2015 4 retraites à Solesmes à ne pas manquer

Vous vous posez des questions sur la vie monastique ? Vous pensez être appelée à une vie contemplative ? Participez à une des 4 retraites organisées à Ste Cécile de Solesmes en 2015 :


 

Tu désires approfondir ta foi ?

ta relation avec le Christ ?

discerner ta vocation ?

Chaque retraite est une occasion de vivre quelques jours au rythme de la vie monastique. Accueillies à l’hôtellerie de l’abbaye, les jeunes reçoivent un enseignement qui renvoie aux sources de la vie spirituelle, aide à réfléchir sur le sens de la vie, sur l’orientation à lui donner, sur les moyens adéquats à choisir pour répondre généreusement à l’amour de Dieu qui appelle tout homme au vrai bonheur.

 

PROGRAMME

 

  • 20 – 22 février : Arrivée le vendredi 20 dans la soirée, fin de la retraite le dimanche 22 dans l’après-midi.

Dans la lumière du Carême :

« Quand tes paroles se présentaient, je les dévorais. Ta parole était mon ravissement et l’allégresse de mon coeur. » (Jérémie, 1516), la Parole de Dieu : Chemin, Vérité et Vie.

Partir « au désert » à la suite du Christ pendant quarante jours ? c’est avant tout faire l’expérience que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute Parole sortie de la bouche de Dieu.

 

« La lectio divina consiste dans la lecture de la Parole de Dieu au cours d’un moment de prière pour lui permettre de nous illuminer et de nous renouveler… » Pape François

 

 

  • 7 – 12 juillet Arrivée le mardi 7 dans la soirée Fin de la retraite le dimanche 12 dans l’après-midi.

Dans la lumière de saint Benoît :
« Ne rien préférer à l’amour du Christ ! » (Règle de saint Benoît) La vocation : un don, un mystère, une exigence.

Jeune étudiant à Rome, Benoît se sentit appelé à une vie dans laquelle le Christ aurait en tout la première place. Répondant avec générosité à l’appel du Seigneur, il se fit son disciple. Dieu bénit ses efforts en envoyant auprès de lui de nombreux jeunes désireux d’embrasser la même forme de vie consacrée à Dieu par la prière et le travail, sous la conduite d’un Abba, tenant la place du Christ au milieu de ses frères. Benoît devint un Maître de vie spirituelle qui a permis à des générations de moines et de moniales d’expérimenter la beauté de leur vocation, don et mystère dont la source et l’achèvement sont en Dieu

 

  • 2 – 7 août Arrivée le dimanche 2 dans la soirée, fin de la retraite le vendredi 7 dans l’après-midi.

Dans la lumière de la Transfiguration :
« Voici mon Fils bien-aimé : Ecoutez-le ! » La vie monastique contemplative : fixer son regard sur le Visage rayonnant du Christ.

« Dans l’unité de la vie chrétienne, les différentes vocations sont comme les rayons de l’unique lumière du Christ qui resplendit sur le visage de l’Eglise. » (Saint Jean-Paul II).

Une retraite peut être l’occasion de « monter sur la montagne » pour se retrouver avec Jésus seul, se confier à son amour et découvrir son Visage dans sa Parole, dans la célébration de la liturgie, dans la prière du cœur et la simple vie de tous les jours.

 

  • 28 octobre – 1er novembre arrivée le mercredi 28 dans la soirée, fin de la retraite le dimanche 1er dans l’après-midi.

 

Dans la lumière de tous les saints :

« Vous, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ! » La sainteté, chemin du vrai bonheur.

 

« A vous les jeunes, je dis : situez-vous avec courage dans les profonds courants de sainteté que de grands saints et saintes ont fait naître à la suite du Christ. Entretenez en vous les aspirations typiques de votre âge, mais adhérez sans tarder au projet de Dieu sur vous, s’Il vous invite à chercher la sainteté dans la vie consacrée. Admirez toutes les œuvres de Dieu dans le monde mais sachez fixer votre regard sur les réalités promises à ne passer jamais. » (Saint Jean Paul II)

 

écrire à : Soeur Cécile, Abbaye Sainte-Cécile 72300 SOLESMES

Tél. : 02 43 95 45 02

stececile.solesmes@free.fr

 

 


 

Sainte Cécile de Solesmes est le monastère féminin qui est en face du monastère Saint Pierre de Solesmes, mondialement connu. Comme l’abbaye Sait Pierre, l’abbaye Sainte Cécile a été fondée par Dom Guéranger, et a pour figure un personnage fascinant : Mère Cécile Bruyère. Pour davantage de précisions et d’informations, on ne manquera pas de consulter les liens ci-dessous :

http://www.domgueranger.net/dom-gueranger-et-la-fondation-de-sainte-cecile-de-solesmes/

http://www.domgueranger.net/in-spiritu-et-veritate-1/

Vocation monastique ?

5 jours pour vivre…

une retraite de discernement

 


Les moines de Solesmes vous accueillent pour une retraite monastique de discernement :

http://www.abbayedesolesmes.fr/FR/accueil/retraites.php

du 6 au 12 juillet 2014

ou du 3 au 9 août 2014


Cette retraite est ouverte aux jeunes hommes désireux de découvrir la vie bénédictine, mais aussi à tous ceux qui souhaitent approfondir leur relation au Christ, en bénéficiant d’un accompagnement spirituel personnalisé.

 


Informations pratiques

* La retraite du mois de juillet 2014 commence le dimanche 6 au soir (prévoir d’arriver avant 18h30) et se termine le samedi 12 au matin. Le vendredi 11 juillet, sera célébrée au monastère la fête de Saint Benoît. La fête s’ouvrira la veille avec la procession des reliques depuis l’église paroissiale jusqu’à l’abbaye.

* La retraite du mois d’août 2014 commence le dimanche 3 au soir (prévoir d’arriver avant 18h30) et se termine le samedi 9 au matin. Le 6 août sera célébrée la fête de la Transfiguration du Seigneur.

