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La nouvelle édition des Heures Grégoriennes !

Les Heures grégoriennes qui étaient épuisées après leur première édition, sont enfin rééditées, et désormais, la veriosn reliée cuir tranche or est même disponible !

 

Vous pouvez commander soit sur le site de la Communauté Saint Martin, soit à l’abbaye de Flavigny (traditions monastiques).

Pour rappel, les Heures grégoriennes, c’est un antiphonaire pour l’office diurne avec l’usage romain d’après le Concile. Un magnifique livre, un investissement pour toute la vie, solide, pratique, beau en tant qu’objet mais surtout beau comme support de prière.

Nous en avons largement parlé dans notre site web et ailleurs lors de la première édition, et nous redisons tout le bien que nous en pensons après un usage intensif quotidien pendant trois ans ! (les livres après trois ans d’utilisation intensive…. n’ont pas vieilli, preuve de leur très grande qualité et de leur conception soignée).

NB : préférez commander directement à l’une de ces deux maisons, la maigre marge des deux coéditeurs de cet ouvrage magnifique et fondamental s’en trouvera moins rognée et permettra les éditions suivantes dans d’autres langues !

 

 

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Il faut exclure les femmes du lavement des pieds le jeudi saint

On nous demande des idées sur la question du rite du lavement des pieds, le jeudi saint. Oui, il faut exclure les femmes de ce rite liturgique, c’est très clair.

Lotio pedum

10. Completa homilia proceditur, ubi ratio pastoralis id suadeat, ad lotionem pedum. 11. Viri selecti deducuntur a ministris ad sedilia loco apto parata. Tunc sacerdos (deposita, si necesse sit, casula) accedit ad singulos, eisque fundit aquam super pedes et abstergit, adiuvantibus ministris.

Il n’y a absolument aucun doute qu’il s’agit de personne de sexe masculin uniquement. Le problème qu’on a avec ce point particulier, c’est que c’est beaucoup trop axé sur une approche valorisant  uniquement la question du geste de chartié du Christ. C’en est un à ne pas douter, mais c’est aussi  un geste qui est surtout rituel. On  du mal à imaginer historiquement que les apôtres arrivent sales au banquet pascal, qui est une occasion unique dans l’année juive où l’on fait le mémorial du passage de la mer rouge. Et ce d’autant qu’on sait par l’Evangile que ce repas rituel a été soigneusement préparé.

Cf. Mt 26,17-19 :  17 Prima autem Azymórum accessérunt discípuli ad Iésum dicéntes: “Ubi vis parémus tibi comédere Pascha?” 18 Ille autem dixit: “Ite in civitátem ad quendam et dícite ei: ‘Magíster dicit: Tempus meum prope est; apud te fácio Pascha cum discípulis meis.’” 19 Et fecérunt discípuli, sicut constítuit illis Iésus, et paravérunt Pascha.
Mc 14,12-16 : 12 Et primo die Azymórum, quando Pascha immolábant, dicunt ei discípuli eíus: “Quo vis eámus et parémus, ut mandúces Pascha?” 13 Et mittit duos ex discípulis suis et dicit eis: “Ite in civitátem, et occúrret vobis homo lagóenam aquae baíulans; sequímini eum 14 et, quocúmque introíerit, dícite dómino domus: ‘Magíster dicit: Ubi est reféctio mea, ubi Pascha cum discípulis meis mandúcem?’ 15 Et ipse vobis demonstrábit cenáculum grande stratum parátum; et illic paráte nobis.” 16 Et abiérunt discípuli et venérunt in civitátem et invenérunt, sicut díxerat illis, et paravérunt Pascha.
Lc 22,8-13 : 8 Et misit Petrum et Ioánnem dicens: “Eúntes paráte nobis Pascha, ut manducémus.” 9 At illi dixérunt ei: “Ubi vis parémus?” 10 Et dixit ad eos: “Ecce, introeúntibus vobis in civitátem, occúrret vobis homo amphóram aquae portans; sequímini eum in domum, in quam intrat. 11 Et dicétis patri famílias domus: ‘Dicit tibi Magíster: Ubi est deversórium, ubi Pascha cum discípulis meis mandúcem?’ 12 Ipse vobis osténdet cenáculum magnum stratum; ibi paráte.” 13 Eúntes autem invenérunt, sicut dixit illis, et paravérunt Pascha.

Les apôtres ne peuvent donc pas être arrivés « crasseux » au banquet, il ne faut pas faire l’interprétation littérale du rite que célèbre le Christ par le lavement des pieds.

Il faut tout de même rappeler la signification du rite du lavement des pieds : le geste que fait le Christ le jeudi saint n’est pas seulement le signe d’un service ordinaire rendu à chacun, mais signifie un service sacerdotal fait in persona Christi. Les apôtres ne comprennent pas et Pierre le premier ; et c’est ce que dit le Christ à Pierre :

« Quod ego fácio, tu nescis modo, scies autem póstea ».

C’est ainsi dans tout rituel signifiant : il n’est pas à expliquer avant de le célébrer, mais compréhensible après qu’il l’ait été. Ce geste rituel est un geste qui participe à l’institution du sacerdoce ministériel. Le caractère « sacerdotal » du geste du lavement des pieds est bien souligné par la parole du Christ à Pierre :

«Si non lávero te, non habes partem mecum » (Jn 13,8  )

a une signification tirée directement de la tradition juive. L’acte du lavement des pieds est un rituel de préconsécration pour l’ordination des Lévites (Cf. Exode 29,4 : « Tu feras avancer Aaron et ses fils à l’entrée de la tente de réunion, et tu les laveras avec de l’eau. »). Mais de quelle « part » parle donc Jésus ? C’est une « part », qui renvoie  directement et exclusivement aux Lévites : le mot est employé uniquement

dans Dt 10:9 « C’est pourquoi Lévi n’a ni part ni héritage avec ses frères: C’est Yahweh qui est son héritage, comme Yahweh, ton Dieu, le lui a dit ».,

12:12, « Et vous vous réjouirez en présence de Yahweh, votre Dieu, vous, vos fils et vos filles, vos serviteurs et vos servantes, et le Lévite qui sera dans vos portes, car il n’a reçu ni part ni héritage avec vous. » 14:27-29 « Tu ne délaisseras pas le Lévite qui sera dans tes portes, car il n’a ni part ni héritage avec toi. »,

et 18:1-2. « Les prêtres lévitiques, la tribu entière de Lévi, n’auront ni part ni héritage avec Israël; ils se nourriront des sacrifices de Yahweh faits par le feu et de son héritage. Ils n’auront point d’héritage au milieu de leurs frères; Yahweh est leur héritage, comme il leur a dit. ».

En parlant de cette « part avec lui », le Christ a un langage explicitement lévitique, sacerdotal. Il préconsacre les apôtres, qui reçoivent lors de la même soirée, la plénitude du sacrement de l’ordre (c’est à dire l’épiscopat). Cela est tout à fait conforme à l’idée relevée dans le Psaume 15 chanté le jeudi aux complies dans le rite romain : Dominus pars hereditatis meae et calicis mei: tu es qui detines sortem meam. Le Seigneur est la part de mon héritage et de ma coupe, c’est Toi qui m’assures mon lot.

