Où sont les femmes ?


Mulíeres viris suis sicut Dómino, quóniam vir caput est mulíeris, sicut et Christus caput est ecclésiae, ipse salvátor córporis. Sed ut ecclésia subiécta est Christo, ita et mulíeres viris in ómnibus. Viri, dilígite uxóres, sicut et Christus diléxit ecclésiam et seípsum trádidit pro ea. (Eph 5,21-25)

Parmi les nombreuses revendications qu’on les femmes à l’encontre des hommes, il y a celle de nous demander « d’être des hommes, des vrais ». On connaît la petite phrase habituelle qu’on voit dans les magazines féminins ou même sur les blogs de conseil et coaching « psychologique » : Où sont les hommes ?

Poser la question c’est répondre : oui parce que c’est bien sous entendu : il n’y a plus d’hommes…

Alors je pose la question aux femmes chroniqueuses pour femmes qui se délectent de façon féminine à donner des leçons à une catégorie de personnes qu’elles ne font pas l’effort de comprendre : les hommes.

Depuis un siècle on nous explique que les femmes sont plus sensibles, plus intelligentes, plus matures, plus endurantes, plus héroïques, plus fiables, plus courageuses, et surtout plus humaines… que les hommes.

Que les organisations dirigées par des femmes sont également plus efficaces, plus mobiles, plus adaptables.

Que de toutes façons, les femmes peuvent faire tous les métiers que font les hommes, et mieux qu’eux : pompier, pilote de chasse, commando parachutiste. Même les corporations les plus « musclées » ont du se rendre à l’évidence : les femmes sont meilleures, en tout et partout, et donc il est légitime que fonctionnellement, elles soient tout et partout.

On se demande même pourquoi l’Église catholique s’obstine encore à ne pas vouloir de clergé féminin, la pastorale globale ferait mécaniquement un saut qualitatif. Ceci dit il paraît qu’il faut même céder sur les enfants de chœur… Elles font ça tellement mieux que les garçons : plus de grâce, plus de concentration, plus de sérieux…

Alors ?Finalement, que sont les hommes par rapport aux femmes à part des espèces de rustres souvent mal léchés, qui ne font que brider la pertinence, l’entreprenariat, le génie des femmes en qui Dieu a en fin de compte concentré tout ce qu’il y a de plus positif dans l’humanité…

Bref, au bout du compte, pour être un homme, il faudrait que nous ayons toutes les qualités des femmes : c’est à dire porter un sac à main et sortir les poubelles. Parce qu’il faudrait que nous puissions faire ce geste sans renier notre virilité.

Mais de quoi parlons-nous ? De virilité ! Donc ça existe encore… Alors soit, je porterai un sac à main et je sortirai les poubelles… Je serai galant, je tiendrai la porte, j’aiderai la demoiselle à mettre son sac dans le porte bagage dans le TGV, je paierai le ciné, le resto, et même les vacances aux Seychelles… Bref : je prendrai ma place en tant qu’homme dans cette société.

Mais pour cela, féminisme ou pas, il faudra aussi que la femme l’accepte : en tant qu’homme, je resterai le chef, je prendrai en responsabilité devant Dieu les décisions finale et structurantes concernant la famille. Pour me faire obéir de ma femme (et de mes enfants), je tirerai ma légitimé de ma force morale … et physique ; j’userai de la juste répartition des tâches … c’est à dire que je commanderai à la voix. J’interdirai à la prière familiale les simagrées poisseuses et destructurantes qui sont le lot commun de notre catholicisme français, ethéré, psychique et … emasculé. J’éduquerai mes fils à l’implication au risque y compris physique, quand bien même ça déplaît à leur mère. Je leur expliquerai que l’honneur du combat même désespéré, vaut toujours mieux que la honte de la défaite, même inéluctable. Qu’aucun compromis ne vaut face à l’organisation de la deshumanisation par le lobby fémininisant de la société – dont les réseaux LGBT ne sont qu’un instrument et dont les revendications féministes sont le prurit. Je leur enseignerai la fierté d’être ce qu’ils sont, c’est à dire des hommes, qui sont plus forts, plus constants, plus brillants, plus créatifs, plus imaginatifs, plus dirigeants. J’interdirai à ma femme de faire les lectures à la messe et à mes filles d’être « enfant de choeuse ». Je militerai pour la suppression des équipes liturgiques féminines et contre les chants dégoulinants (D’Akepsimas à Grybowski en passant bien sûr par Il est vivant, productions éminemment féminisantes…).

Je rappellerai à ma femme qu’elle a l’apanage de la sécurité, tandis que j’ai l’apanage du sacrifice… Que si mon péché est de me dérober face à mes responsabilités d’homme, le sien est de tenter de les exercer indûment. Je leur enseignerai à tous que le premier martyr était un homme, que le premier moine était un homme. Et enfin je lui rappellerai que le Christ est un homme, un vrai. Et que ça ne devrait pas l’humilier au point de vouloir l’être à ma place.

Parce que dans un couple… Il n’y a qu’un seul homme. Il vaut mieux le rappeler de nos jours. Mais manifestement notre intelligence est tellement polluée par la féminisation des comportements que les hommes devraient probablement accepter de se faire interpeller publiquement dans leur virilité ? Quelle est notre échappatoire ? Nous réfugier dans la violence ? Terminer en Rambos, agressifs, traqués, au fond de la forêt et chassés par les harpies du politiquement correct ? Mesdames : nous n’avons pas besoin de vous pour être des hommes. Bien au contraire. Nous pouvons l’être sans vous.


Par contre j’ai le sentiment que l’inverse ne se vérifie pas : il vous faut absolument des vrais hommes pour que vous puissiez réintégrer votre place de femmes. Cela fait partie de notre lot, à nous. C’est notre fardeau. Mais ça, vous ne le publierez pas dans les magazines féminins ou dans les blogs de « coaching psychologique »… Laissez nous donc être hommes, en étant des femmes, des vraies, en lieu de nous envier. La virilité est masculine… Alors mesdames, je vous pose la question : quel est votre modèle ? Caroline Fourest ou Sainte Cécile de Rome ?

D’ailleurs Bigeard disait au sujet d’Arlette Laguiller : « Il faudrait la marier à un para pour qu’on n’en parle plus. » Ca me servira pour une excellente conclusion, un magnifique cri, qui comme dit le chant (parachutiste, bien sûr) « n’est pas pour les lèvres de femmes » :

Par Saint Michel, vivent les paras !

 

Mise à jour importante !

Où sont les femmes ? Les voici enfin :


http://www.lepoint.fr/societe/qui-sont-les-antigones-ces-anti-femen-25-05-2013-1672241_23.php

A Christine : moi non plus….