* Apporter chaussures et vêtements de travail.


Dom Guéranger, Extraits du Commentaire de la Règle de Saint Benoît

La Sainte Règle se présente à nous avec une auréole. Elle est glorifiée par les services qu’elle a rendus à ces millions d’hommes auxquels elle a suffi. Soyons convaincus comme eux qu’elle renferme des trésors cachés, qui enrichissent encore tous ceux qui sauront les découvrir.
La vie monastique consiste à suivre Dieu à la gloire. Notre-Seigneur a tracé le chemin ; nous marchons à sa suite, et ceux qui ne sont pas de méchants soldats arrivent promptement au but en suivant ses traces. Déduisons de là, mes frères, la grandeur de notre saint état qui est appelé : la Gloire. Ce titre semblait réservé à la vie heureuse qui nous attend après ce monde ; mais dès ce monde il y a une vie véritablement glorieuse, à cause des relations qu’elle a avec Notre-Seigneur, et cette vie, c’est la nôtre.
Que désirons-nous en ce monde, sinon vivre ? Ceux-là même qui marchent dans une mauvaise voie, cherchent encore la vie ; mais elle n’est qu’en celui qui a dit : Je suis la vie. Nous la trouvons en lui. Souvenez-vous, Seigneur que vous ne repoussez personne, et que l’espérance que j’ai en vous ne soit pas confondue.
Christo omnino nihil præponant… Qu’ils ne préfèrent absolument rien à Jésus-Christ. Cette maxime nous donne le fond de toute l’institution monastique. Pour qui sommes-nous ? À qui appartenons-nous ? À Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il est tout pour nous ; nous n’avons rien en-dehors de Lui. Nous cherchons à Le contenter ; à Le satisfaire en toute chose, parce qu’Il est note Dieu, notre récompense ; notre Rédempteur ; notre centre. Par la Profession, nous avons cherché à nous aliéner entre Ses mains et d’accomplir à Son exemple la perfection. Nous nous sommes donnés à Lui ; Il s’est donné à nous ; entre Lui et nous, c’est à la vie et à la mort. Aussi nous ne devons rien lui préférer. Omnino nihil ; rien, absolument rien. Il faut vivre en face de cette maxime qui s’étend à la vie tout entière et à l’extérieur comme à l’intérieur. Ainsi, dit Notre Bienheureux Père, ne préférons rien au Christ.

Solesmes, c’est aussi un monastère féminin :
l’abbaye Sainte Cécile de Solesmes.
http://www.saintececiledesolesmes.org/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=48&Itemid=90

 


« La vocation et la mission d’une moniale de clôture sont d’être le signe de l’union exclusive de l’Église-épouse avec son Seigneur aimé par-dessus tout. »

(Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique ; Instruction sur la vie contemplative et la clôture des moniales Verbi Sponsa, n° 1)

 

Discerner l’appel

Les jeunes filles qui s’interrogent vraiment sur leur vocation et désirent mieux connaître la vie des moniales de l’Abbaye Sainte-Cécile peuvent être admises quelque temps en clôture (habituellement, une retraite d’une semaine et une autre d’un mois). Une meilleure connaissance et le partage de la vie des sœurs leur permettent de progresser dans la découverte de leur propre vocation.


 

Quelques critères favorisent le discernement de l’appel. La place à laquelle Dieu appelle chacune dans l’Église est celle qui lui permet d’être le plus disponible au souffle de l’Esprit-Saint. C’est pourquoi l’épanouissement d’une personne est un bon indice de correspondance à sa vocation. Lorsqu’une jeune fille pense se donner à Dieu et cherche à préciser son chemin, si grandissent en même temps en elle l’amour, la joie et la paix, quand bien même des difficultés se présenteraient par la suite, elle peut avancer avec confiance.

 

La formation monastique


– Le cadre de la formation : le noviciat

Le noviciat constitue un groupe distinct. Il est composé de postulantes et de jeunes sœurs qui poursuivent le discernement de leur vocation et se préparent à la profession, sous la responsabilité de la maîtresse des novices qui doit surtout reconnaître si elles cherchent vraiment Dieu.

Saint Benoît définit en quelques mots les critères d’authenticité de cette recherche : l’amour de l’Office divin, la promptitude à obéir, l’empressement à se renoncer soi-même pour suivre le Christ. La vraie docilité, qui est une forme d’humilité et d’obéissance, est comme la pierre de touche d’une vocation monastique. Elle est prélude et condition de l’adhésion vivante au Christ.

Noviciat


Quels que soient son âge et ses compétences, la candidate sait qu’en embrassant la vie monastique elle se met pour toute la vie à l’école du service du Seigneur, avec le désir de suivre Jésus de plus près sur le chemin qui, par la croix, mène à la gloire.

– Le contenu de la formation

La formation humaine, doctrinale et spirituelle consiste d’abord à développer chez les novices un véritable esprit chrétien, base essentielle de l’esprit religieux.    Parc croix

A la lumière du magistère de l’Église, l’enseignement porte sur l’Écriture Sainte, plus spécialement les psaumes et l’Évangile, la tradition monastique – en particulier la Règle de saint Benoît – sur le catéchisme, la liturgie, l’histoire de l’Église… Afin de participer avec fruit à la célébration de la liturgie, les novices étudient également le latin et apprennent


Le chant grégorien.


– Les étapes de la formation initiale

Au commencement de sa vie monastique, la jeune fille est d’abord postulante. Elle s’habitue progressivement à mener la vie monastique et à observer la Règle de saint Benoît. La durée de cette étape peut varier entre huit ou neuf mois et deux ans.

Si elle désire toujours poursuivre sa probation et si l’abbesse le juge bon, la postulante reçoit l’habit monastique avec le voile blanc et devient novice, pour deux années au moins.

