Importants changements liturgiques au Vatican (2ème épisode)

Les observateurs attentifs des cérémonies pontificales à Rome auront, à la suite de notre premier épisode également noté des changements importants en ce qui concerne les ornements liturgiques désormais employés. On notera avec attention les chapes et mitres utilisées pour les différents évènements liturgiques du temps de la Nativité :

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Voici une photo de la procession d'entrée des Vêpres de l'Epiphanie. On remarquera l'ampleur de la mitre et de la chape, qui datent du XV° siècle. On remarquera aussi la composition de l'aube du Saint Père, avec une dentelle très serrée. Il ne s'afit nullement d'une aube en coton avec "des trous", mais d'une véritable oeuvre d'art. On notera également le style plus 'classique' du surplis du cérémoniaire pontifical, Msgr Guido Marini.

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 On notera également le retour large la dalmaticelle sous la chasuble des évêques. 

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Ici, le Cardinal Rodé, lors de la messe d'ouverture de la Congrégation générale des Jésuites. 

Importants changements liturgiques au Vatican (1er épisode)

On devrait toujours au moins orienter visiblement toute la communauté vers un crucifix placé devant ou sur l'autel (et non à côté : les regards doivent se concentrer sur le Christ, pas sur le prêtre !) (Joseph, Cardinal Ratzinger)

Les observateurs attentifs auront noté un certain nombre d'avolutions récentes au Vatican. Le nouveau maître des cérémonies pontificales, Msgr Guido Marini, paraît avoir ptis xomme livre de chevet le livre "évènement" sur la liturgie d'un certain Cardinal allemand, l'Esprit de la liturgie de Joseph Ratzinger.

Nous avions déjà dans ces colonnes souligné la question spécifique de l'autel, en faisant remarquer deux choses :

1 – la liturgie est célébrée par le Christ vers le Seigneur, quelque soit la position de l'assemblée. L'orientation de la célébration "vers l'Est" (c'est un pléonasme) est soit réelle (dans les églises construites vers l'orient) soit figurée.

2 – le missel romain actuel prévoit la célébration "ad orientem", et donc le cas échéant, "dos au peuple". Cela n'a rien de choquant, et des églises y compris récentes contruites au Vatican (cf. la chapelle Redemptoris Mater ) le prévoient.

On connaissait l'habitude de tous les souverains pontifes y compris après le Concile de célébrer de façon privée la messe dite "dos au peuple" . On connaissait également l'habitude de l'évêque de Rome de célébrer dans les basiliques majeures de la Ville à la fois "vers l'Orient" et "face au peuple, du fait de non par l'orientation mais de "l'occidentation" de Saint Pierre du Vatican, de Saint Paul Hors les Murs, de Saint Jean de Latran, et de Sainte Marie Majeure. Le primat de l'orientation c'est à dire de la célébration "vers l'Est" est bien établi, et ce y compris à l'époque contemporaine.

Le souverain pontife souhaite manifestement en donner une signification encore plus accentuée, secondé en cela par son maître des cérémonies pontificales.

 Les célébrations de Saint Pierre de Rome sont désormais clairement "orientées" vers le crucifix :

http://www.scholasaintmaur.net/img/images_benedetto/1_1_2008_2.jpgVoici une photo de la Solennité de l'Epiphanie, le 6 janvier 2008. On remarquera la présence de 7 cierges sur l'autel de Saint Pierre du Vatican, ainsi que d'un crucifix en plein centre de l'autel.

Ceci est tout à fait conforme à la liturgie romaine post conciliaire, et explicitement demandée dans les livres liturgiques les plus récents :

 Présentation Générale du Missel Romain, editio typica tertia 2002 . 117. [b] Sur l'autel ou alentour on mettra au moins deux chandeliers avec des cierges allumés – ou même quatre, ou six, ou encore sept si c'est l'Evêque du diocèse qui célèbre.
Ceremoniale Episcoparum, art. 125 Sont préparés (…) sept (ou au moins deux) candélabres avec les cierges allumés.

Au sujet du Crucifix, voici ce que donnent les normes liturgiques actuelles :

Présentation Générale du Missel Romain, editio typica tertia 2002. 308. De même sur l'autel ou à proximité, il y aura une croix, bien visible pour l'assemblée, et portant l'image du Christ crucifié. Il convient que cette croix demeure près de l'autel même en dehors des célébrations liturgiques, pour rappeler à l'esprit des fidèles la passion salutaire du Seigneur.

Il convient d'ailleurs que l'image du crucifié soit tounée vers la table de l'autel, y compris (comme c'est le cas sur cette photo) lorsque la Messe est célébrée face au peuple. 

