Office divin : les ressources en ligne

Vous désirez chanter l’office en grégorien ? Oui mais vous n’avez pas de livres…

Internet vient une fois de plsu à votre secours. Nous mentionnerons deux sites web qui valent la peine d’être consultés :

 Ce site web propse également à la vente un ouvrage, « Laus Divina », « proposition pour un nouvel antiphonaire romain », publié par Frans Kok, dont voic la description :

    Ce volume est proposé à tous ceux qui s’intéressent au chant grégorien et à la célébration de la Liturgie des Heures en latin. Ils y trouveront le texte de 2203 antiennes (encore sans la mélodie!), provenant des manuscrits et des livres de musique imprimés.
Ces antiennes correspondent à celles de Liturgia Horarum, le livre officiel de l’Eglise catholique pour la Liturgie des Heures. Mais le texte proposé est un texte critique ou donné sous une forme considérée comme étant davantage en accord avec l’usage actuel. Pour les antiennes qui n’ont pas été mises en musique, on propose un texte équivalent qui se trouve dans les documents musicaux anciens ou plus récents.
Le texte souligne les modifications qui peuvent avoir été faites et le choix opéré parmi les variantes. Pour chaque pièce est indiquée au moins l’une des sources musicales. Les lecteurs qui ont à disposition les sources nécessaires pourront donc ainsi préparer toute célébration de l’Office Divin.
Le volume recouvre l’ensemble de la Liturgie des Heures selon le rite romain. La préface (également en français) présente au lecteur en résumé l’histoire de l’office chanté, des renseignements détaillés sur le travail qui a été fait pour parvenir à une édition mise à jour de l’Antiphonaire Romain, sur les critères adoptés et les problèmes connexes. L’introduction (en italien) donne ensuite une description détaillée des caractéristiques de Liturgia Horarum et aussi de ce projet, et on explique en détail les différents choix opérés.
Le livre est complété par des mélodies proposées – avec la musique – pour l’ordinaire et pour une partie des hymnes, et par des tables détaillées des sources bibliques, patristiques et musicales.ISBN 978-88-904779-1-1
Colfelice : Calithes, 2010
P. 550 (xc + 306 + 154 p. tables)
Prix:  29,50 euros + frais d’expédition (pour la France: 9,70 euros)

Pour renseignements et commandes:

calithes@altervista.org

Extraits du livre 
Mais pourquoi Calithes ? La réponse ci dessous : 
Calithes, an acronym that stands for Cantus Liturgici Thesaurus, is also the name of a Levite mentioned in the apocryphal book of 3 Esdras (9:48; a text parallel to Nehemiah 8:7, where the name however appears as Celita). He helps Ezra in the tasks of teaching the Law to the people and restoring a temple worship worthy of the Lord God.
The Levites had among their chores that of caring for the chant in the Liturgy. In Medieval times they were viewed as prefiguring the deacons of the Christian Church who were also in charge of the liturgical chant.
«Calithes» also intends to allude to the Greek καλος ϑησ(αυρος) or καλλιϑησ(αυρος), «(truly) beautiful treasure»: “Cali-” stands not only for «liturgical chant», of any kind, but also for «beautiful», a treasury of chants of authentic beauty, the kind of thing liturgical chant ought to be.
Finally, the name is not without a link with Calithea, a citizen of the Greek island Rhodes, particularly noted for its fountains that foster health and offer effective remedies against a variety of illnesses.
As a publishing initiative, Calithes intends to be a similar fountain of health, promoting through publications and telematic services the preservation and formation of a veritable treasury of liturgical music, whether in the form of chant or of instrumental music, a privileged position in this latter category being accorded to the realm of organ music. All of this under the patronage of the yet-to-be-canonized St. Calithes.
Historia Calithes

Calítes docébat legem Dómini et in multitúdine legébat legem Dómini, et præferébant sínguli eos qui intellegébant lectiónem. Et dixit Attarátes Ezræ pontífici et lectóri et Levítis qui docébant multitúdinem, dicens: Dies hic est sanctus Dómino et omnes flebant, cum audíssent legem. Digréssi ergo manducáte pinguíssima quæque et bíbite dulcíssima quæque et míttite múnera his qui non habent. Sanctus est enim dies Dómini et nolíte mæsti esse, Dóminus enim clarificávit vos. Et Levítæ denuntiábant in público ómnibus dicéntes: Dies hic sanctus est, nolíte mæsti esse.
Et abiérunt omnes manducáre et bíbere et epulári et dare múnera his qui non habent ut epuléntur. Magnífice enim sunt exaltáti verbis quibus edócti sunt. Et congregáti sunt univérsi in Ierúsalem, celebráre lætítiam secúndum testaméntum Dómini Dei Israel.

 

http://www.heures-gregoriennes.com

Un nouveau site pour vous présenter les « Heures grégoriennes », dont la réédition a été réalisée tout récemment à la demande expresse du St Siège. Les trois volumes « Les Heures Grégoriennes » vous sont proposés avec deux reliures :

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Relié cuir avec tranche dorée Relié toile bleue

Pour vous aider à déchiffrer les partitions des Heures Grégoriennes, un coffret de 3 CD rassemble tout leur répertoire au format MP3.  Chaque CD contient une arborescence, pour chaque volume, afin de faciliter la recherche des partitions.

CD

Le tableau ci-dessous vous indique diverses manières de vous procurer ces produits.