De sorte que le Christ, lorsqu’il dit à Pierre, Si non lavero te, non habes partem mecum, il lui dit surtout : si Je ne te lave pas, tu ne deviendras jamais un de Mes prêtres.
Donc de la même façon qu’il n’y a pas de femmes diacres, prêtres, ou évêques, il ne peut pas y avoir de femmes au lavement des pieds, et ce au delà même de la question de la faute de goût que cela représenterait ou de la gêne toute légitime pour un prêtre de faire ce genre de geste sur des femmes. En tant qu’homme marié, je crois que je verrai d’un mauvais œil un autre homme laver les pieds de ma femme et ma femme verrait d’un mauvais oeil le fait que je lave les pieds d’une autre….

Evidemment tout ce genre de réflexion commence à disparaître lorsqu’on a des femmes qui accomplissent des ministères liturgiques, (acolytat ou lectorat), les gens ne comprennent plus et perdent la sève de l’Évangile, en plus qu’un minimum de retenue et de bon goût afférent à leur statut de curé. Et il y a aussi derrière cela le militantisme pour le lavement des pieds des femmes une pression sous entendue, consciente ou inconsciente, pour l’ordination des femmes.

Évidemment, il est tout à fait préférable que l’idée du lavement des pieds se fasse dans une optique pour le curé liée au fait qu’il choisit (viri selecti) des hommes pour donner cette signification. Il est préférable que ce soit des homes mûrs (viri probati) et non pas des enfants :

Cf Jn 15,16 « Non vos me elegístis, sed ego elégi vos et pósui vos, ut vos eátis et fructum afferátis, et fructus vester máneat, ut quodcúmque petiéritis Patrem in nómine meo, det vobis. »

Par exemple ceux des hommes qui auront une charge en lien avec le ministère du curé, dans le cadre liturgique ou non.

Cependant, si ce n’est pas faisable, de l’usage de confier le ministère d’acolyte aux jeunes garçons, on peut inférer l’idée que c’est justement eux qui ceux le mieux préparés à recevoir le lavement des pieds, et ce d’autant plus qu’ils sont dans le sanctuaire dans la bonne tenue (l’aube). Et cela souligne d’autant plus l’idée évangélique du Christ qui se fait serviteur de ceux qui le servent.
L’usage à Rome est de pratiquer ce rite uniquement avec des hommes, en aube – qui est la tenue du ministre

cf. IGMR 336. Vestis sacra omnibus ministris ordinatis et institutis cuiusvis gradus communis est alba, circa lumbos cingulo astringenda

dans le sanctuaire (et non pas en soutane/ surplis), ce qui montre bien le caractère de « ministre » lié à cet usage. Très souvent – mais pas toujours, il s’agit de prêtres qui du coup évidemment, concélèbrent au jeudi saint, et sont donc non seulement en aube mais aussi en chasuble.

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Chanoine Dangoisse : réviser les traductions françaises du missel romain

A la suite de l’article précédent, nous proposons ici une réflexion du Chanoine Dangoisse (+2010) sur ses recherches concernant les traductions du missel français. Avec nos mises en gras et commentaires (entre crochets)

PRÊTRES ET LAÏCS : POUR UNE TRADUCTION NOUVELLE DES TEXTES EUCHARISTIQUES EN FRANÇAIS

Nous n’avons pas du tout voulu aborder les erreurs de traduction dans le Lectionnaire de la messe, tâche énorme à laquelle d’autres travaillent. Évoquons par exemple l’embarras des traducteurs dans le récit de l’Annonciation (Lc 1, 26–27); sans doute sous la tyrannie de l’hébreu d’Isaïe (qui parle d’une « jeune femme »), au lieu de traduire par « une vierge » tout simplement le grec parthenos et le latin virgo, refusant de trancher, les « experts » ont commis ce – lamentable doublet qui en dit long sur leur théologie : « l’ange Gabriel fuit envoyé par Dieu… à une jeune fille, une vierge ». De même on a envie de rire en pensant à une réclame pour « un produit de nettoyage » quand, tel dimanche, on entend immaculatum se custodire ab hoc saeculo (Jc 1, 27) traduit par « se garder propre au milieu du monde » ! [On notera aussi avec effroi 2Tim 3,1 : "Eunikê ta mère".... Il faut le lire pour le croire !]

1) Nous nous sommes limités à l’Ordinaire et aux Prières eucharistiques du missel. Dans les exemples donnés, les erreurs ne sont pas toutes de la même importance, heureusement. Mais il s’impose de revoir les traductions : prconcparées par différents « experts » [car comme cela a été souligné de nombreuses fois,énormément de choses ont été imposées unilatéralement par des experts....] dans les difficiles années 70, approuvées de bonne foi par Mgr Boudon au nom de toutes les conférences épiscopales francophones, elles ont été entérinées sans plus à Rome [donc critiquer ces traductions, ce n'est pas forcément critiquer le pape.... N'exagérons rien !] par le tristement célèbre Mgr Bugnini. Il est vrai que Rome à ce moment était sollicitée pour approuver des dizaines de traductions (en croate, en japonais ou en ouolof !) et a bien dû se fier à l’approbation des évêques responsables des différentes conférences. Il faut donc revoir sans tarder les traductions françaises, non seulement de l’Ordinaire de la messe, mais aussi des différentes Prières eucharistiques. Car cela dure depuis longtemps, explique le P. Bandelier :

« quarante ans – la même durée que la traversée du désert ! – se sont écoulés depuis les premières versions françaises de l’Ordo Missae. C’est dire que les traductions existantes, bonnes ou mauvaises, font partie du paysage. Deux générations ont grandi pendant ce temps »[1].

La précipitation, précise–t–il, a obligé à publier des missels en pièces détachées, dans des versions ad experimentum. Mais, paradoxe français : les novateurs d’hier sont les conservateurs d’aujourd’hui. La question se pose : entre l’autorité des évêques et les « experts », [toujours eux...] le peuple chrétien a-t-il eu voix au chapitre ? Ce dialogue aurait peut-être évité « que certains diabolisent Vatican II et que d’autres diabolisent la Tradition ». On a même entendu quelqu’un de haut–placé souhaiter qu’à l’avenir on puisse composer des Prières directement en français : « Ce n’était plus une ouverture : c’était une rupture ». Éclatement du rite en chapelles particulières… Nous autres, nous voulons célébrer la liturgie que nous donne l’Eglise, pas celle qu’inventent les liturgistes. Les Prières eucharistiques sont, en fait, au nombre de dix (et non de septante fois sept !), à savoir les quatre classiques de l’Église universelle, plus six autres « concédées », adaptées à des circonstances particulières (la Réconciliation – dont Rome a publié une nouvelle édition heureusement corrigée, mais négligée par beaucoup – les rassemblements d’envergure et celles, assez pauvres, avec de nombreux enfants). Même des gens qui n’ont jamais fait de latin, même des prêtres qui n’avaient jamais célébré l’Eucharistie dans le latin du nouveau missel s’avouent surpris ou choqués de constater comment les traducteurs ont « arrangé » certains textes. Preuve que nous avons touché à un problème très sensible. Même si plusieurs textes sont correctement traduits, certaines remarques peuvent apparaître graves surtout dans l’Ordinaire de la messe, mais pas seulement là : on se trouve devant de curieuses omissions, des textes bibliques camouflés ou carrément émasculés, des traductions approximatives dans le style périphrastique, le tout dénaturant la splendeur du texte original latin qu’on est censé traduire… On aimerait croire que ces erreurs sont fortuites, ou dues à une connaissance médiocre du latin et du grec, ou à la distraction ou à la précipitation. Mais les glissements persévérants, qui vont presque toujours dans le même sens, sont inquiétants et trahissent sans nul doute une idéologie, une intention, un système : ils touchent même parfois aux vérités de la Foi. Si c’est ça l’inculturation… [On pense évidemment au "ne nous soumets pas" du Pater qui est contredit terme à terme dans le Catéchisme de l’Église catholique, ou au Consubstantiel du Credo rendu par "de même nature", ce qui est tout à fait déficient, même si ce n'est pas objectivement hérétique] Après cette étude, même incomplète et pour en revenir à certaines traductions où suinte parfois un arrière–goût d’hérésie, on est bien obligé de reconnaître les lacunes importantes ou les torsions qu’on a fait subir au texte latin dans la traduction. Il est donc urgent, comme l’ont déjà fait enfin plusieurs conférences épiscopales, de revoir ces traductions, malgré les freins des éditeurs, car lex orandi, lex credendi : à la limite, c’est la foi catholique qui est en jeu. Franchement, le Peuple de Dieu eût mérité et – espérons-le – méritera dorénavant d’être traité avec plus d’égards ». « Il n’est pas trop tard, mais il est temps ». Le chanoine Catta, professeur à l’Université Catholique d’Angers écrivait :