 

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Voici ce qu'explique le Cardinal Ratzinger en 2001, quelque temps après la publication en français de son livre de référence, Introduction à l'Esprit de la Liturgie

 (journaliste) _ Vous insistez fortement sur l'« orientation » des églises (et donc de l'autel et du prêtre autant que de l'assemblée) vers le Soleil levant, le Christ. Cette direction symbolique, attestée dès l'Antiquité, connaît beaucoup d'exceptions (autel au centre chez saint Augustin, Saint-Pierre de Rome tourné vers l'Occident…). Faut-il être systématique en un tel domaine ?
 (Joseph, Cardinal Ratzinger) _ Je ne sais pas exactement comment saint Augustin procédait, mais je connais la conclusion de beaucoup de ses sermons, « Conversi ad Dominum ! » : toute la communauté, avec l'évêque, « se tournait » (convertere) vers cet Orient. Ce qui est important dans ce mouvement d'« orientation », c'est l'expression radicale de la dimension cosmique de la liturgie : elle n'est pas une petite chose dans ma maison,
mais l'inscription de notre vie et de notre histoire dans le grand mouvement du monde, avec toute la création ainsi transformée en symbole du Christ qui vient. C'est une interprétation eschatologique de la Création : nous sommes en chemin vers le Christ qui vient déjà, dans l'eucharistie, se rendre présent à nous dans le monde. La liturgie ne se laisse pas enfermer dans nos murs ; au contraire, elle les ouvre vers le soleil, vers la vraie Lumière du monde, le Christ qui vient nous rencontrer là pour nous guider vers les cieux nouveaux et la terre nouvelle. Je reste cependant très modeste quant à la mise en pratique de cela. On ne peut pas à nouveau tout changer dans la disposition de nos églises _ et je suis opposé aux changements permanents : il faut de la stabilité dans la liturgie ! Mais la croix peut très bien se substituer à l'Orient : s'il n'y a pas de possibilité de déplacer l'autel pour que toute l'assemblée « s'oriente » vers le Soleil levant, on devrait toujours au moins orienter visiblement toute la communauté vers un crucifix placé devant ou sur l'autel (et non à côté : les regards doivent se concentrer sur le Christ, pas sur le prêtre !).

 

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Le nouveau maître des cérémonies pontificales, Msgr Guido Marini… « pense comme nous » !

On appréciera particulièrement l’interview donnée par Petrus au nouveau maître de cérémonies du pape, Msgr Guido Marini, qui a remplacé il y a peu l’archevêque Mgr Piero Marini. Originaire du diocèse de Gènes, formé à l’école du Cardinal Siri, il a 42 ans.

Jeune, il reflète plutôt bien les idées liturgiques des prêtres diocésains de sa génération. Interrogé sur la « sensibilité « , il répond sur l’objectivité de la liturgie. Un grand bravo, donc… Nous lui souhaitons un grand succès dans l’organisation des cérémonies pontificales ! 

Beaucoup disent que vous avez été nommé parce que liturgiquement, vous êtes plus sobre que Mgr Piero Marini. Mais quel est votre concept liturgique ?

Ce que l’Église veut et enseigne, pas plus, pas moins. Je ne suis pas le genre de personnes qui recherche les nouveautés ou les bizarreries. Cela peut sembler banal, mais la liturgie requiert le  respect pour les les règles établies par l’Eglise, et je ne vois aucune raison de les ignorer.

On dit qu’à Gènes où vous travailliez jusqu’à maintenant, la liturgie était si bien menée, solennelle et élégante, sans accès de fantaisie…

Mais la liturgie est comme cela par sa propre nature. Laissez moi le répéter. Personne ne peut se mettre en dehors des normes liturgiques. La Messe est un don de grâce, pas un show. Donc aucune fabrication, mais le respect absolu des règles liturgiques.

Le Pape Benoît XVI, en plus d’être un très grand théologien, est aussi un liturgiste subtil.  Il donne une grande importance à la liturgie, exécutée correctement.

Collaborer avec le Saint Père sera pour moi une grâce. La popularité de ce pape est évidente pour tous, pour sa prédication de la érité et du courage. En ce qui concerne la liturgie, je partage entièrement la position du Pape : la Messe est un sacrifice.

D’après vous, il y a-t-il eu des abus liturgiques récemment ?

Vous savez, l’Eglise est grande. Mais comme le même Pontife l’a reconnu lui-même dans la lettre expliquant le Motu Proprio Summorum Pontificum, il y a eu des abus et des interprétations abusives. Tout ce que je peux dire, c’est que, à coup sûr, je ne serai l’auteur d’aucune fabrication, et je me limiterai moi-même à l’application scrupuleuse des règles qui existent aujourd’hui.

A ce sujet, que pensez-vous du Motu Proprio qui a levé les restrictions sur la Messe de « rite tridentin ».

Je suis d’accord à 100% avec le Motu Proprio, comme un acte de sens commun, de justice, de liberté et de sens de la prévision.

