Ressources pour les partitions de chant grégorien

On nous demande souvent des ressources pour les partitions de chant grégorien. Par ce que souvent, ce qui manque, ce n’est pas la motivation, mais les connaissances !

Le répertoire de la messe est constitué de chant du propre (introït ou chant d’entrée, répons graduel ou psaume responsorial, alléluia ou trait, antienne d’offertoire, antienne de communion) et du commun (ou kyriale : Kyrie, Gloria, Sanctus, Agnus auxquels il faut ajouter Asperges me ou Vidi aquam pour le rite de l’apsersion le dimanche, et le Credo) ; Tous ces chants sont regroupés dans le graduel romain ou Graduale romanum. Il existe une variante intéressante de ce Graduale romanum : le Graduale Triplex, qui donne les neumes (la notation musicale ancienne d’avant l’invention de la portée) :

https://i0.wp.com/gregoriana.sk/images/graduale_romanum.jpg?resize=499%2C315

Le Graduale romanum (1974)

https://i0.wp.com/gregoriana.sk/images/graduale_triplex.jpg?resize=498%2C336

Ouvert à la même page, le Graduale Triplex.

Il existe également un Graduale simplex à l’usage des petites églises avec des formulaires de messes plus simplifiées pour faciliter, même là où les moyens sont modestes, la forme de la messe chantée.

https://i1.wp.com/blog.chinatimes.com/images/chinatimes_com/pauluschang/1915/GradualeSimplex_Tansfiguration2.jpg?w=640

Le Graduale simplex

Un livre ne regroupant que les chants pour les dimanches et fêtes, avec traduction, existe également (Missel grégorien des dimanches et fêtes). La version latin-anglais est également disponible sur internet.

Mais la liturgie ne se limite pas à la Messe. Il y a aussi l’office ou la liturgie des heures. Un livre officiel, regroupant les hymnes, les psaumes invitatoires et leur antienne responsoriale a été édité comme tomus alter de l’antiphonaire romain (qui reste à paraître) : Liber Hymnarius. Cet ouvrage existe également en version latin – français, ce qui peut être également très utile… Si vous désirez chanter l’ensemble des offices du jour (c'est-à-dire sans l’office des lectures) au rite romain, le livre le plus pratique et complet, avec traduction française, c’est Les Heures Grégoriennes, parues très récemment. On trouve également sur internet en téléchargement la version de 1913 de l’Antiphonale romanum et un Vesperale (pour les Vêpres et les complies). Les moines disposent désormais d’un antiphonaire complet pour les heures du jour, en plusieurs volumes, qui vient compléter le Liber hymarius précédemment cité. Volume I : temporal, volume II : sanctoral, Volume III : psautier, volume IV : célébrations propres à la congrégation de Solesmes. Ce nouvel antiphonaire en a remplacé un autre datant de 1934, qui n’est pas épuisé et qu’on trouve toujours à la vente parce qu’il a été réédité dans les années 1990.

Pour l’office nocturne, (vigiles, qu’on appelle aussi « Matines » ou office des lectures) il n’ya pas eu de réédition de ce répertoire depuis 1895 (à part les répons qui sont présents dans Liber Hymnarius). Il existe en effet un livre « spécial pour moines », le Liber responsorialis pro nocturnis horis, qui a toujours court faute de mieux. Ces partitions mériteraient un sacré toilettage…

C’est alors qu’internet vient à notre secours. Il n’y a pas tout sur internet, mais il y a cependant un certain nombre d’excellentes choses :

Pour le Graduale, on consultera avec profit cette version pdf de 1961 (liturgie d’avant le concile ou forme extraordinaire. Mais seuls quelques détails ont changé). On trouve aussi en ligne la version de 1908 et la version de 1871.

Le missel gregorien, (forme ordinaire) des dimanches et fêtes dans sa version latin – anglais est téléchargeable ici : Gregorian Missal.

On trouvera également très utile le livre des versets de communion (scanné par votre serviteur !), et sa réédition en feuillets individuels téléchargeables.

On peut également trouver des partitions des chants du propre de la messe avec les neumes de Saint Gall et des notes carrées « restaurées » ici. Evidemment ces restitutions n’ont absolument aucun caractère officiel. Elles sont cependant intéressantes. Il y a par exemple les versets pour les antiennes d’offertoire. Une version simplifiée de ces versets (psalmodie) est disponible ici.

On ne trouve pas à télécharger le Graduale simplex, mais une version d’avant le Concile qui pourra rendre des services ici.

