Mgr Bux : La réforme de Benoît XVI. La liturgie entre innovation et tradition

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Aux éditions Tempora vient de paraître un livre qui suscite notre intérêt, sous la signature de Mgr Nicola Bux, La réforme de Benoît XVI. La liturgie entre innovation et tradition. Nous avons à plusieurs reprises signalés les propos de Don Nicola dans nos pages : ce prêtre italien, qui travaille à Rome à la Propagation de la Foi a, dans plusieurs articles écrits avec un autre prêtre italien, Don Salvatore Vitello, donné des informations et proposé des analyses particulièrement pertinentes sur la liturgie.

Voici les interventions que nous avons déjà retracées et commentées sur notre site web :

       La Crise liturgique, conséquence de la crise écclésiologique.

       Reprendre la forme catholique de la liturgie.

       La participation authentique à la liturgie.

       Eléments fondamentaux de la liturgie romaine (III) : le grégorien, le silence et…la clochette

…  Et plusieurs autres.

Ce livre a été l’occasion pour le magazine (traditionnaliste) La Nef (http://www.lanef.com/) d’un entretien exclusif entre l’auteur et M. Christophe Geffroy. Comme à notre habitude désormais bien établie, nous en faisons une lecture commentée, avec mises en relief et [commentaires].

 

Mgr Nicola Bux publie début octobre un livre décapant, La réforme de Benoît XVI, qui pose les jalons entre juste réforme et révolution, ouvrant ainsi la voie à la paix liturgique voulue par le pape. [Ce terme de « paix liturgique » employé par Christophe Geoffroy, nous ennuie un peu, pour plusieurs raisons : d’abord parce qu’il fait référence de façon explicite au mouvement du même nom qui ne s’est jamais distingué pour ses méthodes qui relèvent beaucoup plus souvent de la cuistrerie que des méthodes pacifiques, mais en plus parce qu’il sous entend que l’objectif de Benoît XVI, dans le domaine liturgique, est avant tout de « contenter les mécontents ». Nous avons le sentiment quant à nous que l’objectif du pape comme du Cardinal Ratzinger a toujours été plus ambitieux : celui de susciter un « nouveau mouvement liturgique ».]Ce livre a suscité un vrai débat en Italie : en sera-t-il de même en France ? Nous l’espérons et ouvrons le feu avec cet entretien exclusif.

La Nef – Vous écrivez que « la liturgie est devenue un champ de bataille » (p. 69) : pourquoi et comment est-on arrivé aujourd’hui à une telle situation qui a conduit à la perte du sens même de la liturgie, vous le montrez dans votre livre ? [Excellente entrée en matière]

Mgr Nicola Bux – C’est vrai, j’ai consacré le troisième chapitre à « la bataille de la réforme liturgique », qui, selon moi, a eu lieu en deux étapes pendant le Concile Vatican II et après. La raison de ce conflit est l’interprétation de la liturgie : est-elle – comme la foi même de l’Église – en continuité avec la Tradition ou en rupture ? Le paradoxe a été que les novateurs ont utilisé le modèle de l’Église primitive pour soutenir la nécessité des changements dans la liturgie, exactement comme ont fait les traditionalistes pour laisser les choses en état. Nous sommes devant le même « péché » : l’archéologisme, déjà dénoncé par le pape Pie XII dans Mediator Dei (1947). [Comme il sait bien le faire, Don Nicola renvoie dos à dos les positions des « tradis » et des « modernes ».]

