Symposium Sacrosanctum concilium au Latran


Mgr Roche secrétaire de la Congrégation du culte divin, présentant l’editio typica tertia du Missale Romanum de 2002 remise à jour, (le missel romain officiel actuel c’est-à-dire dans sa forme ordinaire, post conciliaire, en latin au pape Benoît XVI.

 

Aujourd’hui s’ouvre le symposium Sacrosanctum Conclium à l’aula magna de l’université pontificale du Latran.

Le programme détaillé est disponible ci-dessous ( http://www.pul.it/2014/02/sacrosanctum-concilium/ )

Comme précisé lors de l’article précédent, on notera l’intervention à la 7ème session (jeudi) du curé de la cathédrale Saint Charles Borromée et du centre ville de Saint Etienne, l’abbé Bruno Martin, sur la situation actuelle des liturgies moins connues (le colloque s’attardera lors d’une table ronde sur les liturgies latines non romaines, comme l’ambrosienne et la cartusienne, toujours très vivantes, mais aussi la mozarabe, et la lyonnaise ; c’est de cette dernière dont parlera en particulier notre curé). Notre cathédrale a en effet toujours quelques usages lyonnais, comme par exemple les ornements gris lors des féries du carême.

Parmi les autres français qui participent et interviennent, on relèvera la présence de Mgr Robert Le Gall, osb, archevêque de Toulouse, ancien abbé de Sainte Anne de Kergonan, de Mgr Michel Marie Calvet, archevêque de Nouméa, mais aussi de dom Jacques Dupont, chartreux, (qui parlera de la liturgie cartusienne). Notons que le pape Benoît XVI avait fait un séjour dans la chartreuse dont il est le supérieur. Dom Jacques Dupont est par ailleurs le propre frère de dom Philippe Dupont, abbé de Solesmes.

 

« Sacrosanctum Concilium »

gratitudine e impegno per un grande movimento di comunione ecclesiale

 

MARTEDÌ 18 – 8.30 – 9.00

Iscrizione e consegna del materiale

9.30 – Preghiera di Terzia

Presiede

S.E.R. Mons. Robert Le Gall O.S.B., Arciv. di Toulouse

10.00 – Saluto

S.E.R. Mons. Enrico dal Covolo, Rettore Magnifico della P.U.L.

PRIMA SESSIONE – Pontificia Università Lateranense

RELAZIONI

Presentazione del Simposio

Presiede

Em.mo e Rev.mo Sig. Card. Antonio Cañizares Llovera, Prefetto della C.C.D.D.S.

11.00

La lecture du concile Vatican II selon une herméneutique adéquate

Emo. e Rmo. Sig. Card. Marc Ouellet, Prefetto della Congregazione per i Vescovi

11.45

Prospettiva storica, i fatti prima e dopo la Sacrosanctum Concilium

Prof. Philippe Chenaux, Direttore del Centro Studi e Richerche sul concilio Vaticano II della P.U.L.

12.30 – Interventi

13.00 – Tempo libero, pranzo

SECONDA SESSIONE – Pontificia Università Lateranense

Presiede

Em.mo e Rev.mo Sig. Card. Angelo Amato

15.30

La storia del testo di Sacrosanctum Concilium

Prof. Mons. Angelo Lameri, Pontificia Università Lateranense

16.15

Theological Keys of Sacrosanctum Concilium

Prof. Mons. Kevin W. Irwin

The Catholic University of America, Washington

17.00 – Interventi

18.00 – CONCERTO

Voci dell’Oriente cristiano, Coro del Collegio Russo di Roma

 

MERCOLEDÌ 19

8.00

CONCELEBRAZIONE EUCARISTICA

Basilica di San Pietro in Vaticano

Presiede S.E.R. Mons. Pietro Parolín, Segretario di Stato

10.30 Partecipazione all’UDIENZA GENERALE DEL SANTO PADRE

12.00 – Tempo libero, pranzo

TERZA SESSIONE- Pontificia Università Lateranense

RELAZIONI

Presiede

Em.mo e Rev.mo Sig. Card. Franc Rodé

15.30

Claves pastorales de la Sacrosanctum Concilium

S.E.R. Mons. Martín de Elizalde O.S.B., Vescovo di Sto. Domingo en Nueve de Julio

16.15

Le altre liturgie, la vita liturgica fuori dal Rito Romano dopo Sacrosanctum Concilium

