Prière de l’Eglise : quel est le sens ?

On parle souvent de la Liturgie comme prière de l’Eglise. Mais que signifie cette expression. Car il faut la mettre en parallèle d’autres expressions, « expression de la Foi » par exemple.

Dans l’édition de 1958 du LIVRE D’HEURES de l’Abbaye d’En Calcat, Son Eminence Jules Géraud Cardinal Saliège nous donne une lettre introduisant à la Liturgie.

A cette occasion, Son Eminence nous transmet les point suivants :

  • Beaucoup de chrétiens et de chrétiennes désirent prier avec l’Eglise et par l’Eglise

 

  • L’Office, prière officielle, prière communautaire qui nous rassemble tous. Ce n’est plus nous qui prions, c’est l’Eglise qui prie en nous et par nous. Sancta Mater Ecclesia. Notre sainte Mère l’Eglise. Même pour l’isolé, l’Office est une prière communautaire, prière unitive. Il faut aller jusque là pour en voir le sens profond et la valeur sanctifiante.

Tout est dit !

Mais revenons tout de même sur ces points :
Ainsi lorsque qu’une personne ou un groupe prie selon la Liturgie, ce n’est plus cette personne ni se groupe mais l’Eglise qui prie. Mais pour cela, il faut effectivement respecter les normes de l’Eglise soncernant sa prière.
La Liturgie est prière de l’Eglise, non pas comme propriété mais comme acte au nom de l’Eglise. Prier la Liturgie c’est agir au nom de l’Eglise. Qui sommes-nous pour agir à notre guise au nom de l’Eglise ? Et surtout agir devant Dieu au nom de l’Eglise ?

 

 

Ainsi les questions de normes ont un sens supplémentaire : celui de permettre de rendre autentique cette prière de l’Eglise, au nom de l’Eglise.
Sa Sainteté le pape Paul VI nous enseigne dans DOCTRINA ET EXEMPLO :

Comme acte public de l’Église, le culte liturgique est nécessairement hiérarchique et, par conséquent, soumis aux prescriptions de l’Autorité compétente. Il s’en suit que la désobéissance aux prescriptions de la loi, résultant de préférences personnelles, altère la nature de l’acte qui n’est plus liturgique ; ce n’est plus le culte de l’Église, mais la prière privée d’un individu ou d’une faction.

Cet enseignement prend tout son sens : effectivement, si on fait une prière prétendue liturgique alors que l’on ne respecte pas les normes liturgiques, comment l’Eglise peut-elle reconnaître cette prière comme étant sienne ? C’est bien pour cela que Sa Sainteté le Pape déclare que le non respect des normes entraine le caratère non liturgique de la prière. Sont ainsi visées toutes les célébrations de type messe ou liturgie des heures qui s’éloignent des normes. Autrement dit la grande majorité des cérémonies qui ont lieu le WE en France.

L’autre aspect de ce que dit Son Eminence Saliège est qu’une personne seule, en célérant la Liturgie selon les normes, n’est plus seule face à Dieu : elle représente l’ensemble de l’Eglise qui présente son action de Grâce à son Créateur !
Quel profondeur ! Quel Mystère (Ecclesial) ! Quel Force !

C’est bien pour cela que la Liturgie est d’origine Divine et non humaine. Comment une création humaine pourrait avoir autant de force et de puissance ? Elle ne le pourrait pas.
La Liturgie nous vient bien de Dieu et c’est pour cela qu’elle permet un tel prodige : même seul, si je récite mon office tout seul dans mon coin, si le je le fais selon les normes liturgiques, alors c’est toute l’Eglise qui présente cette prière à Dieu, qui accompli son « devoir de s’asseoir » avec Dieu son Epoux comme le disent les Equipes Notre Dame.

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