Déjà deux fumées noires. C’est à la troisième fumée qu’en 2005, on apprit l’élection du Cardinal Ratzinger comme pape. Les cardinaux sont retirés depuis hier sans la chapelle Sixtine, sous la fresque du jugement dernier, et sous le regard de Dieu, qui les jugera, votent en leur âme et conscience pour choisir celui qui doit être le successeur de Pierre. Pendant ce temps les médias se perdent en conjectures, les télévisions sont braquées sur une petite cheminée sur le toit, somme toute plutôt banal de la fameuse chapelle. On nous demande quel est notre favori, à la Schola Saint Maur : Mais enfin bien sûr, Mauro Pacienza, qui d’autre ? C’est évident !!! Car nous le savons bien, Maur, c’est le fidèle disciple de Benoît, et comme un autre Pierre, il a marché sur les eaux… Donc…
mauroMais ce pape ne plairait pas à Christine Pedotti… Christine Pedotti qui commet des articles sur le site de magazine (mourant) Témoignage chrétien. Le pire c’est que ses idées sont reprises par des quotidiens nationaux, et même certains qui se prétendent catholiques. Jusqu’où va le buzz ! Comme quoi, lorsqu’on a rien à dire, on finit vraiment par dire n’importe quoi. Comme habituellement, le gras est de nous ainsi que les commentaires en rouge.

Je ne suis pas entrée ! [Moi non plus, chère Christine…]
Par Christine Pedotti

J’avais pourtant préparé mon coup de longue date : une longue robe rouge, très élégamment ceinturée, un chapeau et des chaussures assortis… Mais ça n’a pas suffi, je ne serai pas la 116e cardinale de ce conclave, et ceci pour une simple anomalie chromosomique ! [1 fois]
J’avais pourtant préparé mon coup de longue date : une longue robe rouge, très élégamment ceinturée, un chapeau et des chaussures assortis… Il n’y avait que pour les dentelles que j’avais hésité. Ordinairement, je les porte dessous, or, il semble que selon les usages locaux, il faut les porter dessus. Je m’en suis rapportée au vieux proverbe : « When in Rome, do as the Romans do », « à Rome, fais comme les Romains ». Et puisque je suis à Rome…

Mais ça n’a pas suffi, je ne serai pas la 116e cardinale de ce conclave, et ceci pour une simple anomalie chromosomique ! [2 fois. Quelle anomalie chromosomique, chère Christine ? Vous ne me paraissez pas souffrir de handicap, en tout cas d’handicap physique… ? Nous vous expliquerez vous ?] Certes, on me fera observer que, surtout, je n’ai pas été « créée » – c’est le terme adéquat – « cardinale » par l’un des derniers papes. C’est très juste. Mais précisément, n’est-ce pas là que se situe le problème ?

DES CARDINALES

Pourquoi le pape n’appelle-t-il autour de lui, en son conseil, que des hommes ? [Pourquoi le Christ n’a t’il appelé, que des apôtres, et pas des apôtresses ? C’est vrai que c’est scandaleux. Ce sera donc une discussion que vous aurez chère Christine, avec le Christ lui même lorsque vous le rencontrerez, à l’heure de votre mort. Vous pourrez alors aisément, je pense, Lui reprocher son grand manque de liberté intérieure.] On me rétorquera qu’il appelle des évêques et que, jusqu’à plus ample informé, il n’y a parmi les évêques, prêtres et diacres de l’Église catholique aucune femme. [Ni dans les églises orientales dont le christianisme reconnaît la validité des ordres. Bref, en fait il n’y a même validement aucun évêque, prêtre ou diacre femme tout court…]

Cette impossibilité d’appeler des femmes à l’ordination s’appuierait sur une solide tradition qui viendrait de Jésus lui-même. [Oui, en effet il faudrait utiliser ‘indicatif, pas le conditionnel. Jean Paul II a tout de même été explicite sur ce point, en engageant son infaillibilité pontificale sur cette question. ] On pourrait en discuter, [et bien non, justement. On ne devrait plus en discuter, cette question a justement été réglée de façon définitive.] mais ce n’est pas notre sujet. En effet, ce sont ces cardinaux qui pourraient éventuellement être aussi des cardinales. [Non.]

Que dit la tradition ? Originellement, les cardinaux sont le clergé de Rome, donc, bien évidemment des hommes ordonnés, évêques, prêtres, diacres… [Oui, voici la vértiable tradition qui nous vient des apôtres, qui a présidé à l’election de tous les successeurs de Pierre, depuis l’origine… La seule tradition, la vraie.] Mais, il y a un gros MAIS. Dans le passé, cette tradition a changé. Pendant des siècles, des cardinaux ont été désignés, qui n’étaient nullement prêtres ou évêques. [Il y avait aussi des abbés de commende, des évêques qui n’étaient que bénéficiaires des revenus  et non pas clercs. Bref, pas forcément la période la plus reluisante de l’histoire de l’Eglise. Il y a eu pendant un moment, et jusqu’au XXème siècle, une possibilité pour le pouvoir politique de s’opposer à l’élection d’un pape… Vous voulez aussi remettre ça au goût du jour, sous prétexte que la tradition a changé ? Soyons sérieux. On n’en est plus là, fort heureusement. Vous êtes friande de la série Borgia de Canal+ ? Vous ne voulez tout de même pas qu’on revienne en arrière, tout de même ? Je ne vous savais pas aussi conservatrice … Par ailleurs si on est vraiment sérieux, on sait bien par principe que si une tradition « a changé » c’est que justement cette « petite » tradition n’était pas en conformité avec la (grande) Tradition] Les Français se souviennent du cardinal Mazarin, exemple d’un cardinal qui n’était pas prêtre. Il n’avait reçu que les ordres mineurs. Aujourd’hui, ces ordres mineurs (lecteur, acolyte) sont toujours conférés à des laïcs. [Depuis Paul VI, le pape de Vatican II, il y a eu une réforme des ordres… Le lectorat et l’acolytat ne sont plus des ordres – même mineurs – mais des ministères institués laïcs. Et en plus de ça ils sont réservés aux hommes. Oui oui. Dans la liturgie d’après le Concile, celle que vous devriez connaître, la lecture de la messe est supposée être faite par un lecteur institué, forcément homme. C’était la volonté de Paul VI, oui oui, le pape de Vatican II. Motu proprio Ministeria Quaedam… Bref, essayez de mettre à jour vos connaissances, vous avez 50 ans de retard. J’ai la conviction que justement si on appliquait correctement le désir de Vatican II sur le lectorat et l’acolytat, vous seriez la première à vous plaindre d’un soit disant machisme, puisque mécaniquement, madame Michu ne pourrait plus être « lecteuse » à la messe.]

Alors, il est vrai que le code de droit canonique de 1983 [celui qu’a promulgué le bienheureux Jean-Paul II… ] a précisé que désormais, il faudrait être évêque pour devenir cardinal. [Ce n’est pas ça :  à sa création, le cardinal est ordonné évêque, s’il ne l’est pas. Et en plus il y a toujours des exceptions, comme le Cardinal Vanhoye, immense exégète et expert en écriture sainte au Concile, créé par Benoît XVI, qui a demandé et obtenu de rester prêtre. Mais il n’a jamais été électeur.] Mais dans la longue tradition de l’Église, ce qu’on a fait en 1983, on peut le défaire en 2013, surtout qu’il ne s’agit ni de la foi ni des mœurs, mais d’une simple question juridique sur le gouvernement de l’Église. [Vous vous trompez. La grande Tradition c’est que les cardinaux sont membres du clergé de Rome, donc ordonnés.]