« Pas un professeur ne mettrait la moyenne »[2].

Le Père Joseph Folliet[3], que personne ne peut soupçonner d’intégrisme, notait froidement :

« Les platitudes, voire l’inexactitude de certaines traductions, me désolent. On dirait qu’elles s’efforcent de prosaïser et de vulgariser (au sens où ce mot vient de vulgaire) le plus possible le texte sacré. Je compare ces traductions à celles de l’anglais liturgique ».

C’est bien dans cette perspective que le Cardinal Medina a présenté la nouvelle édition typique du missel romain :

« Ce décret… établit la nécessité d’une révision globale de tous les Missels en usage jusqu’alors, à travers une nouvelle présentation au Saint-Siège des textes traduits pour une nécessaire recognitio. Autrement dit, les traductions du Missel dans les langues vernaculaires actuellement en vigueur seront revues avec grand soin, de façon à être bien plus fidèles à l’original latin, sans interprétation ni périphrases, tout en tenant compte du génie de chaque langue »[4].

Bien sûr, nous devons reconnaître l’imperfection relative de nos formulaires liturgiques : quel langage terrestre pourrait traduire la plénitude des mystères du Ciel ? N’empêche :

« Notre unité à travers le temps et l’espace doit apparaître, dans la diversité des langues vernaculaires… Les générations nouvelles entendront peut– être mieux que les précédentes les exhortations du Magistère : depuis longtemps, et sans grand résultat, il est souhaité qu’au moins les éléments de notre patrimoine liturgique et grégorien soient connus du peuple de Dieu »[5].

Sur le fond, nous devons noter de façon positive et avec joie, selon le P. Bouyer[6], les Prières eucharistiques nouvelles soulignent très fort le rôle du Saint-Esprit et prennent un caractère œcuménique: car, si la Bible qui avait séparé catholiques et protestants les rapproche aujourd’hui, le retour aux sources liturgiques pourrait bientôt produire un rapprochement plus inattendu encore dans l’Eucharistie. [Cette intuition du P. Bouyer est une fois de plus prophétique. Et c'est notre pape, promoteur d'un nouveau mouvement liturgique qui est aussi le pape de l'unité chrétienne, comme les derniers évènements de réconciliation entre chrétiens le montrent...]

2) Mais beaucoup plus grave nous paraît la subtile intention (notée plusieurs fois ci-dessus, et déjà dans l’invitation à la fin de l’offertoire) de gommer la différence essentielle entre le prêtre célébrant et les fidèles baptisés. Bref, on risque une énorme et tragique confusion. Après cela, on viendra s’étonner du petit nombre de vocations sacerdotales! Dans ces conditions, élargissons ouvertement le problème. Quand j’ai été ordonné prêtre, l’évêque m’a dit (selon l’ancien pontifical) :

« Reçois le pouvoir d’offrir à Dieu le Sacrifice, et de célébrer les messes aussi bien pour les vivants que pour les défunts au nom du Seigneur ».

Encore aujourd’hui, on fait toucher un calice au nouveau prêtre à son ordination. Le Concile de Trente avait d’ailleurs porté l’anathème contre ceux qui prétendent que tout chrétien avait le pouvoir d’administrer les Sacrements, niant par là le pouvoir de l’Ordre[7]:

« Si quelqu’un dit que le Saint-Esprit n’est pas donné avec la sainte ordination, et par conséquent que les évêques disent en vain :’Reçois le Saint–Esprit’ ou que par cette ordination un caractère n’est pas imprimé…, qu’il soit anathème »[8].

Et Vatican II[9], a clairement rappelé que

« le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel ou hiérarchique, bien qu’ils aient entre eux une différence essentielle et non seulement de degré, sont cependant ordonnés l’un à l’autre ».

C’est pourquoi il est ahurissant que, contrairement à toutes les règles liturgiques, le célébrant invite (ou oblige) parfois les fidèles à dialoguer ou à prononcer avec lui la Prière Eucharistique, y compris même, dans certaines circonstances, la Consécration ! Heureux encore s’il ne s’agit pas d’une prière de son cru, inventée et tapée à la machine… Si des fidèles sans prêtre osent accomplir l’Eucharistie sans avoir reçu l’ordination sacerdotale, cette eucharistie est non seulement illicite, mais invalide. Dès lors pourquoi être surpris qu’un théologien se demandait si le sacerdoce est encore nécessaire et si l’on ne pourrait pas envisager un sacerdoce délégué « pour un temps par une communauté à un membre de son choix »? Embrayant là-dessus, un autre parlait de « faire sauter certains verrous » et trouvait nécessaire « une réforme radicale des ministères, postulant le refus de la distinction ‘prêtres-laïcs’ ». [Concrètement c'est tout de même largement le cas aujourd'hui, avec les dames patronnesses des EAP...]

3) Ici nous avons conscience de dépasser nettement le seul cadre des traductions et nous touchons à la structure même de la messe. Car il y a plus grave: si le prêtre considère que, même un peu défigurés, les textes du Missel français sont dépassés, alors on donne libre cours à une créativité sauvage. Il faut « faire disparaître cet esprit de bricolage. On en est arrivé à ce que certains cercles liturgiques se bricolent eux-mêmes une liturgie du dimanche[10]. Le nombre de « choix possibles » dans les formules du Missel a ouvert une porte toute grande à l’arbitraire du célébrant. [alors que rappelons le c'est à l'évêque de légiférer en tant qu'ordinaire sur ces choix, pas au simple prêtre.] Si le prêtre, qui n’est pas propriétaire de la messe, se met à modifier sans cesse la partition liturgique, il rend douloureuse la position du fidèle : au lieu de rassembler, la liturgie, en s’enfonçant dans les marottes du célébrant, divise.