Em.mo e Rev.mo Sig. Card. Péter Erdö, Arcivescovo di Esztergom-Budapest, Primate d’Ungheria

17.00 – Interventi

17.30 – Pausa

QUARTA SESSIONE – Pontificia Università Lateranense

RELAZIONI

Presiede

Em.mo e Rev.mo Sig. Card. Raymond Leo Burke

18.00

L’insegnamento della Liturgia nelle Facoltà, Seminari e Case di Formazione dopo Sacrosanctum Concilium

S.E.R. Mons. José Manuel Garcia Cordeiro, Vescovo di Bragança-Miranda

18.45

L’Arte liturgica oggi, bilancio e prospettive

P. Ab. Michael John Zielinski, O.S.B. Oliv., Capo Ufficio IV C.C.D.D.S.

19.30 – Interventi

 

GIOVEDÌ 20

8.30 – 9.30

ADORAZIONE EUCARISTICA E LODI

Basilica di San Giovanni in Laterano

Presiede

Em.mo e Rev.mo Sig. Card. Agostino Vallini, Vicario Generale di Sua Santità per la Diocesi di Roma

QUINTA SESSIONE- Pontificia Università Lateranense

RELAZIONI

Presiede

Em.mo e Rev.mo Sig. Card. Agostino Vallini

9.45

Liturgical translations, two Instructions, liturgical or cultural perspective

Em.mo e Rev.mo Sig. Card. George Pell, Arcivescovo di Sydney

10.30

Pietà popolare e vita spirituale dei cattolici a 50 anni dalla Sacrosanctum Concilium

S.E.R. Mons. Savio Hon Tai-Fai, Segretario della CEP

11.15 – Interventi

11.45 – Pausa

SESTA SESSIONE – Pontificia Università Lateranense

RELAZIONI

Presiede

Em.mo e Rev.mo Sig. Card. Peter Kodwo Appiah Turkson, Presidente del del Pontificio Consiglio della Giustizia e della Pace

12.15

L’inculturation dans la perspective de l’unité substantielle du rite Romain

S.E.R. Mons. Michel Marie Calvet, Arcivescovo di Nouméa

13.00 – Interventi

13.30 – Tempo libero, pranzo

SETTIMA SESSIONE – Pontificia Università Lateranense

16.00 – TAVOLA ROTONDA

Presiede

S.E.R. Mons. Julián López Martín

Situazione attuale delle Liturgie meno conosciute

Liturgia Ambrosiana, Don Norberto Valli

Liturgia nella Certosa, Dom Jacques Dupont

Liturgia Ispano-Mozarabica, Don Gabriel Ramis Miquel

Liturgia di Lione, Don Bruno Martin

17.00 – Interventi

17.30 – Pausa

17.45 – RELAZIONE FINALE

S.E.R. Mons. Arthur Roche, Segretario della C.C.D.D.S.

18.30

SOLENNE CONCELEBRAZIONE EUCARISTICA

Basilica di San Giovanni in Laterano

Presiede

Em.mo e Rev.mo Sig. Card. Antonio Cañizares Llovera, Prefetto della C.C.D.D.S.

 


Dans un article de Vatican Information Service, on relève cette phrase significative du préfet de la congrégation du culte divin :

« Reprenant le titre du congrès, Gratitude et engagement envers un grand mouvement ecclésial, le Cardinal [Antonio Cañizares Llovera] écrit encore qu’il faut « rendre grâce pour ce fruit majeur du Concile qui a eu un poids capital dans le renouveau de l’Eglise et de l’humanité ». Son dynamisme rénovateur se poursuit et il est plus qu’urgent « de poursuivre et approfondir le renouveau liturgique voulu par Vatican II. Beaucoup certes a été fait, mais il reste beaucoup à faire. »

Par ailleurs, Mgr Roche, le secrétaire de la congrégation pour le culte divin qui organise le symposium, a donné une interview à CNA / EWTN au sujet que nous traduisons ci-dessous des extraits :

 

Cité du Vatican, 18 février 2014 / 12:13 (CNA/EWTN News).-

[Le rite de la messe latine] ; « c’est un langage commun, comme il le fut qui nous réunit et nous tient ensemble. La Messe latine est une belle expression de la piété envers Dieu.

Mgr Arthur Roche est le secrétaire de la Congrégation du Culte divin, et il apporte son aide à l’organisation d’une conférence spéciale qui commémore le 50ème anniversaire de la constitution apostolique « Sacrosanctum Concilium » du pape Paul VI.