Sandro Magister commente « l’actualité liturgique » à Rome

Sandro Magister, le journaliste italien bien connu, nous livre ici une réflexion intéressante sur "l'actualité romaine" en terme de liturgie. Généralement bien informé, il cherche à mettre en perspectives un certain nombre d'évènemens récents qui indiquent la "couleur" que le Saint Père souhaite désormais donner aux cérémonies pontificales. Faut il le suivre dans ses analyses ? Le débat est ouvert.

 

Nouvelle saison musicale au Vatican. Demandez le programme

Benoît XVI semble accélérer. La curie va être pourvue d'un nouveau service ayant autorité en matière de musique sacrée et le choeur de la Chapelle Sixtine d'un nouveau directeur

par Sandro Magister

ROMA, le 18 octobre 2007 – En quelques jours seulement se sont succédé au Vatican et à Rome des événements qui, lorsque l’on les relie l'un à l'autre, laissent présager de nouvelles mesures – voulues par le pape – en faveur de la renaissance de la grande musique sacrée.

Le premier a eu lieu lundi 8 octobre. Ce matin-là, Benoît XVI a donné audience au chapitre de la basilique Saint-Pierre, c’est-à-dire aux évêques et aux prêtres qui, avec l'archiprêtre de la basilique, Angelo Comastri, célèbrent chaque dimanche la messe et les vêpres solennelles dans l’église la plus illustre de la chrétienté.

Le pape leur a rappelé qu’"il doit y avoir, près de la tombe de Pierre, une communauté de prière qui soit stable et qui assure la continuité avec la tradition".

Une tradition qui remonte "au temps de saint Grégoire le Grand", le pape qui a donné son nom au chant liturgique caractéristique de l’Eglise latine, le grégorien.

Le pape a donné comme exemple au chapitre de Saint Pierre les liturgies célébrées à l'abbaye de Heiligenkreutz, le florissant monastère où il s’est rendu il y a quelques semaines lors de son voyage en Autriche.

En effet, depuis un peu plus d’un an, le chant grégorien est à nouveau le chant principal des messes et des vêpres solennelles à la basilique Saint-Pierre.

La renaissance du chant grégorien à Saint-Pierre a coïncidé avec la nomination d’un nouveau maître de chapelle, décidée par le chapitre de la basilique en février 2006.

Le nouveau maître de chapelle, Pierre Paul, canadien, oblat de la Vierge Marie, a coupé net avec l'usage introduit pendant le pontificat de Jean-Paul II – avec l’appui du précédent maître de chapelle, Mgr Pablo Colino – de faire chanter aux messes de Saint-Pierre les choeurs les plus disparates, venant de toutes les parties du monde, de qualité très variable et souvent médiocre.

Le père Paul a remis le graduel et l'antiphonaire dans les mains de ses chanteurs et leur a réappris à chanter la messe et les vêpres en pur grégorien. Les fidèles ont également à leur disposition des livrets avec la notation grégorienne du Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus Dei et la traduction des textes latins en italien, en anglais et en espagnol. Le résultat: des célébrations liturgiquement exemplaires, auxquelles participent de plus en plus de fidèles venus de nombreux pays.

Il y aurait encore beaucoup à faire pour redonner vie, à Saint-Pierre, à ce qui fut jadis la Cappella Giulia – le choeur spécifique de cette basilique – et aux splendeurs du style musical romain. Un style où alternent et s’enrichissent réciproquement la polyphonie sacrée, dont le créateur fut Giovanni Pierluigi da Palestrina, et un grégorien chanté lui aussi à la romaine (de manière virile et forte, et non pas selon les modèles monastiques inspirés par Solesmes).

Mais un nouveau départ a bien eu lieu. Et Benoît XVI a voulu dire au chapitre qu’il était dans la bonne voie.

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Le deuxième événement a eu lieu mercredi 10 octobre, toujours à la basilique Saint-Pierre. L'orchestre et le choeur de la Humboldt Universität de Berlin, dirigés par Constantin Alex, ont exécuté la messe "Tu es Petrus" composée en l’honneur des 80 ans de Benoît XVI par le musicien allemand Wolfgang Seifen, qui a tenu l'orgue.

Attention: il ne s’agissait pas d’un concert, mais d’une vraie messe. Comme cela avait été le cas le 19 novembre 2006 à Saint-Pierre, lorsque l’Orchestre Philharmonique de Vienne avait accompagné musicalement la liturgie eucharistique célébrée par le cardinal Christoph Schönborn, avec la Messe du Couronnement K 317 de Wolfgang Amadeus Mozart.

Dans les deux cas, les messes ennoblies par ces musiques ont été célébrées dans le cadre du Festival International de Musique et d’Art Sacré. Chaque automne, à Rome, il permet d’entendre dans les grandes basiliques pontificales noires de monde – c’est-à-dire dans leur cadre naturel et non pas dans les salles de concert – les chefs-d’oeuvre de la musique sacrée chrétienne, avec des orchestres, des chefs et des chanteurs de renommée internationale.