Quelles mesures correctives peut-on prendre pour éviter de perdre l’esprit de la liturgie qui est une rencontre avec le mystère à travers la tradition de l’Église, corps vivant du Christ ? On doit comprendre que le développement de la liturgie s’opère organiquement et de façon presque imperceptible. Pour sortir de l’impasse actuelle, on doit étudier Sacrosanctum concilium et examiner de manière critique son application post-conciliaire. [Il faut distinguer l’objectif du mouvement liturgique, son expression dans le magistère, sa formalisation écrite par Vatican II, les textes réformés qui sont parus à la suite du Concile et l’application réelle des textes dans la vie quotidienne des paroisses et des fidèles… ] Mais c’est surtout la « paix » [Don Nicola emplie le mot « paix » (seul, sans épithète….) en l’appliquant à Summorum Pontificum.] que Benoît XVI a proposée à travers le motu proprio Summorum Pontificum, paix qui peut aider à résoudre la querelle liturgique : il invite à étudier l’histoire, la doctrine et la discipline de la liturgie et à proposer à toutes les générations une nouvelle compréhension de la liturgie. Car l’ignorance est toujours mère de la partialité.

 

À plusieurs reprises dans votre livre, vous semblez vouloir minimiser le rôle du pape Paul VI dans la réforme (cf. p. 101-102), comme si celle-ci lui avait échappé : Paul VI ayant suivi les étapes de la réforme de très près, n’est-ce pas un artifice pour le disculper de sa responsabilité dans la catastrophe liturgique qui a suivi la réforme ?

Comme nous le savons, le rôle du pape Paul VI a été très important au Concile Vatican II : c’est grâce à sa modération que l’œuvre du Concile a pu atteindre sa fin. Nous savons également que, sur les questions liturgiques, il a apporté quelques corrections à l’Ordo Missae de 1969. Lors de la célèbre homélie du 29 juin 1972, il évoquait les « fumées de Satan » qui ont pénétré dans l’Église : donc il savait bien que la réforme avait subi des abus. [Cela semble rejoindre exactement le témoignage récemment relaté par le Cardinal Martin rapporté récemment par Mgr Masson sur le site Hermas :

{Début de citation} Le Lundi de Pentecôte de 1970, Mgr Martin attendait l’arrivée du Pape Paul VI pour la célébration de Sa Messe quotidienne. Arrivé dans la sacristie, le Saint-Père, voyant les ornements verts, déclare à Mgr Martin :

Paul VI : – « Mais ce sont les ornements rouges, car c’est le Lundi de Pentecôte et l’Octave de Pentecôte »

Mgr Martin, très embarrassé : – « Mmmmm, Très Saint-Père, il n’y a plus d’Octave de la Pentecôte ! »

Paul VI : – « Comment ? Il n’y a plus d’Octave de la Pentecôte ? Et depuis quand ? Et qui en a décidé ainsi ? ».

Mgr Martin, très, très embarrassé : – « Très Saint-Père, Mmmmmm, l’Octave de Pentecôte n’existe plus : c’est Vous qui avez signé sa suppression ! » Paul VI : – « Non, Je n’ai rien signé de ce genre. Alors, j’ai été trahi. Comme le Christ. Vraiment, la fumée de Satan est entrée dans l’Eglise. Mais « portae inferi non praevalebunt ».) .{Fin de citation}] A consulter sur : http://www.hermas.info/article-36681786.html ] Bien sûr, sans la direction ou l’approbation du pape, le Consilium ad exsequendam Constitutionem de sacra liturgia n’aurait pas eu la possibilité d’avancer. Des ouvrages récents et sérieux publiés en Italie confirment cette analyse. [Toujours sur le site Hermas, nous avons, toujours rapporté via le Cardinal Martin, les minutes de l’entretien du RP Bouyer avec Paul VI au moment de sa démission du Consilium : {Début de citation} Père Bouyer : – « Et pourtant, quand nous avons étudié une question, et avons choisi ce que nous pouvions vous proposer, en conscience, le Père Bugnini prenait notre texte, et, nous disait ensuite que, après Vous avoir consulté : Le Saint-Père désire que vous introduisiez ces changements dans la liturgie. Et comme je ne suis pas d’accord avec vos propositions, parce qu’elles sont en rupture avec la Tradition de l’Eglise, alors j’ai donné ma démission ». Paul VI : – « Mais pas du tout, mon Père, croyez-moi , le Père Bugnini me dit exactement le contraire: jamais je n’ai refusé une seule de vos propositions. Le Père Bugnini venait me trouver et me disait : « Les experts de la Commission chargée de la Réforme Liturgique ont demandé cela et cela ». Et comme je ne suis pas spécialiste en Liturgie, je vous le répète, je m’en suis toujours remis à vous. Jamais je n’ai dit cela à Monseigneur Bugnini. J’ai été trompé, Le Père Bugnini m’a trompé et vous a trompés ». Père Bouyer : – « Voilà mes chers amis, comment s’est faite la réforme liturgique ! ». Très peu de temps après cet entretien, Mgr Bugnini était nommé Pro-Nonce en Iran.{Fin de citation} Ces sources fiables (ni le Cardinal Martin, ni Mgr Masson, ni le P. Bouyer ne sont du parti des traditionnalistes… Même si Mgr Masson le fut, il est en quelque sorte un « repenti » !) sont corroborées par l’analyse de Don Nicola Bux.]