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Les trois volumes « Les Heures Grégoriennes » vous sont proposés sous deux présentations et selon divers modes d’achat.
Relié toile coffret CD Editeur :Traditions-MonastiquesService éditions

21150 Flavigny-sur-Ozerain

France

Tél. (33) 03 80 96 22 31

Relié toile bleue Relié cuir avec tranche dorée Mélodie des partitions
Références L1128Fisbn : 9782878100921 L1129Fisbn  : 9782878100860 CD495EAN : 3700291209287
Achat par téléphone Appellez le + 33 (0)3 80 96 22 31 entre 9h00 et 11h00 puis 14h45 et 17h15 Avec votre carte bancaire
Achat par courrier 240 €                                320 €                                30 €300 sFr                              400 sFr                             35 sFr

335 Can.$                          430 Can.$                         40 Can.$

 

• pour la France    : joindre un chèque à Traditions-Monastiques

• pour la Belgique : CCP = 000-1339871-10, « Abbaye Saint-Joseph

• pour la Suisse    : CCP = 119-5447-7, Sion, « Abbaye Saint-Joseph »

Port : 15 € – 31 sFr – 35 Can.$ 

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Pourquoi des fidèles laïcs attendaient-ils les Heures Grégoriennes ? (intervention au colloque de lncmezent des Heures grégoriennes à la Conférence des évêques de France, avenue de Breteuil, Paris)

Don Jean-Marie et don Thomas ont demandé à un humble laïc de donner un « témoignage » sur les Heures grégoriennes. Je suis donc ici cet après midi, devant cet auditoire pour redire, je pense avec tous ceux qui sont présents, à quel point j’apprécie la Communauté Saint Martin, Solesmes et Flavigny, grâce à qui nous avons en main cet ouvrage exceptionnel….

Mais je pense que j’abuserais de votre temps à tous si je me contentais de proférer des congratulations.  Ce n’est certainement pas l’objectif de mon intervention en ces murs. Je viens, en mon nom propre, certes, mais surtout au nom de tous les baptisés qui ne sont pas astreints à l’office au chœur, m’expliquer sur une chose : en quoi les Heures Grégoriennes sont intéressantes pour les fidèles laïcs ?

Nous avons devant nous un livre avec l’ensemble de l’office diurne, en latin-français, avec une notation grégorienne. Soulignons si cela ne l’a pas déjà été fait à quel point ce fut une prise de risque – que ce soit au niveau financier mais aussi au regard de l’énergie dépensée – pour la Communauté Saint Martin de se lancer dans une entreprise de plusieurs années avant d’obtenir le résultat voulu. Soulignons aussi que le fait même de publier ce qui est en fait un antiphonaire romain avec traductions françaises est une idée tout à fait incongrue, dans le contexte actuel. Et puis, est il est bien raisonnable, aujourd’hui au XXI° siècle de se lancer dans l’édition d’un livre liturgique en latin – français, alors même que le latin n’est plus ou presque plus enseigné dans les écoles, et que le grégorien a depuis 40 ans pratiquement disparu de toutes les paroisses ?

Je suis grégorianiste, fondateur d’un petit ensemble amateur, la schola saint Maur. Nous chantons dans un certain nombre de paroisses de la région parisienne, et nous avons la chance d’être accueillis par des curés, qui – il faut bien le dire – n’ont pas froid aux yeux… Chanter une messe ou un office avec du grégorien, mais avec l’ordo post-conciliaire, c’est s’attirer les foudres de tous : mettons les pieds dans le plat. Cela mécontente la « droite » (quitte à faire du grégorien, faites donc du « traditionnel » !), et cela mécontente la « gauche » (quoi, en latin ? Mais on n’y comprend rien ! Et en plus vous donnez des gages aux traditionnalistes). On voit bien à quel point notre position, qui, – réjouissons-nous -, est aussi celle de la Communauté Saint Martin, de Solesmes et de Flavigny (oui, oui, de Kergonan aussi), dérange, ennuie, et est perçue comme suspecte.

Le point de vue du fidèle ordinaire

C’est une des raisons pour laquelle nous attendions la publication de cet ouvrage. Non seulement parce qu’il est complet (on peut suivre avec un seul volume l’office entier, avec les hymnes, antiennes, psaumes, leçon brèves, répons, preces, collectes) pratique (pas de renvois de pages), et beau : une reliure magnifique, un papier de belle couleur, des caractères soignés dans le plus petit détail, et des partitions restituées de façon sublime.