Cette année, les deux exécutions clou ont été la Messe de Requiem de Giuseppe Verdi, avec l’Orchestre Philharmonique de Vienne dirigé par Daniele Gatti, et la Messe en si mineur BWV 232 de Jean-Sébastien Bach, avec l'Amsterdam Baroque Orchestra & Choir sous la baguette de Ton Koopman.

Mais du point de vue liturgique, le moment le plus important du Festival a justement été la messe célébrée le 10 octobre à Saint-Pierre.

Ce n’est pas un mystère: l'enrichissement réciproque de la liturgie catholique et de la grande musique sacrée tient particulièrement à coeur à Benoît XVI.

Le pape l'a fait comprendre, avec une force particulière, au cours de son récent voyage en Autriche, avec la messe qu’il a célébrée le dimanche 9 septembre à la cathédrale de Vienne, accompagnée par la magnifique Mariazeller Messe de Franz Joseph Haydn ainsi que par une antienne de communion et un psaume en pur grégorien.

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Le troisième événement est la visite de Benoît XVI à l’Institut pontifical de musique sacrée, le matin du samedi 13 octobre.

Devant les professeurs et les élèves de cet institut – qui est le “conservatoire” liturgico-musical du Saint-Siège, qui forme les musiciens d’Eglise du monde entier – le pape, citant le Concile Vatican II, a rappelé que "le chant sacré, uni aux paroles, est une partie nécessaire et intégrante de la liturgie solennelle" (Sacrosanctum Concilium, 112).

Benoît XVI a souligné que "trois éléments caractérisent la musique sacrée liturgique: la sainteté, l’art vrai, l’universalité, c’est-à-dire l’aptitude à être proposée à n’importe quel peuple ou type d’assemblée".

Il a continué en déclarant:

"C’est justement en tenant compte de cela que les autorités ecclésiastiques doivent s’employer à orienter avec discernement le développement d’un genre musical aussi exigeant, non pas en congelant ce trésor, mais en cherchant à insérer dans l’héritage du passé les nouveautés valables du présent, pour parvenir à une synthèse digne de la haute mission qui lui incombe au service de Dieu. Je suis convaincu que l’Institut pontifical de musique sacrée, en accord harmonieux avec la congrégation pour le culte divin, ne manquera pas d’apporter sa contribution à un 'aggiornamento', adapté à notre temps, des précieuses traditions dont la musique sacrée est riche".

Ce souhait pourrait rapidement être suivi par la création, au sein de la curie, d’un service ayant autorité en matière de musique sacrée. On se souvient que, lorsqu’il était cardinal, le pape jugeait nécessaire la création d’un tel service.

Mais Benoît XVI a également fait comprendre ses préférences quant au genre de musique sacrée à promouvoir.

Dans son discours à l’Institut pontifical de musique sacrée, le pape a cité le nom d’un seul "maître" vivant de la grande musique sacrée: Domenico Bartolucci, 91 ans, qui était assis au premier rang et qu’il a ensuite salué très chaleureusement.

Bartolucci a été relevé de ses fonctions de maître de chapelle pontifical de la Chapelle Sixtine en 1997. Son renvoi – voulu par celui qui était alors maître des célébrations liturgiques pontificales, Mgr Piero Marini – a marqué l’abandon général, dans les liturgies pontificales, du style romain, fait de grande musique polyphonique et de chant grégorien, dont Bartolucci est un très grand interprète.

Il n’est plus resté, pour préserver ce style dans les basiliques pontificales de Rome, que la Cappella Liberiana de la basilique Sainte-Marie-Majeure, dirigée depuis 1970 par Mgr Valentino Miserachs Grau, qui avait succédé à ce poste à Bartolucci lui-même.

Mgr Miserachs est également président de cet Institut pontifical de musique sacrée auquel le pape a confié la mission d’"orienter avec discernement le développement d’un genre musical aussi exigeant".

Bartolucci-Miserachs, c’est le binôme de référence de Benoît XVI, à Rome, dans le domaine de la musique liturgique.

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Le quatrième événement, survenu peu de temps avant les trois autres, est le remplacement, effectué le 1er octobre, du maître des célébrations liturgiques pontificales.

Le successeur de Mgr Piero Marini – nommé président du comité pontifical pour les congrès eucharistiques internationaux – vient de Gênes. Il s’agit de Mgr Guido Marini, proche de son prédécesseur quant au nom, mais du pape quant au fond.

L'éloignement de Mgr Piero Marini met à découvert l'homme qui avait fait nommer, en 1997, à la direction de la Chapelle Sixtine après le renvoi de Bartolucci: Mgr Giuseppe Liberto.

En tant que directeur du choeur qui accompagne les liturgies pontificales, Mgr Liberto n’est pas l’homme qui convient pour le pape actuel. Il suffit de lire le commentaire qu’a écrit à son sujet dans une revue qui fait autorité, la "Revue Internationale de Musique Sacrée", un expert en la matière, le Hongrois László Dobszay, à propos de la messe inaugurale du pontificat de Benoît XVI:

"L'élection du pape Benoît XVI a donné espoir et joie à ceux qui aiment la vraie liturgie et la musique liturgique. En suivant à la télévision la messe inaugurale, nous avons été profondément émus par la célébration et par l’homélie du Saint-Père.

