Sacra Liturgia 1, Rome, Juin 2013

Le P. Abbé Dom Jean Charles Nault, osb (abbaye Saint Wandrille).


La pratique spécifique de la liturgie monastique peut nous aider à mieux saisir la place de la liturgie dans toute évangélisation. La tentation d’« instrumentalisation » de la liturgie existe toujours. Mais n’est-ce pas précisément parce qu’elle « ne sert à rien » qu’elle peut se révéler de la plus grande « utilité » dans la nouvelle évangélisation ?

À partir de l’évocation de la liturgie comme réalisation du Mystère pascal, et du rapprochement ente les rites de la profession monastique et ceux de l’initiation chrétienne, cette contribution souhaite mettre en lumière comment le baptême, en tant que participation au Mystère pascal, introduit le baptisé dans une dépendance vis-à-vis de Dieu qui se vit dans la durée et qui est le lieu de l’accueil du salut comme pure grâce.

Msgr. Stefan Heid


Avec sa réforme liturgique et les changements nécessaires, le Concile Vatican II a voulu mettre l’espace sacré de l’église en conformité avec la norma patrum de l’idéal chrétien primitif. C’est la raison pour laquelle dans l’après Concile, résultats de l’études des Pères et la recherche en archéologie chrétienne ont pris une grande importance.

En fonction de ces résultats, l’autel est devenu le centre de l’attention, et on a considéré qu’il devait être séparé du mur d’abside. La demande pour la célébration versus populum a alors émergé. On a prétendu que le Christianisme n’utilisait pas un autel, mais seulement des tables de repas profane. Les justifications de ces revendications devraient être examinées et analysées de façon critique en fonction de la norma patrum. La comparaison entre table et autel a alors un rôle central.

La thèse, c’est que S. Paul utilisait déjà une table sacrée ou un autel pour le repas du Seigneur, qui était analogue aux autels saints de l’antiquité. Les Chrétiens développèrent leur propre type d’autel à partir de cette table sacrée, qui semblait ce qui allait être la meilleure possible pour le sacrifice, et qui ne peut en aucun cas être dérivée en forme ou en fonction d’une ex table de repas.

Gabriel M. Steinschulte


La musique, comme une communication non verbale, fait partie de l’humanité depuis son commencement ; célébrer ou supplier sans musique est impensable. Chaque texte connecté à la musique est lié à des effets de sa musique. C’est la raison pour laquelle la foi et la musique se répondent mutuellement selon l’antique proverbe : lex credendi – lex orandi, et selon ce qui est constaté à travers l’histoire de l’Église.

Quiconque désire l’avènement d’une nouvelle évangélisation a besoin de prendre en compte une nouvelle et adéquate expression musicale, puisque l’expression moderne de la musique semble être liée à la désévangélisaiton et au relativisme musical. L’histoire de la primitive Église, peut servir pour ce développement.

Nous avons besoin de revenir aux sages principes du Concile Vatican II, à ses textes et aux priorités qu’il donne, et non à ses intentions supposées. La nouvelle évangélisation la musique qui lui est afférente présuppose une possibilité d’une prise de conscience différente dans les régions ex-chrétiennes de l’occident sécularisé, une réflexion à nouveaux frais pour tous ceux qui sont co-responsables de l’état des choses moderne.

Il y a un véritable besoin d’une nouvelle offensive dans la sphère de l’éducation à la musica sacra, en particulier pour tous les prêtres et religieux dans leur formation théologique, historique, ethnologique, psychologique et évidemment artistique. Cantare amantis est. (S. Augustin).

SE Mgr Peter Elliott


L’Eucharistie comme sacrifice et sacrement a la priorité absolue sur la liturgie. Ce principe est dérivé de Sacramentum Caritatis, et couvre l’ars celebrandi, qualifié par le pape Benoît XVI de « célébration conforme de la liturgie ». Cependant, une approche cartésienne qui séparerait ce qui est externe de la spiritualité profonde minerait l’intégration de l’action et le l’intériorité du prêtre. Pratique et expérience doivent être fondées sur la compréhension et la connaissance, à la fois de tout le rite et de ses détails. La continuité de notre tradition recouvre à la fois la forme ordinaire et la forme extraordinaire lorsque l’ars celebrandi est compris comme un artisanat qui est transmis au travers des générations. Le prêtre devrait être un bon artisan liturgique, un artisan du culte divin. La réflexion sur l’orient chrétien met en lumière les problèmes en occident, qui proviennent du didactisme, de l’idéalisme et de la théâtralité des Lumières. Exiger la beauté dans la préparation de la liturgie permet de renforcer l’ars celebrandi, qui a une forte dimension pastorale et évangélisatrice.

En répondant au Synode sur l’Eucharistie dans son exhortation aposotlique Sacramentum Caritatis, le pape Benoît XVI a poursuivi l’œuvre eucharistique qui a caractérisé les dernières années du Bienheureux Jean-Paul II. Je crois que Sacramentum caritatis pourrait être bien exprimé par un principe fort : l’Eucharistie comme Sacrifice et Sacrement devient prioritaire sur la liturgie. Cela fournit une correction de la compréhension du mot « liturgie » dans les traditions chrétiennes occidentales, qui est à travers une distinction assez cartésienne, une distinction entre les éléments extérieurs visibles (rites, rituels, cérémonies, musique, symboles etc.) et l’esprit intérieur du culte.

Après une réflexion sur le mystère eucharistique dans les premiers chapitres de Sacramentum caritatis, le pape émérite a déceloppé la dimension liturgique de l’Eucharistie autour de l’action, et introduit l’expression de ars celebrandi, c’est-à-dire de « l’art de célébrer » ou, comme il l’a qualifié, de l’art de la célébration conforme ». Comme auditeur au synode de 2005, j’ai entendu des évêques accueillir chaleureusement ces mots.

Sous le chapeau de l’ars celebrandi, il a présenté l’évêque comme un liturgiste : « L’2vêque – célébrant par excellence », celui qui par exemple, dans sa cathédrale, sonne le ton et les standards pour les liturgies de son Église particulière. Il a répété ce message dans une allociution aux évêques français.

Dans Sacramentum Caritatis, le pape émérite a appelé à un respect pour les rites qui sont donnés par l’Église, donc, « l’ars celebrandi est le fruit de l’adhésion de la foi aux normes liturgiques dans toute leur richesse… » Ce thème était déjà présent dans ses écrits comme cardinal. La liturgie nous est « donnée », comme un don de Dieu, un don à l’Église. Dieu nous réunit pour le culte, nous ne nous réunissons pas nous –mêmes pour une quelconque activité que nous contrôlerions ou même que nous manipulerions. Alors que la liturgie est profondément influencée par les cultures humaines, elle n’st pas sujette à la culture.

Quelques têtes connues.

… en plus de celles, de Mgr Rey et de Mgr Aillet, et du TRP abbé de S. Wandrille qui interviennent comme conférenciers.


Dom Louis-Marie de Geyer d’Orth, abbé de Ste Madeleine du Barroux

Damien Poisblaud. La France est donc bien représentée….

Prochaines

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