Afin de montrer à quel point l’habitude de choisir les cardinaux parmi les évêques est récente, on peut rappeler que le dernier cardinal « laïc » est mort en 1927. [Si vous revendiquez cela, c’est que quelque part vous allez contre le désir de réforme qui a justement initié Vatican II. En fait vous êtes traditionaliste ou quoi ? ] On dit [oui, bon, les rumeurs… hein… ] aussi que Paul VI a proposé la pourpre à Jacques Maritain – qui a refusé – mais qu’il avait créé Jean Guitton cardinal in petto (en secret). [In petto ça veut dire sur le champs. Créer un cardinal en secret, c’est « in pectore ». Tant que vous êtes à Rome, profitez pour prendre deux ou trois cours de latin…] Les deux hommes étaient des laïcs… comme moi. Mais des hommes… [Pour rappel, un homme n’est pas une femme et une femme n’est pas un homme… J’ai l’impression qu’il faut quand même le rappeler, malgré l’idéologie dominante, la théorie du gender et la propagande pour le « mariage » des homosexuels… ]

Je propose donc de restaurer officiellement l’ancienne tradition du cardinalat pour des personnes éminentes et non ordonnées. [Ce n’est pas une tradition, mais ce fut une décadence, heureusement réformée.] Quelques grands hommes d’abord, et quelques années plus tard (la progressivité est pédagogique) de grandes femmes. Et le tour est joué. [Quel tour ? Quelle utilité ? Pourquoi ? Quelle justification ? Bref, Christine, quels arguments ? Je n’en vois aucun…] Il et elles seront électeurs et électrices. Si on ne change pas la règle, ils ne pourront désigner que quelqu’un qui pourra devenir évêque de Rome, donc pour l’instant, [comment ça « pour l’instant » ? Quand on prend ses désirs pour la réalité, quand on en vient à tordre la rationnalité pour qu’elle se plie à ses fantasmes, ça s’appelle l’idéologie.] un homme célibataire.

LE PAPE N’EST PAS LA REINE D’ANGLETERRE

Voilà qui m’amène à parler des femmes. Parce que, quand même, voir ces 115 hommes en robe rouge et dentelles entrer en conclave, tous plus vieux que moi (et je ne suis plus une perdrix de l’année), [m’enfin Christine, pourquoi dites vous ça ? Je vous assure que vous ne faites pas votre âge. Et votre énergie, votre pugnacité…. Vous semblez avoir… 22 ans, non ?] ça fait un choc.

Évidemment, si on considère ce rite comme une sorte de folklore désuet, ça peut prêter à sourire. La papauté, avec ses étranges coutumes et ses cérémonies d’un autre âge, c’est un peu comme la monarchie anglaise : on se moque un peu, mais on reste fasciné devant sa télé.

Mais si, comme moi, on croit que l’Église n’est pas un conservatoire des traditions et arts religieux, [curieux,juste auparavant, vous nous expliquiez vouloir restaurer ce que vous appelez « une tradition »… ] mais le porte-voix d’une bonne nouvelle de fraternité et d’espérance pour toute l’humanité, [oui oui, et précisément, c’est pour cela que les pratiques électives de l’Eglise ne s’aligneront pas sur celles du monde] alors, le spectacle de ces hommes en rouge est, quelles que soient leurs qualités personnelles, désolant. [Mais alors pourquoi donc rêvez vous d’être parmi eux ? Manque un peu de rationnel, votre discours…]

Bon, allez, il faut se remonter le moral ! En attendant la prochaine fumée noire, je vais faire un truc de fille : profiter que je suis à Rome pour me trouver une belle paire de chaussures rouges. [Vous êtes à Rome : profitez plutôt d’être tout près du collège cardinalice pour vous unir à lui par la prière : Veni Creator. Texte, musique et traduction ici ]

Coexister… jusqu’à ce qu’Il vienne ? (3/3)

La véritable tolérance chrétienne, c’est accepter de vivre la relativité de ce monde — ce qui s’avère très difficile et même intolérable pour un croyant qui aurait perdu le sens de l’attente véritable du Royaume, c’est-à-dire de la véritable eschatologie, qui est justement rappelée dans la liturgie eucharistique, en son centre, où l’Eglise acclame :

Mortem tuam annuntiamus, Domine, et tuam resurrectionem confitemur donec venias.

Nous annonçons Ta mort, Seigneur, et nous confessons Ta résurrection, jusqu’à ce que Tu viennes.
Ce donec venias, qui est la certitude que le Roi de ce monde, que les chrétiens devraient attendre et que les musulmans attendent dans la confusion la plus grande, est le seul qui pourrait prétendre au règne universel et au jugement entre les « fils de la lumière » et les « fils des ténèbres » — et il ne prétend même pas l’exercer en recourant à des moyens humains. Certes, les bénédictions de Dieu peuvent se répandre sur la terre ; de fait, elles se répandent partout où des chrétiens vivent leur foi, et spécialement autour des familles ou des communautés chrétiennes. Mais les progrès humains véritables qui en découlent ne sont jamais que partiels, fragiles et éphémères — n’importe qui peut venir après nous et détruire ce que nous avons bâti. Le monde a en effet son Prince, et ce n’est pas le Messie Jésus (Jn 12,31 ; 14,30 ; 16,11). Il n’appartient donc pas au pouvoir de l’homme, de faire advenir le Royaume qui viendra à travers un jugement. Mais il est en son pouvoir de le préparer et, pour ainsi dire, de le « hâter », selon le mot de l’Apôtre Pierre en personne (2P 3,12). Tel est le sens du combat pour la justice et la vérité que vivent les chrétiens — et d’autres avec eux -, un combat qui peut se révéler terrible. Là se trouve la racine de l’ouverture à tout homme c’est-à-dire la vraie « tolérance » : la tolérance commence quand on sait qu’aucun objectif ne vaut d’être atteint ici-bas à tout prix.

Rappelons justement que cette incise dans la célébration eucharistique a été introduite en 1970 dans le missel de Paul VI ; Que ce donec venias, les deux derniers mots de cette anamnèse sont très exactement tirés de l’Evangile, et qu’ils ont été pris pour devise abbatiale par Dom Delatte, troisième abbé de Solesmes : « Donec Veniat ». Voici donc ce que ce dernier nous propose comme commentaire de Mt 10,23 :

Cum autem persequéntur vos in civitáte ista, fúgite in áliam; amen enim dico vobis: Non consummábitis civitátes Israel, donec véniat Fílius hóminis.

Lorsqu’on vous poursuivra dans cette ville, fuyez dans une autre. En vérité, je vous le dis, vous n’aurez pas achevé (de parcourir) les villes d’Israël avant que le Fils de l’homme ne soit venu.