« Sacrosanctum Concilium est la constitution du deuxième Concile du Vatican sur la liturgie sacrée , qui a été promulguée par le pape Paul VI afin de favoriser une plus grande participation des laïcs à la Messe en les autorisant à entendre l’Évangile proclamé dans leur propre langage. Il a aussi promu un usage plus important du chant grégorien.

Lors de la conférence, qui se déroulera du 18 au 20 février, qui est organisée par la Congrégation du Culte Divin et la discipline des Sacrements, les experts parleront de l’impact qu’a eue la constitution dans la réforme dont la façon dont la Messe était dite dans les années 1950.

Mgr Roche a rappelé que la chose la plus importante est de garder l’Eucharistie au centre, parce que l’Eucharistie elle-même créée la communauté, car c’est le Christ qui se partage lui-même abondamment.

Il a insisté sur l’idée que « L’acte de culte est quelque chose que nous faisons ensemble pour Dieu. Ce n’est pas quelque chose qui est simplement l’expression de nous-mêmes. » Il a jouté que « c’est l’expression de notre amour pour Dieu, notre réponse à Sa grandeur, à Sa bonté pour nous, pour la merveilleuse miséricorde qu’Il nous donne ».

Si nous nous maintenons dans cette perspective, a noté l’archevêque, cela créée la communauté, « car, avant toute chose, nous assistons à la Messe parce que nous en avons besoin. Nous sommes là car nous avons besoin d’être nourris ».

En rappelant comment Jésus dans l’Évangile a enseigné que « à moins que vous ne mangiez ce pain et buviez de ce sang, vous n’aurez pas la vie en vous », Mgr Roche a réitéré que « nous y allons pour être nourris », et « nous y allons pour être davantage semblables au Christ, et cela créée par cela même une merveilleuse communion ».

En parlant de la Messe latine, l’archevêque a souligné qu’elle « ferait toujours partie du rite romain », parce qu’elle maintient « la langue dans laquelle le rite romain est écrit, que ce soit en forme ordinaire ou en forme extraordinaire ».

« C’est la façon dont l’Église s’exprime elle-même », a-t-il expliqué, en montrant comment il y a eu une augmentation du chant grégorien pendant la messe, « spécialement lors des événements internationaux ».

En attirant l’attention sur la dimension internationale qu’a l’intérêt pour la ville de Rome, Mgr Roche a continué en disant que « des gens du monde entier de tous les continents et des différents hémisphères, viennent ensemble partager la Messe et sont unis ensemble dans l’expression commune du chant de la partie latine de la Messe ».

Au sujet de l’attention qu’a le pape François sur le rite, l’archevêque a expliqué que « le pape ne s’est pas exprimé au sujet de la forme extraordinaire, mais pas non plus en fait au sujet de la forme ordinaire non plus. »

Cependant, c’« est un homme très ouvert, come vous le savez, et quelqu’un de très intelligent », a souligné l’archevêque, et il est quelqu’un qui, « lorsqu’il célèbre la messe, comme on le perçoit de façon visible, et pris par ce qu’il fait, est très attentif, et très recueilli dans la célébration de la Messe. »

« Et c’est ça qui est important », a souligné Mgr Roche, « c’est la fonction de Pierre de garder l’Église dans l’unité et il en sera plus soucieux que je ne puis l’être ».

 

Les participants de la conférence auront l’occasion de rencontrer le Pape François le mercredi 19 février, lors de l’audience générale hebdomadaire.

 

Notre commentaire :

Mgr Roche ou les organisateurs, participants et intervenants de ce colloque vont-ils contre Vatican II ou encore Paul VI qui aurait de fait, demandé que l’on supprime le latin à la messe, comme quelques uns ont pu le souligner ? En effet, la citation suivante est parfois mise en avant, qui se rapporte au discours de Paul VI lors de l’audience générale du 26 novembre 1969, c’est-à-dire juste avant la mise en application du missel issu des travaux de la commission pour la réforme liturgique ayant été instituée après Vatican II, couramment appelé « Missel de Paul VI » et qui a subi depuis plusieurs modifications (trois éditions typiques, dont la dernière date de 2002, promulguée par Jean-Paul II) et une version corrective sous Benoît XVI :

 

