Répertoire des chants de la Messe.

Le RP Dom Jacques-Marie Guilmard (OSB, Moine de Solesmes) nous enseigne dans son interview donnée à l'agence Zenit que le répertoire des chants de la Messe a été crée entre 750 et 800, principalement en Gaule.
Ce répertoire est constitué de textes romains et de mélodies gallicanes. Ce sont les fondements du chant grégorien. Si on regarde de plus près ce répertoire, qui nous est parvenu par transimission d'abord orale puis écrite, nous observons qu'il se compose de la façon suivante :
– Introïts, Offertoires, Communion : Antiennes extraites de la Bible + psaume
– Graduels et traits : psaume
– Alleluias : alleluia (comme une antienne) + verset d'un psaume
– répons : versets de psaume
– Séquences, hymnes : textes de la Tradition Apostolique.

Il n'y a donc que très peu de place pour des textes de créations d'homme. Et encore les séquences et les hymnes parlent avant tout de Dieu et non de son peuple.

Nous sommes bien loin des cantiques (d'origine protestante) que nous trouvons aujourd'hui dans nos églises et qui célèbrenet l'homme avant de célébrer Dieu.

Le Père Gitton, dans son ouvrage "Initiation à la Liturgie" préfacé par le Cardinal Ratzinger, dénonce cette pauvreté qui consiste à utiliser la forme musicale la plus pauvre (le cantique) partout dans la Messe.

Le Concile Vatican II a demandé qu'un répertoire de mélodie plus simple soit édité. Ce recueil s'intitule "Graduale Simplex". Si on regarde ce répertoire officiel de chants pour la Messe, il est rempli de psaumes avec antiennes extraites de la bible.
Là encore les cantiques sont complètements absents.

Le plus étonnant est que lors du passage en langue vernaculaire, nous ayons perdu toutes ces antiennes et tous ces psaumes. Tous ces éléments de la Parole de Dieu ont disparu, au profit de la parole de l'homme.
Est-ce véritablement l'esprit du Concile ? Non, car le "Graduale Simplex" édité pour la première fois après le Concile montre que le véritable répertoire de la Messe doit être composé de psaumes !

Le Père Gitton dit dans son ouvrage cité plus haut que l'esprit du Concile concernant les langues vernaculaires et le répertoire de la Messe est de reprendre l'existant Latin/grégorien et de la traduire fidèlement et de lui trouver des mélodies adaptées sans êtres simplistes et pauvres.

On voit alors combien est pervers la main mise de certaines personnes sur "la musique et le chant liturgique dans les diocèses" : ces personnes n'ont aucune connaissance du grégorien et donc du répertoire officiel de l'Eglise pour la Messe, elles n'ont aucune connaissance ni du concile ni de son véritable esprit. Ainsi sont imposés des cantiques tournés vers l'homme au lieu d'être tournés vers Dieu, pauvres littéralement et musicalement et parfois hérétiques (il faut oser le dire et arrêter la loi du silence).

Pour un respect de la Liturgie, et pour mieux dire, Pour une Liturgie digne est ayant du sens, il faut revenir au répertoire original, modifié à la suite du concile, qui se trouve dans le livre liturgique officiel "Graduale Romanum" (Graduel Romain). Il faut que des personnes compétentes traduisent certaines pièces et leur donnent des mélodies dignes. Ainsi, nous aurons à nouveau des chants parfaitement adaptés à la Liturgie célébrée en chaque occasion.

Si on veut s'assurer de la conformité d'une telle démarche, il suffit de regarder les CD de musique classique religieuse : tous les compositeurs ne font que reprendre les mêmes textes qui sont ceux de la Liturgie et de son répertoire.

– Requiem de Fauré, de Mozart, … : Introït Requiem Aeternam de la Messe des Défunts
– Ave Maria de Gounod, Schubert, … : Offertoire de la Messe du 4ème Dimanche de l'Avent
– Stabat Mater de Mozart, de Pergolèse, … : Séquence de la Messe de Notre Dame des Douleurs (15 Septembre)

Pourquoi ces grands compositeurs, qui pour certains ont écrit des opéras et des motets, n'ont-ils pas écrits de nouvelles pièces pour la Messe ?
Pourquoi ont-ils fidèlement repris les mêmes textes que d'autres avant eux ?
Pourquoi ferions-nous différemment ?

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