Neumes de 3 notes

a/ Porrectus :


Le porrectus est un ensemble de trois notes chantées sur la même syllabe, la deuxième étant sur un degré inférieur à la première. Très souvent, al première et la troisième sotn sur la même ligne, si bien que la note centrale est seulement une indication mélodique décorative par rapport aux deux autres notes du neume qui elles, correspondent à un degré modal. Nous reviendrons plus loin sur la modalité. Notons d’ores et déjà que très souvent, il s’agira de faire entendre davantage le degré modal que sa « décoration » mélodique.

b/ Torculus


Le torculus est en quelque sorte l’inverse du porrectus.

c/ Climacus


Le Climacus correspond à un ensemble de notes qui descendent, la première (et la plus aigüe d’entre elles) étant une virga. Notons immédiatement que les points qui suivent la virga (punctums) même s’ils sont sur une seule syllabe, ne doivent pas être trop accélérés dans leur exécution. C’est la tendance générale des chanteurs de précipiter le chant dans les motifs mélodiques descendant au grave. Cependant, notons également qu’une virga s’exprime naturellement davantage qu’un punctum. Le fait que l’édition vaticane du Graduale rende les points (punctums) par des losanges n’a pas de signification interprétative. Il faut bien considérer que ce sont des points (punctums) comme tous les autres. Nous reviendrons sur ces questions précises.

d/ Scandicus


Le scandicus est un ensemble de trois notes ascendantes, sur la même syllabe. Dans l’exemple que nous avons ici, on voit bien que le groupe de note s’achève par une virga.

e/ Salicus


Le salicus est également un groupe de trois notes ascendantes. Lorsqu’on regarde les notations des manuscrits (en rouge), on constate aisément que ce neume est très différent du salicus. Pour plusieurs raisons, la notation de l’édition vaticane du graduel ne faisait pas de vraie différence avec le neume précédent, si bien que les édition dites « rythmiques » ont ajouté un petit épisème vertical sur la deuxième note du salicus. Cet épisème est utilisé uniquement pour distinguer salicus et scandicus. Nous reviendrons précisément sur l’interprétation comparée entre ces deux neumes.

f/ Quilisma


Le quilisma est la petite note dentelée aisément reconnaissable, que l’on trouve dans les groupes ascendants de notes. Dans la plupart des cas le quilisma est placé sur le demi-ton. Son interprétation fera également l’objet d’un exposé plus précis.

Les neumes d’une et de deux notes

a/ Tractulus


 : un trait horizontal dans S. Gall. ,

b/ Virga


 : un trait vertical dans Saint Gall.

La notation vaticane lui donne parfois une queue.

La différence entre ces deux notations est simple : la plupart du temps, la virga est plus élevée mélodiquement que le tractulus.

On trouve également des « punctum » dans les neumes de plusieurs notes (voir plus loin).

c/ Pes ou Podatus.


Deux notes superposées simplement dans la vaticane, il peut représenter une seconde, une tierce, une quart une quinte, mineure ou majeure, etc… Le podatus (« posé ») ou pes (« pied ») peut être carré, rond ou liquescent :

« carré », « rond », « liquescent ».

Le pes carré se chante davantage que le rond ; un neume est « liquescent » lorsqu’il se trouve confronté à une double consonne ; c’est pour indiquer la difficulté de prononciation (cf. plus bas).

d/ Clivis

 




Clivis liquescente :

La « liquescence » exprime simplement le fait que l’on rencontre une difficulté d’articulation. La plupart su temps, cette difficulté est due à la rencontre de deux consonnes. Naturellement, lorsque deux consonnes se chantent sans qu’il y ait entre elles de voyelle, la note chantée s’entend moins. Cependant il est important de considérer qu’il ne faut pas forcément accélérer le rythme, même si, évidemment, il y a une nuance de force.

Clivis épisémée.

Ici cette clivis épisémée est rendue dans l’édition « avec signes rythmiques » comme une clivis doublement pointée. Un épisème qui est très courant dans la notation de Saint Gall, indique une expression particulière de la note. L’expression peut signifier le fait de chanter plus, ou un ralentissement du rythme. Ce n’est pas systématique, et la manière d’exprimer l’épisème dépend du contexte musical (nous reviendrons sur ce point particulier).