Quasimodo geniti infantes

Dimanche de Quasimodo, dimanche in Albis, dimanche de la Miséricorde, dimanche dans l’octave de Pâques, II° dimanche de Pâques…

Nous avons un grand nombre d’appellations pour le dimanche qui suit Pâques. Il a en effet une résonnance particulière dans la liturgie, à laquelle nos contemporains sont pourtant parfois indifférents, ou du moins non alertés…

Il est vrai que l’appellation officielle est Dominica II Paschae seu de divina Misericordia. Jean-Paul II a fait changer l’appellation en 2000 en référence notamment à la dévotion au cœur miséricordieux de Jésus et aux enseignements de Sœur Faustine. Au niveau liturgique, rien de ce qui concerne la Miséricorde n’est ajouté ou changé en 2000. Il faut cependant noter qu’à ce jour est effectivement attaché une dévotion spéciale à la Miséricorde ainsi qu’une indulgence. Mais la dévotion étant distincte de la liturgie…

Ce qui marque plus particulièrement au niveau liturgique la miséricorde ce jour là, en fait (et cela ne date pas de 2000), c’est l’introduction de la collecte (Dieu d’éternelle miséricorde) :

Deus misericórdiæ sempitérnæ, qui in ipso paschális festi recúrsu fidem sacrátæ tibi plebis accéndis, auge grátiam quam dedísti, ut digna omnes intellegéntia comprehéndant quo lavácro ablúti, quo Spíritu regeneráti, quo sánguine sunt redémpti. Per Dóminum.

Dieu d’éternelle miséricorde, qui par le retour de ces fêtes pascales elles-mêmes enflammes la foi de ton peuple consacré, augmente la grâce que tu [lui] as donnée pour que tous par une intelligence juste, comprennent par quel baptême ils ont été purifiés, par quel Esprit ils ont été régénérés et par quel sang ils ont été rachetés. Par notre Seigneur.

 

La collecte, si elle introduit à la notion de Miséricorde, est surtout une explication de cette coutume très belle et très ancienne d’enseignement des néophytes par l’évêque. Et la Miséricorde ici évoquée, c’est bien celle attachée au baptême. Nous sommes donc résolument dans une dynamique liturgique pascale, et plus exactement celle de l’octave de Pâques, avec le rang de priorité qui lui est afférent.

Il était de coutume de faire des catéchèses « mystagogiques » dans la semaine de Pâques : les néophytes, en vêtements blancs, devaient suivre de façon intense un enseignement sur la Foi et les sacrements donné par l’évêque après leur baptême. On considérait qu’ils ne pouvaient tirer vraiment profit de ces enseignements qu’une fois leur intelligence libérée de la contrainte du péché originel. * *Effectivement, si le péché (y compris originel) nous coupe de la grâce, et que la Foi est un don de la grâce, on voit mal comment croire « efficacement » alors qu’on est attaché au péché. C’est la raison pour laquelle on appelle le dimanche qui suit Pâques (c’est à dire le deuxième dimanche de Pâques, dans l’octave) non seulement le « dimanche de la miséricorde » (cf. la collecte du jour ci dessous) mais aussi le dimanche « In albis » parce que les catéchumènes, après ces catéchèses, déposaient leur vêtement blanc.

Ce jour là, l’Eglise chante à la Messe « Quasimodo » à l’introït, et chante à nouveau la séquence Victimae ( ce qui est nouveau depuis la réforme de la semaine sainte – et une excellente chose, on ne se lasse pas de cette mélodie !).

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* catéchisme de l’Eglise catholique : Foi et Baptême

1253 Le Baptême est le sacrement de la foi (cf. Mc 16, 16). Mais la foi a besoin de la communauté des croyants. Ce n’est que dans la foi de l’Église que chacun des fidèles peut croire. La foi qui est requise pour le Baptême n’est pas une foi parfaite et mûre, mais un début qui est appelé à se développer. Au catéchumène ou à son parrain on demande :  » Que demandez-vous à l’Église de Dieu ?  » Et il répond :  » La foi ! « .

1254 Chez tous les baptisés, enfants ou adultes, la foi doit croître après le Baptême. C’est pour cela que l’Église célèbre chaque année, dans la nuit pascale, le renouvellement des promesses du Baptême. La préparation au Baptême ne mène qu’au seuil de la vie nouvelle. Le Baptême est la source de la vie nouvelle dans le Christ de laquelle jaillit toute la vie chrétienne.

 

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