Mais voici une autre raison : ce qui nous réjouit surtout dans l’édition de ce livre, c’est avant tout la page de garde, portant la signature du Préfet de la Congrégation du culte divin. Puisque j’en suis aux déclarations publiques d’amour, voilà je le dis : Cardinal Arinze, je vous aime ! Et pourquoi la signature que vous avez mis au début de ce livre est elle aussi importante, M. le Cardinal ? Parce que l’Eglise attendait depuis 40 ans de retrouver sa voix. Comprenez-moi bien : je ne suis pas en train de dire qu’il fallait publier un livre quoi soit une sorte de conservatoire d’une tradition grégorienne, sans laquelle l’Eglise ne serait plus l’Eglise. Ce que je suis en train de dire, c’est que le chant grégorien, pour des simples fidèles laïcs ordinaires est à n’en pas douter la matrice, le modèle, le creuset de toute musique liturgique, et spécialement celle de l’office. N’ayons pas peur des mots : le Saint Père dans sa constitution apostolique « Laudis Canticum », nous disait en 1970 : « La prière de la Sainte Eglise étant donc rénovée et restaurée complètement selon sa très ancienne tradition et en tenant compte des besoins de notre temps, il est très souhaitable qu’elle imprègne, vivifie, pénètre profondément toute la prière chrétienne, qu’elle l’exprime et qu’elle l’alimente efficacement toute la vie spirituelle du peuple de Dieu. ». Que s’est il passé depuis ? La prière de l’Eglise, c’est-à-dire la liturgie et plus particulièrement la liturgie des heures a-t-elle profondément pénétré la piété des fidèles ? Nous sommes  bien obligés de faire un constat amer : il n’en est rien. Un prêtre me disait très récemment qu’aujourd’hui dans l’Eglise, il vaut mieux organiser une session de guérison intérieure qu’une formation à la psalmodie, si l’on veut avoir un succès pastoral. Et pourtant. Certaines personnes dans l’Eglise ne s’y sont pas trompées. Contre tous, contres les différentes « sensibilités », contre l’esprit du monde, contre la pastorale de court terme, nous avons – que dis-je l’Eglise tout entière ! – a enfin aujourd’hui officiellement retrouvé sa voix. Enfin, le « bréviaire » n’est plus, une sorte de dévotion à connotation psychique dont certains, par acquis de conscience se libèrent avec grande souffrance. Je ne dis pas qu’il n’ya pas d’héroïsme et d’ascèse à réciter les psaumes et les hymnes dans PTP. Bien au contraire. Mais l’office divin est conçu, en tant que partie prenante de la liturgie, pour être chanté, et chanté publiquement. Car au-delà de la question de savoir si c’est un livre en latin ou noté en grégorien, il faut bien comprendre une chose : c’est un livre de chant pour l’office, chose qui n’existait pas jusqu’ici avec l’office post-conciliaire. Il est en effet pour le moins curieux qu’on ait tant poussé depuis 40 années l’idée du chant des fidèles à la Messe et qu’en même temps on n’ait rien proposé de facile et pratique pour l’office. J’ai souvent chanté l’office en Français (ce n’est pas un péché … Si ?). J’ai toujours constaté que cela ne « fonctionnait » pas tout simplement parce qu’on n’avait jamais composé jusqu’ici des tons de psaumes qui soient à la fois beaux et simples. Que les antiennes, faute d’exemplaires suffisants du fameux volume « chanter l’office » étaient la plupart du temps improvisées et… banales. Que les mélodies des hymnes étaient d’un ennui prodigieux. Bref, que pour toutes ces raison, il n’était pas raisonnable de proposer ce type de célébration comme quelque chose de structurant, au niveau pastoral, pour une paroisse. Cela n’intéresse que quelques veilles dames, … dont – certes –  j’admire la piété et l’héroïsme. Or, la liturgie, en particulier la liturgie des heures, est réellement et proprement la réplique du séisme eucharistique, et non pas un exercice dévotionnel. Combien de paroisses la pratiquent – elles la liturgie des heures de cette façon ? Il est une réalité théologique que peu de personnes comprennent, qui a été admirablement expliqué par Paul VI dans Laudis Canticum (1970) « Dans des lieux et des circonstances déterminées, [la liturgie des heures] est […] devenue, sous la présidence du prêtre, comme le complément nécessaire de tout le culte divin exprimé dans le sacrifice eucharistique, pour imprégner toutes les heures de la vie des hommes. » Paul VI dans son magistère, ne fait en fait que paraphraser dom Guéranger, l’initiateur du mouvement  liturgique qui a abouti aux réformes de Pie XII et à Sacrosanctum Concilium : « Pourquoi l’Office divin entourant la Messe ? . – C’est le diamant enchâssé dans l’or, le diamant est d’autant plus beau qu’il est ainsi entouré. ». Quel dommage, donc, que l’Eglise n’ait pas su se doter, jusqu’à aujourd’hui d’un livre recensant l’ensemble de son propre répertoireL’office divin en chant grégorien dans sa forme ordinaire qui est disponible enfin aujourd’hui sera à n’en pas douter l’outil de la réappropriation du chant de l’office dans les paroisses. L’idée n’est d’ailleurs pas forcément de rêver à un office quotidien entièrement chanté en grégorien dans les paroisses. Il est même probablement intéressant de mettre côte à côte un répertoire grégorien et un répertoire en français pour que l’un influence la composition de l’autre. Nous sommes donc à la veille, grâce à la Communauté Saint Martin et au Cardinal Arinze, d’une reprise de possession par toute l’Eglise de sa propre célébration des heures.

Le point de vue du grégorianiste.