Au terme de cette période, la novice qui le désire peut demander à émettre ses premiers vœux. Si l’abbesse et la communauté perçoivent, de leur côté, les signes d’une vraie vocation, la novice s’engage dans la vie monastique en prononçant des vœux pour trois ans ou plus. Durant cette période des vœux temporaires, elle continue à se former au sein du noviciat.


A la fin de ces trois années, l’abbesse en accord avec la professe temporaire peut proroger cette étape de discernement et de formation ou l’admettre à prononcer les vœux perpétuels ou solennels qui l’incorporent pour toujours à la famille monastique.

 

La profession monastique


Celui qui doit être reçu, dit saint Benoît, promettra devant tous dans l’oratoire, en présence de Dieu et des saints, sa stabilité, la conversion de ses mœurs et l’obéissance. La promesse de stabilité, spécifiquement monastique, insère la moniale au cœur de la communauté qui l’accueille en ce jour. La promesse de conversion des mœurs englobe, dans sa formulation ancienne, les vœux traditionnels de chasteté et de pauvreté qui, avec l’obéissance, constituent l’engagement par lequel tout religieux se lie au Christ avec la volonté de Le suivre sur les chemins de l’Évangile.

À l’offrande que la professe fait d’elle-même par l’émission des vœux, Dieu répond en prenant pleine possession de toutes ses facultés de vivre et d’aimer, par la consécration.

Sublime dédicace

Si vous n’avez pas assisté en direct ou par la radio à la dédicace de l’abbaye Saint Michel de Kergonan, vous trouverez ici une vidéo, où l’on voit en quelques minutes des images des principaux rites de cette fonction liturgique si particulière. Notez par ailleurs que l’abbaye Saint Michel de Kergonan a refondu son site web, qui est magnifique. http://saintmicheldekergonan.org

Passation de pouvoir, Jules Ferry, décrets de 1880, vie contemplative et liturgie.

L’histoire de France a eu des étapes, notamment en ce qui concerne la question de la place de la vie contemplative et de la liturgie au coeur de la société. A l’heure où tous les médias rappellent les apports de la politique de Jules Ferry en ce qui concenre l’instruction laïque, gratuite et obligatoire, il n’est pas inutile de se souvenir des conséquences directes qu’ont pu avoir sur la vie des communautés contemplatives les décret de 1880, qui aboutirent ensuite à la loi de 1901.

Isabelle de Gaulmyn, sur son blog  « La Croix », le 14 mai, nous apprend ainsi que la laïcité de Jules Ferry était une « laïcité sereine ».

La neutralité de l’État selon Jules Ferry, était une neutralité « sereine » pour reprendre ses propres termes. C’est d’ailleurs cette même conception libérale que les juges du Conseil d’État, tout au long du XXe siècle, ont voulu privilégier, dans l’application très souple qu’ils ont donnée à la loi de 1905 et aux rapports entre État et Églises. Conception qui a amené le même Jules Ferry à mettre en garde les instituteurs, dans son instruction de 1883, contre toute tentation d’intolérance : « le maître devra éviter comme une mauvaise action tout ce qui dans son langage ou dans son attitude blesserait les croyances religieuses des enfants confiés à ses soins, tout ce qui porterait le trouble dans leur esprit, tout ce qui trahirait de sa part envers une opinion quelconque un manque de respect ou de réserve ». Une laïcité sereine, que l’on pourrait presque qualifier de positive…

Quant à nous, espérons simplement que l’historie de bégaye pas… Car ces décrets de 1880 furent pour de nombreux religieux contemplatifs, et en particulier pour les moines de l’abbaye S. Pierre de Solesmes,  le coup d’envoi d’un exil de 40 années presque sans interruption en dehors des murs de leur propre monastère… On a du mal à l’imaginer aujourd’hui, mais c’est historique.

Les moines de Solesmes hors de leur monastère

(à l’occasion du millénaire de leur fondation…)

Source : http://www.infobretagne.com/abbaye-solesmes-delatte.htm

Le 6 novembre 1880, la communauté de Saint-Pierre était expulsée du monastère par la force brutale ; le Père abbé et les religieux qui, tous, opposèrent une résistance passive, durent être portés en dehors de l’église et de la clôture manu militari. Peu de temps après, ils rentraient et reprenaient peu à peu possession du monastère ; mais, le 22 mars 1882, ils étaient derechef jetés dehors par un nouveau coup de force et les gendarmes prenaient possession de l’abbaye où ils devaient se maintenir jusqu’en 1896. Lors de la première expulsion, les moines acceptèrent l’hospitalité qui leur fut généreusement offerte dans les châteaux du voisinage, à Pincé, à Bouère, aux Chesnais, à Juigné et à la Lortière. En 1882, désireux de demeurer plus étroitement groupés, ils restèrent dans Solesmes et s’installèrent çà et là dans un provisoire qui devait durer quatorze ans. L’office divin se célébrait à l’église paroissiale, sauf à certains jours de grande fête où la fonction avait lieu à Sainte-Cécile. On arrivait, en se serrant dans le grenier de la maison abbatiale, à entendre en commun les conférences spirituelles de Dom Couturier, mais il y eut pendant longtemps trois réfectoires, parce qu’aucune salle ne pouvait contenir toute la communauté ; la bibliothèque était coupée en cinq tronçons ; il fallait courir le village pour aller du Droit Canon à la Liturgie, sortir pour aller au choeur, sortir pour aller chez l’abbé, sortir pour aller au réfectoire. Les récréations se prenaient sur la route. Quelle épreuve pour l’abbé et pour les moines que de devoir mener cette vie errante aux portes même de l’abbaye fermée et gardée militairement ! Dom Couturier, par sa bonté et sa prudence, arriva à surmonter les difficultés d’une situation aussi anormale et les années s’écoulèrent sans que rien se produisît qui pût diminuer dans l’esprit de la population du bourg, témoin de la vie quotidienne des moines, l’estime et le respect qu’elle avait pour eux.

