Nous sommes citoyens des cieux

angelico52Oui, un peu comme ces gens qui ont un double passeport, ils sont vos voisins de palier, vos compagnons de travail et vous apprenez un jour qu’ils sont citoyens d’un de ces pays qui acceptent la double nationalité. Et l’été ils s’envolent vers leur seconde patrie.

Saint Paul cherche à nous rendre conscients du fait que notre baptême nous a donné une nouvelle appar-tenance : pas seulement l’Église sur terre dont nous sommes bien sûr les membres, mais carrément les cieux, où nous avons déjà des amis et des frères (ce que nous fêtons à la Tous-saint) et vers lesquels se tournent nos regards, car c’est là qu’est notre avenir. Nous ne sommes pas destinés à ramper, mais un jour à voler !

Notre vie présente est un apprentissage et nous le sentons mieux pendant le Carême. Nous comprenons que la plupart des choses que nous faisons ici-bas, ou bien n’ont aucun intérêt parce qu’elles sont faites pour le présent et que les joies attendues sont généralement très limitées, ou bien sont un galop d’essai pour essayer de décrocher le prix qui nous ouvre le ciel. La grâce de ce temps d’effort est de nous montrer sous un autre jour ce que nous faisons parfois de façon routinière, sans nous en rendre compte. Mais tous ces combats de la vie chrétienne, que nous menons parfois avec lassitude et sans joie, sont l’apprentissage d’une liberté qui nous attend.

Tout prend sens lorsqu’on aime : la disposition de la table, le choix des fleurs dans les vases, quelques mots jetés sur une carte postale, etc… Comprenons que notre vie présente est toute imprégnée des pressentiments du ciel, que rien n’est là au hasard, que le mendiant qui frappe à la porte est un ambassadeur du ciel, qui arrive à point nommé pour nous faire faire ce petit geste de dépossession, que cette lettre que nous désespérions de voir arriver n’a tardé que le temps nécessaire pour que nous fassions l’acte d’abandon que le Seigneur attendait.

Il y a souvent une telle correspondance entre la demande et la réponse, la prière et sa réalisation, qu’on ne peut pas douter que nous vivions en plein surnaturel, alors que nous sommes bien là les pieds sur terre et attelés à des tâches sérieuses.

Pourtant tout cela peut s’obscurcir si vite ! Nous pouvons si vite oublier les signes et les prodiges que le Seigneur a faits pour nous et nous croire soudain perdus et abandonnés. Il a suffi d’un rien de distraction, un souci trop exagéré de notre tranquillité, et nous voilà revenus, brutalement, sur terre… Pourtant le ciel n’est pas loin, les nuages ne peuvent le couvrir complètement. Il y faudra un acte de foi, parfois un peu prolongé, pour que tout se déchire et qu’à nouveau nous voyons notre patrie, le Ciel.

Pas facile d’être ainsi entre deux citoyennetés. Le monde nous le fait bien sentir, qui nous traite en alliés douteux et qui soupçonne toujours que nous servons d’autres intérêts à son détriment. Pourtant le souci du ciel n’enlève rien (au contraire) à notre service du bien temporel de nos frères en humanité, nous ne nous estimons pas pour autant démobilisés de nos tâches dans la cité, même si, pour nous, la vraie cité, elle n’est pas ici bas, mais au ciel. Mais ce que nous faisons pour la patrie terrestre nous le faisons encore avec l’œil sur le ciel, et c’est encore comme cela que la servons le mieux, avec le moins d’égoïsme possible, en n’y mettant pas trop des réactions trop humaines d’ambition et de découragement.

A la suite de Jésus qui monte sur la montagne, cherchons dans le silence le chemin de ciel !

P. Michel Gitton

COMMENTS

  • sylvain Ben

    Je veux juste savoir ce qui est là propos de notre doctrine
    Pour quoi les photos des PAPES Catholiques apparaissent dans l’Historique de L’ENAC
    J’attends la Réponse même sur mon adresse svp

  • admin

    Bonjour,
    Je ne comprends pas la question. Quel rapport avec l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile ?

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