Série spécial chiffons (3) : l’aube parée et la tunique sous-diaconale

Dans le numéro précédent, nous avons parlé de l’amict paré et de l’aube parée. Quelques mots sur la tunique. C’est le vêtement du sous-diacre, qui en réalité n’est rien d’autre dans sa forme traditionnelle, qu’une aube particulièrement et richement parée. Elle ne devrait pas pouvoir être confondue avec la dalmatique, car elle est supposée avoir une longueur plus grande et des manches étroites, tandis que la dalmatique est comme la chasuble un vêtement qui se porte au dessus de l’aube. Evidemment, vous me direz qu’il n’y a plus de sous-diacres à l’heure actuelle dans la forme ordinaire du rite. La réponse est la suivante : oui et non. Oui, les sous diacres ne sont plus ordonnés, c’est à dire que le sous-diaconat n’est plus depuis Paul VI un ordre majeur (cf. Motu Proprio Ministeria Quaedam).  Mais il y a toujours référence au sous-diacre dans le même motu proprio, en ce qui concerne le lecteur et l’acolyte institué ; il faut dire que cet usage de l’emploi d’un ministre spécialement désigné pour faire notamment il est donc tout à fait fondé de voir ce ministre être revêtu à la messe de la tunique (dont la signification symbolique est bien moindre que la dalmatique ou la chasuble). Retenons en tout cas que pendant des siècles dans le rite romain, on a fait l’effort d’habiller de façon spécifique celui qui proclame la lecture, il ne serait donc pas inconvenant de le voir revêtu d’une aube (même non parée !!) pour bien faire comprendre l’importance de la proclamation de la Parole divine dans la liturgie de la Sainte Messe. L’usage des aubes parées est donc très ancien, et aussi beaucoup plus traditionnel que la dentelle, puisqu’il était surtout répandu avant l’invention de cette dernière. Le parement des aubes est également encore en usage, à l’étranger bien sûr mais aussi en France. On peut voir des aubes et des amicts parés dans certains monastères (c’est très banal à Solesmes) ou pour les célébrations les plus solennelles de la Communauté Saint Martin.

Ordination : l’ordinant est revêtu de la chasuble. Pour cela il a replacé son amict (paré) sur la tête.
Liturgie d'ordinations 2012 de la Communauté Saint Martin. Diacre et sous diacre en amict parés.
Liturgie d’ordinations 2012 de la Communauté Saint Martin. Diacre et sous diacre en amict parés.

Pour l’usage des tuniques, et même le fonctionnement du sous-diacre dans la liturgie (de Paul VI, j’entends, biens sûr) c’est évidemment nettement moins courant. Même si  le sous-diacre a sa fonction décrite dans le missel de 1970…  Dans ce cas précis, son rôle peut être aussi celui d’un « acolyte paré » ; certains usages diocésains revêtent de la tunique l’acolyte cruciféraire de la procession (en français : le servant qui porte la croix). Cela se voit de façon tout à fait courante par exemple à Caen, et ce n’est évidemment pas inconvenant.

Sur ce patron, on voit bien la différence entre la tunique (à gauche) et la dalmatique (à droite).

La dalmatique porte parfois des orfrois qu’on appelle des « clavi », c’est à dire des bandes décoratives verticales de part et d’autre de l’encolure, tandis que la tunique ne devrait pas en porter (malgré ce qu’on voit parfois). Elle est bien sûr plus longue, et a bien, comme précédemment décrit, des manches étroites, comme l’aube.

Une dalmatique avec orfrois verticaux (les « clavi »). Au passage :publicité gratuite pour Chrysoline ornements. Offrez pour Noël une belle chasuble à votre curé !
La proclamation de l’Evangile par le diacre (en dalmatique manipule), sur l’Evangéliaire porté par le sous-diacre (en tunique) et entouré par deux acolytes enfants en aube.

Sur cette illustration, on distingue bien le diacre du sous-diacre. Apparemment, les ministres portent des capuches et non pas des amicts ; ce sont des religieux (rappelons que l’usage universel réserve l’emploi du capuchon aux moines, que ce soit en orient ou en occident), alors que les acolytes enfants sont en amicts.

COMMENTS

  • Florian

    « L’usage des aubes parées est donc très ancien, et aussi beaucoup plus traditionnel que la dentelle, puisqu’il était surtout répandu avant l’invention de cette dernière ».

    Remarque absolument pas traditionnelle. Cela fait bien plus penser à l’archéologisme dénoncé par Pie XII. Vous idéalisez un Moyen-âge fantasmagorique inventé de toutes pièces par les moines de Solesmes aux XIXe-XXe siècles.
    Et le baroque, ce qui fait un peu trop tridentin, mon Dieu !! Mais c’est horriiiiible !!!
    Selon vous les catholiques se sont trompés pendant des siècles, qu’est-ce que vous voulez…
    Non, le développement de la liturgie traditionnelle ne s’est pas arrêté avec l’apparition de la dentelle et des ornements romains.

    • Je me permet de vous répondre, un peu tard certes.

      Vous parlez d’archéologisme… fort bien, mais au nom de quoi? Apprécier le Moyen-Age et ses traditions serait de l’archéologisme, mais admirer l’âge baroque n’en serait pas? Mais au nom de quoi?

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