« Que faire en cette occasion spéciale et historique ?   Avant tout, nous préparer. Cette nouveauté n’est pas peu de chose. Nous ne devons pas nous laisser surprendre par l’aspect de ses formes extérieures, qui peut-être nous déplaît. Si nous sommes intelligents, si nous sommes des fidèles conscients, nous devons bien nous informer des nouveautés en question. Grâce à toutes les bonnes initiatives prises par l’Eglise et par les éditeurs, cela n’est pas difficile. Comme nous le disions la dernière fois, nous devrons bien voir les motifs pour lesquels ce grave changement a été introduit : l’obéissance au Concile, laquelle devient maintenant obéissance aux évêques, qui interprètent et exécutent ses prescriptions. Ce premier motif n’est pas simplement canonique, en ce sens qu’il n’y aurait là qu’un précepte extérieur ; il est lié au charisme de l’action liturgique, c’est-à-dire au pouvoir et à l’efficacité de la prière de l’Église, laquelle trouve son expression la plus autorisée dans l’évêque, et donc dans les prêtres qui le secondent dans son ministère et, comme lui, agissent « au nom du Christ » (cf. S. Ign. Ad Eph., 4). C’est la volonté du Christ, c’est le souffle de l’Esprit-Saint qui appellent l’Eglise à cette mutation. Nous devons y voir, pour le Corps mystique du Christ, lequel est précisément l’Eglise, un instant prophétique qui la secoue, la réveille, l’oblige à renouveler l’art mystérieux de sa prière. Et ceci, dans une intention qui, ainsi que nous l’avons dit, constitue le second motif de la réforme : associer d’une façon plus intime et efficace l’assemblée des fidèles aux rites officiels de la messe, tant ceux de la Parole de Dieu que ceux du sacrifice eucharistique. Les fidèles, en effet, sont, eux aussi, revêtus du « sacerdoce royal », ce qui veut dire qu’ils sont habilités à cet entretien surnaturel avec Nous voulons encore une fois vous inviter à réfléchir sur cette nouveauté que constitue le nouveau rite de la messe, qui sera utilisé dans la célébration du saint sacrifice à partir de dimanche prochain 30 novembre, premier dimanche de l’Avent. Nouveau rite de la messe ! C’est là un changement qui affecte une vénérable tradition multiséculaire, et donc notre patrimoine religieux héréditaire, lequel semblait devoir demeurer intangible, immuable, nous faire redire les mêmes prières que nos ancêtres et nos saints, nous apporter le réconfort de la fidélité à notre passé spirituel, que nous actualisions pour le transmettre ensuite aux générations suivantes. Nous comprenons mieux, en cette circonstance, la valeur de la tradition historique et de la communion des saints. Ce changement porte sur le déroulement des cérémonies de la messe. Nous constaterons, peut-être avec un certain regret, qu’à l’autel les paroles et les gestes ne sont plus identiques à ceux auxquels nous étions tellement habitués que nous n’y faisions presque plus attention. Ce changement concerne également les fidèles. Il devrait intéresser chacun d’eux, les amener à sortir de leurs petites dévotions personnelles ou de leur assoupissement habituel. Nous devons nous préparer à ces multiples dérangements ; ils sont inhérents à toutes les nouveautés qui changent nos habitudes. Nous pouvons faire remarquer que ce seront les personnes pieuses qui seront les plus dérangées. Elles avaient leur façon respectable de suivre la messe ; elles se sentiront maintenant privées de leurs pensées habituelles et obligées d’en suivre d’autres. Les prêtres eux-mêmes en éprouveront peut-être quelque difficulté. »

Au sujet du latin, le pape Paul VI poursuivait ainsi en novembre 1969 :

« Ce n’est plus le latin, mais la langue courante qui sera la langue principale de la messe… car, la compréhension de la prière est plus précieuse que les antiques vêtements de soie dont elle s’est royalement parée… Si la noble langue latine nous coupait des enfants, des jeunes, du monde du travail et des affaires, si elle était un écran opaque au lieu d’être un cristal transparent, ferions-nous un bon calcul … en lui conservant l’exclusivité dans la langue de la prière et de la religion ? »

En effet, une lecture superficielle de ces textes laisse croire que l’Église aurait voulu en 1969 sacrifier l’ensemble de son patrimoine antérieur, et qu’en fin de compte, le latin serait désormais exclu de la célébration liturgique, par obéissance au Concile. Cette lecture est malheureusement assez courante, encore aujourd’hui, surtout à une certaine génération. Or, avoir une telle lecture oblige à contredire les textes mêmes du Concile et les propos ultérieurs des papes, de Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI.