Des circonstances aussi défavorables s’opposaient, on le conçoit, au développement normal de la Congrégation ; néanmoins les novices ne firent jamais défaut, et, en 1889, Solesmes put fonder à Wisques, dans le Pas-de-Calais, un prieuré devenu depuis lors une abbaye. Au moment même des expulsions, en 1880, Ligugé et Solesmes avaient restauré en Espagne l’abbaye de Silos, aujourd’hui florissante et entièrement peuplée de moines espagnols.

En 1887, une amélioration notable fut apportée à la situation de la communauté de Saint-Pierre par la reprise de possession, non de l’abbaye, mais de hangars qui bordaient le jardin : on y établit un chapitre, une cuisine et un réfectoire où tous les moines pouvaient prendre place.

Vers la même époque on assistait au développement d’une des institutions qui, dans l’avenir, feront le plus d’honneur à l’abbaye. L’imprimerie avait commencé modestement quelques mois avant expulsion de 1880 dans la cellule de Dom Schmitt ; elle émigra d’abord aux Chesnais, puis revint à Solesmes à la fin de 1882 et fut établie dans l’ancien atelier d’un forgeron. Au cours de sa brève existence, de 1880 à 1901, elle a produit toute une série d’oeuvres remarquables, telles que la Paléographie musicale, le Nomasticon Cisterciense, le volume sur les Sculptures de Solesmes, et surtout les magnifiques éditions de chant grégorien, qui ont répandu par le monde les mélodies restituées par l’école de Solesmes et préparé la voie aux réformes de Pie X en matière de musique sacrée.

Dom Couturier mourut le 29 octobre 1890 ; la communauté et les supérieurs réunis des autres monastères de la Congrégation lui donnèrent pour successeur, le 9 novembre, le prieur qu’il s’était lui-même choisi, le Rme Père Dom Delatte, dont la bénédiction solennelle eut lieu le 8 décembre suivant.
L’abbatiat de Dom Delatte, qui a duré trente-deux ans, a été pour l’abbaye une période de vie intense et féconde. Ses débuts furent marqués par des difficultés intérieures : le long séjour des moines en dehors du monastère n’avait pas été, en effet, sans amener quelques inconvénients qui se firent jour après la mort de Dom Couturier. Heureusement une détente dans les rapports avec le pouvoir civil permit bientôt de reprendre progressivement possession du monastère et, peu à peu aussi, le ferme gouvernement de l’abbé rétablit sur tous les points la discipline, la splendeur de l’office divin et cette belle observance qui a attiré à Solesmes tant d’âmes éprises de perfection.

La communauté était rentrée dans l’église abbatiale dès 1894, mais seulement par intermittence. Le 16 janvier 1895 on occupa quelques cellules ; le 23 août, pour la première fois après tant d’années de silence, les cloches du monastère osèrent se faire entendre ; à la fin de l’année les terrassiers se mettaient à l’oeuvre pour préparer, sous la direction de l’architecte Dom Mellet et sous l’oeil bienveillant des gendarmes toujours cantonnés dans l’abbaye, la construction du nouveau monastère qui s’élève aujourd’hui le long de la Sarthe. La première pierre en fut bénite le 21 mars 1896 et les travaux furent menés si rapidement que, deux ans après, le 10 avril 1898, la communauté pouvait prendre le repas du jour de Pâques dans le nouveau réfectoire.
L’expansion au dehors n’était pas moins remarquable. Dès 1890, Solesmes avait restauré l’antique monastère de Saint-Maur-sur-Loire. En 1895, sur l’invitation de l’impératrice Eugénie, une colonie de moines allait prendre possession de l’église de Farnborough, en Angleterre, et y établissait un prieuré bientôt transformé en abbaye, comme Saint-Maur. Enfin, en 1897, c’était vers la Bretagne qu’un nouvel essaim se dirigeait pour fonder Sainte-Anne de Kergonan, près de Plouharnel, prieuré devenu lui aussi une abbaye. Concurremment Ligugé fondait un nouveau prieuré à Paris, en 1893, et l’abbaye de Saint-Wandrille, en 1894. Ainsi le nombre des monastères de la Congrégation était porté à dix et celui des religieux qui, en 1880, était de cent vingt-cinq, atteignit en 1910 le chiffre de quatre cent cinquante-cinq : il n’a fait qu’augmenter depuis lors, malgré la persécution et l’exil.

Car la rentrée de 1896 ne fut qu’une trêve et il fallut bientôt abandonner non plus seulement l’abbaye, mais la France elle-même. On commençait à bâtir la future bibliothèque, en 1901, lorsque la loi du 1er juillet sur les Associations vint mettre les religieux dans l’alternative d’une demande d’autorisation ou de la liquidation judiciaire. Tout le monde connaît l’esprit dans lequel cette loi fut votée et les considérants injurieux pour les voeux de religion développés par ses auteurs eux-mêmes au cours de la discussion. Dom Delatte, soutenu par sa communauté, exposa dans l’Examen de conscience d’un religieux les motifs pour lesquels il ne demanderait pas l’autorisation et l’exode commença. L’abbaye tombée entre les mains du liquidateur fut mise en vente et acquise par un ami des moines, M. le marquis de Juigné. Durant la guerre elle servit d’hôpital pour grands malades. Toutes les autres maisons de la Congrégation, ainsi que les trois monastères de moniales régis par les Constitutions de Dom Guéranger, Sainte-Cécile de Solesmes, Notre-Dame de Wisques et Saint-Michel de Kergonan suivirent la même ligne de conduite. Les moines de Marseille se réfugièrent en Italie ; Ligugé, Saint-Maur de Glanfeuil, Saint-Wandrille et Sainte-Anne de Kergonan émigrèrent en Belgique ; Saint-Paul et Notre-Dame de Wisques s’établirent en Hollande ; les religieux du Prieuré de Paris se joignirent aux communautés de Ligugé et de Saint-Maur ; les moniales de Sainte-Cécile et de Saint-Michel, enfin, ainsi que Solesmes passèrent en Angleterre.