"Mais, au fur et à mesure du déroulement de la messe, son accompagnement musical nous a mis de plus en plus mal à l’aise. La plus grande partie de ce qui était chanté était une musique vraiment médiocre; le chant grégorien n’était qu’un prétexte pour permettre au compositeur en titre de se faire valoir. La seule chose dont le choeur pouvait être fier était son prestigieux passé. Entre les choristes, c’était à qui crierait le plus fort; ils chantaient faux, cela manquait d’ensemble, la direction n’avait guère de vigueur artistique, l'orgue et son utilisation étaient dignes d’une paroisse rurale.

"La médiocre qualité de la musique était la conséquence d’un autre défaut: le choix incorrect et arbitraire (dû à Marini?) des textes liturgiques du propre de cette messe, qui éliminait pratiquement le 'précieux trésor de la musique de l’Eglise' (cf. Sacrosanctum Concilium). Une sélection de textes tirée du propre de la liturgie romaine aurait eu un effet positif sur la musique elle-même. Mais quelqu’un a voulu emprunter le chemin de la gloriole et céder à la tentation du volontarisme. On nous a volé notre bonheur".

Le directeur de la "Revue Internationale de Musique Sacrée", publiée en quatre langues, est Giacomo Baroffio, grand expert du chant grégorien et avant-dernier président de l’Institut pontifical de musique sacrée, avant Miserachs.

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A ces événements, il faut enfin en ajouter un qui en constitue la toile de fond. C’est la promulgation du motu proprio "Summorum Pontificum" par lequel Benoît XVI a libéralisé l’usage de l’ancien rite de la messe.

Il est de plus en plus évident que, par cette décision, le pape a voulu faire en sorte que les liturgies modernes retrouvent ce qu’elles risquent de perdre de la richesse de l’ancien rite: richesse théologique, textuelle et musicale.

Ce n’est pas un hasard si le premier mot adressé au pape par le maître Bartolucci, lors de leur bref tête-à-tête du samedi 13 octobre, a été un "merci!" pour la promulgation du motu proprio.

La création au Vatican d’un service ayant autorité en matière de musique sacrée et la nomination à la Chapelle Sixtine d’un maître de chapelle à la hauteur de sa grande tradition sont deux actes en parfaite cohérence avec cette ligne directrice du pontificat de Benoît XVI.

Chanter la Messe – la leçon de Benoît XVI à Vienne

Un article de Sandro Magister sur le site www.chiesa :

( http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/166922?fr=y )

ROMA, le 12 septembre 2007 – Dans tout ce qu’a dit et fait Benoît XVI pendant ses deux voyages de début septembre, à Lorette et en Autriche, il y a deux moments qui sont tout à fait caractéristiques de son pontificat.

Ils concernent tous les deux la visibilité de l’Eglise, sa capacité de communiquer: à propos non pas d’elle-même mais des "choses d’en haut".

A Lorette, au cours de la veillée du samedi 1er septembre, le pape a montré comment il entend agir pour que le monde. et en particulier le monde des jeunes, puisse le voir et l’entendre.

En Autriche, Benoît XVI a fait comprendre, à travers la messe qu’il a célébrée à la cathédrale de Vienne le dimanche 9 septembre, comment il veut que l’Eglise apparaisse aux hommes au moment où elle est le plus reconnaissable: la célébration de l'eucharistie.

* * *
A Lorette, la veillée avec trois cent mille jeunes venus d'Italie et du monde entier s’est déroulée en deux temps: dans l’après-midi, une phase de réflexion et de prière; dans la soirée, une phase musicale, avec des célébrités de la chanson.

Cette soirée musicale, transmise en direct par la première chaîne de la télévision d’état italienne, était conçue par Bibi Ballandi, manager d’artistes célèbres et grand organisateur d’événements télévisuels. C’est lui qui, lors d’une soirée semblable au cours du congrès eucharistique international de Bologne, en 1997, avait fait chanter Bob Dylan et Adriano Celentano devant Jean-Paul II, présent sur l’estrade pendant toute la durée du spectacle.

Cette fois-ci, à Lorette, il y avait Claudio Baglioni, Lucio Dalla et le groupe rock "Vibrazioni". Mais le pape n’était pas présent pendant que les chanteurs se produisaient. Il priait, dans le sanctuaire, devant la relique de la Sainte Maison de Nazareth.

Au cours de la soirée, une seule liaison télévisée a montré le pape, pendant quelques minutes. Elle l’a montré à genoux devant la statue de la Vierge et de l’Enfant Jésus, alors qu’il lisait une prière avec recueillement.