Paul VI tout d’abord, en s’adressant aux religieux :

« Le sacrifice de la louange offerte par les lèvres qui professent la foi dans le Seigneur, la psalmodie et le chant des hymnes par lesquels sont sanctifiés par la piété religieuse, les heures, les jours et les saisons de l’année avec, au centre, le sacrifice Eucharistique, comme un soleil resplendissant en plein midi et attirant à soi toutes choses, avait été, d’une manière ininterrompue, toujours tenus en très grande estime par vos Congrégations religieuses vouées au service divin. On croyait à juste raison que rien ne pouvait passer avant une si sainte pratique religieuse. On comprend donc facilement toute la gloire qui a été ainsi procurée à Dieu, notre créateur, et toute l’utilité qui en a dérivé pour l’Église. (…) Mais les lettres de certains d’entre vous, et de nombreuses informations parvenues d’autre part, nous ont appris que, dans les monastères ou les provinces qui dépendent de vous – nous parlons seulement de celles de rite latin – on a adopté des manières différentes de célébrer la divine liturgie. Si, pour certains, la langue latine reste intouchable, pour d’autres, au contraire, on réclame les langues vulgaires et on veut aussi que le chant grégorien soit remplacé par des cantilènes aujourd’hui à la mode. (…) Nous devons vus avouer que des requêtes de ce genre Nous ont gravement troublé et beaucoup attristé. On en vient à se demander d’où est née et pourquoi s’est diffusée pareille mentalité et pareille souffrance autrefois inconnues. (…) les choses dont nous venons de parler arrivent après que le concile Vatican II s’est expressément et solennellement prononcé sur ce sujet et après que des règles claires et précises ont été énoncées dans les Instructions. Dans une de ces Instructions destinée à la mise en pratique de la Constitution sur la Liturgie, il est précisé que « dans la célébration chorale de l’office divin, les clercs sont tenus de conserver la langue latine ». Une autre Instruction qui a pour titre « De la langue à employer dans la récitation de l’Office divin », publiée le 23 novembre 1965, confirme ce précepte. (…) Donc, et jusqu’il en soit établi légitimement d’une manière différente, ce sont là les lois en vigueur: elles réclament cette obéissance qui doit être la caractéristique première des membres des communautés religieuses (…). Et puis, il ne s’agit pas ici seulement de conserver la langue latine dans la récitation chorale de l’office divin (…) mais il s’agit aussi de conserver intact le décor, la beauté et la vigueur originelle des prières et des chants. Il s’agit là de l’Office divin chanté au chœur avec « les suaves accents des voix de l’Église » (Cf. S. Augustin, Confessions, IX, 6) que vos fondateurs, vos maîtres et les saints du Ciel, luminaires de vos familles, vous ont transmis. Il ne faut pas délaisser les traditions de vos pères qui, pendant de longs siècles, vous ont donné lustre et renommée. De plus, cette manière de réciter l’Office divin au chœur fut une des principales raisons de l’unité solide de vos familles et de leur heureux développement. On est stupéfait, donc, d’apprendre que, sous l’effet d’un trouble imprévu, cette manière de prier est jugée désormais, par certains, dépassée. Dans les conditions actuelles, quelle langue, quel chant pourront-ils remplacer ces formes de la piété catholique que vous avez utilisées jusqu’à maintenant? Il faut réfléchir et empêcher que ne naisse une situation pire, une fois que vous auriez rejeté votre glorieux héritage. Il y a, en effet, le danger de voir l’Office choral réduit à une squelettique récitation, dont vous seriez les premiers à éprouver la pauvreté et qui engendrerait vite l’ennui. Et puis, il y a un autre problème: est-ce que tous ceux qui veulent écouter les prières sacrées continueraient à fréquenter en aussi grand nombre vos églises si n’y résonnait plus l’antique et originelle langue soutenue par un chant plein de gravité et de dignité? (…) Sans doute la langue latine offre-t-elle aux novices de vos saintes milices quelques difficultés, même assez lourdes? Mais celles-ci ne sont pas telles qu’elles ne puissent être surmontées, spécialement dans vos maisons où, loin des préoccupations et des agitations du monde, vous pouvez facilement vous appliquer à l’étude des lettres. Du reste, ces prières pleines de force et de noble majesté, continueront à attirer à vous les jeunes appelés au service de Dieu. Au contraire, si on ôtait au chœur cette langue qui dépasse les frontières de toute nation, et qui resplendit de force spirituelle, si on le privait de cette mélodie – le chant grégorien – qui jaillit du plus profonde de l’âme, il ressemblerait à un cierge éteint qui n’illumine plus et qui n’attire plus à lui les yeux et les esprits des hommes. Quoi qu’il en soit, fils très chers, les requêtes susdites sont si importantes qu’il ne Nous est pas possible de les accueillir actuellement et de déroger aux règles fixées par le Concile et les Instructions que nous avons rappelées. (…) de la même Église qui, pour des raisons pastorales et la commodité du peuple, qui ignore le latin, a introduit dans la Sainte Liturgie, l’usage des langues vulgaires, vous recevez aujourd’hui le mandat de conserver – tant en ce qui concerne la langue qu’en ce qui concerne le chant – la traditionnelle dignité, la beauté et la gravité de l’Office choral. Obéissez donc avec un esprit sincère et tranquille aux préceptes que Nous vous donnons. Ceux-ci ne sont pas dictés par la nostalgie des vieilles coutumes, mais par notre amour paternel envers vous et exigés par le zèle du culte divin ».