C’est le 20 septembre 1901 que la communauté de Saint-Pierre quitta Solesmes au milieu des témoignages de sympathie de toute la région. Le lieu choisi comme refuge était Appuldurcombe-House, près de Ventnor, dans l’île anglaise de Wight. Appuldurcombe avait été au moyen âge un prieuré dépendant de l’abbaye de Montebourg, mais il n’y restait pas trace de cette ancienne destination religieuse ; dans son état actuel, la maison remontait au célèbre diplomate et historien sir Richard Worsley, dont elle abrita les précieuses collections de statues, bas-reliefs, camées et pierres précieuses antiques. A l’époque où les moines s’y établirent elle avait beaucoup perdu de sa splendeur passée, mais le parc dont elle est entourée gardait toute sa beauté avec ses magnifiques pelouses, ses cèdres centenaires et ses massifs de rhododendrons géants. Une colline l’abrite : la récréation des religieux exilés consistait le plus souvent à en atteindre le sommet et à y jouir du merveilleux spectacle de la grande mer au delà de laquelle on savait la patrie si proche qu’en certaines nuits très claires on apercevrait, dit-on, les lumières de ses phares les plus avancés.
L’accueil de l’Angleterre pour les moines et les moniales réfugiés dans l’île de Wight fut non seulement plein de correction, mais véritablement sympathique. Les moines, objets d’une curiosité bienveillante, purent conserver leur habit dans toutes leurs promenades ; les religieuses de Sainte-Cécile à peine installées à Ryde eurent à deux reprises le grand honneur d’une visite de la reine Alexandra d’abord, puis du roi Edouard VII et de la reine ensuite : les souverains anglais avaient tenu à saluer personnellement dame Adélaïde de Bragance, veuve du roi de Portugal qui, après la mort de son mari, avait pris le voile à Sainte-Cécile.

L’art de Dom Mellet trouva à Appuldurcombe l’occasion de se révéler sous une forme nouvelle : il s’agissait de donner à une église provisoire en bois et en tôle ondulée un caractère supportable : il en fit un sanctuaire muni de nombreux autels, avec un vaste choeur à deux rangs de stalles, où la lumière pénétrait largement et dans lequel les lignes et les couleurs se mariaient si agréablement qu’on avait plaisir à s’y retrouver pour les fonctions liturgiques les plus diverses qui, toutes, y trouvaient un cadre parfaitement approprié. L’extérieur rappelait les anciennes basiliques de style lombard.

Un des événements les plus notables qui marquèrent le séjour à Appuldurcombe fut la réunion de la Commission Pontificale pour la restauration de la musique sacrée qui s’y tint. Ce fut un hommage rendu au rôle prépondérant joué par Solesmes et la Congrégation de France dans cette restauration même. Certes, nombre de savants estimables y ont travaillé, mais aucun d’eux n’a eu une influence comparable à celle de Dom Pothier et de Dom Mocquereau. Il faut bien le dire, d’ailleurs, il n’est pas de travail scientifique qui ait jamais tenu dans Solesmes une place aussi importante que celle occupée par les recherches sur le chant grégorien. Le magnifique atelier de la Paléographie musicale a son corps discipliné de travailleurs, sa bibliothèque riche en ouvrages spéciaux, ses centaines de manuscrits reproduits par la photographie et qui forment une collection unique de documents de première main ; il en sort chaque année une production musicale considérable et son influence s’exerce dans l’Eglise entière. Les séances de la Commission Pontificale eurent lieu du 6 au 9 septembre 1904 ; elles permirent aux Consulteurs de profiter des nombreux documents mis à leur disposition et de juger des méthodes de travail suivies par les collaborateurs de Dom Mocquereau dans la préparation de leurs éditions.
Cependant les années d’exil s’ajoutaient les unes aux autres et rien ne faisait prévoir un retour prochain en France. Si la situation d’Appuldurcombe était agréable, la maison elle-même ne se prêtait pas à un séjour prolongé. En juin 1908, le Père abbé Dom Delatte transporta sa communauté du sud au nord de l’île de Wight, dans le domaine de Quarr qu’il avait acquis. Là aussi on retrouvait des souvenirs bénédictins. L’abbaye de Quarr, dont il reste encore quelques ruines, avait été fondée en 1132 et appartenait à la Congrégation de Savigny qui, en 1147, fut incorporée à l’ordre de Cîteaux. Elle avait subi au XVIème siècle le sort commun des monastères anglais, supprimée d’abord, détruite ensuite et remplacée par un manoir assez vaste. C’est dans celui-ci que la communauté de Solesmes s’installa en attendant que la nouvelle abbaye fût prête.
On avait, en effet, résolu de sortir du provisoire et de bâtir. Dom Mellet avait vieilli, mais un autre moine plus jeune, Dom Paul Bellot, avait pris sa place et l’occupait dignement. Le monastère et surtout l’église qu’il a élevés à Quarr sont des oeuvres originales, hautement appréciées et qui marqueront une date. La matière employée est une brique rose, la ligne la plus caractéristique est celle de l’arc ogival élargi et surbaissé ; l’ensemble est d’un effet tout à fait nouveau et sans doute, parmi tant d’essais modernes pour sortir des chemins battus, celui-ci est-il un des plus heureux. Ce n’est pas seulement à Quarr-Abbey, d’ailleurs, que le moine architecte a exercé son art ; il a également fait les plans et dirigé la construction de la nouvelle abbaye élevée en Hollande, à Oosterhout, par les religieux de Saint-Paul de Wisques. Dans le même temps la générosité de monsieur le vicomte Maurice du Coetlosquet et de sa famille édifiait à Clervaux, dans le grand-duché de Luxembourg, une grande et magnifique abbaye pour la communauté de Saint-Maur de Glanfeuil. Ainsi l’exil, comme il arrive d’ordinaire pour les moines, avait été agent d’expansion : Quarr-Abbey, Clervaux, Oosterhout sont aujourd’hui trois centres de plus pour la vie monastique et ils resteront.