De la part de Joseph Ratzinger, il fallait s’y attendre. Dans un texte publié en 1998, il avait manifesté son désaccord avec ce qui s’était passé l’année précédente au congrès eucharistique de Bologne: "Bob Dylan et les autres avaient un message complètement différent de celui sur lequel le pape s’engage"; c’est pourquoi "on pouvait douter de l’opportunité de faire intervenir ce genre de prophètes", porteurs d’un message "vieilli et pauvre" si on le compare avec celui qu’a communiqué le pape.

En revanche, à Lorette, Benoît XVI a participé personnellement, dans l’après-midi, à la rencontre avec les jeunes, organisée par les responsables de la pastorale des jeunes à la conférence épiscopale italienne.

Mais, là encore, il a pris ses distances par rapport au scénario. D’un côté il y avait de jeunes acteurs qui récitaient tour à tour, avec une bonne technique théâtrale mais de manière un peu artificielle, les textes, souvent tirés de la Bible, qu’avaient choisis les organisateurs. De l’autre, il y avait le pape qui écartait les textes préparés pour lui par les services de la curie et répondait aux questions des jeunes avec des mots spontanés, improvisés: ses mots à lui, indiscutablement, mais capables, justement pour cette raison, d’entrer dans les cœurs. Pendant qu’il parlait et disait des choses profondes, importantes, touchantes, le silence et l’attention de ses trois cent mille jeunes qui l’écoutaient étaient impressionnants.

En tout cas Benoît XVI ne paraissait pas isolé. Garçons et filles étaient en pleine harmonie avec lui. Ils racontaient leur vie, parfois dramatique, et lui posaient des questions. Près de lui se trouvait le missionnaire Giancarlo Bossi, libéré depuis peu après avoir été séquestré par des islamistes aux Philippines. Le père Bossi a parlé peu et simplement mais ses propos pouvaient faire comprendre à tous ce que signifie être un authentique missionnaire de l’Evangile de Jésus et non un assistant social ou un activiste altermondialiste.

* * *
Autre musique à Vienne aussi, au sens propre. Par la messe qu’il a célébrée à la cathédrale Saint- Etienne le dimanche 9 septembre, Benoît XVI a redonné vie à une tradition musicale et liturgique interrompue depuis plusieurs décennies.

De mémoire d'homme, en effet, la dernière célébration pontificale accompagnée de l'exécution intégrale – Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus Dei – d’une grand-messe polyphonique remonte à la lointaine année 1963. Cette messe avait été célébrée à Saint-Pierre et le compositeur choisi était Giovanni Pierluigi da Palestrina, chef de file de la polyphonie romaine du XVIe siècle.

Cette fois-ci, la messe était célébrée à Vienne et le compositeur était, à juste titre, l'autrichien Franz Joseph Haydn, avec sa magnifique "Mariazeller Messe" de 1782, pour choeur, soli et orchestre.

Le chant grégorien a également fait une importante réapparition au cours de la messe du pape le 9 septembre. Pendant la communion, le choeur a chanté plusieurs fois l'antienne "Vovete", propre à ce dimanche dans le missel de l’ancien rite, en alternance avec des versets du psaume 76 chantés eux aussi en latin: "Faites des voeux à l'Éternel, votre Dieu, et accomplissez-les! Que tous ceux qui l'environnent apportent des dons au Dieu terrible! Il abat l'orgueil des princes, Il est redoutable aux rois de la terre".

Un critique musical aurait totalement approuvé la splendide exécution, dirigée par Markus Landerer, maître de chapelle de la cathédrale di Vienne. Mais il s’agissait d’une messe et pas d’un concert. Et Benoît XVI a donné à ce sujet une leçon très claire, à deux moments de la journée.

Lors de l'Angélus, quelques minutes après la fin de la messe, il a commencé ainsi:

"Célébrer avec vous tous le jour du Seigneur, de manière si digne, dans la magnifique cathédrale Saint-Etienne a été pour moi, ce matin, une expérience particulièrement belle. Le rite eucharistique accompli avec le décorum nécessaire nous aide à prendre conscience de l’immensité du don que Dieu nous fait dans la sainte messe. C’est vraiment ainsi que nous nous approchons l’un de l’autre et que nous ressentons la joie de Dieu. Je suis donc reconnaissant à tous ceux qui, par leur contribution active à la préparation et au déroulement de la liturgie ou par leur participation recueillie aux saints mystères, ont créé une atmosphère dans laquelle la présence de Dieu était vraiment perceptible".