Le 3ème abbé de Solesmes en fait une commentaire particulièrement dense, significatif, et éclairant :

Après la courte parenthèse des versets 19 et 20, le Seigneur revient à l’annonce des persécutions qui attendent la prédication chrétienne. Humainement parlant, l’évangile n’avait, semble-t-il, rien à redouter. Aristote et Platon avaient enseigné, sans que les autorités s’élevassent contre eux. Pourquoi cette doctrine nouvelle, toute religieuse, toute bienfaisante, qui d’ailleurs était capable de montrer sa parenté avec l’ancienne doctrine, qui possédait ses titres dans les livres mêmes de l’Ancien Testament : pourquoi n’eût-elle pas bénéficié de la pacifique disposition qui avait accueilli déjà tant de systèmes philosophiques ou religieux? Pourquoi eût-elle été repoussée, violemment contredite? Peut-être n’y avait-il, dans toutes les conditions de l’avenir où entraient les apôtres, rien qui fût plus inattendu que la persécution, rien par conséquent à quoi ils dussent être préparés plus soigneusement par leur Maître. Ce devait être pour eux une telle surprise, un tel scandale ! Le trouble entrant dans les familles avec cette doctrine qui s’annonçait comme divine et comme pacifique : le frère livrant son frère à la mort, le père son fils ; les enfants se soulevant contre leurs parents et les faisant mourir ; les disciples du Christ en butte à la haine de tous, à cause de son nom et parce que « chrétiens » ! Mais qu’a-t-il donc fait, le Christ, pour mériter d’être à ce point un objet de réprobation qu’on le poursuive jusque dans ses fidèles ! L’épreuve ici prédite n’est pas seulement la persécution domestique et familiale : c’est aussi, on le voit bien, la lutte fraternelle dans la grande famille d’Israël, la rancune de la Synagogue s’exerçant contre les disciples de Jésus. Non sans doute que le monde païen réserve à la prédication apostolique un accueil empressé; mais enfin, la persécution inattendue et contre laquelle les apôtres devaient être avant tout prémunis, c’est la persécution juive ; c’est elle qui, pour une large part, alluma la persécution païenne. Le Seigneur avertit et encourage : « Celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. » Cette fin, c’est sans doute le terme de notre vie ; et la remarque du Seigneur a certainement une application universelle ; mais elle a d’abord une portée réduite. Il s’agit du grand évènement qui doit clore la période ancienne et ouvrir une ère nouvelle : c’est l’intervention et la venue du Seigneur à la limite des deux époques religieuses : la chute de Jérusalem. (Comparer ce passage de saint Matthieu avec le chapitre 25, où nous lisons encore le Qui autem perseveraverit… Cf. Mc, 13, 12-13.) Et la preuve que le Seigneur songe à cette échéance se trouve au verset 23 : « Persécutés dans une ville, fuyez dans une autre. Car, je vous le dis, en vérité, le Fils de l’homme et son Royaume viendront avant que vous ayez eu le loisir d’épuiser toutes les villes d’Israël, » de les évangéliser toutes. Trente ans seulement devaient s’écouler avant que le Seigneur vînt briser le moule étroit de l’ancienne économie, et à la Synagogue persécutrice substituer l’Église.
C’est un proverbe bien connu que le disciple n’est pas au-dessus du maître ni le serviteur au-dessus de son seigneur (Lc, 6, 40 ; Jo., 13 16). La condition du disciple, sa gloire, sa joie, n’est-ce pas de partager le sort de son maître? En tout cas, il ne saurait prétendre à plus d’égards : il suffit au disciple d’être traité comme son maître et au serviteur comme son seigneur. Rappelez-vous comment ils m’ont traité ! S’ils ont appelé Béelzébub le maître de la maison (Mt., 9, 34 ; 12, 24), que ne diront-ils pas de ses familiers (Jo., 15, 20) ! Vous ne devez donc pas vous étonner de la persécution : elle prouve que nous ne faisons qu’un, vous et moi. Vous ne devez pas davantage vous en effrayer. Le monde est un champ de bataille, mais vous ne sauriez être vaincus : la bataille s’achèvera dans une victoire de Dieu. II est Un tribunal éternel qui cassera toutes sentences rendues irrégulièrement contre vous. Ceux qui pensent vous juger seront jugés à leur tour ; et la lumière de Dieu fera paraître au grand jour les mobiles haineux ou misérables auxquels ils obéissaient. « Car il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni rien de secret qui ne doive être connu. » — Tel est le sens que certains interprètes donnent, ici et en saint Luc, 12, 2, à cette sentence, de forme proverbiale. Mais elle pourrait aussi bien s’entendre (comme en saint Marc, 4, 22, et saint Luc, 8, 17), de la prédication évangélique, d’abord discrète et limitée, mais qui finira, en dépit de toutes les oppositions, par se répandre en tous lieux. Il y a ainsi cohésion entre les versets 26 et 27. Vous vaincrez, affirme le Seigneur. Que le respect humain, que la crainte des hommes ne glacent point sur vos lèvres l’expression d’une vérité qui est faite pour être semée et pour fructifier partout. Ce que je vous ai enseigné dans l’obscurité, dans le secret, dites-le au grand jour ; ce qui vous a été dit comme à l’oreille, en petit comité, proclamez-le sur les toits. — Se rappeler la forme des toits de Palestine : c’est de là que se faisaient certaines proclamations. Voir Isaïe, 11, 9. N’ayez peur ni des hommes, ni du diable. Regardez bien en face ce que les hommes vous peuvent faire : ils tuent le corps ; ils menacent du moins, ou ils font souffrir : c’est tout ; là s’arrête leur pouvoir. Ils ne sauraient tuer l’âme. Ils ne peuvent même pas nous faire penser, nous faire vouloir comme eux. Nul ne violera le sanctuaire intérieur où l’homme se rencontre avec Dieu. On ne peut rien sur nous ; et à ce jeu de la persécution, le mal est toujours le vaincu. Nous n’avons rien ni personne à redouter, si ce n’est celui qui est l’unique dispensateur de la vie et de la mort, de la vie éternelle comme de la vie du temps ; celui qui a pouvoir sur l’homme entier, qui peut jeter et le corps et l’âme dans la Géhenne. Est-ce que deux passereaux, poursuit familièrement le Seigneur, ne se vendent pas un as ? On les donne presque pour rien, — pour trois centimes et demi ! Et cependant, il n’est pas un seul de ces petits oiseaux qui tombe à terre et périsse sans le consentement de votre Père céleste. Mais vous ! ce n’est pas seulement votre vie qui intéresse la sollicitude de Dieu : c’est le nombre même de vos cheveux qui est compté par lui (cf. II Reg., 14, 11). Il n’est pas un détail de votre être auquel Dieu ne soit attentif ; rien n’est laissé dans votre existence à l’aventure ni au hasard. Pourquoi craindre ? vous valez à ses yeux plus que nombre de passereaux (cf. Lc, 12, 2-9).