Pour l’office, on trouve sur internet l’Antiphonale romanum de 1912 ainsi qu’un Vesperale (pour les vêpres et les complies seules). C’est évidemment conforme à l’ancien usage (ou forme extraordinaire), et non l’actuel (ou forme ordinaire).

On trouve aussi toutes les partitions des cérémonies de la semaine sainte ici, avec y compris le chant en grégorien du récit de la Passion dans les quatre évangiles :

Passio Domini nostri Jesu Christi secundum

C’est encore une version ancienne (même pas conforme à la forme extraordinaire puisque cela n’intègre pas la réforme de Pie XII, mais c’est utilisable). D’autres sites proposent la restitution en notation carrée (parfois neumée) des manuscrits : on notera par exemple avec intérêt le site gregofacsimil qui propose en téléchargement les répons de l’office de nuit ainsi qu’un certain nombre d’offices complets.

Le paroissien  romain « 800 » ou Liber usualis est téléchargeable ici.

Si l’on veut aller plus loin dans le domaine de la compréhension de ces signes anciens, on trouve désormais sur internet les facsimilés des manuscrits anciens de Saint Gall (IX° siècle) pour la messe et l’office ; avec y compris le célèbre codex Hartker. ce sont les plus intéressants et les plus étudiés. Pour s’y retrouver, il vaut la peine d’avoir la référence des manuscrits musicaux (ci-dessous) :

  • Codex 338 – Computus, Breviarium, Graduale, Sakramentar (1050-1060) ; le Graduale est sur les folios 36 à 317
  • Codex 339 – Kalendar, Graduale, Sakramentar (980, 1000)
    le Graduale a 140 pages
  • Codex 340 – Kalendar, Graduale, Sakramentar
    (3. Tiers du  XIème siècle). Le Graduale a 160 pages
  • Codex 342 – Kalendar, Lektionar, Graduale, Sakramentar
    (Xème – Xième siècle) le Graduale a 163 pages
  • Codex 359 – Cantatorium (922 – 925), 170 pages, le plus ancien manuscirt musical existant au monde.
  • Codex 361 – Graduale XIIème siècle, 142 pages
  • Codex 374 – Graduale, Lektionar mi Xième siècle, 845 pages (le Graduale en a 176)
  • Codex 375 – Chantbook from 12th century – Graduale has 212 pages
  • Codex 376 – Kalendar, Computus, Tropar, Graduale, Sequentiar (moitié du XIème siècle) – contient des séquences du moine Notker balbalus, (†912)
    Troparium – 43 pages, Graduale – 239 pages, Sequentiar – 114 pages.
  • Codex 380 – Kalendar, Computus, Tropar, Sequentiar
    (1050 – 1060) Troparium – 89 pages, Sequentiar – 269 pages
  • Codex 381 – Versicularium, Hymnar, Tropar, Sequentiar (930) – 498 pages
  • Codex 382 – Tropar, Versicularium, Sequentiar XIème, XIIème, XIVème, 270 pages
  • Codex 383 – Sequentiae. Hymni XIIème et XIVème, 176 pages, quadratnotation
  • Codex 388 – Antiphonar XIIème – XIVème, 498 pages, quadratnotation
  • Codex 390, 391 – Antiphonarium officii (990 – 1000)
    – connu aussi comme le “Codex Hartker”. 183 + 251 pages
  • Codex 413 – Breviar XIème, XIVème, 702 pages
  • Codex 414 – Breviar XIème, XIVème,, 666 pages
  • Codex 484 – Tropar Xème, 320 pages
  • Codex 546 – Collectio S. Gallensis troporum et sequentiarum 1507, 820 pages, quadratnotation

Le site gregofacsimil mentionne également un certain nombre de ressources numérisées d’anciens manuscrits.

COMMENTS

  • Benoît

    Merci pour ce résumé fort utile.

    Quel dommage que le Graduale Simplex ne soit pas disponible sur Internet. Il me semblait que c’était un bon moyen de mettre le pied à l’étrier pour une chorale paroissiale qui aborde le grégorien.

    Quelles sont les différences avec la version proposée « d’avant le Concile » ?

    • admin

      Avant le Concile, il y avait un livre regroupant une proposition de psalmodie pour les pièces du propre. C’était une simplification des mélodies du formulaire de la messe. Avec le Graduale simplex, la proposition va un peu plus loin : ce sont des mélodies grégoriennes (avec des véritables pièces, des antiennes) utilisables pour le formulaire de la messe chantée dans les églises les plus petites, où il n’y a pas de véritable schola cantorum. C’est effectivement un livre qui permettrait de mettre le pied à l’étrier de nombreuses scholae…

Laisser un commentaire