« On ne peut comparer la liturgie à un mécanisme démontable et réparable à volonté, mais à un organisme vivant dont les lois internes déterminent les modalités de son futur développement… La liturgie en Occident pourrait bien perdre son identité chrétienne. Une liberté sans frein n’est pas conciliable avec l’essence de la foi et de la liturgie. La grandeur de la liturgie, faut-il le répéter, tient justement au fait qu’elle échappe à l’arbitraire »[11].

« La réforme liturgique, dans sa réalisation concrète, s’est éloignée toujours davantage de cette origine [à savoir un accomplissement issu de sa substance même]. Le résultat n’a pas été une réanimation, mais une dévastation. D’un côté on a une liturgie dégénérée en « show », où l’on essaye de rendre la religion intéressante à l’aide de bêtises à la mode et de maximes morales aguichantes, avec des succès momentanés dans le groupe des fabricants liturgiques, et une attitude de plus en plus prononcée chez ceux qui cherchent dans la liturgie non pas le « showmaster » spirituel, mais la rencontre avec le Dieu vivant… A la place de la liturgie fruit d’un développement continu, on a mis une liturgie fabriquée »[12].

« Non seulement des prêtres, mais des évêques ont l’impression qu’ils ne sont pas fidèles au Concile s’ils reprennent les prières telles qu’elles figurent dans le missel; il faut y glisser au moins une formule ‘créative’, si banale soit-elle »[13].

Or précisément les traductions erronées que nous avons dénoncées ont encouragé cette créativité, même si la messe actuelle, répétons-le, demeure pleinement valide. Mais cela peut aller loin.

« Il ne faut pas aller jusqu’à affirmer, comme il arrive parfois, que la messe selon le nouvel ordo serait en soi invalide. Mais le nombre de messes véritablement invalides pourrait bien avoir considérablement augmenté depuis la réforme liturgique »[14].

[On pourrait aussi ajouter qu'il ne suffit pas que ce soit valide pour que ce soit acceptable. Dans certains cas on préférerait justement que cela ne le soit pas, pour ne pas ajouter un blasphème à la désobéissance directe à l''Eglise...]

Dans ces circonstances, rien d’étonnant que le fameux Mgr Annibale Bugnini été jusqu’à déclarer :

« Il ne s’agit pas de retouches à une œuvre d’art de grand prix, mais parfois il faut donner des structures nouvelles à des rites entiers. Il s’agit bien d’une restauration fondamentale, je dirais presque d’une refonte et, pour certains points, d’une véritable nouvelle création »[15].

Conclusion du P. Gélineau :

« Le rite romain tel que nous l’avons connu n’existe plus. Il est détruit ».

[Rappelons l'épisode désormais connu de la démission du Consilium pour l'application de la réforme liturgique présentée à Paul VI par le P. Bouyer qui a eu comme conséquence le limogeage de Mgr Bunigni... Le pape a découvert excédé, le double langage que Mgr Bunigni tenait, pour faire valoir ses vues, à la fois à sa personne et aux membres du Consilium]

Le regretté Frère Max Thurian, de Taizé, écrivait en déjà en 1977 :

« Certains voudraient que soit laissée à chaque prêtre la possibilité de créer à l’avance ou même d’improviser sur le moment des oraisons, des préfaces, des Prières eucharistiques… Le protestantisme libéral n’a jamais été aussi excessif ».

Dès lors, avec une certaine rosserie, le Dr Berger, sociologue luthérien, concluait :

« La révolution liturgique est une erreur touchant des millions de catholiques au coeur même de leur foi… Si un sociologue parfaitement malicieux, résolu à frapper la communauté catholique le plus fortement possible, avait été capable de conseiller l’Eglise, il aurait difficilement pu faire un meilleur travail ».

Comme on comprend alors avec tristesse la remarque féroce de Julien Green, protestant converti[16] :

« Edouard VI avait compris que pour abattre l’Église en Angleterre, il fallait frapper la messe. Très logiquement, il ordonna, pour supprimer le sacrifice, la destruction des autels… ».

Or déjà en 1988, Green notait déjà :

« Les églises de Hollande font table rase de leurs autels. Plus rien. Au moins, c’est net ».

Or,

« Le gouvernement de la sainte liturgie dépend uniquement de l’autorité de l’Église : il appartient au Siège apostolique et, dans les règles du droit, à l’évêque… C’est pourquoi absolument personne d’autre, même un prêtre, ne peut de son propre chef ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie »[17].

4) Revenir à l’essentiel : on demande des traducteurs fidèles ! Après cet excursus qui ne se veut nullement nostalgique, il ne faut certainement pas désespérer de voir apparaître – on le constate déjà, avec quelle joie ! chez les jeunes – une saine réaction devant des abus manifestes en liturgie. Ils en ont assez, même s’ils ne connaissent pas le latin. Les jeunes générations chrétiennes n’ont pas hérité du « complexe anti-romain » des fils de mai 68. Au fond, comme on a dit, « La liturgie, si elle n’est pas vierge, elle est martyre!… ». Même des gens mûrs réagissent aussi; nous retiendrons en tout cas l’étonnant témoignage, non suspect, d’un Guy Gilbert[18]:

« On croit souvent, sans doute à cause de mon apparence, et de par mon métier, que je vais tout bouleverser dans une liturgie. Je m’en tiens aux limites que l’Église nous a données. Je me souviens d’un prêtre d’une grande ville, préparant avec moi la liturgie du lendemain, et me disant : ‘Pas de problème avec toi, tu improvises le canon en prenant comme grille cette page que j’ai écrite moi-même’. Je lui ai rétorqué: ‘Déjà il faut faire passer, à tes gens, ma gueule, mon langage et tout le reste. Mais si tu me fais faire une liturgie sauvage, tu risques de me démarquer de mon Église, de faire de moi un prêtre complètement à part. Si je ne suis jamais bien entré dans l’Institution, je suis en plein dans l’Église. Il faut que tes paroissiens le voient… Je lirai le canon Il’. J’ai aimé qu’il me dise, à la fin de la messe : ‘J’ai découvert le canon Il’ ».

Puissent ces pages, même imparfaites, ouvrir les yeux des aveugles.

[Concluons pour notre part : l’élaboration des traductions liturgiques anglaises a été longue et difficile... Elle n'a pas pu se passer de l'intervention et des remarques de tous ceux qui ne faisaient pas partie d'un certain cercle auto coopté d'experts.  Il est aussi de notre devoir de chrétiens, clercs ou laïcs de s'intéresser à ces graves questions et de contribuer à la réflexion. Le débat commence à s'ouvrir.... Faisons connaître nos vues. La liturgie est un sujet trop graves pour être confiée aux seuls liturgistes...]



[1] Père Alain BANDELIER, La révision des traductions liturgiques en français : des craintes et des espoirs , pp. 69–83 dans la revue Kephas, n° 16 oct. déc. 2005. Toutes les citations explicites du P. Bandelier et quelques autres idées sont tirées de ce même article remarquable.

[2] Dans RENIÉ, J., Missale romanum et Missel romain, Cèdre, Paris, 1975.

[3] FOLLIET J., dans La Pensée Catholique, n° 135, Lyon, 1971, pp. 71–72

[4] MEDINA, Cardinal, Conférence du 22–3–2002.

[5] A. BANDELIER, op cit., p. 83.