Nous cherchons à jouer à plein sur cette complémentarité forte entre l’Office divin et la Sainte Messe. La base de l’apprentissage du chant grégorien, c’est le phrasé, l’articulation, la justesse. Et la meilleure façon de posséder cette technique, c’est la psalmodie. Si jamais il y a une méthode pour chanter, interpréter, et enseigner le chant grégorien, – ce qui reste à prouver – c’est celle là ; il ne peut pas y en avoir d’autre. C’est la raison pour laquelle nous ne manquons aucune occasion de célébrer solennellement des offices. Cela permet d’entrer dans les mystères de la modalité très facilement ; cela permet surtout de s’approprier le contenu de l’Ecriture Sainte en latin, et de façon méditée, mais aussi physique ! Et dans beaucoup de cas, des laudes, des vêpres en grégorien, c’est un grand succès. Nous avons encore le souvenir du chant des vêpres pontificales de la Solennité de la Saint Louis en la cathédrale de Versailles : nous n’avions pas encore les Heures Grégoriennes, mais nous avons chanté l’office romain, à partir de Liturgia Horarum et de la musique de l’antiphonaire monastique. La cathédrale était pleine, l’évêque enchanté. Nous avons chanté les Ténèbres du Samedi Saint, également en forme ordinaire, à Sainte Jeanne d’Arc de Versailles, en Mars dernier…. A la grande surprise de M. le curé, 70 personnes… Sans parler des II° vêpres de l’Avent, que nous avons chantées hier soir en la paroisse sainte Marguerite du Vésinet. Les HG, nous les avons utilisées dès leur parution : le 10 novembre dernier, j’étais sur la route du Cantal pour rejoindre la maison de famille à l’occasion des funérailles de ma mère, décédée subitement quelques jours auparavant. Grâce à une brève halte à Candé, nous avons récupéré nos exemplaires en vue de pouvoir, avec mon père, chanter les laudes des défunts, le matin de l’enterrement… Les Heures Grégoriennes, c’est aussi une possibilité, pour un couple marié, de mettre en œuvre une prière conjugale, et pourquoi pas familiale de façon facile, immédiate, belle… Et efficace. Pas plus tard qu’hier soir, nous recevions un prêtre pour le dîner… Nous avons achevé notre rencontre par le chant des complies. Il s’en est très bien sorti… L’office, c’est le privilège et le devoir du simple baptisé. Pour un « businessman » comme moi qui se déplace aux quatre coins du monde, c’est aussi une façon remarquable d’être uni à NS y compris entre deux réunions, en transit dans un aéroport international, ou de retour à la maison en dehors des horaires de célébration des messes. Non pas que je transporte partout avec moi les HG, qui sont malheureusement un peu trop lourdes, mais je reçois sur mon téléphone, par email, l’ensemble des offices (invitatoire, laudes, tierce sexte none, vêpres complies et même le martyrologe) en latin – français. Pour cela je me permets de vous conseiller un site web que l’abbé Diradourian connaît bien : www.societaslaudis.org

Les Heures Grégoriennes, une rentabilité immédiate !

Mais, dans notre Eglise post 7/7/7, une question vous taraude tous : je vais donc y répondre avant même que vous la formuliez :: après tout, le Saint Père a promulgué un « motu proprio » pour les « gens qui pensent comme nous », c’est-à-dire les gens de « ma sensibilité ». Le grégorien et le latin avec l’ordo du Concile, c’est plaqué, artificiel, ou même une faute de goût… ? D’autres pourraient se demander si, après tout, les quelques paroisses ou communautés qui seraient toujours intéressées par le chant grégorien ne pourraient pas tout simplement continuer à utiliser des livres anciens tels que le Paroissien romain n°800, qui contient la plupart des choses nécessaires à la célébration « paroissiale » de l’office divin en chant grégorien, modulo quelques adaptations, s’il on tient à respecter l’ordo de l’office romain tel qu’il a été défini à la suite du Concile. Ou alors, tout simplement, adopter la forme extraordinaire du rite romain… Ce serait plus simple ? Mais ce serait se tromper sur le véritable objectif des Heures Grégoriennes, qui est tout simplement l’application dans la Foi des demandes du Saint Père et des directives du Concile Vatican II, Concile œcuménique qui pour, la première fois depuis les débuts de l’histoire du rite romain, a « canonisé » un répertoire musical comme le chant propre de ce dernier, le 4 décembre 1963, dans la Constitution « De Sacra Liturgia ». Le Concile avait demandé que soit révisés les livres de chant grégorien et qu’on en fasse paraître une nouvelle édition. C’est exactement ce qu’a fait la Communauté Saint Martin, avec la collaboration étroite de Solesmes, avec un sens de l’à propos exceptionnel, à l’heure où justement à Rome, dans le sillage de Benoît XVI, on assiste à l’éclosion du « nouveau mouvement liturgique » qu’appelait de ses vœux le Cardinal Ratzinger.

Les Heures Grégoriennes, un acte de Foi.

Lancer une nouvelle édition en chant grégorien avec la forme ordinaire du rite romain est un pari pour la Communauté Saint Martin. Pour rappel, cette communauté de prêtres, fondée par l’abbé Guérin dans les années 1970 a eu une intuition profonde : vivre en tant que prêtres et diacres séculiers (ils ne sont pas religieux) au service des évêques, un ministère pastoral en communauté. Et dans cette vie communautaire le plus souvent en paroisse, la liturgie a une place centrale ; elle a toujours été particulièrement soignée à la Communauté Saint Martin, dans son expression latine ou française, mais toujours dans la forme ordinaire du rite romain. Parce qu’« ordinaire » ne signifie pas « banal » ou « commun », mais « conforme à l’ordre des choses ». Insistons bien sur ce point, parce que c’est précisément ce qui nous a le plus séduit en tant que schola grégorienne. Pourquoi privilégions nous la forme ordinaire ? Mais parce qu’elle est celle qui est conforme à la nature, aux choses, à l’ordre. Nous pouvons regretter des tas de choses, faire de la nostalgie, nous lamenter sur le « salutari meo » du Magnificat aux vêpres. Il n’en reste pas moins qu’au-delà de nos petites habitudes prises de façon bien égoïste, ce qui nous comble, c’est de participer pleinement et dans son intégralité à la grande respiration de l’Eglise universelle, avec l’ordo qu’elle promulgue pour tous… Ou plutôt « pro multis » !
Quiconque a déjà expérimenté le chant grégorien dans une paroisse « lambda » s’est rendu compte de sa force d’évocation, de son adaptation naturelle à ce qu’il fait exprimer dans la prière ; il est frappant de constater que malgré toutes les tentatives des siècles passés, le chant grégorien conserve une pertinence non démentie depuis le VIII° ou le IX° siècle. Prophétique, le chant grégorien, qui « dépasse infiniment la musique » (dom Joseph Gajard) a pour fonction de donner une expression cultuelle et culturelle qui dépasse également infiniment les frontières des pays, mais aussi celles des classes sociales. Il fallait donc que le chant grégorien ne fût pas réservé aux moines. Il fallait probablement aussi débarrasser les moines du fardeau d’être un « musée liturgique », sans aucun lien avec ce qui pouvait se célébrer dans les paroisses. Et la Communauté Saint Martin, prêtres séculiers sans complexes et bien ans leur époque, font ce beau cadeau à toute l’Eglise d’expression francophone ; et il faudra que ce travail de titan soit adapté en d’autres langues.

