Note express : intentions de prières spéciales.

Dégâts considérables à l'abbaye de Kergonan

Après l'incendie qui a touché la communauté des Bénédictines, jeudi soir, la vie des vingt-cinq soeurs s'organisait, hier. La piste accidentelle est privilégiée.

 

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Une forte odeur de brûlé flotte encore aux abords de l'abbaye Saint-Michel de Kergonan. Vendredi matin, plusieurs véhicules d'intervention et engins de déblaiement des pompiers font face au bâtiment principal. « Les équipes ont surveillé jusqu'au matin les éventuels points de reprise du feu. Elles commencent à étayer l'aile est afin d'éviter l'effondrement de la toiture sur cette partie », explique Yves Le Lay, l'officier de garde départemental, en charge des opérations.Car les dégâts sont de grande ampleur. L'église est dévastée. Le toit de l'aile nord et le clocher se sont écroulés. Les trois cloches sont tombées. Les voûtes en bois, le mobilier, tout a péri dans les flammes. « L'abbaye a été touchée en plein coeur par cette catastrophe », raconte Dom Pirron, qui dirige la communauté de moines bénédictins, voisine de l'abbaye Saint-Michel. « Dans un monastère, tout gravite autour de la nef. Heureusement, la sacristie, qui contient les ornements liturgiques et les reliques de saints, a été miraculeusement épargnée. »
 

La piste accidentelle privilégiée

 
L'image “https://i2.wp.com/album.maville.com/album/plouharnel/IMG_8024-2.jpg?resize=228%2C151” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.À l'intérieur du couvent, quelques débris, de la suie et une eau noire, jonchent le sol jusqu'à l'église. Sur place, les pompiers arrosent d'immenses tas de gravats. Au fond, les gendarmes enquêtent pour tenter de déterminer l'origine du sinistre : ils ont écarté la piste criminelle. Plusieurs hypothèses sont explorées dont celle du court-circuit, les soeurs ayant confié avoir subi plusieurs coupures d'électricité ces derniers jours. En outre, les responsables de l'entreprise de couverture qui travaillait sur l'étanchéité du toit de l'abbaye au moment des faits ont été entendus hier.« Tout s'est déroulé très vite, raconte, éplorée, mère Catherine, l'économe de la communauté. En quelques heures, la nef est partie en fumée ». Jeudi, vers 17 h 30, les vingt-cinq religieuses, qui assistaient aux Vêpres remarquent une odeur de brûlé et entendent des crépitements. En sortant, elles constatent l'incendie. Un feu qui ne sera maîtrisé que vers 20 h.Les moniales sont évacuées. Elles passeront la nuit dans l'hôtellerie où elles accueillent les personnes venues effectuer une retraite, dans celle des frères bénédictins, ainsi que dans quelques familles du village de Kerbachique. « Elles souhaitaient rester près de leur monastère, rapporte la nièce d'une des religieuses. « La plupart sont choquées, elles n'en sont jamais sorties. » « Mais elles restent fortes : elles s'en remettent à Dieu », ajoute Dom Pirron.
 
Florence DENNEVAL.
Ouest-France
 

Solidarité à Plouharnel après l'incendie de l'abbaye

Au lendemain du drame, les voisins et amis des Bénédictines sont spontanément venus les soutenir.

L'image “https://i0.wp.com/album.maville.com/album/plouharnel/IMG_8238-17.jpg?resize=223%2C148” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Voisins, familles, élus… Bouleversés par le drame, ils sont nombreux à avoir fait le déplacement hier au monastère des Bénédictines après l'incendie qui a partiellement détruit jeudi soir l'abbaye Saint-Michel de Kergonan à Plouharnel. Émotion donc, mais aussi solidarité. « On va vous donner un coup de main. Mon mari va prendre une journée de congé, demain, pour vous aider à nettoyer », s'exclame une habitante du bourg. « On vient soutenir les religieuses dans ce moment difficile », raconte la soeur d'une moniale, sur le chemin qui mène à l'abbaye.

