Retour sur les célébrations de la Nativité

Dans beaucoup d’endroits vous avez du aller à une « Messe de Minuit » célébrée à 19 :00. Ou bien, le prêtre, accaparé par le grand nombre de célébrations qu’il a à assurer a préparé une homélie unique pour l’ensemble des messes, et donc si jamais vous avez eu le courage d’aller à la messe de Minuit (disons… à la messe de « la nuit » – faute de mieux) et à la messe du jour, vous avez peut être eu les mêmes lectures pour les deux célébrations. N’en voulons pas à nos prêtres qui font le mieux qu’ils peuvent. Mais c’est tout de même un peu triste : la liturgie de Noël est l’une des plus développée de l’année. C’est le moment d’en profiter : les chocolats peuvent attendre un peu… Nous avons eu quant à nous la chance de pouvoir cette année chanter les matines de Noël ainsi que la messes de l’aurore et du jour. Très bien, mais que signifient cette idée de célébrer autant de messes pour Noël ?


Les solennités majeures de la liturgie romaine comportent une messe de vigile célébrée après les premières vêpres ou du moins pas avant l’heure de none (15.00) ainsi qu’une messe du jour. Noël n’échappe pas à cet usage; et comporte même 4 messes, même si Alphonse Daudet et son célèbre conte Les trois messes basses, ne le mentionne pas ! En effet, le missel comporte deux autres formulaires complets : in nocte et in aurora.

L’Église exprime dans chaque introït un aspect différent du mystère célébré.

A la Messe in vigilia « Aujourd’hui vous saurez que le Seigneur va venir », c’est la fin de l’attente du Messie.

A la messe in nocte « Le Seigneur m’a dit tu es mon fils », c’est l’incarnation à la crèche, au coeur de la nuit.

A la messe in aurora « La lumière a brillé sur nous aujourd’hui», c’est la dissipation des ténèbres du péché par le Sauveur;

enfin, à la messe in die « Un enfant nous est né, un fils nous est donné » c’est l’accueil solennel par la création du Rédempteur.

 

La liturgie actuelle impose la vérité des heures, – et réprouve les pratiques du dom Balaguère de Daudet ! Car trop d’aménagements horaires privent Noël de sa richesse liturgique unique. Ainsi, pour des enfants trop jeunes pour participer à la veillée suivie de la messe in nocte – qui selon l’usage répandu commence à minuit, c’est la messe in vigilia qui convient, vers 18.30. Quant à la messe in aurora, elle est célébrée au lever du jour, jamais après, tandis que la messe in die conserve l’horaire des fêtes d’obligation.

COMMENTS

  • FhB

    Sans entrer dans des considérations de bienfaits spirituels, toutes ces Messes « se valent elles », au plan de l’obligation pour les fidèles d’assister à la Messe les jours de solennité?
    De ce strict point de vue, remplit on son obligation en assistant seulement à la Messe in vigilia (in nocte me paraît être du jour de Noël…très tôt!!)? Et pour élargir, la solution s’applique-t-elle à la vigile pascale par rapport à la Messe du jour de la Résurrection?

    Merci pour les trésors de ce site!

    FhB

    • admin

      Si vous allez à la Vigile pascale, au strict plan de l’obligation, vous n’êtes pas contraint d’aller à la messe du jour de Pâques. Maintenant, évidemment, ce dont nou sparlons n’est pas forcément ni uniquement à placer dans une considération purement juridique, vous l’entendez bien : et c’est spécialement vrai en ce qui concerne les messes de Noël, qui chacune fait ressorti un aspect particuleir du mystère de l’incarnation.

      • FhB

        Merci pour cette réponse! J’avais donc tort en prétendant, dans de grandes controverses familiales, que la Vigile pascale ne remplaçait pas la messe du jour de Pâques, au plan juridique. Mais je suis évidemment convaincu comme vous que ce plan n’est pas, loin de là, l’essentiel!

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