Retour sur une semaine sainte : menus détails et grandes significations (2/2)

Comme suite à l'article précédent sur le jeudi saint , et le rite particulier du lavement des pieds, nous proposons ici  une petite réflexion sur un rite unique de la semaine sainte :

L’Adoration de la Croix

 Une première remarque : parler de « l’adoration de la croix » n’est pas un abus de langage. Le rituel français a transformé le terme latin adoratio crucis en « vénération de la croix », ce qui est une adaptation inexacte, comme un certain nombre d’autres traductions françaises. Cette adaptation est d’autant plus étrange que l’acclamation qui accompagne le dévoilement de la croix est bien exacte : Ecce lignum qui pependit salus mundi – Venite adoremus est bien traduite en Voici le bois de la croix qui a porté le salut du monde – venez adorons. C’est bien un rite particulier, unique dans l’année liturgique, réalisé le vendredi saint.

Pendant cette cérémonie, qui a lieu après la liturgie de la parole et les grandes prières universelles, le prêtre dévoile la croix en trois étapes, en chantant l’acclamation nommée plus haut et son répons à trois reprises, à chaque fois un ton plus haut. Il est évident que la mélodie grégorienne de cette acclamation ornée est magnifique, et que son équivalent français est bien pauvre en comparaison. Cela en vaut donc vraiment la peine. Si le prêtre a peur de se chanter l’ensemble de l’acclamation grégorienne – qui est assez difficile -, il est admis qu’il ne chante que Ecce lignum crucis, en laissant à un chantre qualifié le soin de finir la phrase.

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https://i0.wp.com/198.62.75.1/www2/cantgreg/partituras/ecce_lignum_crucis.gif?resize=389%2C189Un point particulier retiendra ici notre attention : le rite ici mis en musique sous entend qu’on dévoile la croix. Mais encore faut il qu’elle ait été voilée ! L’Eglise recommande qu’on voile la croix mais aussi toutes les images dès le cinquième dimanche du Carême, conformément à la rubrique du missel romain de 2002 ; ce cinquième dimanche de carême correspond à l’ancien dimanche dit « de la Passion » dans l’ancienne liturgie (cf. ordo de 1962), qui ouvrait le « temps de la Passion ». Il convient donc, avant les Ières vêpres du V° dimanche de Carême (ancien dimanche « de la Passion »), de couvrir d’un voile violet uni et opaque les croix, les statues et les images de Notre Seigneur et des saints, qui se trouvent à l’intérieur de l’Eglise. Ces voiles ne doivent pas être décorés, y compris d’une croix. Il n’est pas obligatoire de voiler les tableaux du chemin de croix, les anges adorateurs, les peintures murales ou les images des vitraux. On peut laisser découverte toutefois, la statue de Saint Joseph si cette V° semaine de carême contient la solennité du Saint (le 19 mars). Les croix restent voilées jusqu’au Samedi Saint, les autres images jusqu’au gloria de la vigile pascale (s’il est possible de dévoiler les statues pendant cette hymne).

 

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La croix de procession voilée pour le chemin de croix du Vendredi Saint. 

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