L’église de Quarr-Abbey, placée sous le vocable de la Nativité de Notre-Dame, fut solennellement consacrée par Mgr. Cotter, évêque de Porstmouth, le 12 octobre 1912. On était alors plus près qu’on ne le croyait de la fin de l’exil.

L’événement imprévu qui devait permettre aux religieux de rentrer en France fut la grande guerre au cours de laquelle seize moines de la Congrégation de France tombèrent sur le champ de bataille ou moururent des suites de leurs blessures : trois d’entre eux appartenaient à l’abbaye de Solesmes. Avant toutefois que la rentrée s’effectuât, les infirmités croissantes qui accablaient le Rme Père Dom Delatte et lui interdisaient complètement la marche lui firent donner sa démission d’abbé de Solesmes et de supérieur général de la Congrégation ; il continua à vivre dans le monastère, comme un patriarche, entouré du respect et de l’affection de tous, et ses loisirs forcés lui ont permis de mettre la dernière main à des ouvrages depuis longtemps commencés et attendus.

Le successeur donné par le chapitre des moines de Solesmes et des supérieurs de la Congrégation au Rme Père Dom Delatte a été son prieur, le Rme Père Dom Germain Cozien dont l’élection a eu lieu le 22 avril 1921 et la bénédiction solennelle le 14 juillet de la même année.

C’est par le Rme Père Dom Cozien que la communauté de Saint-Pierre a été ramenée, en 1922, dans son berceau, à Solesmes.

Et depuis, la vie monastique et liturgique a repris à Solesmes…. Et continue….

Pour plus de détails, on consultera avec profit deux ouvrages récemment parus :

Dom Louis Soltner : Solesmes au temps des expulsions

Le centenaire de la Séparation de l’Église et de l’État (1905-2005) a ramené l’attention des français sur la période de politique anticléricale du gouvernement de la troisième République avant 1914. Déjà en 1980, Solesmes avait commémoré un événement douloureux de son histoire : l’expulsion des moines par la force publique, pour insoumission aux décrets du 29 mars 1880. La plupart de nos visiteurs sont surpris quand on leur apprend que les bénédictins de l’abbaye Saint-Pierre ont été chassés de chez eux en novembre 1880 et en mars 1882. Ils apprennent ensuite que les moines ont vécu durant une quinzaine d’années dans les maisons du village, hors de leur cloître, aux portes de leur monastère qui leur était interdit ; puis qu’ils y sont rentrés en 1895, à la faveur d’une accalmie, le temps de construire un bâtiment grandiose le long de la Sarthe, et qu’à peine celui-ci terminé, ils ont dû s’exiler en Angleterre en 1901…
Si nous ranimons ces souvenirs, ce n’est point dans l’intention de réveiller chez quiconque un esprit d’animosité. La conjoncture est différente aujourd’hui. Mais les faits passés sont du domaine de l’histoire, et il n’est pas sans intérêt d’expliquer quels en furent la genèse et le déroulement

4 avril 1894, Monsieur le Préfet, j’ai l’honneur de vous faire savoir que la fête nationale des Bénédictins s’est bien passée. Jusqu’ici ils sont assez raisonnables ; sauf un civil à tête pointue qui s’est faufilé dans l’église mais que nous avons tenu sous l’œil pendant toute la cérémonie. N’a pas bronché !. Pour ce qui regarde les moines, trois choses à signaler : le père Legeay, ayant voulu repincer de sa guitare abandonnée, a dû expulser des tuyaux plusieurs oiseaux de mauvaise mine qui avaient domicile sans que nous sachions quand ni comment. Le père Nouel a trouvé un chapeau si, si léger que l’esprit nouveau, en soufflant sur le pays, l’a emporté sur la tour de l’église. Il y brille d’un éclat compromettant. Mais comme il est lumineux même dans l’obscurité , les ouvriers vont avancer leur travail.

 

Dom Guy FRÉNOD
Dom Charles Couturier (1817-1890)

Cet ouvrage aidera à découvrir le « bon père abbé » au sein de la vie de famille de son abbaye, dispersée durant de longues années à cause des circonstances politiques, mais bien unie à son pasteur.

Dans le regard du Père Abbé dom Couturier, quelque reflet de la tendresse du Père céleste nous attire. Nous découvrons ici les qualités, souvent méconnues, de dom Couturier comme père affectueux de sa communauté, organisateur perspicace de la Congrégation, initiateur prudent de modalités pratiques, mais aussi ardent défenseur des valeurs chrétiennes et monastiques ».
(Extrait de la Préface de dom Philippe Dupont, abbé de Solesmes).

Effacé entre les deux grandes figures lumineuses que sont dom Guéranger et dom Delatte, dom Couturier n’en demeure pas moins un maillon indispensable de la chaîne qui forme la vie de Solesmes.

« Prêtre diocésain, moine, abbé, dom Charles Couturier (1817-1890) a vécu caché “sous le regard de Celui qui nous voit d’en-haut”. Cette vie cachée s’est pourtant montrée très féconde, comme le témoignage vivant de la vitalité de la vocation monastique.

 

Les moines cisterciens furent en 1901 plus chanceux que leur frères moines « noirs », grâce à l’énergique défense de dom Chautard, reçu par Clemenceau à la suite de la loi de 1901. (source – abbaye du Mont des Cats) :

Extrait d’une conférence donnée par Dom Chautard lui-même en 1931, relatant ses souvenirs de cette rencontre :

Dom Chautard se rend Rue Franklin. Introduit devant Clemenceau, il ne bronche pas sous le regard autoritaire, ironique, enfoncé dans l’arcade, qui le fouille de la tête aux pieds. Il est porteur d’un mémoire et, dès la première prise de contact, exprime le désir de comparaître à la barre des juges.