Il fallait que l’Eglise eût un chant. Et que ce soit le chant ordinaire des laïcs comme des clercs. L’Eglise en a été privée, elle respire enfin à nouveau :

Nos temples doivent avoir un chant, autrement ils seraient mornes. Mais nous avons un chant, un chant incomparable. La seconde Personne de la Sainte Trinité est descendue sur la Terre, le Verbe s’est fait chair. Qu’est la seconde Personne de la Sainte Trinité ? Qu’est le Verbe ? Il est tout à la fois le chantre et un chant. Chantre unique qui a donné sa voix à la création toute entière, chant qui ne s’épuise jamais, car Dieu fait tout par son Verbe ; chant que nous redisons sans cesse, car c’est toujours le Verbe de Dieu que redisent les Psaumes. (Madame Cécile Bruyère, Abbesse de Solesmes, octobre 1888).

Gageons que cette idée soit bien comprise par nos pasteurs, et que cette formidable initiative des HG ne soit pas juste perçue comme une façon de donner le change à certains à la suite d’un Summorum Pontificum et de ses effets  perçus comme dévastateurs. Ce serait un manœuvre à courte vue. Parce qu’on peut être liturgiste passionné, y compris en aimant le latin et le grégorien, et considérer queSummorum Pontificum ne nous impacte pas directement. N’ayons donc pas peur d’appliquer Vatican II, et la Constitution Laudis Canticum. Nous avons aujourd’hui l’occasion de redonner sa voix à l’épouse du Christ. Et comme le rappelait le directeur de l’Institut Pontifical de Musique Sacrée de Rome, Mgr Miserachs Grau, dans un document de décembre 2005 intitulé « pour un retour du chant grégorien »: « Qu’une assemblée de fidèles puisse participer à une liturgie […] en chantant les pièces grégoriennes faites pour elle n’est pas seulement souhaitable: c’est l’idéal. Ce n’est pas mon opinion que je formule ici: c’est la pensée de l’Eglise ». Je terminerai donc mon intervention de la façon dont Mgr Miserachs a lui-même conclu son papier :  « C’est le bon moment pour agir: n’attendons plus. »

La nouvelle édition des Heures Grégoriennes !

Les Heures grégoriennes qui étaient épuisées après leur première édition, sont enfin rééditées, et désormais, la veriosn reliée cuir tranche or est même disponible !

 

Vous pouvez commander soit sur le site de la Communauté Saint Martin, soit à l’abbaye de Flavigny (traditions monastiques).

Pour rappel, les Heures grégoriennes, c’est un antiphonaire pour l’office diurne avec l’usage romain d’après le Concile. Un magnifique livre, un investissement pour toute la vie, solide, pratique, beau en tant qu’objet mais surtout beau comme support de prière.

Nous en avons largement parlé dans notre site web et ailleurs lors de la première édition, et nous redisons tout le bien que nous en pensons après un usage intensif quotidien pendant trois ans ! (les livres après trois ans d’utilisation intensive…. n’ont pas vieilli, preuve de leur très grande qualité et de leur conception soignée).

NB : préférez commander directement à l’une de ces deux maisons, la maigre marge des deux coéditeurs de cet ouvrage magnifique et fondamental s’en trouvera moins rognée et permettra les éditions suivantes dans d’autres langues !

 

 

Antiphonale romanum II

Il est des évènements liturgiques dont on parle, et d’autres dont on parle moins…. Alors que  la presse se concentre sur le « retour » de la « messe en latin » en lien avec le motu proprio Summorum Pontificum, que des groupes de pression font campagne contre certains évêques pour une « meilleure application » de ce dernier, que la "blogosphère liturgique" se pose des questions sur les dentelles du surplis du maître des cérémonies pontificales, un autre évènement,  – majeur celui là pour le rite romain – est passé quasi inaperçu des « spécialistes ». Laissez-nous donc en parler : la parution de « L’Antiphonale romanum II »…