[6] BOUYER, L., Eucharistie. Théologie et spiritualité de la Prière eucharistique, Bibliothèque de théologie, Paris, Desclée, 1990, pp. 444–445.

[7] Concile de Trente, 7e session, canon 10.

[8] Concile de Trente, 23e session, canon 4

[9] Lumen Gentium, 10.

[10] RATZINGER J., Cardinal, Voici quel est notre Dieu, Plon–Mame, 2005, p. 290.

[11] RATZINGER J, Cardinal, L’esprit de la liturgie, éd. Ad Solem, 2002, p. 133 et 134.

[12] RATZINGER J., Cardinal, Introduction à K. GAMBER, La réforme liturgique en question, éd. Sainte–Madeleine , 1992, p. 6 et 8.

[13] RATZINGER J., Cardinal, Un chant nouveau pour le Seigneur. La Foi dans le Christ et la liturgie aujourd’hui, Desclée-Mame, Paris, 1995.

[14] GAMBER K., op. cit.., p. 43.

[15] A., BUGNINI dans la Documentation. Catholique, 07/05/1967, n° 1493, col. 829.

[16] GREEN J., dans son Journal L’Expatrié, Seuil, en 1989

[17]. Vatican II, Constitution sur la liturgie, n° 22.

[18] GILBERT G., La rue est mon Église, p. 40.

 

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N’achetez pas le missel des fidèles en français : les traductions liturgiques revues, c’est imminent !

A plusieurs reprises, nous avons sur nos pages souligné le problèmes des traductions lturgiques officielles en Français pour le rite romain, et de leur paiuvreté souvent mensongère.

Réjouissons -nous (Laetare, Ierusalem !) : ce sera bientôt de l’histoire ancienne…. Les évêques en charge de la liturgie francophone nous annoncent, dans l’Homme nouveau, que tout cela est en passe d’être officiellement mis en conformité avec l’original latin !

C’est ici : http://www.hommenouveau.fr/index.php?id_billet=392&suite=1

http://www.editions-adsolem.com/admin/misc/image/1291052508__LES%20MOTS%20DE%20LA%20MESSE.jpg

Vous pourrez consulter utilement sur ce sujet ce que nous avons déjà publié ici ou ici  ou encore ici ( » Après les néo-rubricistes, les néo-traditionnalistes « ) ; on consultera ici les éléments développés par le Chanoine  Dangoisse de façon brillante, et qui a fait l’objet d’une publication très intéressante chez Ad Solem.

En voici sa présentation par Mgr Shooyans :

La réforme liturgique du concile Vatican II a offert au peuple de Dieu une meilleure participation à la Divine Liturgie. Toutefois, ainsi que l’ont souligné à maintes reprises Jean-Paul II et Benoît XVI, on ne saurait perdre de vue que les textes liturgiques sont des réalités vivantes, toujours perfectibles. En raison de leur nature, ces textes doivent faire l’objet d’un soin extrême, car ils ont comme but de rendre présent le Mystère de la Foi et d’introduire les fidèles en son cœur. Or, il faut reconnaître que la version française de l’ordinaire de la messe en usage aujourd’hui ne présente pas ce niveau de rigueur. Quarante ans après l’entrée en vigueur du Missel de Paul VI, le temps est venu d’une traduction serrant de beaucoup plus près la lettre et l’esprit de l’original latin qui se trouve dans le Missel romain. Ce livre veut être une contribution à cette révision des livres liturgiques. Grâce à ce travail d’une grande précision, qui propose une traduction revue de l’ordinaire de la messe et des quatre prières eucharistiques, les prêtres et les fidèles découvriront que la Divine liturgie, décapée de quelques scories, est plus merveilleuse encore qu’ils ne le croyaient après les réformes conciliaires. Cette étude mérite de retenir l’attention des plus hautes autorités responsables de la liturgie.

Enfin, on consultera aussi avec profit le blog de l’abbé Pellabeuf ici sur ce sujet.

Ce dernier fait d’ailleurs remarquer avec justesse qu’il est préférable d’éviter d’acheter l’édition actuelle du missel des fidèles puisqu’une nouvelle version viendra très bientôt remplacer l’actuelle et ses déficiences.

 

jan
27

C’est déjà les éléctions… La campagne commence sur Schola Saint Maur . Net !

Alors… Votez !

http://www.catholique78.fr/sites/default/files/imagecache/article_interne/concours_liturgiqu2.jpg

http://www.catholique78.fr/que-voulez-vous-chanter-dimanche-prochain-venez-voter-007272

(et commentez, surtout)

jan
25

Chanter la messe – 3ème partie

Nous reprenons ici la présentation et le commentaire de cet article sur le chant des propres de la Messe du site « New Liturgical Movement. »

Vous trouverez ici la première partie, et là la deuxième partie.


Pour autant, si tout ce que j’ai dit auparavant est exact, pourquoi le Missel de la forme ordinaire contient-il les antiennes d’introït et de communion ? Et pourquoi  sont elles si souvent différentes de celles indiquées dans le Graduel romain ? La réponse la plus claire provient d’une déclaration de Paul VI en 1969 (…). Comme Paul VI l’explique, la décision prise de réviser les antiennes d’entrée et de communion pour les « Messes sans chants ». Cette décision fut fondée en partie sur une étude parue en 1968.

La Préface générale du missel romain (PGMR) a toujours affirmé que l’antienne tirée du Graduale Romanum est le choix à privilégier pour le chant d’entrée et de communion. (…).

L’article de Jeff Ostrowski amène des précisions sur les pratiques afférentes au États-Unis, qui ont une incise absolument non-conforme à l’usage du rite romain dans « leur » PGMR. Nous y reviendrons plus loin. Regardons cependant la PGMR en vigueur en France, celle qui est l’édition typique (en latin) et sa traduction soit par Cérémoniaire .net (souvent plus précise) soit celle de la CEF (approuvée par Rome) plus officielle :

48. Peragitur autem a schola et populo alternatim, vel simili modo a cantore et populo, vel totus a populo vel a schola sola. Adhiberi potest sive antiphona cum suo psalmo in Graduali romano vel in Graduali simplici exstans, sive alius cantus, actioni sacræ, diei vel temporis indoli congruus, cuius textus a Conferentia Episcoporum sit approbatus.

Si ad introitum non habetur cantus, antiphona in Missali proposita recitatur sive a fidelibus, sive ab aliquibus ex ipsis, sive a lectore, sin aliter ab ipso sacerdote, qui potest etiam in modum monitionis initialis (cf. n. 31) eam aptare.

Traduction : ceremoniaire.net

48. Il est exécuté alternativement par la schola et le peuple ou, de la même manière, par le chantre et le peuple, ou bien entièrement par le peuple ou par la schola seule. On peut employer ou bien l’antienne avec son psaume qui se trouvent soit dans le Graduale Romanum soit dans le Graduale Simplex ; ou bien un autre chant accordé au caractère de l’action sacrée, du jour ou du temps dont le texte est approuvé par la Conférence des Évêques.

Si l’on n’a pas de chant d’introït, l’antienne marquée au Missel est récitée soit par les fidèles, soit par quelques-uns d’entre eux, soit par le lecteur ou, à défaut, par le prêtre lui-même, qui peut aussi l’adapter à la manière d’une monition d’ouverture.