» Ne l’espérez pas, riposte Clemenceau. Ce n’est pas l’usage !

– Comment ! Vous prétendez nous condamner sans nous entendre ? Je puis vous prouver que, devant l’Inquisition, les accusés ont toujours eu le droit de se défendre.

– Eh bien, soit ! vous serez entendu. Je ne veux pas être pire que Torquemada.

– Ce n’est pas tout. Je vous demande de m’indiquer, après avoir lu ce court mémoire, sur quels points vous m’attaquerez devant la commission. Je ne me sens pas de taille à répondre à l’improviste à un homme tel que vous.

– Soit ! Revenez dans trois jours. »

Trois jours après, je reviens.

» Refaites votre mémoire. Citez bien haut les services que vous avez rendus comme agronomes, surtout en pays de mission et en Algérie ; mais supprimez cette première partie où vous étalez fièrement que vous êtes des moines : c’est inutile et imprudent.

– Pardon Monsieur le Président, je ne puis accepter de cacher notre drapeau, ce serait déloyal. Nous ne sommes que secondairement des agriculteurs et des missionnaires : avant tout nous sommes des moines. Si on veut nous autoriser, il faut que ce soit sans abstraction de notre caractère de moines. »

Alors commence un persiflage en règle. Dans ce genre, qui aurait pu lutter avec Clemenceau ? Il tourne en ridicule et la vie contemplative, et ces moines célébrant leurs offices auxquels personne n’assiste ou poursuivant leurs études sans vue d’apostolat. La diatribe, violente et spirituelle à la fois, est hachée par des apostrophes personnelles :

» Pourquoi donc vous êtes-vous fait moine et non pas missionnaire ? Je l’aurais compris. Mais moine ! moine ! moine ! » Et l’attaque passionnée reprend…

Je rongeais mon frein, plus fier que jamais d’être moine, en voyant que, sous ces flots de critiques, il n’y avait que préjugés et ignorance de ce qu’est un vrai moine.

Il me lance soudain un phrase tellement blessante que je me lève :

» Monsieur, c’est vous qui m’avez invité à revenir aujourd’hui. Si j’avais pu prévoir que vous violeriez ainsi les lois de l’hospitalité en manquant à la courtoisie, je ne serais pas venu. Je me retire déçu et attristé. Faites ce que vous voudrez contre nous. Mais rien de ce que vous venez de me dire ne me fait regretter d’avoir choisi la vie monastique. Rien : Au contraire.

– Au contraire ?

– Oui, au contraire. »

Il me força à me rasseoir. Puis d’un ton calme et poli :

» Je vous demande, dit-il, de m’expliquer cet au contraire. Dites-moi pourquoi vous êtes si satisfait d’être trappiste. Qu’est-ce qu’un trappiste ? »

Après une brève prière pour être assisté de l’Esprit Saint, Dom Chautard enchaîne la défense improvisée aux derniers mots de l’attaque.

» Toutes les objections que vous venez de faire, je les connaissais. Les lazzis que vous m’avez décochés ne valent pas une preuve. Vous-même, j’en suis persuadé, vous n’en êtes pas dupe. Ma conviction, au lieu d’être ébranlée, n’en est donc que fortifiée. Mon idéal m’est plus cher que jamais. »

L’illustre duelliste avait promis de ne pas intervenir. Il tint parole. Pendant une demi-heure Dom Chautard présenta sommairement la vie monastique cistercienne.

» Une religion qui a pour base l’Eucharistie doit avoir des moines voués à l’adoration et à la pénitence » : voilà de quoi conclure à la raison d’être des cisterciens.

Quand j’eus fini, j’étais haletant, tellement j’avais mis de coeur à défendre notre idéal. Jamais sans doute, je ne fus aussi ardent, aussi pressant, aussi persuasif… Le Président était visiblement ému. Il se leva, et me secouant vigoureusement le poignet :

» Dites cela devant la Commission. J’ai compris l’idéal d’un moine. Je ne suis pas chrétien ; mais je comprends, lorsqu’on l’est profondément, qu’on puisse être fier d’être moine. Un Parlement français n’a pas le droit de mettre à la porte de vrais moines qui, dans leurs cloîtres, restent étrangers à la politique. A partir d’aujourd’hui, considérez-moi comme votre ami ! »

La rencontre avec la commission eut effectivement lieu, mais Dom Chautard n’avait plus la même verve. Clemenceau le lui dit après : » Vous nous avez certainement intéressés. Mais non ! ce n’était plus cela. »

Le résultat n’en fut pas moins acquis.


Mère Geneviève Gallois : le génie et le voile (Documentaire KTO)

Un excellent documentaire qui montre les oeuvres (dessins, ornements liturgiques, vitraux) de Mère Geneviève Gallois, dont nous avions déjà parlé sur notre site web :

http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/mere-genevieve-gallois-visions-du-cloitre-au-xxeme-siecle/

Mère Geneviève est une moniale de Limon (région parisienne) décédée dans les années 1960, et qui est notamment l’auteur du fameux « Vie du petit Saint Placide ») mais aussi de nombreux autres dessins et gravures sur la vie chrétienne, la vie monastique. Le documentaire donne naturellement une grande place aux illustrations sonores en chant grégorien… A ne pas manquer.

Dédicace de l’abbatiale Saint Michel de Kergonan

Nous en avons beaucoup parlé sur notre site web ; il y a 5 ans l’abbaye saint Michel de Kergonan prenait feu, l’incendie ravageant l’église abbatiale et une grande partie du cloître.

Abbaye Saint Michel de Kergonan

L’émission sur KTO

Kergonan, l’abbaye incendiée

Kergonan : intention de prière spéciale.