La liturgie, dans le cadre de la Tradition de l’Église, comme il est dit dans le préambule du motu proprio Summorum Pontificum, ne peut être que préservé, conservé et respecté par l’autorité suprême jusqu’au pape lui-même ; même le Concile Vatican II ne pouvait agir différemment quand il a commencé à renouveler la liturgie.

Vous écrivez : « la réforme liturgique n’est pas parfaite, et elle n’est pas encore achevée » (p. 157) : vous visez là l’idée lancée par le cardinal Ratzinger d’une « réforme de la réforme ». Mais ne peut-on pas dire plutôt que la réforme est allée trop loin, au-delà des vœux des Pères conciliaires ? Et émettre l’idée que la réforme n’est pas achevée, n’est-ce pas entretenir un état d’esprit de changement permanent dont nous avons déjà trop souffert ?

La liturgie est vivante dans l’Église vivante, parce que l’Église est semper reformanda ; on peut penser que la liturgie marche avec elle. C’est la raison pour laquelle une réforme liturgique ne peut jamais être définitive. À condition toutefois de bien entendre le mot « reforme » qui ne signifie pas « révolution » : c’est plutôt une mise en forme de quelque chose qui risque de se déformer. C’est comme la restauration d’une fresque précieuse en péril [Don Nicola reprend ici exactement l’image employée par le Cardinal Ratzinger dans la préface de son fameux livre, L’esprit de la Liturgie : {Début de citation} A quoi pouvait ressembler la liturgie en 1918 ? Je tenterai une comparaison, sans doute imparfaite comme toute comparaison, mais qui éclairera mon propos. La liturgie, à ce moment-là, donnait l’apparence d’une fresque parfaitement préservée, mais presque entièrement recouverte de couches successives. Dans le missel que le prêtre utilisait pour célébrer la messe, la liturgie apparaissait telle qu’elle s’était développée depuis les origines, alors que, pour les croyants, elle était en grande partie dissimulée sous une foule de rubriques et de prières privées. Grâce au « Mouvement liturgique », puis de façon plus nette lors du concile Vatican II, la fresque fut dégagée, et pendant un instant, nous restâmes fascinés par la beauté de ses couleurs et de ses motifs. Exposée depuis lors aux conditions climatiques comme à diverses tentatives de restauration ou de reconstruction, la fresque risque toutefois d’être détruite si l’on ne prend rapidement des mesures pour mettre un terme à ces influences nuisibles. Certes il ne s’agit pas de la recouvrir derechef d’une autre couche, mais de susciter un nouveau respect pour tout ce qui la touche, une intelligence renouvelée de son message et de sa réalité, pour éviter que cette redécouverte ne soit le premier pas vers sa perte définitive. » .{Fin de citation}]. De Pie X jusqu’à Pie XII, donc avant le Concile Vatican II, il y a eu des étapes de restauration de la liturgie, ce mouvement n’est donc pas achevé une fois pour toutes. Le mot traditio vient du verbe tradere, qui indique un mouvement, le mouvement du Saint Esprit au sein même de l’Église du Christ, c’est lui qui « renouvelle toutes choses ». Il faut donc parler d’un changement ou d’un développement organique de la liturgie.

