Mgr Aillet à Sacra Liturgia Rome 2013

Sacra Liturgia, Rome juin 2013 – Suite :
http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/sacra-liturgia-1-rome-juin-2013/

Dans cet exposé sur la sainte liturgie et les communautés nouvelles, j’examinerai d’abord les richesses de ces communautés nouvelles qui ont été fondées au moment de Vatican II et l’impact qu’elles ont eu. A des moments troublés de l’histoire de l’Église, elles furent en mesure de conserver certaines pratiques qui étaient alors négligées et les utilisèrent pour une apostolat fructueux. Comme la liturgie est une part importante d’une évangélisation couronnée de succès, j’aborderai ensuite la question liturgique et j’essaierai de donner quelques indications qui pourraient enrichir encore la vie de ces communautés nouvelles et leur apostolat. La dernière partie sera une conclusion avec quelques considérations sur la nécessité d’un renouveau intérieur pas seulement pour ces communautés, mais aussi pour nous tous.

Sacra Liturgia 1, Rome, Juin 2013

Le P. Abbé Dom Jean Charles Nault, osb (abbaye Saint Wandrille).


La pratique spécifique de la liturgie monastique peut nous aider à mieux saisir la place de la liturgie dans toute évangélisation. La tentation d’« instrumentalisation » de la liturgie existe toujours. Mais n’est-ce pas précisément parce qu’elle « ne sert à rien » qu’elle peut se révéler de la plus grande « utilité » dans la nouvelle évangélisation ?

À partir de l’évocation de la liturgie comme réalisation du Mystère pascal, et du rapprochement ente les rites de la profession monastique et ceux de l’initiation chrétienne, cette contribution souhaite mettre en lumière comment le baptême, en tant que participation au Mystère pascal, introduit le baptisé dans une dépendance vis-à-vis de Dieu qui se vit dans la durée et qui est le lieu de l’accueil du salut comme pure grâce.

Msgr. Stefan Heid


Avec sa réforme liturgique et les changements nécessaires, le Concile Vatican II a voulu mettre l’espace sacré de l’église en conformité avec la norma patrum de l’idéal chrétien primitif. C’est la raison pour laquelle dans l’après Concile, résultats de l’études des Pères et la recherche en archéologie chrétienne ont pris une grande importance.

En fonction de ces résultats, l’autel est devenu le centre de l’attention, et on a considéré qu’il devait être séparé du mur d’abside. La demande pour la célébration versus populum a alors émergé. On a prétendu que le Christianisme n’utilisait pas un autel, mais seulement des tables de repas profane. Les justifications de ces revendications devraient être examinées et analysées de façon critique en fonction de la norma patrum. La comparaison entre table et autel a alors un rôle central.

La thèse, c’est que S. Paul utilisait déjà une table sacrée ou un autel pour le repas du Seigneur, qui était analogue aux autels saints de l’antiquité. Les Chrétiens développèrent leur propre type d’autel à partir de cette table sacrée, qui semblait ce qui allait être la meilleure possible pour le sacrifice, et qui ne peut en aucun cas être dérivée en forme ou en fonction d’une ex table de repas.

Gabriel M. Steinschulte


La musique, comme une communication non verbale, fait partie de l’humanité depuis son commencement ; célébrer ou supplier sans musique est impensable. Chaque texte connecté à la musique est lié à des effets de sa musique. C’est la raison pour laquelle la foi et la musique se répondent mutuellement selon l’antique proverbe : lex credendi – lex orandi, et selon ce qui est constaté à travers l’histoire de l’Église.

Quiconque désire l’avènement d’une nouvelle évangélisation a besoin de prendre en compte une nouvelle et adéquate expression musicale, puisque l’expression moderne de la musique semble être liée à la désévangélisaiton et au relativisme musical. L’histoire de la primitive Église, peut servir pour ce développement.