5 années après, l’église est reconstruite, et la liturgie de sa consécration, qu’on appelle la dédicace sera célébrée dimanche matin par Mgr Centène :

En direct sur Radio Espérance, vous pourrez suivre l’intégralité de la fonction de la dédicace…
Petite liturgie qui durera de 09:15 à 13:30…. !

http://www.radio-esperance.fr/?date=20120429

Ça peut être suivi en FM http://www.radio-esperance.fr/nous-ecou … uences-fm/ et par internet, au travers du player.  http://player.radio-esperance.fr/?radio … edia=audio

Notez que Radio Espérance diffuse également chaque jour l’office de Sexte et l’office des Vigiles en direct de Saint Michel  Kergonan, et donc à partir de dimanche, depuis la nouvelle église abbatiale.

L’ensemble de la liturgie sera commentée pour que tous les auditeurs puissent suivre cette célébration à la fois très rare et très complexe, entièrement chantée en grégorien par les moniales bien sûr mais aussi avec le concours du chœur des moines de Sainte Anne de Kergonan, l’abbaye d’hommes qui est « en face », ainsi que les dominicaines de Pontcallec.

Voici la prière de consécration qui sera chantée par l’évêque :

Deus, Ecclésiæ tuæ sanctificátor et rector, nomen tuum nos decet festívo celebráre præcónio, quia hódie fidélium plebs hanc oratiónis domum, ubi te pie venerátur, verbo erudítur, álitur sacraméntis, sollémni ritu cupit in perpétuum tibi dicáre. Ô Dieu, qui sanctifies et gouvernes ton Église, il convient que nous chantions la louange de ton nom dans l’allégresse ; car aujourd’hui le peuple des fidèles désire te consacrer à jamais par un rite solennel cette maison de prière, où il viendra t’adorer, s’instruire par ta parole, se nourrir de tes sacrements.
Hæc ædes mystérium adúmbrat Ecclésiæ, quam Christus suo sanctificávit cruóre ut Sponsam sibi exhibéret gloriósam, Vírginem fídei integritáte conspícuam, Matrem Spíritus virtúte fecúndam. Ce temple est la figure du mystère de l’Église, que le Christ a sanctifiée par son sang, pour se la présenter à lui-même comme une épouse glorieuse, une vierge brillant par l’intégrité de sa foi, une mère féconde par la puissance de l’Esprit Saint.
Ecclésia sancta, elécta vínea Dómini, cuius palmítibus mundus omnis implétur, quæ propágines suas, ligno baiulánte, suspénsas érigit ad regna cælórum. Église sainte, elle est la vigne choisie par le Seigneur, elle dont les sarments s’étendent sur le monde entier ; elle élève ses enfants, soutenus par le bois de la croix, jusqu’au royaume des cieux.
Ecclésia felix, tabernáculum Dei cum hóminibus, templum sanctum, quod lapídibus vivis exstrúitur, Apostolórum funda-méntis consístens, Christo Iesu summo lápide angulári. Église bienheureuse, elle est le tabernacle de Dieu avec les hommes, le temple saint, bâti de pierres vivantes, appuyé sur le fondement des Apôtres, et elle a le Christ Jésus comme pierre angulaire.
Ecclésia sublímis, Cívitas iugo montis erécta, perspícua cunctis, et ómnibus clara, ubi Agni lucérna fulget perénnis, et gratum resónat cánticum beatórum. Église sublime, elle est la cité élevée au sommet de la montagne, dont la clarté attire tous les regards ; la lumière de l’Agneau y resplendit sans cesse, et le chant mélodieux des bienheureux y retentit.
Súpplices ergo te, Dómine, adprecámur : dignáre hanc ecclésiam et hoc altáre cælésti sanctificatióne perfúndere, ut locus sanctus semper exsístat, et mensa fiat in perpétuum Christo sacrifício paráta. Nous t’en supplions donc humblement, Seigneur : daigne répandre en abondance ta sanctification céleste sur cette église et cet autel, afin que ce lieu soit toujours saint, et que cette table soit toujours prête pour le sacrifice du Christ.
Hic unda divínæ grátiæ hóminum óbruat delícta, ut fílii tui, Pater, peccáto mórtui, vitæ renascántur supérnæ. Qu’ici, ô Père, l’onde de la grâce divine engloutisse les péchés des hommes afin que tes enfants, morts au péché, renaissent à la vie céleste.
Hic fidéles tui, altáris mensam circumstántes, memoriále Páschatis célebrent et verbi Christi eiúsque córporis reficiántur convívio. Qu’ici tes fidèles, entourant la table de l’autel, célèbrent le mémorial de la Pâque, et qu’ils refassent leurs forces au festin de la parole du Christ et de son corps.
Hic laudis oblátio iucúnda resúltet, Angelórum concéntibus vox hóminum sociáta, ac pro mundi salúte iugis ad te ascéndat orátio. Qu’ici retentisse un joyeux sacrifice de louange, la voix des hommes associée aux chœurs des anges, et que sans cesse la prière monte vers toi pour le salut du monde.
Hic páuperes misericórdiam invéniant, oppréssi veram consequántur libertátem, cunctíque hómines filiórum tuórum índuant dignitátem, donec ad illam, quæ sursum est Ierúsalem, exsultántes pervéniant. Qu’ici les pauvres trouvent la miséricorde, les opprimés, la vraie liberté, et que tous les hommes revêtent la dignité d’enfants de Dieu, en attendant de parvenir, dans l’exultation, à la Jérusalem d’en haut.
Per Dóminum nostrum Iesum Christum Fílium tuum, qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti Deus, per ómnia sǽcula sæculórum. Par Notre Seigneur….

Tous : Amen.

 

Ici vous trouverez le traitement de l’évènement par le journal La Croix :

http://www.la-croix.com/Religion/S-informer/Actualite/L-abbatiale-de-Saint-Michel-de-Kergonan-renait-de-ses-cendres-_NP_-2012-04-24-798531