. Nous bénéficions également des exposés de Dom Perrin, de l’Abbaye de Kergonan, tout entremêlés de son style « pince sans rire ». Et puis, le master ès chant grégorien cru nantais se montre extrêmement généreux pour nous faire partager son expérience et pour nous prodiguer ses conseils avisés.
Enfin, notre séminaire s’est achevé par la Messe, qui m’a donné l’occasion de mettre en pratique toutes les notions reçues au cours de ce week-end. Ce n’est pas évident car il me reste encore de nombreux progrès à faire. Mais la suite des évènements me montrera de retour en région parisienne, que le chant grégorien me paraît un peu moins difficile je dirais même presque facile.
Pour conclure, même si nous avons principalement chanté a capella la plupart du temps, nous avons appris que le chant grégorien doit toujours avoir une obéissance absolue à un instrument : la cloche !!! (toute similitude avec une quelconque situation ou personne est purement fortuite…)

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