Traduction : CEF

48. Il est exécuté alternativement par la chorale et le peuple ou, de la même manière, par le chantre et le peuple, ou bien entièrement par le peuple ou par la chorale seule. On peut utiliser ou bien l´antienne avec son psaume qui se trouvent soit dans le Graduale romanum soit dans le Graduale simplex; ou bien un autre chant accordé à l´action sacrée, au caractère du jour ou du temps, et dont le texte soit approuvé par la Conférence des évêques.

S’il n’y a pas de chant pour l´entrée, on fait réciter l´antienne que propose le Missel, soit par les fidèles, soit par certains d´entre eux, soit par un lecteur ou, autrement, par le prêtre lui-même, qui peut aussi l’adapter sous forme de monition d’ouverture.

Le chant de communion

87. Pro cantu ad Communionem adhiberi potest aut antiphona ex Graduali romano sive cum psalmo sive sola, aut antiphona cum psalmo e Graduali simplici, aut alius cantus congruus a Conferentia Episcoporum approbatus. Cantatur sive a schola sola, sive a schola vel cantore cum populo.

Si autem non habetur cantus, antiphona in Missali proposita recitari potest sive a fidelibus, sive ab aliquibus ex ipsis, sive a lectore, sin aliter ab ipso sacerdote postquam ipse communicavit, antequam Communionem distribuat fidelibus.

Traduction ceremoniaire.net

87. Pour le chant de communion, on peut prendre ou bien l’antienne de Graduale Romanum, soit avec un psaume soit seule, ou bien l’antienne avec le psaume de Graduale simplex, ou encore un autre chant approprié approuvé par la Conférence des Évêques. Le chant est exécuté soit par la schola seule, soit par la schola ou le chantre avec le peuple.

Si toutefois il n’y a pas de chant, l’antienne marquée au Missel peut être récitée soit par les fidèles, soit par quelques-uns d’entre eux, soit par le lecteur, sinon par le prêtre lui-même après qu’il a communié et avant qu’il ne distribue la Communion aux fidèles.

Traduction CEF :

87. Pour le chant de communion, on peut prendre soit l´antienne du Graduale romanum, avec ou sans psaume, soit l´antienne avec son psaume du Graduale simplex, ou un autre chant approprié approuvé par la Conférence des évêques. Le chant est exécuté soit par la chorale seule, soit par la chorale ou le chantre avec le peuple.

S´il n´y a pas de chant, l´antienne proposée dans le Missel peut être dite soit par les fidèles, soit par quelques-uns d´entre eux, soit par un lecteur ou, à défaut, par le prêtre, après avoir lui-même communié et avant qu’il ne distribue la communion aux fidèles.

Comme on le sait, la PGMR permet un choix pour le chant après la première lecture. On peut chanter le psaume responsorial ou le Graduel (attention ici de ne pas confondre le chant qu’on appelle le « graduel » qui est dans le graduel romain). Paul VI mentionnait (dans la citation de 1969 plus haut) que le psaume responsorial était une bonne option aux messes sans chant. [Notons : il s'agit bien d'une option pour les messes sans chant. Cela signifie bien que pour les messes avec chant, ce sera le répons graduel qui sera la bonne option...] Mais que dire de l’alleluia et de l’offertoire ? Pourquoi ces propres qui ne furent pas révisés pour les messes lues, comme le chant d’entrée (introït) et l’antienne de communion ? On peut seulement spéculer, et ci-dessous voici quelques possibilités. L’alléluia peut être omis s’il n’est pas chanté (selon la PGMR) parce qu’à la messe lue ça n’a pas de sens pour un prêtre de réciter l’alléluia alors qu’il fait une procession pour lire l’Évangile. De même, l’antienne d’offertoire peut être omise (selon la PGMR) parce que cette antienne est censée être chantée pendant que le prêtre reçoit les oblats et il ne peut pas en même temps lire une antienne d’offertoire en faisant cela. Bien plus, comme on le sait lorsqu’on étudie la liturgie, beaucoup de prières d’offertoires ont été supprimées dans la liturgie post conciliaire, et c’est même une des différences majeures entre la forme ordinaire et la forme extraordinaire, et donc peut être faudrait il que nous nous étonnions pas de voir que l’antienne d’offertoire elle aussi n’a pas survécu.

Nous commentons cette hypothèse de Jeff Ostrowski en rappelant que les antiennes d’offertoire ne disparaissent de toute façons pas du Graduale romain. Qu’à la simplification des rites d’offertoire effectués par le prêtre (qui réalise non plus tout l’offertoire comme auparavant, mais une preparatio donorum, comme l’indique le missel)  ne correspond une amplification des gestes d’offertoire par les autres participants à la liturgie, puisque le Missel de Paul VI prévoit ad libitum une procession d’offertoire, pour indiquer justement la fameuse participatio actuosa à la liturgie du reste du clergé mais aussi de l’assemblée. Et que justement, le chant a pleinement sa place dans cette participation, et spécialement le chant de l’antienne d’offertoire. Ce serait une erreur de considérer que l’orgue peut toujours se substituer au chant au moment de l’offertoire, indépendemment bien sûr de la virtuosité de l’interprète, et spécialement à certaines célébrations dans l’année où le répertoire grégorien propose de véritables monuments culturels de la liturgie. Je pense en particulier au (récent) 2ème dimanche per annum, avec le Iubilate Deo magnifique du 1er mode, qui pourrait littéralement être inscrit au patrimoine mondial de l’humanité. 

Par ailleurs, on aura noté, dans le texte de la PGMR latine, le mot « vel a schola sola« . Il n’est pas du tout exclu, par le missel romain actuel, le chant des propres par une schola seule. Bien au contraire, c’est même quelque chose d’envisagé tout à fait officiellement, sans qu’il y ait besoin en aucune façon de s’en justifier. Et cela ne remet jamais en cause un principe de « participatio » qui marque la liturgie depuis le mouvement liturgique (l’expression « actuasa participatio » est de S. Pie X, et elle est canonisée par Vatican II). 

Enfin, il est intéressant de noter une dernière chose : à la messe lue, on peut omettre l’alléluia parce que le prêtre ne peut pas la dire en processionnant. C’est ce qu’entend expliquer Jeff Ostrowski. C’est très intéressant parce que ça signifie de façon claire que ce n’est jamais le prêtre ou le diacre qui lit l’Évangile (ou à la messe chantée, qui chante l’Évangile…) qui chante l’alléluia ou son verset. Ou en tout cas s’il le fait, c’est que la messe est alors  une messe lue.

A suivre…

jan
18

Chanter la Messe – 2ème partie.

 

Cet article constitue la suite de la précédente publication, dans laquelle nous avons montré que la réforme liturgique du Concile Vatican II demande explicitement qu’on ne chante pas « à la messe », mais »qu’on chante la Messe ». Cela sous-entend bien qu’il faille chanter les « propres » de la Messe à savoir l’introït, le Graduel l’alléluia, le cas échéant, la séquence, et la communion. Le Consilium, c’est à dire l’organisme chargé par Paul VI de mettre en œuvre les orientations définies par les Pères conciliaires dans la constitution dogmatique Sacroscanctum Conculium sur la sainte liturgie est très clair dans ce sens, comme nous l’avons vu précédemment.


