Noble simplicité du rite romain ?


A la différence des rites orientaux, l’usage liturgique d’occident a tenu fermement à conserver l’antique discretio qui confère aux célébrations une émouvante sobriété caractéristique de la solennité romaine.


« Noble simplicité » (Vatican II, Sacrosanctum Concilium, num. 34) ne signifie pas dépouillement misérable, mais au contraire recueillement, calme, élégance, et souci du détail, surtout en ce qui concerne la paramentique (aubes, chasubles, dalmatiques, chapes…), les objets cultuels (croix, vases, encensoirs…) qui doivent être beaux et précieux (Cf. PGMR 328). Simplicité et noblesse excluent de l’emploi liturgique la recherche de la somptuosité pure, ou l’excitation artistique – qui appartiennent à l’apparat du monde. (Cf. Vatican II, Sacrosanctum Concilium, num. 124).


Il est ainsi contraire à l’essence du rite romain de considérer que la liturgie doit ‘faire pauvre’. Pauvre parmi les pauvres, le Christ de la crèche s’est fait offrir l’or, l’encens et la myrrhe. Les fidèles d’hier et d’aujourd’hui perpétuent le geste des mages. C’est une coquetterie de négliger ce que nos anciens ont prélevé sur leur patrimoine pour embellir le culte, sous prétexte que l’héritage qu’ils nous ont laissé ferait paraître riche. Avec ces objets, parfois splendides, ils nous témoignent de leur piété et nous ont transmis la foi. La splendeur du sanctuaire(Cf. Ps 95,6) est l’image de la splendeur du Christ, dont l’Église chaque dimanche célèbre la résurrection ; cette gloire est offerte en partage à tous : on ne paie pas pour entrer à Sainte Madeleine de Vézelay …


Cette basilique sublime, c’est aussi aux pauvres qu’elle est ouverte ; elle est leur seul luxe. Dans l’Écriture, on lit « dans la simplicité de mon cœur, j’ai tout donné avec joie »(1 Chr 29,17). C’est ce que fait le chrétien, et c’est le sens même du partage : faire voir à tous, dans la communion de la célébration, la splendeur des dons de Dieu que nous Lui offrons après les avoir reçus de Sa largesse.

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