Qu’on se souvienne : nous avions relaté dans nos pages la parution de l’Antiphonale monasticum de 2005 désormais complet, puis fait une forte promotion des « Heures grégoriennes » (édition de la Communauté Saint Martin pour toutes les heures du jour de toute l’année avec le schéma romain de Liturgia Horarum) ; voici désormais – enfin ! – la parution officielle,  – puisque c’est pleinement, à la différence des « Heures grégoriennes », un livre officiel de la liturgie romaine – d’une première partie de l’office divin chanté pour les séculiers de l’antiphonaire romain. Numéroté « II » il laisse présager la parution d’autres volumes numérotés autrement. Pour être juste, une autre partie de l’antiphonaire romain a déjà été publiée : le « Liber Hymnarius »,  qui regroupe toutes les hymnes liturgiques de l’année, pour l’office diurne et nocturne (ou des lectures) ainsi que les tons d’invitatoire et certains répons porte comme sous titre « Antiphonale romanum tomus alter ». Ce livre, que sont les moines partagent l’usage avec les séculiers ne permettait absolument pas seul de chanter l’office, même en partie. C’est désormais tout à fait différent. Et c’est en cela que cette parution est un véritable évènement. Qu’on en juge : la précédente édition de l’Antiphonale romanum date de 1912, et était déficiente sur le plan musical d’une part, mais aussi au regard de l’ordo, puisque depuis sa parution la structure de l’office romain a subi plusieurs réformes. Dès la parution du nouvel antiphonaire, nous en avons commandé une copie, ne serait-ce que pour tenir en main ce livre dont les éditions typiques ne se succèdent que tous les 100 ans !… Non pas par manque de travail de l’atelier de paléographie de Solesmes, mais probablement par une grande difficulté, pour l’Eglise des années qui ont pu suivre 1970 à concevoir l’office divin chanté au chœur comme quelque chose qui ne soit pas polarisé entre une approche traditionnaliste (en utilisant le fameux « paroissien n°800 ») ou une approche intégralement vernaculaire, dans une acception proche de la structure de Liturgia horarum (mais avec toutes les adaptations la plupart du temps malheureuses que nous avons connues en France, accompagnées de l’inexistence d’un répertoire chanté d’antiennes d’hymnes et de répons digne de ce nom) ou de tentative de liturgie des heures "orientalisantes" (Cf. l'office des fraternités monastiques de Jérusalem, qui sont présentées comme un exemple de l’office divin sur la chaîne de télévision catholique nationale KTO, alors que la structure de l’office de cette communauté puise très peu dans la tradition du rite romain et manque certainement l’objectif, au moins sur leplan musical, de puiser aux véritables sources liturgiques des rites grecs).

C’est donc un évènement majeur. Ouvrons donc ensemble ce livre : première surprise, la couverture ; elle est d’une belle couleur violette, en skai et rigide, ce qui contraste fortement avec l’édition de l’Antiphonale monasticum, qui a une couverture souple de piètre qualité ; dans le cas de l’Antiphonale monasticum, le projet était probablement de grouper en 2 reliures l’ensemble des volumes ; ici nous sommes résolument dans une logique de livre prêt à l’emploi : les offices présentés sont les Ières et les IIèmes vêpres de tous les dimanches et fêtes de l’année. L’objectif a donc clairement été de proposer aux paroisses un moyen simple de chanter ces offices, ce qui manquait cruellement jusqu’ici. Contrairement à certaines autres publications, ce n’est pas un livre élitiste ; il est clairement à la portée des débutants, avec très peu de renvois de page ; la psalmodie elle-même comporte des signes (mises en gras, mises en italiques) pour aider à chanter correctement les cadences de psaume. Le livre comporte toutes les hymnes des vêpres des dimanches et des fêtes du temporal et du sanctoral (il rend donc facultatif l’emploi du Liber Hymnarius pour ces offices). L’ouvrage comporte également toutes les lectures brèves, les preces et les oraisons (toutes en latin). On peut donc tout à fait l’emmener pour chanter les vêpres à l’église tous les dimanches, sans ajout d’aucune sorte (à part quelques connaissances en latin, puisqu’absolument aucune traduction n’est proposée), et c’est un immense service qui est rendu aux chorales comme la nôtre mais aussi aux paroisses qui pourront, sans autre ajout, mettre en œuvre très facilement des vêpres grégoriennes. Les Heures grégoriennes proposent l’ensemble de l’office pour toute l’année ; l’Antiphonale au contraire, est davantage un outil de la liturgie pour les paroisses, pour relancer cette belle coutume quasi disparue de la célébration des vêpres des dimanches, fêtes et solennités.

 

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Les partitions sont bicolores, très finement imprimées, sur un papier magnifique. Nous redisons encore ici tout le bien que nous pensons du minutieux travail de restitution réalisé par l’atelier de paléographie de Solesmes : au premier chef, nous mentionnerons la suppression des épisèmes horizontaux et verticaux ainsi que des « points mora ». L’Antiphonale romanum de 1912 n’en comportait pas ; c’est l’édition du paroissien 800 qui les a ajoutées sur les partitions existantes, tirées du même livre ; cette approche a été elle-même reprise avec des modifications mélodiques substantielles pour l’édition du premier Antiphonale monasticum en 1934, puis abandonnée avec le nouvel Antiphonale monasticum de 2005. Les péripéties afférentes aux épisèmes sont largement partie prenante des conséquences de rivalités entre grégorianistes que d’exigences scientifiques. Nous voici désormais débarrassés de contraintes plus historiques que musicales ; et notre Antiphonale romanum II (tout comme les Heures grégoriennes) bénéficie directement du travail réalisé à cette occasion.