Et l’après-midi, au monastère de Heiligenkreutz où, chaque jour, 80 moines cisterciens célèbrent l'office divin en pur grégorien et entièrement en latin, il a déclaré:

"Dans la beauté de la liturgie, […] là où, ensemble, nous chantons, louons, exaltons et adorons Dieu, nous faisons apparaître sur terre un petit morceau du ciel. Il n’est pas vraiment téméraire de voir, dans une liturgie totalement centrée sur Dieu, dans les rites et dans les chants, une image de l’éternité. […] Dans toute forme d’engagement pour la liturgie, le critère déterminant doit toujours être le regard vers Dieu. Nous sommes devant Dieu: Il nous parle et nous lui parlons. Là où, quand on réfléchit à la liturgie, on se demande seulement comment la rendre attrayante, intéressante et belle, la partie est déjà perdue. Ou bien elle est opus Dei, oeuvre de Dieu, avec Dieu comme sujet spécifique, ou bien elle ne l’est pas. Dans ce contexte, je vous le demande: célébrez la liturgie sacrée en ayant le regard tourné vers Dieu dans la communion des saints, de l’Eglise vivante de tous les lieux et de tous les temps, pour qu’elle devienne expression de la beauté et de la sublimité du Dieu ami des hommes".

Benoît XVI a encore dit aux moines de Heiligenkreutz: "Une liturgie qui oublie de tourner son regard vers Dieu est, par là même, sur le point de disparaître". Haydn, catholique à la spiritualité profonde, n’était pas loin de cette vision du beau dans la liturgie chrétienne quand il écrivait à la fin de chacune de ses compositions musicales: "Laus Deo", louange à Dieu.

Lorsque, dans le Credo de la "Mariazeller Messe" le soliste entonne l'"Et incarnatus est" et que, dans le Sanctus, on chante le "Benedictus", des éclairs d’éternité jaillissent vraiment. La grande musique liturgique communique mieux que mille mots le mystère de "celui qui vient au nom du Seigneur", du Verbe qui se fait chair, du pain qui devient le corps du Christ.

La liturgie qui a inspiré à Haydn – comme à d’autres grands compositeurs chrétiens – ces mélodies sublimes, étincelantes de joie théologique, était l’ancienne liturgie tridentine: tout le contraire de cette "sensation de fermé" auquel certains l'associent. C’est la liturgie que Benoît XVI a voulu préserver dans ses richesses par son motu proprio "Summorum Pontificum", du 7 juillet 2007, à côté du rite moderne qu’il a utilisé pour la messe de Vienne.

Largement diffusées en mondovision, les messes du pape sont un exemple pour les liturgies de l’Eglise latine du monde entier.

Celle qui a été célébrée à Vienne du 9 septembre a voulu l’être d’une manière particulière. Et Benoît XVI l'a remarqué.

On peut regretter que certaines chaînes de télévision chargées de retransmettre cette messe aient fait disparaître ses particularités. Dans la diffusion en direct par la télévision italienne d’état, par exemple, les mélodies grégoriennes de la communion ont été traitées comme ne méritant pas d’être écoutées, et remplacées par un bavardage sans intérêt sur les prétendues "grandes questions" de l’Eglise et de l'Autriche.

Au Vatican, l'événement liturgique de Vienne sera suivi rapidement par le remplacement du maître des célébrations liturgiques pontificales. A monseigneur Piero Marini – qui prendra la présidence du comité pontifical pour les congrès eucharistiques internationaux – succèdera l'actuel maître des cérémonies de l'archidiocèse de Gênes, monseigneur Guido Marini. Il est proche de son prédécesseur par le nom, mais de Benoît XVI sur le fond.

