Dom Bozell : chant et vie intérieure

Le chant fait partie de notre vie intérieure. On est habité par ces mélodies qu’on attend chaque année comme des rendez-vous amis. La prière de Noël, par exemple, qui est magnifique, a été chantée par des générations de moines. Quelquefois, on ne peut s’empêcher de pleurer. Il suffit de trois notes. Ce chant est là tout le temps, même la nuit. On se réveille, et on a dans la tête, très fort, un gloria. On rêve en grégorien ! Avec le temps, on n’a plus besoin d’écouter d’autres musiques. Le chant grégorien est la dernière vibration avant le silence, qui est plus beau que tout.

Dom Michael Bozell, osb, moine de Solesmes.

La vie (4/02/2010) : conseils pour le chant, par le P. Lelièvre

Le P. Lelièvre est le maître de choeur de Saint Pierre de Solesmes depuis 2003. Le magazine La Vie ces derniers jours l'a interviewé concernant les conseils qu'il a à donner pour la pratique du chant liturgique. Naturellement,son conseil utlime est d'apprendre le chant grégorien, "chant propre de la liturgie romaine".

http://i2.wp.com/www.choralies.fr/img/AC7_lelievre.jpg?resize=130%2C147Né en 1964 à Fougères, Ille-et-Vilaine, a suivi un cursus au conservatoire de Rennes. Il a ensuite commencé en 1984 une carrière d'altiste en orchestre, principalement en Bretagne, à Paris et en Aquitaine. En 1989 il est parti au Mexique, à la Filarmonica de Jalisco. Pensant à la vie monastique, il est entré à l'abbaye de Solesmes en 1993. Moine-prêtre, il a été nommé maître de chœur en 2003. Depuis 2005, son travail fut la mise en place du nouvel antiphonaire. 

 

RP Dom Yves-Marie Lelièvre 

Mes conseils pour pratiquer le chant liturgique

 

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Abbaye de Solesmes

1 Cultivez le silence
C’est paradoxalement mon premier conseil. Le silence est une vertu essentielle dans la vie bénédictine, car il crée l’espace d’accueil préalable à l’écoute. Or, le chant liturgique n’est rien d’autre que la parole de Dieu qui, débordant du cœur, devient chant. Cet apprentissage du silence peut se faire à travers des temps d’oraison, mais plus simplement dans la vie quotidienne. On peut, par exemple, être attentif à son attitude par rapport à ses interlocuteurs. Sommes-nous à l’écoute de ce qu’ils nous disent ? De même, on peut être attentif à ne pas systématiquement meubler les espaces de silence dans notre ordinaire en allumant la radio ou la télévision.

2 Demeurez dans l’attitude du disciple
Sachons apprendre des autres tout au long de notre vie. C’est particulièrement nécessaire pour l’apprentissage d’un chant sacré, qui demande une attention à ce qui nous est transmis : un travail sur la voix et le souffle d’après les indications qui nous sont données, la recherche d’une expression juste, débarrassée de tout ego. Cette attitude permet de se laisser émerveiller, toucher, surprendre par ce qu’on découvre. Émotions qui nourriront notre motivation.

3 Inscrivez-vous dans une chorale

La dimension communautaire de la pratique du chant est essentielle. La communauté nous forme et nous y faisons l’expérience d’une communion avec d’autres. Du moins tendons-nous vers celle-ci, et l’effort même que cela réclame de nous est déjà un intéressant travail sur soi.

4 Initiez-vous au grégorien

Il existe de nombreux chœurs grégoriens et des stages ponctuels au sein desquels on peut découvrir ce chant liturgique. Ayant traversé les siècles, il a le privilège de l’expérience. C’est pour cela que les Pères du concile Vatican II ont recommandé pour les célébrations liturgiques l’usage prioritaire de ce qu’ils nomment « le chant propre de la liturgie romaine ».

Le grégorien au quotidien

Pour progresser en chant grégorien, il faut en faire un peu tout les jours.

Un des bons moyens, c'est l'office divin. Faites l'effort de chanter un office par jour ! Les laudes, les vêpres, ou alors une petite heure (tierce, sexte, none ou complies). Pour cela, les Heures Grégoriennes de la Communauté Saint Martin sont un grand secours.

Sinon, une autre piste, simple : le benedicite.

Le site "new liturgical movement" propose la mise en musique de l'oraison de bénédiction du repas.

 

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Vous pouvez aussi trouver à Solesmes un petit livret bleu très court, qui tient dans la paume de la main, qui propose : une antienne par temps liturgique (sur un ton de psalmodie in directum très simple) Kyrie, Pater et une oraison qui varie seloin les temps, avec bien sûr, partitions et traduction française.

Très simple. Très bon. Très facile. Pourquoi s'en priver ?

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Après avoir rappelé que le Seigneur consacra cette coutume à la Cène et à Emmaüs, que la bénédiction de Dieu sur la nourriture appelle le chrétien à se souvenir des pauvres et à donner au repas une dimension fraternelle, le De Benedictionibus (Livre des bénédictions) du Rituale Romanum présente un large choix de prières de la table, liées aux temps liturgiques. Tout en conservant leur structure en harmonie avec notre Office, nos prières de la table ont été renouvelées dans ce sens. Leurs formules ont été enrichies en s'inspirant du Rituale et de sources anciennes. Bénédictions et oraisons sont réparties sur deux semaines au temps ordinaire. Les célébrations du sanctoral s'intègrent dans les autres temps liturgiques ; elles participent en effet à leur esprit, même si en Carême par exemple elles peuvent suspendre le jeûne. On utilise une prière spéciale pour la collation du soir des jours de jeûne ; mais à midi, on garde les formules normales.

La formule des bénédictions comporte quelquefois un signe de croix qui n'est tracé que par un prêtre ou un diacre. On peut le faire même si le texte ne l'indique pas.