Donc, le latin depuis le Concile, d’accord, mais seulement pour les religieux, et pas pour les paroisses  ? Pas du tout : le même Paul VI a fait publier un livret « Iubilate Deo » qui contient le minimum des chants latins de ce qui doit être connu et chanté dans les paroisses. C’était d’ailleurs l’idée même de ceux qui ont mis en œuvre les études concernant la réforme de la liturgie d’après le Concile. Le secrétaire du Consilium pour l’application de la réforme liturgique Mgr Annibale Bunigni soulignait par exemple que :

« Les mélodies grégoriennes de forme ornée sont irremplaçables. Et elles sont caractéristiques. De certains Introïts émane un charme qui créée le climat de la célébration, liée au temps liturgique et à la fête. (…) Certains graduels, offertoires, ou communions sont des perles précieuses qui alimentent profondément la piété des fidèles. (…) Chantés comme il faut, avec sentiment et compétence par une schola ou même par un chantre vraiment qualifié, dans le silence recueilli et méditatif de l’assemblée, ils émeuvent profondément et unissent à Dieu. Lorsque l’on a toutes les possibilités de bien exécuter ce répertoire, ce serait une erreur de l’abandonner pour des mélodies plus simples ou populaires. »

Évidemment, l’ensemble des textes des papes vont dans le même sens (les éditions typiques liturgiques mais aussi les textes qui sont contraignants car magistériels). Ils rappellent tous de façon unanime ce qu’a établi… Vatican II en ce qui concerne le répertoire musical et la langue liturgique. Le chant grégorien a la première place dans el rite romain. Et la langue latine sera conservée. Pour plus de détails on se référera aux numéros 36, 54, 63, 101, 116 et 117 de Sacrosanctum Concilium.

Les papes ne parlent pas d’une suppression du latin mais de la fin de l’exclusivité de al langue latine dans la liturgie romaine. Non exclusivité ne signifie pas exclusion. Gardons el sens des mots. Et c’est exactement ce que souligne la fameuse audience générale de novembre 1969. On peut aussi y voir autre chose : la mise en œuvre d’un nouvel ordo missae, d’une organisation différente de l’année liturgique, une plus grande variété des lectures. La conférence des évêques de France a demandé que pour les messes célébrées habituellement avec peuple, les lectures soient proclamées en français. Retenons que cela ne concerna pas le reste de al liturgie (il n’ya pas que des lectures à la messe) que ce n’est pas forcément valable pour toute messe (le missel romain actuel celui dit « de Jean-Paul II », qui date de 2002 propose ainsi des mélodies pour le chant des lectures en latin…) mais que cela doit l’être habituellement, et qu’enfin, cela ne concerne pas l’office divin ou la liturgie des heures.

Soulignons encore un point essentiel : le latin à la messe avant novembre 1969 était une obligation contraignante, parfois difficilement ressentie. C’est aujourd’hui l’inverse : un choix conscient, pastoral, riche de fruits, qui a d’autant plus de force et de pertinence qu’il n’est pas contraint mais libre. En faisant ce choix, c’est justement précisément le Concile Vatican II que nous appliquons. Donc, en aucun cas il ne s’agit d’un « retour en arrière ».

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