On retrouve dans ce commentaire de dom Delatte les mêmes accents que ceux de Jean-Paul II :  « N’ayez pas peur ! ». La peur, Jean-Paul II ne l’avait pas. Et cela rappelle justement le discours de Jean – Paul II en 1993 en Sicile, adressé de façon explicite à « Cosa Nostra » :

Convertissez-vous, un jour viendra le jugement de Dieu

S’ensuivit un attentat en juillet 1993 contre la basilique du Latran (la cathédrale du pape).

Vatican II, Nostra Aetate :
« L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, [ici le texte de dit pas « regarde avec estime l’islam »] qui adorent le Dieu unique, [le texte ne dit pas « qui adorent comme nous » un Dieu unique] vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre (Saint Grégoire VII, Épître III, 21 ad Anzir (El-Nâsir), regem Mauritaniae, éd. E. Caspar in mgh, Ep. sel. II, 1920, I, p. 288, 11-15 ; PL 148, 451 A.), qui a parlé aux hommes [le texte ne dit pas : qui a parlé au prophète Mahomet]. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. [le texte ne dit pas que l’islam est une des trois religions abrahamiques] Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. [le texte voit bien la clef du dialogue avec les Musulmans, qui est eschatologique] Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne.
Même si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, [c’est un euphémisme, ici : puisqu’il s’agit concrètement de guerres et de batailles rangées, y compris menées directement par les armées pontificales pour certaines d’entre elles, comme la bataille de Lépante, dont nous fêtons la victoire tous les 7 octobre : c’est une mémoire liturgique obligatoire… Avec propre.] le saint Concile les exhorte tous à oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté. »

Faut il « coexister » ? (2/3)

Dans l’article précédent était abordé la question de l’initiative « YouCoun » qui concerne avant tout une mise à disposition des enseignements de Vatican II à la jeunesse. Ce qui est évidemment une très bonne chose, mise à part, disons, quels approximations concernant les textes mêmes de la première constitution du Concile pourtant revendiquée par le principal initiateur de « You Coun » ; cela nous a fait un peu réfléchir sur une autre de ses initiatives, « Coexister », une association inter religieuse qui cherche à promouvoir la paix.

Je constate que ce concept de « coexistence » n’est en fait pas du tout franco-français, puisqu’un véritable mouvement international, « Coexist » , a été lancé dans les milieux anglo saxons et prend de l’ampleur : vous savez, un de ces mouvements qui font du militantisme avec des autocollants qu’on met sur la voiture, ou sur tel ou tel effet personnel ; un peu comme le mouvement du petit noeud rouge qui veut dire « je suis contre le Sida » et qui en fin de compte n’est que le paravent, habillé de bon sentiments, d’un militantisme en faveur du préservatif ou de la « normalisation » des unions homosexuelles… Parce que je ne connais pas grand monde qui est en faveur du Sida…

J’ai trouvé sur un excellent blog, « The Curt Jester », une analyse tout à fait bienvenue sur la question, je vous livre donc ici une traduction commentée. Parce que tout cela n’est évidemment pas sans lien avec la question liturgique, où, « comme chacun sait » il faut savoir « coexister » avec d’autres expressions plurielles…

Coexister avec des gens qui arborent un autocollant « Coexister ».

S’il y a un autocollant que j’ai très souvent vu à côté des autocollant politiques, c’est certainement l’autocollant « Coexister ». Or, il ya quelque chose vis-à-vis de cet autocollant qui m’ennuie vraiment. Un reflexe qui ne mène pas vraiment à la tolérance vis à vis de la personne qui a mis l’autocollant.

Je me suis donc demandé : pourquoi ?

L’autocollant de la tolérance comme beaucoup de choses, promeut une vérité mais en même temps une erreur : maintenant bien sûr vous ne pouvez pas espérer qu’un autocollant avec un seul mot fait de divers symboles religieux soit une démonstration capable d’articuler pleinement ce que la propriétaire de cet autocollant désire qu’il signifie. C’est plus la façon astucieuse avec lesquelles les symboles religieux sont utilisés pour écrire el mot qui fait son succès. Mais le symbole lui-même pour les gens qui mettent ça sur leur voiture semble absent. Le véritable message, c’est le suivant : je suis tolérant, vous ne l’êtes pas, remettez-vous en cause. [Notons immédiatement également à quel point ce réflexe conditionné est appliqué dans le domaine liturgique, et habillé de sensibilité, avec le discours des commissions liturgiques sur le chant grégorien : il vous faut « chanter de tout » ou alors vous n’êtes pas « ouvert » à une Eglise plurielle. Le chant grégorien n’est admissible qu’à condition qu’il « accepte » de « coexister » dans l’expression rituelle du rite (sous entendu « infra-ordinaire »).]

Il y a aussi le slogan « Ne pouvons –nous pas juste vivre ensemble ? », et là aussi, il y a une signification plus large. La tolérance religieuse définie comme telle c’est certainement quelque chose qui devrait être promue et recherchée. Le design original vient d’un designer polonais Piotr Mlodozeniec qui l’a conçu pour un concours artistique d’un musée de Jérusalem. Il a été popularisé par U2 (NDT : le groupe rock) qui a commencé à l’utiliser en toile de fond d’une de ses tournées. Lorsqu’on connaît les conflits qui ont eu lieu en Irlande, on comprend en quoi cela a interpellé les membres de U2.

Maintenant, vous ne pouvez pas psychanalyser quelqu’un en fonction de l’autocollant qu’il a mis sur la lunette arrière de sa voiture, mais vous pouvez tout de même avoir une idée générale en essayant de deviner ce qui a motivé cette personne à choisir cet autocollant.

Concrètement, ces autocollants sont parfois combinés avec d’autres slogans réputés « de gauche », et ça aide à comprendre. Ceci dit, une fois j’ai vu un autocollant « Coexister » à côté d’un autre autocollant « Nobama ». Mon analyse depuis mon fauteuil est la suivante : la plupart des « coexistants » sont soit sans religion, ou appartiennent au groupe des « spirituels non religieux ». Ils sont à juste titre scandalisés par l’intolérance religieuse spécialement quand cette dernière implique de la violence. Cependant, en même temps, ils connaissent peur de choses au sujet de la véritable intolérance religieuse. Par exemple, je doute qu’il y ait un recoupement entre les « coexistants » et ceux qui sont inquiets de l’intolérance religieuse impliquée par le Mandat HHS (NDT : l’« Obamacare » qui nie la possibilité pour les catholiques de refuser l’avortement, contre lequel l’épiscopat des États-Unis est entré en lutte politique ouverte).