 

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Au-delà de cette disparition de ce que l’on a pu appeler des « signes rythmiques », il faut noter l’introduction (présente depuis les précédentes publications de Solesmes) de nouvelles graphies de neumes qui rendent en réalité la disparition des premiers sans importance. On notera l’oriscus, la virga strata, la stropha, une graphie pour les liquescences mineures (qui parfois ont remplacé des grandes liquescences sur certaines pièces), des virgules, un placement judicieux des quart de barre et demi-barres. Il serait d’ailleurs intéressant que nous proposions sur nos pages un guide d’interprétation pour aider tous ceux que ça intéresse à passer facilement d’un système de notation (toujours d’actualité pour le répertoire de la messe avec le Graduale romanum) à un autre (désormais en usage pour l’office dans le rite romain, avec le tout nouvel Antiphonale romanum). NB : il faut mentionner que le Concile avait demandé l’achèvement du travail de restitution des mélodies grégoriennes. Ce n’a pas été vraiment fait pour le répertoire de la messe, à part pour les messes propres aux Bénédictins ; le Graduale Romanum de 1975 n’est rien d’autre, au niveau musical, que le Graduale Romanum de 1908 truffé de « signes rythmiques » et dont les pièces sont réparties en fonction de la nouvelle distribution de l’année liturgique. Dans cette inertie des partitions, ce sont les formules mélodiques qui même fautives, restent encore aujourd’hui irréformables ; nous pouvons être en droit de le regretter….

Le livre, lui-même, au format des autres livres édités par Solesmes tient très bien ouvert dans la main, et est beaucoup moins lourd que les « Heures grégoriennes » (mais est aussi évidemment beaucoup plus limité). Quelques surprises : le texte latin du Magnificat reprend la version de l’ancienne Vulgate, avec, il est vrai, la notation grégorienne des cadence des premiers stiques et l’indication très pratique des seconds stiques en bas de page. Le texte de la nouvelle Vulgate (qui est différent en deux versets du précédent) est rappelé pour mémoire, mais pas avec le découpage en stiques qui est proposé dans les éditions les plus récentes de Liturgia Horarum, mais avec le découpage de l’Antiphonale monasticum. Ce nouveau découpage est probablement plus en accord avec la répartition de la version grecque (d’origine) du texte de S. Luc ; mais avouons qu’au moins le premier verset, qui ne propose pas la césure habituelle après le premier mot, (Magnificat * anima mea Dominum) surprend. Nous nous autorisons une critique en regrettant que ce ne soit pas le texte de la Nova-Vulgata, avec la répartition en stiques telle qu’elle existe dans Liturgia Horarum, qui n’ait pas été mise en partitions. Comment faut-il le comprendre ? Que pour le Magnificat chanté en grégorien, l’usage doit être d’employer l’ancienne version de la Vulgate ? Ou que pour des raisons pastorales, on n’ait pas voulu changer l’habitude ?

Autre petite surprise : les versets imprécatoires ne sont pas indiqués. On pourra le regretter ; il semble que l’habitude soit désormais prise y compris pour la liturgie en vernaculaire d’indiquer entre crochets ou en italique (comme dans l’Antiphonale monasticum, dans les « Heures grégoriennes » ou la dernière édition du psautier liturgique en Français). Cette indication n’aurait probablement pas consommé beaucoup de papier ; elle n’aurait probablement pas non plus choqué, dans le sens où beaucoup de liturgistes et théologiens poussent dans le sens de la réintégration officielle de ces versets dans la liturgie et que ces retraits sont absents des éditions liturgiques les plus récentes, y compris dans des livres officiels.

Comme pressenti, ce livre officiel de la liturgie romaine propose ad libitum (comme c’était le cas pour les « Heures grégoriennes ») la formule finale de conclusion « Benedicamus Domino » au ton solennel aux Vêpres alors que cette acclamation est réservée aux petites heures (Tierce, Sexte, None) dans Liturgia Horarum. Le livre comporte également un certain nombre de variantes importantes de texte des antiennes. Comme certains le savent probablement, la composition de l’office romain rénové après le Concile s’est appuyé sur un ouvrage de référence, le Corpus antiphonalium officii (de dom Hesbert). Il a servi de base pour l’élaboration de l’office, en enrichissant considérablement le nombre d’antiennes chantées (c’est la raison pour laquelle en 1912 nous avions un seul volume pour l’Antiphonale romanum, complet et que pour un ouvrage équivalent ou proche, nous aurions aujourd’hui 3 volumes. Le volume et le poids des Heures grégoriennes en témoigne). Cela est dû non seulement au cycle quadrihebdomadaire (certains psaumes ont ainsi plusieurs antiennes en fonction des semaines I à IV) mais aussi à cause des cantiques évangéliques (dans Liturgia Horarum, on a ainsi 3 x 3 antiennes de cantique évangélique par dimanche per annum : 3 par office majeur (laudes et vêpres) en fonction des années A, B ou C. Dans l’Antiphonale romanum II que nous avons ici, le choix a été quelque peu différent ; nous y reviendrons dans notre prochain article sur le sujet. Comme l’explique le P. Saulnier sur son site (http://palmus.free.fr) des antiennes absentes du répertoire ont parfois été indiquées dans Liturgia Horarum et ne correspondent à rien de ce qui a été chanté au Moyen âge ; si bien qu’il a fallu en trouver d’autres, en modifier certaines, et dans de rares cas, en composer. C’est en particulier vrai pour les antiennes des cantiques évangéliques de l’année B tirées de S. Marc.

L’ouvrage indique (ce que ne fait pas les Heires grégoriennes) :

       Une partition pour les médiantes ornées du Magnificat.

       Un choix plus important de d’acclamtions

       Un ton pour le chant des Preces.