Sur place, Gérard Pierre, le maire de Plouharnel, constate l'ampleur des dégâts : « Après le bilan des assurances, on avisera s'il faut mettre en place une aide financière. Pour l'instant, les services techniques de la municipalité sont mobilisés pour apporter une aide logistique. » Des bâches pour protéger le mobilier de la sacristie, des barrières à l'entrée du site pour éviter les attroupements, par exemple. « Les religieuses ont subi un choc. Le feu d'abord. Puis elles ont vu débarquer les équipes des pompiers, des gendarmes, la presse. Ça fait beaucoup pour elles, qui restent habituellement cloîtrées. »

Une nuit chez les frères

L'image “https://i2.wp.com/album.maville.com/album/plouharnel/IMG_8277-21.jpg?resize=205%2C136” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Vingt-cinq soeurs qui ont dû se résigner à quitter leur monastère la nuit de l'incendie. Elles ont notamment été hébergées dans des familles du village voisin de Kerbachique et huit d'entre elles recueillies par les moines du monastère Sainte-Anne de Kergonan, à sept cents mètres de leur abbaye. « Alors qu'on était réfugiées dans la ferme pour prier, pendant l'incendie, on a vu arriver frère Bruno et frère Prieur qui nous ont tout de suite proposé leur aide, offert le repas. On aurait dit deux Rois mages », s'écrie mère Prieure.

Les soeurs logent dans l'hôtellerie, qui sert habituellement aux laïcs, en retraite spirituelle. Elles peuvent également continuer d'assister aux offices. Dans le jardin du monastère, la religieuse regarde, au loin, l'abbaye des Bénédictines. « Nous sommes voisins et pourtant on ne s'était vu qu'une seule fois depuis trente-deux ans que je suis à Saint-Michel », souligne Dom Pirron, qui dirige la communauté des moines. « Elles sont très courageuses et vivent cet événement spirituellement. Comme Sainte-Claire, qui avait, elle aussi, subi l'incendie de son église à San Damiano et avait dit : C'est l'affaire du Seigneur. »

Ouest-France
 

Soeur Marie-Pierre : « On a bravé le feu pour sauver le Saint Sacrement »

L'image “https://i0.wp.com/album.maville.com/album/plouharnel/IMG_8164-13.jpg?resize=181%2C120” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Jeudi, 17 h. « Avec une vingtaine de soeurs, on prie dans le choeur des moniales. L'une d'entre nous joue de l'orgue. Rien d'inhabituel jusque-là, raconte soeur Marie-Pierre, responsable de la cuisine de la communauté. Mais vers la fin des vêpres, on a commencé à sentir une légère odeur de brûlé. Dans un premier temps, on ne s'est pas inquiété. Il y a souvent des feux de lande par ici. De là où nous étions, rien ne nous paraissait suspect. Notre choeur est situé à la perpendiculaire de la nef des fidèles où très probablement le feu a pris. Soudain, on a entendu des bruits étranges. Ça faisait « crac, crac ». On a décidé de sortir dans le cloître. Là, on a vu de la fumée sortir du toit. On a alors compris que c'était grave. Très vite, on s'est emparé du téléphone pour appeler les pompiers.

L'image “https://i0.wp.com/album.maville.com/album/plouharnel/IMG_8199-15.jpg?resize=250%2C374” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.« Je me suis dit qu'il fallait aller sauver le Saint Sacrement. C'est la chose la plus importante qui soit pour nous, témoigne soeur Maria Assumpta, l'archiviste. On est entré par la sacristie et on a couru vers l'autel. Il y avait déjà énormément de fumée. Le clocher était totalement embrasé. Il fallait vite sortir car le toit menaçait de s'effondrer sur nous. L'une d'entre nous a eu le réflexe de jeter, dans le sanctuaire près de l'autel, une médaille de notre Saint-Benoît qu'elle avait sur elle, en se disant : « Aide-nous à sauver le plus de choses possibles. » Par chance, le feu s'est arrêté à la limite entre le sanctuaire et le choeur des moniales. Faut-il y voir un miracle ?

« De mon côté, je suis allée chercher les chartes des professions de foi des soeurs à l'étage des archives. Il y avait de la fumée partout mais pas de feu à ce niveau. Je n'ai pas pu faire de deuxième tour. J'ai prié pour que l'acte d'érection du monastère en abbaye écrit et signé de la main de Saint Pie X ait été épargné.

« On se demande bien ce qui a pu provoquer le feu. Ces derniers jours, des travaux de plomberie étaient menés dans la partie de l'édifice qui a brûlé. Lors de la veillée de Pâques, on a également eu plusieurs coupures d'électricité. Pour l'instant, on n'en sait pas plus. On s'interroge encore… »

Ouest-France

 

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