Le fait que les Musulmans une fois au pouvoir dans certains pays ont restreint sévèrement les autres religions est également quelque chose qui ne semble pas non plus alerter plus que ça les « coexistants ». Cette vision des choses est en réalité appuyée sur l’indifférentisme religieux qui est inférée de cet autocollant : toutes les religions devraient aller ensemble parce que toutes les religions sont en fait égales. [Encore une fois ce réflexe indifférentiste doctrinal et religieux est accompagné dans les paroisses d’un réflexe indifférentiste sur le répertoire musical. Tout répertoire musical est supposé être d’égale valeur. Or, malheureusement, ce n’est pas du tout ça que disent le Concile Vaticna II et le missel romain … Actuel.  ]

L’idée de la tolérance est quelque chose de tout à fait autre lorsqu’on regarde la définition proposée par la Catholic Encyclopedia :

« La tolérance signifie le fait de supporter patiemment la présence d’un mal qu’on ne peut pas ou qu’on ne veut pas empêcher. Par tolérance religieuse, on entend l’indulgence magnanime que quelqu’un montre vis-à-vis d’une religion autre que la sienne accompagné de la détermination morale de la laisser, ainsi que ses adhérents, sains et saufs, en privé et en public, même si cette personne est en complète désapprobation intérieure de cette « fausse foi ».

En fait si vous expliquiez à un « coexistant » que vous appréciez son « support patient de la présence d’un mal », je suis certain qu’il n’aimerait pas cette définition. [Encore une fois faisons notre parallèle liturgique : ce n’est pas parce qu’on admet dans le culte des musique qui sont inadaptées, qu’elles sont tolérées faute de mieux, que justement, là où le mieux est en stock et disponible sur simple demande – à savoir le chant grégorien – la valeur de ce dernier doit être abaissée au niveau des répertoires de piètre qualité qui sont malheureusement le quotidien de nos célébrations liturgique. Le concile et le missel sont pourtant clairs là dessus. Mais acceptera t’on un jour de les appliquer ?  ]

Ce qui m’ennuie le plus souvent c’est que cet appel à la tolérance tombe « trop court ». Je suis appelé à aimer mon voisin, pas juste à la tolérer. Je suis aussi appelé à aimer mon ennemi, pas juste à le tolérer. Mais la vision fausse de la tolérance ne s’autorise pas à avoir d’ennemi. Je suis appelé à aimer ceux qui n’ont pas la même foi que moi, et si possible leur apporter l’Évangile. Et ce type d’amour ardent, est dissoute dans l’eau tiède de la tolérance.

Si vous regardez le mot tolérance dans le catéchisme de l’Eglise catholique, vous ne trouverez rien, et en tout cas vous ne trouverez certainement pas la fausse vue de la tolérance qui met au même niveau toutes les croyances.

«L’Église reconnaît dans les autres religions la recherche, mais« dans l’ombre et les images » (Constitution dogmatique. Lumen gentium, n. 16) d’un « Dieu inconnu », mais proche, parce que c’est lui qui donne à tous la vie et le souffle à toute chose.  » C’est pourquoi l’Église considère tout ce qui peut être trouvé « de bon et de vrai» dans les religions comme une préparation à l’Évangile et comme un don de Celui qui illumine tous les hommes afin qu’à la fin ils aient la vie « (Ibid.)» (Catéchisme de l’Église catholique, 843).

Il y a encore beaucoup à dire là dessus… Mais soyez tolérant, et patient… La suite au prochain numéro…

Coexister avec YouCoun ? (1/3)

Hein ? Z’avez dit quoi ? Bref, une initiative soutenue par la CEF… Comme habituellement, nous soulignons et commentons.

http://www.eglise.catholique.fr/actualites-et-evenements/dossiers/anniversaire-de-vatican-ii/youcoun-vatican-ii-explique-aux-jeunes-14785.html

Après le lancement de sa préparation fin 2011, le projet « YouCoun » s’apprête à enclencher une nouvelle étape de son ambition : faire connaître à la jeunesse le concile Vatican II à l’occasion des 50 ans de son ouverture et susciter un nouveau dialogue entre tous ces jeunes de sensibilités différentes.

[Nous avons déjà abordé dans ces pages la question des sensibilités. ]

A la veille de la clôture du Concile Vatican II, le 7 décembre 1965, Paul VI et les Pères du Concile adressaient leur dernier message aux jeunes garçons et filles du monde entier. « C’est vous qui allez recueillir le flambeau des mains de vos aînés et vivre dans le monde au moment des plus gigantesques transformations de son histoire, écrivaient-ils (…). C’est pour vous (…), qu’elle (L’Eglise) vient, par son Concile, d’allumer une lumière: lumière qui éclaire l’avenir, votre avenir. » [Amen !]

Presque 50 ans plus tard, Samuel Grzybowski a décidé de faire sienne cette adresse et de la partager. [Bravo !] « C’est une évidence. Après les Écritures  il [le texte de Vatican II] est un texte central, assure le jeune homme âgé de 20 ans. [Oui.] Tout ce qu’on vit aujourd’hui comme Eglise vient de ce texte. [« Tout » ? c’est un peu exagéré tout de même. Mais bon, la fougue de la jeunesse…] Je pense à la liturgie, par exemple [Oh oh : beau sujet..]: la messe en français, le prêtre face à l’assemblée, etc. » [Ah… Alors là Samuel, il va falloir relire le Concile. Désolé, mon ami. Ce n’est pas écrit dedans] De retour d’un voyage avec des jeunes de différents mouvements, celui qui est aussi le président de l’association « Coexister » [Coexister… Une association qui promeut l’interreligieux, qui était présente aux JMJ avec le P. Roucou, du Secrétariat des Relations avec l’Islam. Espérons donc que le « YouCoun » fasse une bonne promotion d’une lecture intelligente de Lumen Gentium 16, de Gaudium et Spes 22.5 et bien sûr de Nostra Aetate, à défaut de bien comprendre Sacrosanctum Concilium, la constitution sur la liturgie. Mais pour cela… Peut être faut il qu’il arrête de fréquenter le P. Roucou ?] imagine « YouCoun », abréviation de « Youth Council », un projet autour de l’anniversaire de Vatican II pour le rendre accessible à la jeunesse. « J’ai le sentiment que c’est nécessaire : la majorité ignore son contenu », justifie-t-il. [Ça, c’est sûr…]

Le projet nourrit donc un double objectif : « comprendre, célébrer et promouvoir » [ou un objectif triple ? C’est peut être moi qui ne sait pas compter ???] le Concile et « instaurer un nouveau dialogue entre les jeunes catholiques de toutes sensibilités ». [Encore les sensibilités… !] « Un esprit de chapelle passif existe, on connaît l’Église par la porte par laquelle on est entré », observe Samuel Grzybowski. [On aimerait suggérer à Samuel la chose suivante : contre l’esprit de chapelle passif et les « sensibilités » exclusivistes, il faut s’ouvrir à la grande respiration de la prière de l’Eglise, et à son chant propre, le répertoire du chant grégorien qui a justement valeur internationale, intergénérationnelle et universelle.]