On notera d’ailleurs au passage à quel point il est paradoxal de voir un antiphonaire romain paraître après un antiphonaire monastique – les livres propres aux moines étant supposés êtres des dérivés des livres séculiers – c’est en tout cas comme cela que Saint Benoît semble avoir conçu la structure de l’office dans sa Règle…. Et non l’inverse. Sans parler des questions afférentes à l'office monastique, le processus lui-même est d’ailleurs assez particulier : d’ordinaire, un « bréviaire », pour la liturgie récitée de par devers soi (on lit son bréviaire, alors qu’on chante l’office),  est un résumé, un abstract de ce qui est chanté au chœur. Avec Liturgia Horarum, c’est en quelque sorte l’inverse. L’ordo conçu après le Concile est d’abord paru en tant que bréviaire, et c’est plus de 30 années après que nous commençons à bénéficier de sa version chantée, avec dans certains cas des différences importantes. Ces différences sont à mettre non seulement sur le crédit de musicologues et paléographes compétents avec la parution de cet Antiphonale romanum II, mais aussi probablement sur l’expérience désormais bien installée de la structure – à défaut de la lettre – de l’office rénové. Les mystères des tractations au sein des dicastères romains restant obscurs pour nous autres, pauvres laïcs essayant tant bien que mal de prier avec l’Eglise, nous ne nous étendrons pas davantage en considérations oiseuses…

Ce que nous enseigne en tout cas les différences substantielles qui peuvent exister entre Liturgia Horarum editio altera et l’Antiphonale romanum II, c’est que le rite romain dans son ensemble se dirige vers une logique de distinction assez forte, au niveau rituel, entre la liturgie « lue » et la liturgie « chantée ». Nous faisions déjà auparavant cette constatation en ce qui concerne le répertoire de la Messe : en effet, des différences importantes sont à constater entre les textes des antiennes des éditions typiques du Missale romanum et de l’Ordo cantus missae (l’ordo du chant de la messe dont l’instanciation officielle est le Graduale romanum de 1974) ; le Missale romanum n’indique pas par exemple les textes des antiennes d’offertoire alors même que ce sont des pièces maîtresses du répertoire ; cette distinction se renforce encore en ce qui concerne l’office divin puisque des différences substantielles entre Liturgia Horarum et Antiphonale romanum sont constatées. Cette nuance entre liturgie chantée et lue apparaît pour la messe en 1958 (De Musica Sacra) et est reprise après le Concile en 1967 (Musicam Sacram) ; pour le cas particulier de l’office, cette notion transparaît encore dans l’Ordo Cantus Officii (1983):

« Comme les antiennes ont chacune une mélodie particulière, il a fallu, lorsque les antiennes grégoriennes n’appartenaient pas à la tradition grégorienne, chercher dans celle-ci des antiennes de texte équivalent apte à les remplacer. L’objectif principal de l’ordo Cantus Officii est donc d’indiquer les antiennes de l’office chanté. ».  

« L’office chanté » ! Le mot est prononcé. Il y a donc bien une distinction à faire entre les deux formes de l’office, étant entendu que c’est l’office chanté qui est la forme la plus légitime de l’office… Il est à noter que le décret qui est en tête de l’Antiphonale romanum II (2010) abroge ce décret de 1983. Pour autant, l’antiphonaire renforce encore cette distinction entre un office lu, destiné à être récité individuellement (Liturgia Horarum, editio typica altera), et l’office chanté (Antiphonale romanum II).
En tout cas, c'est une grande joie pour nous de commencer cette année 2010 avec ce nouvel ouvrage grégorien qui à l'évidence ne fait pas double emploi avec les Heures grégoriennes ; nous ferons en sorte de pouvoir le mettre en œuvre dans plusieurs endroits très prochainement !

Le grégorien au quotidien

Pour progresser en chant grégorien, il faut en faire un peu tout les jours.

Un des bons moyens, c'est l'office divin. Faites l'effort de chanter un office par jour ! Les laudes, les vêpres, ou alors une petite heure (tierce, sexte, none ou complies). Pour cela, les Heures Grégoriennes de la Communauté Saint Martin sont un grand secours.

Sinon, une autre piste, simple : le benedicite.

Le site "new liturgical movement" propose la mise en musique de l'oraison de bénédiction du repas.

 

http://i1.wp.com/japhy.perlmonk.org/TCR/BenedicDomine.jpg?w=660

Vous pouvez aussi trouver à Solesmes un petit livret bleu très court, qui tient dans la paume de la main, qui propose : une antienne par temps liturgique (sur un ton de psalmodie in directum très simple) Kyrie, Pater et une oraison qui varie seloin les temps, avec bien sûr, partitions et traduction française.

Très simple. Très bon. Très facile. Pourquoi s'en priver ?

http://i0.wp.com/www.solesmes.com/images/livres/3018.jpg?w=660

Après avoir rappelé que le Seigneur consacra cette coutume à la Cène et à Emmaüs, que la bénédiction de Dieu sur la nourriture appelle le chrétien à se souvenir des pauvres et à donner au repas une dimension fraternelle, le De Benedictionibus (Livre des bénédictions) du Rituale Romanum présente un large choix de prières de la table, liées aux temps liturgiques. Tout en conservant leur structure en harmonie avec notre Office, nos prières de la table ont été renouvelées dans ce sens. Leurs formules ont été enrichies en s'inspirant du Rituale et de sources anciennes. Bénédictions et oraisons sont réparties sur deux semaines au temps ordinaire. Les célébrations du sanctoral s'intègrent dans les autres temps liturgiques ; elles participent en effet à leur esprit, même si en Carême par exemple elles peuvent suspendre le jeûne. On utilise une prière spéciale pour la collation du soir des jours de jeûne ; mais à midi, on garde les formules normales.

La formule des bénédictions comporte quelquefois un signe de croix qui n'est tracé que par un prêtre ou un diacre. On peut le faire même si le texte ne l'indique pas.