 

Votre dernier chapitre évoque « un nouveau mouvement liturgique » : comment voyez-vous un tel mouvement émerger et quel en serait le but ? Si l’on parvient grâce à ce mouvement liturgique à « l’achèvement de la réforme », cela conduira-t-il à terme à retrouver l’unité du rite romain ou deux formes de ce même rite sont-elles amenées à cohabiter encore longtemps ? [Cette question fait référence à deux documents « ratzingériens ». Le premier est une phrase célèbre tiré de la biographie du Cardinal Ratzinger « Ma Vie. Souvenirs 1927-1977 » : « Nous avons besoin d’un nouveau mouvement liturgique, qui donne le jour au véritable héritage de Vatican II. » Cette idée d’un nouveau mouvement liturgique a été présentée également dans la préface qu’a donnée le cardinal Ratzinger à l’ouvrage de Klaus Gamber, Die Reform der römischen Liturgie. – Vorgeschichte und Problematik. {Début de citation} « Un jeune prêtre me disait récemment: Il nous faudrait aujourd’hui un nouveau mouvement liturgique. C’était là l’expression d’un souci que, de nos jours, seuls des esprits volontairement superficiels pourraient écarter. Ce qui importait à ce prêtre, ce n’était pas de conquérir de nouvelles et audacieuses libertés: quelle liberté ne s’est-on pas déjà arrogée? Il sentait que nous avions besoin d’un nouveau commencement issu de l’intime de la liturgie, comme l’avait voulu le mouvement liturgique lorsqu’il était à l’apogée de sa véritable nature, lorsqu’il ne s’agissait pas de fabriquer des textes, d’inventer des actions et des formes, mais de redécouvrir le centre vivant, de pénétrer dans le tissu proprement dit de la liturgie, pour que l’accomplissement de celle-ci soit issu de sa substance même. .{Fin de citation} Au passage, iIl convient de savoir que le texte du Cardinal Ratzinger n’a aucun rapport avec le livre de Mgr Gamber. C’est le Cardinal lui-même qui a tenu à le préciser: « En réalité, ma « préface » n’était qu’un écrit préparé à l’occasion de la mort de Mgr Gamber, un éloge de sa personnalité, sans aucune référence à un livre déterminé. » (cf. Lettre du 23 juillet 1992).

Le deuxième document « ratzingerien » auquel se réfère Christophe Geffroy dans cette question est le problème de l’unité substantielle du rite romain, auquel le Cardinal Ratzinger a exprimé notamment son attachement dans une lettre au Professeur Barth, en 2003 : {Début de citation} Dans l’avenir, l’église romaine ne devra avoir qu’un seul rite ; l’existence de deux rites est difficilement gérable pour les évêques et pour les prêtres. Le rite romain de l’avenir devrait être un seul rite, célébré en latin ou en langue populaire, mais basée entièrement dans la tradition du rite ancien; il pourrait intégrer quelques nouvels éléments qui ont fait leurs preuves, quelques préfaces, des lectures plus larges – plus de choix qu’avant, mais pas trop – une « Oratio fidelium », cela veut dire une litanie de prières d’intercession après l’Oremus avant l’offertoire, ou est sa place primitive (…) {Fin de citation} Attendons nous donc à avoir une réponse « ratzingérienne » à cette question « située » parfaitement par les deux interlocuteurs !]