2012-2015 : trois années jubilaires

Premier acte posé, la signature d’un texte commun par une trentaine de membres de différents mouvements (JOC, MEJ, Scouts et Guides de France, etc.), [Oui, donc, on comprend : une « certaine » sensibilité si ce n’est une « sensibilité » certaine] le 11 octobre 2011. Le document fixe les années universitaires 2012 à 2015 comme « trois années jubilaires ». Constitué en association, avec à sa tête un comité de pilotage (Samuel Grzybowski, Inès Azaïs, Frère Arnaud Alibert, a.a.), Youcoun entend uniquement mettre en œuvre trois rendez-vous: le lancement du cinquantenaire, le 11 octobre ; un pèlerinage national en 2014 et un rassemblement de clôture en France, le 8 décembre 2015. Aux diocèses et mouvements de se saisir du projet. L’association se veut une plate-forme pour impulser largement la dynamique avec un site à venir (www. youcoun.fr), une application « Icoun » [Je n’ose pas imaginer comment ça se prononce …] pour smartphone comprenant textes du Concile, commentaires de théologiens et experts, actualités.

Par ailleurs, un collège est en cours de constitution. Formé de jeunes de différents mouvements, il se retrouvera plusieurs fois par an pour échanger, débattre. Prochainement, il contribuera à la réalisation d’un document papier tiré à 20 000 exemplaires dont la sortie est prévue en novembre 2012. Cette publication et son usage constituent un élément clef de la dynamique YouCoun. Il se présente comme un manuel à l’usage des diocèses et mouvements. Pour travailler Vatican II, ceux-ci pourront y piocher des textes et des éclairages, des propositions pour célébrer l’anniversaire, des pistes pour s’approprier les éléments du Concile au quotidien, des thèmes de réflexion et des suggestions autour du dialogue intrareligieux. [Le dialogue intra – religieux ? J’ai bien lu ou… ? Je connaissais le dialogue interreligieux.. Mais bon là… ?]

En 2015, après le rassemblement du 8 décembre, l’association YouCoun cessera d’exister, le défi sera alors que la dynamique impulsée continue au-delà.

Bref, une initiative qui (au départ) semble intelligente et dynamique. Qui n’est pas sans rapport, bien sûr avec notre site web qui cherche à se concentrer sur des questions liturgiques mais qui à l’occasion, aborde en passant les questions interreligieuses, notamment dans le domaine du dialogue islamo chrétien. Une petite observation au passage . Notre  Samuel est le propre fils de :

Auteur-compositeur-interprète, Laurent Grzybowski est un des acteurs de la liturgie en France. Longtemps animateur à l’église Saint-Ignace, à Paris, il fut l’élève de Joseph Gelineau, Didier Rimaud et Jacques Berthier, puis de Jo Akepsimas et de Gaëtan de Courrèges. Il écrit aujourd’hui de nombreux chants pour les célébrations dominicales, les rassemblements de jeunes (Frat, JMJ…) et pour la catéchèse. Reconnu pour ses talents d’animateur, ce père de famille (4 enfants) met depuis vingt ans ses compétences au service des assemblées chrétiennes, en France et à l’étranger. Sollicité par des paroisses ou des aumôneries, il assure aussi des formations liturgiques joignant la théorie à la pratique, notamment auprès de jeunes désireux de s’investir dans ce domaine.

 Bon, blague à part : je vous entends déjà réagir, là dessus … M’enfin, qu’est ce qu’il a dans le crâne aujourd’hui ? Keskinoudi ? Nikomprenrien !!!
D’accord, je vais être plus explicite  : Soyons sérieux : quelle est notre ambition en tant que chrétiens ? De « coexister » ? vraiment ? Juste de vivre côte à côte, sans (trop) nous  disputer ? Je ne crois pas que ce soit ça l’Evangile… Allez, Lc, 12,49-53  (et en VO, c’est plus beau) :
Ignem veni míttere in terram et quid volo? Si iam accénsus esset!  Baptísma autem hábeo baptizári et quómodo coártor, usque dum perficiátur! Putátis quia pacem veni dare in terram? Non, dico vobis, sed separatiónem. Erunt enim ex hoc quinque in domo una divísi: tres in duo, et duo in tres;  dividéntur pater in fílium et fílius in patrem, mater in fíliam et fília in matrem, socrus in nurum suam et nurus in socrum.

Joie paradoxale du décollage…

La rumeur selon laquelle le pape a nommé Mgr Ranjith comme nouveau secrétaire de la congrégation pour le culte divin, afin de contrebalancer le Cardinal Arinze trop « conciliaire » est établie dans les milieux dits « tradis ». D’ailleurs, la rumeur a été largement confirmée par un article de La Croix, dans lequel ce dernier aurait expliqué que la réforme liturgique du concile « n’a pas décollé ». Mgr Ranjith qui serait  ainsi un fervent tenant de la liturgie de S. Pie V,  qui allait enfin (!) mettre à bas « l’affreuse liturgie conciliaire ».

On se demande vraiment de qui on se moque. D’après les brillants analystes de la politique vaticane, Benoît XVI aurait donc placé donc dans la même équipe deux personalités opposées, certainement dans le but  de faire ne sorte de déclancher une guerre des missels à la congrégation du culte divin.

Le Fr Yves Combeau, o,p, du  couvent de Paris, nous alerte heureusement : « Ou bien le traducteur était distrait, ou bien le sens m’échappe. » (on lira son article, disponible sur le site web des dominicains, ci-dessous…) Sous la plume de ce brillant religieux, il faut évidemment comprendre : « Quelle belle opération de désinformation ! ». Nous le suivons donc entièrement. Car la vraie figure de Mgr Ranjith, apparaît parfaitement dans cette interview non pas de La Croix mais de l’APIC. Cette dernière est une agence de presse au service du Vatican. Qui potest intellegere, intellegat.

Dans cette interview – menée cette fois par un excellent journaliste, qui manifestement, lui n’a pas de problème avec les traductions… – il s’agit d’Antoine-Marie Izoard, on peut lire que, en fait :

1. Mgr Ranjith n’a donc jamais parlé de « non-décollage ».

2. Il dénonce cependant l’attitude « béate » d’un certain  nombre de prêtres et de fidèles qui considèrent que Redemptionis Sacramentum ne les concernent pas ou que toutes les questions afférentes aux abus liturgiques ne les concernent pas ou ne peuvent pas les concerner. Oui, il faut le répéter : « quelque chose ne va pas » !

3. Il renvoie vigoureusement aux normes telles qu’elles sont définies par le siège épiscopal.

4. Il ne milite pas pour le missel de 1962.

Des preuves ? Voyez ci dessous :


Le pape veut mettre fin aux abus, assure Mgr Malcom Ranjith

Rome, 13 juillet 2006 (Apic) Le pape Benoît XVI va mettre fin aux « abus » dans la célébration de la messe et faire cesser « les affrontements » avec les partisans de la messe en latin, a déclaré jeudi un responsable du Vatican à l’agence I.Media, partenaire de l’Apic à Rome. Selon l’évêque sri-lankais Albert Malcom Ranjith Patabendige Don, nouveau secrétaire de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, le pape va « prendre des mesures » car la liturgie de l’Eglise catholique serait trop souvent « un signe de scandale ». Propos recueillis à Rome par Antoine-Marie Izoard.