Nous avons besoin de revenir aux sages principes du Concile Vatican II, à ses textes et aux priorités qu’il donne, et non à ses intentions supposées. La nouvelle évangélisation la musique qui lui est afférente présuppose une possibilité d’une prise de conscience différente dans les régions ex-chrétiennes de l’occident sécularisé, une réflexion à nouveaux frais pour tous ceux qui sont co-responsables de l’état des choses moderne.

Il y a un véritable besoin d’une nouvelle offensive dans la sphère de l’éducation à la musica sacra, en particulier pour tous les prêtres et religieux dans leur formation théologique, historique, ethnologique, psychologique et évidemment artistique. Cantare amantis est. (S. Augustin).

SE Mgr Peter Elliott


L’Eucharistie comme sacrifice et sacrement a la priorité absolue sur la liturgie. Ce principe est dérivé de Sacramentum Caritatis, et couvre l’ars celebrandi, qualifié par le pape Benoît XVI de « célébration conforme de la liturgie ». Cependant, une approche cartésienne qui séparerait ce qui est externe de la spiritualité profonde minerait l’intégration de l’action et le l’intériorité du prêtre. Pratique et expérience doivent être fondées sur la compréhension et la connaissance, à la fois de tout le rite et de ses détails. La continuité de notre tradition recouvre à la fois la forme ordinaire et la forme extraordinaire lorsque l’ars celebrandi est compris comme un artisanat qui est transmis au travers des générations. Le prêtre devrait être un bon artisan liturgique, un artisan du culte divin. La réflexion sur l’orient chrétien met en lumière les problèmes en occident, qui proviennent du didactisme, de l’idéalisme et de la théâtralité des Lumières. Exiger la beauté dans la préparation de la liturgie permet de renforcer l’ars celebrandi, qui a une forte dimension pastorale et évangélisatrice.

En répondant au Synode sur l’Eucharistie dans son exhortation aposotlique Sacramentum Caritatis, le pape Benoît XVI a poursuivi l’œuvre eucharistique qui a caractérisé les dernières années du Bienheureux Jean-Paul II. Je crois que Sacramentum caritatis pourrait être bien exprimé par un principe fort : l’Eucharistie comme Sacrifice et Sacrement devient prioritaire sur la liturgie. Cela fournit une correction de la compréhension du mot « liturgie » dans les traditions chrétiennes occidentales, qui est à travers une distinction assez cartésienne, une distinction entre les éléments extérieurs visibles (rites, rituels, cérémonies, musique, symboles etc.) et l’esprit intérieur du culte.

Après une réflexion sur le mystère eucharistique dans les premiers chapitres de Sacramentum caritatis, le pape émérite a déceloppé la dimension liturgique de l’Eucharistie autour de l’action, et introduit l’expression de ars celebrandi, c’est-à-dire de « l’art de célébrer » ou, comme il l’a qualifié, de l’art de la célébration conforme ». Comme auditeur au synode de 2005, j’ai entendu des évêques accueillir chaleureusement ces mots.

Sous le chapeau de l’ars celebrandi, il a présenté l’évêque comme un liturgiste : « L’2vêque – célébrant par excellence », celui qui par exemple, dans sa cathédrale, sonne le ton et les standards pour les liturgies de son Église particulière. Il a répété ce message dans une allociution aux évêques français.

Dans Sacramentum Caritatis, le pape émérite a appelé à un respect pour les rites qui sont donnés par l’Église, donc, « l’ars celebrandi est le fruit de l’adhésion de la foi aux normes liturgiques dans toute leur richesse… » Ce thème était déjà présent dans ses écrits comme cardinal. La liturgie nous est « donnée », comme un don de Dieu, un don à l’Église. Dieu nous réunit pour le culte, nous ne nous réunissons pas nous –mêmes pour une quelconque activité que nous contrôlerions ou même que nous manipulerions. Alors que la liturgie est profondément influencée par les cultures humaines, elle n’st pas sujette à la culture.

