Prier sans pourquoi

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Au risque de surprendre, il faut bien dire que l’on ne prie pas parce que cela fait du bien. Si un ami vous rend visite uniquement parce que cela calme son angoisse, vous accepterez peut être de lui rendre ce service durant un moment, mais vous finirez par considérer qu’il n’y a pas véritable amitié si ses visites ne trouvent leur raison d’être que dans son bien être. Or c’est bien souvent cela que nous infligeons à Dieu : nous ne le fréquentons que lorsque nous avons besoin de lui. Dieu n’est pas à notre service, la prière n’est pas une technique pour se sentir bien.

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Le fr. Jean-Marie Gueullette, médecin et théologien moraliste de formation, est maître de conférences à la faculté de théologie de Lyon. Il anime aussi des groupes de prière silencieuse dans toute la France.

 

Cela n’empêche pas d’être heureux dans la prière ou d’y puiser la paix. Mais on ne prie pas pour sentir la paix ou le bonheur. La fidélité dans la prière devient adulte lorsque nous prions sans pourquoi, dans la paix comme dans la colère, dans le désir de Dieu comme dans la nuit de la foi.

Cela peut sembler trop simple, mais c’est profondément libérant que de se dire, « je vais prier, parce que c’est l’heure… » Tout simplement. Parce que c’est l’heure où j’ai rendez vous avec Dieu, où Dieu attend que je lui donne un peu de mon temps.

Lorsqu’on prépare un repas pour ses enfants, ou que l’on console un petit qui s’est fait mal en apprenant à marcher, on ne se pose pas la question de ce que l’on ressent, ni même de savoir si on a envie ou pas. On le fait sans pourquoi, parce que c’est normal, sans se poser plus de question.

Un devoir qui donne sens à la vie

Il faudrait que notre élan vers Dieu dans la prière trouve la même liberté. Notre culture insiste tellement sur l’authenticité, sur le désir, qu’on en vient à regarder systématiquement de travers toute idée de devoir. Mais c’est pourtant un certain sens du devoir, un devoir que l’on ratifie intérieurement car on le sait juste et bon, qui nous permet de tenir dans la durée, de traverser les orages de la vie de famille, et de la vie spirituelle.

Se tourner vers Dieu chaque jour, c’est la dignité de l’homme croyant, car il reconnaît ainsi Celui dont il reçoit sa vie.

Eckhart disait : « L’homme qui ne cherche en quoi que ce soit son bien propre, qui accomplit toutes ses œuvres sans pourquoi et par amour, un tel homme vit en Dieu et Dieu en lui. » Ne vous inquiétez donc pas si vous ne savez pas trop quoi répondre lorsqu’on vous demande pourquoi vous priez, ou à quoi cela sert. La prière ne sert à rien, elle n’est pas de l’ordre de l’utile et de l’efficace, mais elle nous replace devant l’essentiel.

 

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