Saint Benoît d’hiver

Dans l’ordre de Saint Benoît, on fête le 21 mars la Saint Benoît d’hiver, ou le Transitus de Notre Bienheureux Père Saint Benoît, c’est à dire sa mort. Comme cette fête tombe de façon systématique en carême, l’ordre a voulu également profiter d’une date plus festive, le 11 juillet, qui correspond à la translation de ses reliques au monastère de Fleury (appelé aussi Saint Benoît sur Loire). La liturgie séculière en Europe n’a retenu que la Saint Benoît d’été pour le patronage de l’Europe ; le 11 juillet (hors de l’ordre de Saint Benoît) a rang de fête en Europe, mémoire partout ailleurs. Mais hier c’était donc la Saint Benoît d’hiver dans les monastères bénédictins. Le TRP Abbé de Triors a prononcé une très belle homélie qui doit nous revigorer en prévision de dimanche….

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« S. Benoît n’a pas écrit en vain le Prologue de sa Règle. Il prolonge jusqu’à nous l’Écriture et la Tradition. Et la crise actuelle de l’humanité lui donne un étrange regain d’actualité, pour autant que l’on veut pénétrer à fond la crise de l’homme contemporain. Les papes récents lui redisent souvent ces vérités primitives, primordiales.

Le BX Jean Paul II le fit bien souvent, spécialement en Veritatis Splendor qui débute ainsi : La splendeur de la vérité se reflète en l’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu : la vérité éclaire l’intelligence et donne sa forme à la liberté de l’homme, qui, de cette façon, est amené à connaître et à aimer le Seigneur… Mais l’obéissance n’est pas toujours facile… Du fait du péché originel, la capacité de connaître la vérité se trouve alors obscurcie et sa volonté de s’y soumettre, affaiblie. Et ainsi, en s’abandonnant au relativisme et au scepticisme, l’homme recherche une liberté illusoire en dehors de la vérité elle-même (VS 1).

De même lors de sa messe d’installation, Benoit XVI parlait-il de tirer les hommes hors de l’océan salé de toutes les aliénations, vers la terre de la vie, vers la lumière de Dieu (24 avril 2005).

À peu de jours d’une nouvelle manifestation d’envergure qui dit le malaise de nos contemporains, consacrons bien notre vie au programme de S. Benoît, qui est celui-là même de Jésus et de l’Église ; consacrons-lui notre maison en ce jour anniversaire de son existence. Et consacrons à nouveau à l’Immaculée Mère de Dieu les efforts dont nous sommes témoins autour de nous dans le sens de cette authentique liberté. Consacrons ces efforts à nos saints de France, à S. Jean Népomucène également dont c’est la fête en ce jour et à Sainte Agnès de Prague, puisque l’un et l’autre ont influencé doucement en un sens heureux une crise analogue il n’y a pas si longtemps dans un autre pays d’Europe.

Confions à S. Benoît, béni de Dieu, tout ce qui, à sa suite, cherche la bénédiction de Dieu. Dignare nos laudare te Virgo sacrata cum Patre nostro Benedicto, da nobis virtutem contra hostes tuos, amen ».

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