Une crèche…


Ma lettre au tribunal administratif de Nantes

Cher Monsieur le Tribunal,


J’ai pris connaissance il y a quelques jours de votre décision d’interdire la crèche de Noël traditionnellement installée dans le hall du Conseil Général de la Vendée.

Quelle mouche vous a donc piqué ?

Vous avez fait des études je suppose. Peut-être savez vous donc que Noël vient du latin  » Natalis » qui veut dire Naissance. Alors je vais vous livrer un secret que vous voudrez bien transmettre à vos confrères qui peut-être nagent avec complaisance dans la même ignorance que vous. La naissance dont-il est question est celle d’un certain Jésus de Nazareth né il y a un peu plus de 2000 ans. je dis ça parce qu’étant donné que vous n’avez pas interdit les illuminations de Noël, je suppose que vous ignoriez ce détail. Voyez-vous, Noel n’est pas l’anniversaire de la naissance du Père Noel ( je suis désolé si je casse ici une croyance ancrée en vous ) mais bien celle de ce Jésus. Interdire une crèche sans interdire toute manifestation publique de cette fête est aussi stupide que si vous autorisiez la fête de l’andouillette tout en interdisant la consommation d’andouillette le jour de la fête de l’andouillette.

La crèche c’est ce qu’on appelle une tradition. Et ne me faites pas croire, Monsieur le Tribunal, que le principe de la tradition vous est étranger. Sinon comment expliquer que les magistrats exercent leur métier dans un costume aussi ridicule si ce n’est parce qu’il est le fruit d’une tradition ?

Vous êtes un briseur de rêves Monsieur, vous êtes un étouffeur de sens. La crèche c’est Noël et Noël c’est la crèche. La crèche c’est aussi l’histoire d’une famille qui faute de droit opposable au logement est venue se réfugier dans une étable. C’est un signe d’espoir pour tous les sans logement. La crèche c’est aussi un roi arabe et un autre africain qui viennent visiter un juif. C’est un signe d’espérance et de paix en ces temps de choc de civilisations et de conflit au Moyen Orient. la crèche c’est aussi des éleveurs criant de joie et chantant dans une nuit de décembre. Connaissez vous beaucoup d’agriculteurs qui rigolent en cette période de crise? la crèche c’est un bœuf, symbole de la condition laborieuse de l’homme. Enfin, la crèche, c’est un âne, même si une rumeur court disant que cet âne a quitté la crèche en 2013 pour rejoindre le Tribunal administratif de Nantes.

Malgré le fait que vous allez sans doute, par souci de cohérence, vous rendre à votre travail le 25 décembre, je vous prie de croire, Monsieur le Tribunal, à l’expression de mes souhaits de bon et joyeux Noël.

Jean Pierre Santon

Martyrologe de Noël, suite

Chez les religieux, le martyrologe se chante ordinairement au chapitre. Un usage bien ancré de la liturgie romaine séculière le fait chanter à la fin de la veillée de Noël, juste avant l’introït de la messe de Minuit.

Il y a en fait deux textes possibles ; le premier, actuel, a lui même deux mélodies possibles.  Le second,  n’est pas dans l’édition typique du martyrologe mais est plus ancien. Il a également plusieurs mélodies possibles. Nous avons donné les textes et parfois leur traduction dans un post précédent.

Voici maintenant les partitions pour le texte présent dans le martyrologe de 2004 :

Cette mélodie a été enregistrée par la schola des moines de Kergonan dans un CD récent :

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Mais aussi curieux que ça paraisse, ce n’est pas la mélodie qui est utilisée à S. Pierre du Vatican pour Noël… On y utilise (cf. la vidéo du précédent post) la mélodie dont la partition est ci dessous :

Rappel : pour utiliser l’une ou l’autre de ces partitions il faut mentionner l’âge de la lune le 25 décembre 2012 : luna undecima. C’est la seule modification à apporter ! Bonne préparation à Noël !

Martyrologe de Noël : texte latin -français

Innúmeris transáctis saéculis a creatióne mundi, quando in princípio Deus creávit caélum et terram et hóminem formávit ad imáginem suam; permúltis étiam saéculis, ex quo post dilúvium Altíssimus in núbibus arcum posúerat, signum foéderis et pacis; a migratióne Ábrahae, patris nostri in fide, de Ur Chaldaeórum saéculo vigésimo primo; ab egréssu pópuli Ísrael de Ægýpto, Móyse duce, saéculo décimo tértio; ab unctióne David in regem, anno círciter millésimo; hebdómada sexagésima quinta, iuxta Daniélis prophetíam; Olympíade centésima nonagésima quarta; ab Urbe cóndita anno septingentésimo quinquagésimo secúndo; anno impérii Caésaris Octaviáni Augústi quadragésimo secúndo; toto Orbe in pace compósito, Iesus Christus, aetérnus Deus aeterníque Patris Fíli us, mundum volens advéntu suo piíssimo consecráre, de Spíritu Sancto concéptus, novémque post conceptiónem decúrsis ménsibus, in Béthlehem Iudae náscitur ex María Vírgine factus homo: Natívitas Dómini nostri Iesu Christi secúndum carnem.

Des siècles sans nombre après la création du monde, quand Dieu au commencement créa le ciel et la terre et forma l’homme à son image ; des siècles et des siècles après le déluge, quand le Très-Haut plaça son arc dans les nues du ciel, en signe d’alliance et de paix ; le vingt-et-unième siècle depuis qu’Abraham, notre père dans la foi, quitta Our des Chaldéens ; le treizième siècle depuis la sortie d’Égypte du peuple d’Israël sous la conduite de Moïse ; environ la millième année depuis le sacre du roi David ; la cent quatre-vingt-quatorzième Olympiade ; la sept-cent-cinquante-deuxième année de la fondation de Rome ; la quarante-deuxième année de l’empire de César Octavien Auguste ; tout l’univers étant en paix, Jésus Christ, Dieu éternel et Fils du Père éternel, voulant sanctifier le monde par son miséricordieux avènement, ayant été conçu du Saint Esprit, et neuf mois s’étant écoulés depuis sa conception, naît à Bethléem de Judée, fait homme, de la Vierge Marie. C’est la Nativité de notre Seigneur Jésus Christ selon la chair.

Le chant du matyrologe de Noël est précédé de la mention de la date et de l’âge de la lune. Pour 2012 ça donne :

Octavo Kalendas Ianuarii. Luna undecima.