Mais continuons la réflexion de Jeff Ostrowski (New liturgical Movement) :
Ceux d’entre nous qui sont familiers avec le Missel de 1962 connaissent ces choses nommées « Missels » qui contiennent l’ensemble complet des textes pour le rite : Introïts, collectes, antiennes d’offertoire, lectures, canon etc… Fortescue, en 1912 explique comment nous nous sommes accoutumés aux missels :

 Ce fut la messe basse qui a amené la compilation de missels. A l’origine, comme nous l’avons vu (p. 116) les livres étaient organisés en fonction de ceux qui les utilisaient. Le livre du prêtre c’était le sacramentaire, et concernait sa partie de la messe et d’autres services. Il n’avait pas besoin des leçons ou des antiennes dans son livre, puisqu’il ne les disait pas. Mais lors d’une célébration privée ; il disait ces parties, se substituant lui-même aux ministres et au chœur, absents. Du coup on a du organiser les livres pour qu’ils contiennent aussi ces parties. Un tel livre fut appelé « Missale plenarium », qui donne le texte de toute la messe. Et son introduction marque une période où la messe basse fut une pratique courante. Dès le début du VIème siècle, on voit des sacramentaires qui commencent  à être influencés dans ce sens. Au IXème siècle, certaines « missae quotidianae », les plus utilisées, et le commun des messes du sanctoral sont souvent mis dans le livre avec l’Epître, l’Évangile, et la partie du chœur. Au Xème siècle, le « Missale plenarium » complet apparaît ; et au XIIIème il devient rapidement le seul livre utilisé. Le « Missale secundum consuetudinem romanae » s’est répandu partout avec le triomphe final du rite romain ; et on n’entend plus parler des sacramentaires. [Alors que le livre qui est utilisé par le prêtre à l'autel aujourd'hui n'est pas au sens strict un "Missale" mais bien un sacramentaire, dans lequel il n'y a que les parties du prêtre ; nous reviendrons là dessus.] A partir de là, la messe basse a influencé la messe haute : à l’origine le célébrant disait ou chantait sa partie et écoutait, comme n’importe qui d’autre, les autres parties : les leçons, [on dit aussi les « lectures »] le graduel, [c’est le répons qui suit la première lecture, qui a donnée dans la messe lue d’après le Concile le psaume responsorial] etc. (Dans le sacramentaire d’Amiens, et d’autres livres similaires, on l’enjoint – alors que le chœur chante le Sanctus de dire une longue prière privée : Deus qui non mortem etc.). Plus tard, ayant pris l’habitude de dire ces autres parties à la messe basse, (dans laquelle il avait à prendre la place des ministres et du chœur lui-même), il commença à les dire également à la messe haute. Si bien que nous avons l’organisation actuelle [Dans l’ordo de 1962 on appelle cela le doublage. C’est toujours pratiqué dans les célébrations de la messe selon la forme « extraordinaire ». On comprend bien pourquoi cela a été retiré de la pratique du rite romain apès le Concile, et ce dès 1965, avant même la promulgation de ce qu’on a appelé alors le « Novus ordo de la Messe » en 1970 ; l’auteur décrit le missel d’avant le Concile] qui fait que le célébrant répète aussi à voix basse à l’autel tout ce qui est chanté par les ministres et le chœur. (Sauf les réponses courtes comme « Et cum Spiritu tuo », etc, qu’il serait absurde pour lui de dire aussi. (Pour plus de détails voir Adrian Fortescue’s The Mass: A Study of the Roman Liturgy, 187-190).

Dans la liturgie d’après le Concile, nous ne pouvons plus avoir de vrais missels [ici Jeff Ostrowski sous entend de vrais missels pléniers, pas des sacramentaires, qui comme nous l'avons déjà souligné, eux existent], parce qu’ils feraient 4000 pages. La liturgie d’après le Concile a ajouté toutes sortes de choses : un cycle de lectures sur 3 ans, un cycle de lectures sur deux ans, de nombreuses options, sans parler de la possibilité des différentes langues qui peuvent désormais être utilisées à la Messe.
Il est crucial de comprendre que le « Missale romanum » [qui est en fait un "sacramentarium romanum"] utilisé par nos prêtres ne peut plus contenir tout ce qui est nécessaire pour dire la Messe. La liturgie d’après le Concile considère que chaque personne impliquée saura trouver le livre idoine. [Et c'est en cela que la liturgie d'après le Concile est en quelque sorte élitiste : on suppose que les gens, clergé mais aussi fidèles participants, connaissant la liturgie....!] Les lectures proviennent du lectionnaire. Les antiennes chantées par le chœur doivent provenir du Graduale Romanum (ou une autre source : par exemple un livre qui contient les psaumes responsoriaux).

A suivre…

jan
17

Claude Pateau interviewé par l’Homme nouveau

M. Claude Pateau, directeur de la Schola saint Grégoire du Mans, (et également le propre frère du TRP Abbé de Fontgombault) est interviewé par l’Homme nouveau. Comme à notre habitude, nous mettons en gras ce qui nous semble important, et nos commentaires en italique.


 

« [Le chant grégorien] Est-il adapté à la vie de paroisse alors que plus personne ne connaît et ne pratique le latin ?

Ne pourrait-on pas renverser la question et se demander si nos paroisses sont bien adaptées au chant propre de la liturgie romaine, et sinon pourquoi ? Le chant grégorien fait partie intégrante de la liturgie romaine, il n’en est pas séparable, à la différence des autres répertoires de musique sacrée. [Le chant grégorien est le "chant propre de la liturgie romaine", c'est le pape Saint Pie X, au XXème siècle qui l'affirme pour la première fois dans son motu proprio sur la musique sacrée, motu proprio "canonisé" par Vatican II dans sa constitution dogmatique sur al liturgie, puis réaffirmé à de nombreuses reprises par les papes de l'après concile tout comme dans les textes officiels et les éditions typiques du missel romain... L'affirmation de M. Pateau, qui pourra sembler exagérer à certains interlocuteurs ne l'est en fait pas du tout !] Se demander si le chant grégorien est adapté à la vie de paroisse revient donc à se demander si la liturgie est encore utile au peuple de Dieu. Il y a là un renversement de perspective. [En effet, si la liturgie est la source et le sommet de la vie chrétienne.... Comme le dit encore une fois... Vatican II !] Le primat du subjectivisme nous a fait prendre l’habitude de penser la liturgie en termes de créativité et non en termes de fidélité (ce qui ne veut pas dire rigidité). Le Saint-Père insiste beaucoup pour changer les mentalités sur ce point. Quant au latin, il connaît un certain renouveau dont témoigne notamment la liturgie papale (la liturgie de la messe de béatification de Jean-Paul II fut entièrement célébrée en latin). [Il n'y a d'ailleurs pas que la béatificaiton de Jean-Paul II : 9 messes sur 10 célébrées par Benoît XVI à Rome le sont en latin....]

Le chant grégorien est-il adapté aux deux formes du rite romain ?