La participation authentique à la liturgie

VATICAN – LES PAROLES DE LA DOCTRINE par l’Abbé Nicola Bux et l’abbé Salvatore Vitiello
Rome (Agence Fides) – Nous avons approfondi jusqu’à présent le sens de la participation authentique à la liturgie. L’exhortation Apostolique « Sacramentum Caritatis » y consacre une partie importante, parce qu’elle y est souvent évoquée : « Il convient par conséquent de dire clairement que, par ce mot, on n’entend pas faire référence à une simple attitude extérieure durant la célébration. En réalité, la participation active souhaitée par le Concile doit être comprise en termes plus substantiels, à partir d’une plus grande conscience du mystère qui est célébré et de sa relation avec l’existence quotidienne » (52). On ne doit donc pas comprendre la participation à la lumière d’un soi-disant « changement anthropologique » à donner à la liturgie, parce que ce changement s’est produit de manière réelle et surabondante avec l’Incarnation du Logos Eternel. Tout au plus s’agit-il d’un tournant théologique et christologique dont la liturgie a besoin. Dans le livre « Introduction à l’esprit de la Liturgie », le Cardinal Ratzinger la définit comme remise de tout à Dieu, de l’histoire et du cosmos, à partir de nous-mêmes. De cette manière de présenter les choses, on peut déduire des aspects prioritaires à restaurer :1. Orienter de nouveau « Ad Dominum » la prière des fidèles, à présent désorientée, en reprenant la tradition apostolique de l’orientation vers l’est des édifices chrétiens et de la même pratique liturgique, au moins où cela est possible. Ce serait un geste qui rapprocherait des chrétiens orientaux du point de vue oecuménique.
2. Remettre en rapport le tabernacle et l’autel. L’adoration ne s’oppose pas à la communion, et elle se juxtapose pas même à elle. Cela doit amener à revoir les théories sur le conflit des signes, qui a amené à décentrer le premier et à le reléguer en position secondaire, voire même de mettre à sa place le siège du prêtre.
3. Représenter la relation entre l’art chrétien et l’Incarnation de Dieu qui s’est faite pour attirer l’homme dans un processus de montée. Les nouvelles églises sont souvent fonctionnelles mais rarement capables de transmettre la beauté.
4. Soustraire la musique au risque de noyer l’événement chrétien dans une sorte de mystique générale, en devenant la porte d’entrée de la gnose et du « New Age ».
5. Comprendre exactement ce qu’est la participation à la liturgie souhaitée par le Concile Vatican II. Dans la liturgie romaine, il y a l’expression « facti participes », c’est-à-dire rendus participants d’une action qui n’est pas humaine, même si elle se réalise dans un discours humain. Sans la conscience d’être rendus participants, il n’y a pas de participation liturgique. La participation comprend de manière éminente le fait de s’agenouiller ou de s’incliner profondément, l’attitude principale d’adoration, qui unit entre autres les catholiques aux orthodoxes, mais aussi les juifs et les musulmans. Cela veut dire retourner à la Bible, où ces attitudes ont une importance centrale : dans le seul Nouveau Testament, on les trouve 59 fois, dont 24 fois dans l’Apocalypse, le Livre de la Liturgie Céleste qui est présenté à l’Eglise comme modèle et comme critère pour la liturgie terrestre.
Enfin, éliminer les applaudissements qui assimilent la liturgie à une sorte de distraction à fond religieux.
Tout cela veut dire avoir le courage d’aller à contre-courant, mais pour rester dans le sillon de la tradition bimillénaire de l’Eglise, dans les traces des théologiens du mouvement liturgique qui voulait remettre en vigueur l’esprit de la liturgie chrétienne comme adoration du Père dans l’Esprit Saint et dans la vérité de Jésus-Christ. Toutefois, pour la réalisation de cette réforme de la réforme, il ne suffit pas d’avoir des instructions, mais il faut des lieux exemplaires où la liturgie soit vécue avec foi, et donc, célébrée avec fidélité. Les églises qui, avec le rite de la dédicace sont enlevées à l’usage profane et remises à Dieu, ne peuvent servir de salles pour des concerts ou des expositions de musées où l’on exhibe le passé avec vantardise ; en outre, on en arrive à priver l’homme contemporain de la possibilité de rencontrer le Divin et de se convertir, qui est, en définitive, la finalité concrète de la liturgie. Favorisons donc le débat, sans préjugés, sans exclusions, pour comprendre les raisons ; c’est une chose nécessaire à chaque génération, pour arriver à la compréhension correcte et à la célébration digne de la liturgie chrétienne.
Source: (Agence Fides, 31 mai 2007)

NDLR : Le cas de la chapelle Redemptoris Mater, au Vatican :

Les plans d’origine de la chapelle, en 2003, prévoyaient un autel construit comme cela (cf. http://www.vatican.va/redemptoris_mater/index_en.htm ) :

 

 

L’autel de la chapelle Redemptoris Mater, au Vatican, au moment de la retraite de carême 2007.
« Ad Dominum. » :
Oui, vous voyez bien un autel avec 6 chandeliers et un tabernacle dessus.
L’autel n’est pas conçu pour célébrer « versus populum ».

 

L’autel n’a pas été déplacé seulement à l’occasion de cette retraite de carême. Cette chapelle a désormais un autel fixe « ad orientem » de façon définitive, avec un tabernacle dessus. Une bonne illustration des propos de l’article de l’agence Fides ci dessus…

Latin et Grégorien à Saint Pierre de Rome

Les cérémonies pontificales à la basilique Saint Pierre : liturgie "romaine".

VATICAN CITY | June 19, 2005 5:11:27 AM IST

Pope Benedict XVI wants to restore the traditional ceremonial Mass in St. Peter’s Basilica, with Latin instead of the vernacular and Gregorian chants.

Vatican expert Sandro Magister reported in his weekly newsletter Saturday that the pope is expected to replace Archbishop Pietro Marini, his predecessor Pope John Paul II’s master of liturgical ceremonies.

Whoever follows Marini will have orders to restore the traditional style and choreography of papal ceremonies in St. Peter’s.

Out will go the international Masses so dear to Pope John Paul II’s heart, with such innovations as Latin American and African rhythms and even dancing, multi-lingual readings and children in national costumes bringing gifts to the altar.

Pope Benedict wants to return to the Sistine Chapel choirs singing Gregorian chant and the church music of such composers as Claudio Monteverdi from the 17th century. He also wants to revive the Latin Mass.

Archbishop Marini always planned the ceremonies with television in mind, Magister said, and that emphasis will remain. A decade ago the Vatican set up a system for transmitting papal ceremonies world wide via multiple satellites. (UPI)

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