Samedi Saint et dimanche de Pâques

Samedi Saint et dimanche de Pâques avec la Schola Saint Maur et la Societas Laudis

Chers amis amateurs de chant grégorien et de liturgie, chantres de la Schola, membres de la Societas,

Le Triduum pascal est le sommet de l’année liturgique, et la liturgie est elle-même le sommet de nos vie chrétiennes et de la vie de l’Eglise, comme l’a rappelé le concile Vatican II. C’est pourquoi les derniers jours qui précèdent la grande solennité et la fête de Pâques elles mêmes se doivent d’être célébrées avec intensité. Nous nous faisons un bonheur de vivre avec l’Eglise ces instants « sacramentaux » et « sacramentels » de la Mort et de la Résurrection de Notre Seigneur.

Ténèbres du samedi Saint

Le Samedi Saint est un jour sans sacrements, à part celui de la réconciliation et de la pénitence. L’absence d’Eucharistie (la communion n’est conférée qu’en urgence, en tant que viatique), de baptêmes (qui attendent la grande nuit de Pâques), ou d’autres manifestations de notre salut laissent la place à une magnifique célébration : celles des « Ténèbres ». L’Eglise a la coutume de joindre en une seule célébration liturgique les heures nocturnes et la première des heures du jour, c’est-à-dire l’office des Vigiles (appelé aussi Matines) et Laudes. Une coutume ancrée depuis des siècles consiste en l’extinction de 14 cierges, un par un à la fin de chaque psaume ; à la fin de la 15ème et ultime psalmodie de la liturgie correspondant au « Benedictus » des Laudes, on amène le dernier cierge quelques instants derrière l’autel puis on le fait réapparaître, pour symboliser le Christ ressuscitant ; les 14 premiers cierges symbolisent l’abandon progressif du Christ par les apôtres à l’agonie puis pendant la Passion, jusqu’à l’ultime solitude du Christ au tombeau, où il n’est même plus accompagné par les Saintes Femmes. L’Eglise pendant cette longue veille, se lamente avec le prophète Jérémie de la mort du divin Sauveur (1er nocturne, mais elle sait (Homélie antique du grand et saint Samedi, 2ème nocturne) et l’Epître aux Hébreux (3ème nocturne) que le Rédempteur ressuscite au matin de Pâques. Attente douloureuse, mais attente dans l’espérance, que nous vous invitons à vivre avec nous samedi matin à l’église Sainte Jeanne d’Arc de Versailles à partir de 9.30 (un livret latin – français sera distribué à chacun). Nous utiliserons un ordo « allongé » à 15 psaumes, dans la forme ordinaire du rite romain.

Vigile pascale

Nous chanterons ensuite la Vigile pascale à partir de 21.30 à l’église Saint Quentin Les Sources (Montigny le Brettoneux). Les 7 lectures suivies de leur psalmodie (psaume responsorial en français ou trait grégorien) seront prises. A la différence du matin même, nous optons pour une mixité entre un répertoire français et un répertoire grégorien, en faisant l’effort de choisir des chants français qui s’harmonisent bien avec le grégorien, en montrant que si le chant grégorien est la référence du chant liturgique dans l’Eglise de rite romain, il n’en a pas l’exclusivité. Nous entendrons ainsi notamment l’Exsultet de Keur Moussa (cette abbaye bénédictine, fondation de Solesmes, au Sénégal qui a été récompensée par ses initiatives en faveur de l’inculturation du chant liturgique). L’église reste dans l’obscurité jusqu’à l’intonation du Gloria In Excelsis, chanté en grégorien et acclamé par les cloches. La lecture des prophéties, qui n’est pas ministérielle, se fait sur un pupitre proche du cierge pascal, uniquement à sa lumière et celle des cierges allumés à sa flamme. L’orgue lui-même se tait pendant la Vigile, et ne se fait entendre qu’à partir du Gloria, chanté bien sûr en grégorien (Gloria I), en même temps que les cloches. L’épître est alors chantée en français, par un séminariste en aube, à l’ambon qui a été habillé pendant le Gloria, en même temps que l’on dévoile les statues et qu’on apporte les fleurs, et qu’on allume toutes les lumières de l’église. L’alléluia, également de retour après une privation de 40 jours, revient en une triple intonation, chaque fois un peu plus aigüe, après l’annonce, par le plus jeune clerc, de la fameuse phrase latine au célébrant : « Reverende pater, annuntion gaudium magnum quod est alleluia » (Révérend père, je vous annonce une grande joie qui est : alléluia). Deux adultes seront baptisés et revêtent le vêtement des néophytes (Omnes qui in Christo baptizati estis, Christum induistis) après la litanie des saints, également chantée en grégorien. Et l’Eglise, à la communion, reprend l’alléluia triple au 6ème mode bien connu qui vient en fait de l’office des laudes de Pâques. Réjouissons-nous d’avance de cette belle célébration !

Messe du Saint jour de Pâques

Nous nous retrouvons dès le lendemain matin à la Cathédrale Saint Louis de Versailles, pour la messe de 9.30. Le répertoire de cette messe est réellement particulier et emprunt d’une ambiance surprenante. Un introït contenu et calme (Ressurexi), un répons graduel flamboyant mais néanmoins du II° mode (« tristis » !) Haec Dies, un répons alléluiatique aérien (Pascha nostrum), une séquence dialoguée entre voix d’hommes et voix de femmes (dic nobis Maria, quid vidistis in via : Sepulcrum Christi viventis !)… L’offertoire rappelle le tremblement de terre qui est survenu au moment de la résurrection. Toute une messe entièrement marquée par l’espérance surnaturelle d’une Résurrection, dans le Christ, de la chair !

Vêpres du Saint Jour de Pâques

Comme à l’accoutumée, nous retrouvons à 16.00 pour le chant de l’office des Vêpres l’église Sainte Jeanne d’Arc et son orgue exceptionnel (rappel : le curé et maître de chapelle pontificale, l’abbé Amaury Sartorius, a fait installer sur la tribune de son église paroissiale l’orgue du studio de Radio France, dont le son et la variété stylistique si particulière est un régal musical), pour les Vêpres et le Salut au Saint Sacrement. L’office sera bien sûr chanté dans les « Heures Grégoriennes ».

Après la très belle hymne de Pâques (Ad Caenam Agni providi), la psalmodie « pascale » avec le fameux cantique de l’Apocalypse chanté de façon responsoriale, nous entendrons encore une fois le répons Haec dies, que l’Eglise fait entendre pendant toute la semaine de Pâques, à la Messe et à l’Office, avant de conclure sur le Magnificat au ton Solennel et sur l’exposition au TS Sacrement !

Vous pouvez télécharger ici le livret (format A5, recto verso, PDF) des textes français latin qui sera utilisé dimanche après midi pour les vêpres de Pâques à Ste Jeanne d’Arc, Versailles.

Societas Laudis – Société de Louange

La « Societas Laudis » a pour objectif de susciter, renforcer et approfondir la pratique et la connaissance de la prière de l’Eglise. Chaque membre sociétaire s’engage pour un an à réciter ou à chanter chaque jour tout ou partie de l’office divin. Encadrée par un prêtre diocésain, la Société de louange est ouverte à tout baptisé. Rejoignez-nous !

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