Participer sans chanter ?

On nous reproche parfois de ne pas favoriser la « participation active » des fidèles en proposant dans les paroisses les pièces du propre grégorien…Surtout à l’offertoire, où le Graduale indique souvent des mélodies qui ne sont pas à la portée de la foule.

Je n’ai pas pu chanter, c’est comme si je n’avais pas participé. En nous faisant cette remarque nous oublions qu’à la messe, seul le prêtre consacre, seul le diacre chante l’évangile, seul le lecteur proclame la Parole ; et que c’est Dieu qui agit par la médiation des ministres – en latin : ministri, serviteurs. Dans la liturgie de la messe, Dieu Se révèle, Se donne, et attend notre réponse pour féconder et faire resplendir notre âme. Notre participation à l’action divine est à l’image de l’humble oui de Marie à l’Annonciation. Nous l’exprimons à notre tour à la manière de la Vierge par le grand Amen de la doxologie (Par Lui, avec Lui et en Lui). Le magistère des papes a ainsi souligné que la schola cantorum (ou chorale) a un rôle ministériel si elle se met au service de la Parole. Son chant devient alors un don de Dieu que nous accueillons. Vatican II parle d’une participatio actuosa, et non pas activa. Il faudrait traduire par participation effective, car elle peut être effective sans être active ; quand le prêtre prépare les dons à l’autel, nous restons assis en silence, et nous sommes simultanément associés à l’offertoire par la goutte d’eau versée au calice ; et si nous sommes ensuite encensés avec toute l’assemblée, c’est au titre de la réalité effective de notre participation à ce rite.

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