Quelques têtes connues.

… en plus de celles, de Mgr Rey et de Mgr Aillet, et du TRP abbé de S. Wandrille qui interviennent comme conférenciers.


Dom Louis-Marie de Geyer d’Orth, abbé de Ste Madeleine du Barroux

Damien Poisblaud. La France est donc bien représentée….

Prochaines

La liturgie blessée : conférence au Latran de Mgr Aillet

A ne pas manquer.

Source : Pro Liturgia

Communiqué de Mgr Marc Aillet du 26 mars 2010:

« Une petite phrase, rapportée par le quotidien « La Croix » du 15 mars et que j’ai prononcée à Rome au cours d’un Congrès théologique organisé par le Saint-Siège, a jeté le trouble. Et pour cause, puisque cette phrase, tirée de son contexte, a été tronquée, laissant croire à certains que j’avais mis la « blessure » de la liturgie sur le compte du Concile Vatican II.
La Croix n’a par ailleurs jamais fait écho à ce Congrès officiel qui a rassemblé plus de 700 participants, dont 50 évêques et 550 prêtres du monde entier.

Qu’on me permette d’abord de revenir sur le contexte. En juillet 2009, Mgr Mauro Piacenza, Secrétaire de la Congrégation pour le Clergé m’invitait personnellement à participer au Colloque théologique « Fidélité du Christ ­ Fidélité du prêtre » organisé par ladite Congrégation les 11 et 12 mars 2010 dans le cadre de l’année sacerdotale. Il me commandait une communication sur le thème de « La liturgia ferita », que l’on doit traduire littéralement par « La liturgie blessée »; cette intervention devait prolonger une Conférence donnée par le Cardinal Canisares, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements, sur la liturgie comme lieu d’expression privilégiée de l’identité du prêtre. J’acceptais volontiers tout en lui demandant de me préciser le thème: il s’agissait donc de dire comment la manière de célébrer pouvait blesser la sainte liturgie. Mon exposé a donc consisté à montrer comment le manque de fidélité aux prescriptions liturgiques et l’insistance excessive sur la participation extérieure au détriment de la participation intérieure au Mystère célébré pouvaient avoir blessé la liturgie dans le contexte de la mise en oeuvre de la Réforme liturgique. A aucun moment il ne s’agissait de mettre en cause la Réforme demandée par le Concile, comme le blog Info-Catho l’a affirmé de manière erronée et péremptoire, ni de procéder à aucune généralisation.

Il ferait beau voir d’ailleurs que le Saint-Siège invite un évêque à un colloque officiel pour parler de liturgie en mettant le Concile en accusation! Je vis moi-même de la Réforme liturgique depuis mon enfance et ai toujours eu à coeur de manifester la beauté et la valeur du Missel de 1970 depuis mon ordination sacerdotale en 1982.

La phrase que j’ai effectivement prononcée est la suivante: « Sans nier les fruits authentiques de la réforme liturgique, on peut dire cependant que la liturgie a été blessée par ce que Jean Paul II a appelé des « manières de faire inacceptables » (Ecclesia de Eucharistia n. 10) et que Benoît XVI a dénoncé comme des « déformations à la limite du supportable » (Lettre aux évêques accompagnant le motu proprio Summorum Pontificum). C’est aussi l’identité de l’Eglise et du prêtre qui a été ainsi blessée » (souligné: le passage omis par « La Croix »).

En bonne exégèse, on voit bien que les blessures ne viennent pas de la réforme liturgique mais des manières de célébrer que Jean Paul II a souvent caractérisées comme inacceptables! Le Pape Benoît XVI ne répète-t-il pas à l’envi que l’ars celebrandi est la meilleure manière de faire de la liturgie « la source et le sommet de la vie de l’Eglise », comme l’affirme le Concile Vatican II? On pourra utilement se référer au texte intégral de mon intervention, actuellement en ligne sur le site du diocèse. »