Trop souvent on associe à tort le chant grégorien et le latin à la forme extraordinaire du rite romain. Or le même répertoire vaut tout autant pour la forme ordinaire. Par là, on conçoit que le chant grégorien puisse être un pont non négligeable entre les deux formes. Il est important que des chorales grégoriennes se créent dans les églises cathédrales et paroissiales. L’habitude du chant grégorien devrait aider les fidèles des deux formes à se rapprocher sans avoir peur les uns des autres.[Espérons que les vœux de M. Pateau se réalisent ! En tout cas c'est à quoi nous travaillons, à la Schola saint Maur, que ce soit en région parisienne ou à Saint-Etienne !]

jan
11

Chanter la Messe : les « propres » 1ère partie

Sur le site New Liturgical Movement, un article récent signé Jeff Ostrowski a exposé de façon historique depuis la réforme de la liturgie, le destin des chants du propre de la messe. Et effectivement cette histoire est mal connue et elle avait fait lieu d’un débat entre plusieurs d’entre nous sur le forum cite catholique. Il m’a semblé intéressant de retracer touts les éléments et les observations sur cette question pour en faire une synthèse. Ici commence une petite série qui cherchera à faire le tour de la question, en s’appuyant à la fois sur les réflexions parues sur les sites américains (New liturgical movement, Adoremus Bulletin, que nous commenterons) mais aussi sur les exposés faits lors de diverses conférences ou articles posés sur le présent site. Nous avons traduit un certain nombre de choses de l’Anglais au Français pour vous en faire profiter… Comme d’habitude, nous mettons en gras ce qui nous semble important, et nous commentons en italique.


 

En 2011, les sites webs de Corpus Christi Watershed (créés en 2009) ont franchi une étape importante lorsque le nombre total de téléchargements ont atteint 14 millions. D’autres organisations vouées à la promotion de la liturgie sacrée ont également connu des succès similaires. Avec le retour du chant des propres de la Messe et la popularité nouvelle des « Simple English Propers », moi-même et d’autres ont reçu un certain nombre d’emails qui demandaient : Pourquoi les propres du Graduel romain ne sont ils pas identiques aux propres de la messe du Missel romain ? Cette contradiction apparente est au bout du compte, parfaitement naturelle et (plus important) intentionnelle. Cet article cherchera à proposer une explication simple et claire.

Il pourra être intéressant d’expliquer d’abord ce qu’est le Graduale romanum, parce que les prêtres sont parfois hésitants ou embarrassés d’admettre leur ignorance en ce qui concerne ce livre. Le Graduel romain (Graduale romanum) est un ensemble de prières (des chants) qui sont soigneusement assignés à chaque messe. Chaque propre a habituellement une ou deux phrases la plupart du temps extraites de l’Écriture Sainte. Ces prières (ces chants) ont été développées et approfondies par l’Église d’occident pendant plus de 1500 ans. Croyez-le ou pas, la notation musicale elle même a été inventée avec pour seul objectif la notation musicale de ces chants. [Il s’agit des fameux neumes, mais aussi de la portée musicale inventée par Guido D’Arezzo, de la clef et du nom des notes en francophonie, qui ne sont rien d’autre que les premières syllables de l’hymne de la Saint Jean-Baptiste… En chant grégorien, bien sûr.] Bien plus, grâce au progrès technologique, il est possible de consulter les plus anciens manuscrits du Graduel romain sans quitter le confort de nos maisons : Voici quelques exemples qui enchanteront les amoureux du chant grégorien : Einsiedeln 121 (960-970 Ap JC); Laon 239 (10ème siècle); St Gall 359 (922-925 Ap JC); et St Gall 339 (an 1000).

Le Graduel romain a été révisé en 1974, pour la liturgie post conciliaire, et ce Graduale romanum de 1974 est recommandé pour les Musiciens qui chantent pour les messes en forme ordinaire, même si les chants sont en réalité les mêmes que ceux du Graduale romanum de 1908. [Et ce sont aussi les mêmes que ceux du Graduale romanum de 1961, qui ceux également identiques à ceux du paroissien romain 800 bien connu. Seuls l’arrangement de l’année liturgique et les dates ont été modifiés] Parce que le Graduale romanum est écrit en latin, beaucoup d’Américains préféreront le « Gregorian Missal », qui est identique au livre de 1974, sauf qu’il a une traduction en Anglais et qu’il ne contient pas les messes quotidiennes. Ce livre est très vendu c’est un « must », et il peut aussi être téléchargé gratuitement. [Il existe également une version française, en vente à Solesmes : le Missel grégorien]

Les prières (chantées) que l’on trouve dans le Graduel sont appelées par un certain nombre de noms : propres du « Graduale », Propres de la Messe, etc… Affinés par l’Église depuis des siècles, les Propres contiennent une théologie profonde et conviennent parfaitement à chaque messe comme Noël, le Jeudi Saint, la Pentecôte, l’Épiphanie, etc. Le Consilium (le groupe d’évêques constitué par Paul VI pour mettre en œuvre la Constitution sur la Liturgie) a écrit en 1969 que ceux qui ne chantaient pas les propres « trompent le peuple ».

Ici, Susan Benofy (Adoremus Bulletin) nous éclaire :

L’abandon des mélodies et des textes traditionnels de la messe n’était clairement pas l’intention des pères du Concile, qui décrétaient dans la Constitution sur la Liturgie, Sacrosanctum Concilium (1963) que « le trésor de la musique sacrée sera conservé et cultivé avec la plus grande sollicitude » (SC 114). Ce principe a été par la suite éclairé en 1969 par le Consilium (le groupe d’évêques et d’experts désignés par le pape Paul VI pour mettre en pratique la Constitution sur la Liturgie), qui a répondu à la question de savoir si l’autorisation de chanter des hymnes en langue vernaculaire au cours d’une messe basse (« Missa lecta ») – donnée dans l’instruction De musica sacra et sacra liturgia en septembre 1958 (n. 33) – était toujours valide. (Avant le Concile, les cantiques chantés au cours d’une messe basse ne devaient pas remplacer les textes prescrits, mais s’y ajoutaient, et étaient considérés seulement comme une forme de participation « indirecte »).
La réponse du Consilium était très claire :

Cette règle [permettant l’usage de chants en langue vernaculaire] est désormais caduque. Ce qui doit être chanté, c’est la messe (son Ordinaire et son Propre), et pas « quelque chose », quelque soit sa qualité, qui se surajouterait à la messe. Parce que le service liturgique est un, il n’a qu’un seul contenu, un seul visage, une seule voix : la voix de l’Église. Continuer de remplacer les textes de la messe devant être célébrée par des chants même pieux et recueillis, au lieu d’utiliser ceux de la messe du jour est la source d’une ambiguïté inacceptable : c’est tromper les gens. Le chant liturgique n’est pas constitué d’une mélodie seule, mais de mots, de textes, de pensées et de sentiments que la poésie et la musique renferment. De tels textes doivent être ceux de la messe et nul autres. « Chanter » signifie chanter la messe et pas seulement chanter pendant la messe.

(Cette réponse a été publiée en italien dans le journal officiel du Consilium : Notitiae 5 [1969] p. 406.)

A suivre

jan
07

Site en travaux

Chers amis et habitués du site www.scholasaintmaur.net … Vous l’avez probablement remarqué, notre site est en cours de réfection. Il en avait bien besoin, et nus nous plions en cela aux nombreuses remarques qui nous sont été faites. Nous allons petit à petit rétablir ce qui manque encore, et nous sommes disposés à étudier toute proposition de fonctionnalités que vous voudriez voir ajouter…

A bientôt.

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