Q.: Vous avez récemment affirmé dans le quotidien catholique français La Croix que la réforme liturgique du Concile Vatican II n’avait “jamais décollé“. Ces mots ont surpris de nombreuses personnes…

R.: Je suis surpris, car je ne l’ai pas dit ainsi et ce n’est pas vrai. Je voulais dire que la réforme conciliaire – avec le renouveau spirituel attendu, avec les catéchèses profondes qui devaient relancer l’Eglise face au contexte séculariste – avait donné des résultats qui ne sont pas si positifs que cela. La réforme a bien décollé. Ainsi, l’utilisation de la langue vernaculaire est une chose positive, car tout le monde peut comprendre ce qui se passe à l’autel ou lors des lectures. De même, pour le sens de communion qui s’est développé. Mais ces éléments ont parfois été un peu trop accentués en abandonnant certains aspects positifs de la tradition de l’Eglise. Le cardinal Ratzinger lui-même, dans la préface du livre Tournés vers le Seigneur – l’orientation de la prière liturgique du père Uwe Michael Lang, a rappel é que l’abandon du latin et l’orientation du célébrant vers le peuple ne faisaient pas partie des conclusions du Concile.

Q.: Pour certains, qui ont fidèlement suivi le Concile, vos propos surprennent…

R.: Il ne s’agit pas d’abandonner le Concile, car il a déjà beaucoup influencé l’Eglise, comme dans son ouverture au monde. Mais, dans le même temps, il aurait fallu approfondir ce que nous possédions déjà. Il aurait fallu, comme dit le Concile, un changement ‘organique’, sans brusquerie, sans abandonner le passé. L’Encyclique Ecclesia de Eucharistia de Jean Paul II (publiée en avril 2003, ndlr), et l’Instruction Redemptoris Sacramentum (avril 2004) qu’il avait demandée à la Congrégation, indiquent bien que quelque chose n’allait pas. Le pape parlait alors avec une certaine amertume de ce qui se passait. Ainsi, on ne peut pas dire que tout s’est bien passé, mais on ne peut pas dire non plus que tout s’est mal passé. Les réformes du Concile, par la façon dont elles ont été traduites et mises en place, n’ont pas porté les fruits espérés.

Q.: Concrètement, que faut-il faire?

R.: Il y a deux extrêmes à éviter: permettre à chaque prêtre ou évêque de faire ce qu’il veut, ce qui crée la confusion, ou, au contraire, abandonner complètement une vision adaptée au contexte moderne et s’enfermer dans le passé. Aujourd’hui, ces deux extrêmes continuent de croître. Quel est le juste milieu ?… Il convient de réfléchir un moment, de célébrer sérieusement et d’améliorer ce que nous faisons actuellement.

Q.: Doit-on attendre un document pontifical ou de votre Congrégation à ce sujet ?

R.: Dans son livre L’esprit de la liturgie (publié en allemand en 2000, puis en français en 2001, ndlr), le cardinal Ratzinger avait présenté un cadre très complet de la question. Je crois que le pape est très conscient de ce qui se passe, qu’il étudie la question et qu’il faut faire quelque chose pour aller de l’avant. Il va prendre des mesures pour nous indiquer avec quel sérieux nous devons célébrer la liturgie. Il a la responsabilité que la liturgie devienne un signe d’édification de la foi et non un signe de scandale. Car, si la liturgie n’est pas capable de changer les chrétiens et de les faire devenir des témoins héroïques de l’Evangile, alors elle ne réalise pas sont but véritable. Celui qui a participé à la messe doit sortir de l’église convaincu que son engagement social, moral, politique et économique, est un engagement chrétien.

Q.: Les abus liturgiques sont-ils réellement si nombreux ?

R.: Chaque jour, nous recevons tellement de lettres, signées, où les gens se lamentent des nombreux abus : des prêtres qui font ce qu’ils veulent, des évêques qui ferment les yeux ou, même, justifient ce que font leurs prêtres au nom du ‘renouveau’… Nous ne pouvons pas nous taire. Il est de notre responsabilité d’être vigilants. Car, à la fin, les gens vont assister à la messe tridentine et nos églises se vident. La messe tridentine n’appartient pas aux Lefebvristes. C’est le moment de cesser les affrontements et de voir si nous avons été fidèles aux instructions de la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium . C’est pourquoi il faut de la discipline pour ce que nous faisons sur l’autel. Les règles sont bien indiquées dans le Missel romain et les documents de l’Eglise.
(…)

 


(Source : http://www.dominicains.fr/article.php3?id_article=757).

Joie paradoxale,

27 juin 2006

Je viens de lire quelque chose d’assez curieux sous la plume d’un récent prélat romain, chargé de la liturgie : que la réforme liturgique depuis les années 1930 « n’a pas décollé ». Ou bien le traducteur était distrait, ou bien le sens m’échappe.

Qu’est-ce à dire : « pas décollé » ? J’aurais compris « pas abouti » : si tant est qu’on puisse, dans ce domaine, aboutir jamais à un état définitif ; j’aurais compris « abouti à des résultats critiquables », car on peut et doit toujours progresser ou corriger ; j’aurais compris encore : « n’a pas été mise en pratique de façon satisfaisante », tellement il est vrai que la chansonnette ânonnée et le pot en terre qui-veut-faire-pauvre sont le quotidien liturgique de la majorité des Français ; mais « pas décollé » ?
Et les textes du Concile ? Ils sont postérieurs à 1930, non ? Ils ne « décollent » pas ? Première nouvelle.
Et Duployé, Doncœur, et toutes les recherches, et tous les efforts, et la traduction liturgique de la Bible, et les pèlerinages, et Rimaud, et Berthier, et André Gouzes ? Toujours pas « décollé » ? Fichtre !
Je ne dis pas qu’il n’y a pas des erreurs et des errements. Je suis le premier à me désoler de la platitude, du mauvais goût et de l’ignorance de la tradition que je vois çà et là. Mais « pas décollé » ? Grand Dieu ! Pour aller où ?

Résumons : le traducteur avait sans doute la tête ailleurs.

Heureusement, je me console en lisant un résultat de l’institut Médiamétrie : les sujets télévisés qui intéressent le plus les spectateurs sont, dans le désordre, la violence, le sexe et la religion. Pas de surprise pour les deux premiers, c’est aussi vieux que l’humanité.
Mais la religion ! Après de si longues décennies de négation, la voici qui revient. Chassez la religion par la porte, elle repassera par la fenêtre. Anarchiquement, sans doute, pas dans les rails, pas dans les cadres. Mais j’ai déjà dit que Dieu est libre et que la foi, même « sauvage », est une œuvre de l’Esprit. À nous d’ouvrir la fenêtre, comme disait Jean XXIII, à nous de laisser celui qui veut croire et être guéri venir au Christ même si c’est, comme le paralytique, par un trou du toit.

le frère Yves Combeau (Paris)