Nous pouvons voir ce mouvement liturgique sortir de l’amour de la tradition de l’Église que de nombreux jeunes ont découvert. Le pape Benoît XVI a donné un élan à ce mouvement avec la patience de l’amour, bien sûr en liaison avec le mouvement liturgique du XIXe siècle et de la première partie du XXe siècle. Le but sera la redécouverte du rite romain comme lui-même l’avait écrit dans la lettre au professeur Lothar Barth […. N’est-ce pas ?]. Pour l’heure, ainsi que le pape l’a écrit dans le motu proprio, les deux formes ordinaire et extraordinaire doivent s’enrichir mutuellement, ce qui suppose que les prêtres apprennent à célébrer l’une et l’autre formes du même rite romain. [Notons que cette idée même de l’unicité du rite romain n’était pas dans la tête d’un Mgr Lefebvre, comme nous l’apprend Mgr Masson, toujours sur Hermas.info]

 

Vous démontrez (p. 113-122) que la messe dite de saint Pie V n’a jamais été abrogée, ainsi que Benoît XVI l’a confirmé dans Summorum Pontificum, alors que le pape Paul VI lui-même a dit explicitement le contraire dans son discours du 24 mai 1976 (que vous citez) : comment expliquer cette contradiction ?

La déclaration de Paul VI dans son discours – « Le nouvel Ordo a été promulgué pour remplacer l’ancien » – ne signifie pas l’abrogation du missel romain de saint Pie V, mais son interdiction. Cette interprétation justifie l’indult de Jean Paul II, qui est un dispositif juridique qui permet l’usage de ce qui était interdit. Le mot abrogation en latin signifie suppression ou destruction : peut-on imaginer que le pape Paul VI ait voulu détruire le vénérable Missel de saint Pie V, son prédécesseur ? Benoît XVI, dans le motu proprio, a interprété de cette façon la question : la messe de saint Pie V – que nous pouvons appeler « messe de saint Grégoire le Grand » – est passée d’une situation extraordinaire, l’indult, à une situation ordinaire, celle du motu proprio. [Certains pourront trouver cette « justification » alambiquée. Elle n’est pourtant pas nouvelle. C’est l’idée exactement développée par dom Guy Oury, osb dans La messe, de Saint Pie V à Paul VI, Solesmes, 1975 puisque cet ouvrage de référence pour comprendre la question a été écrit bien avant Summorum Pontificum]

Pourtant, de la réflexion canonique sur les précédents termes de la loi, on tire la conséquence que le motu proprio donne à la « question liturgique » un statut entièrement nouveau, parce qu’il la replace sur un plan théologique et doctrinal – et à notre avis également historique ; [c’est aussi semble t’il l’opinion de Mgr Aillet, dans son livre sur le Motu Proprio Summorum Pontificum, « un évènement liturgique »] c’est le principal avantage de la nouvelle formulation contenue dans l’art. 1. Autre avantage, signalé par le professeur Antonio S. Sánchez-Gil : considérer l’ancien Missel et le nouveau non pas « comme deux systèmes juridiques ou incommunicables », mais comme deux expressions liturgiques de l’unique lex orandi du rite romain qui peuvent s’enrichir mutuellement, de même qu’on devrait enrichir, intégrer et réviser l’ars celebrandi. Telle est donc la principale et importante nouveauté du motu proprio, car la réforme s’inscrit à nouveau dans la tradition qui demeure notre guide.

 

« Ce changement d’orientation dans la liturgie a provoqué une dérive de la foi elle-même » (p. 31), écrivez-vous : pourriez-vous vous expliquer là-dessus et nous dire pourquoi le retour à une célébration « versus Deum » serait de nature à changer l’esprit actuel de la liturgie ?

Le culte divin, c’est-à-dire la sacrée et divine liturgie, est la rencontre de Dieu avec l’homme. Dieu prend toujours l’initiative, lui, le Seigneur de l’histoire et du cosmos, il nous précède toujours : avec sa catàbasi (descente), il nous parle et nous sauve. N’est-ce pas l’esprit de la liturgie de l’Orient et de l’Occident, la liturgie de la terre comme celle du ciel ? Depuis les origines jusqu’à aujourd’hui, le prêtre, en Orient, célèbre ad Dominum et les gens n’ont jamais pensé qu’il leur tournait ainsi le dos ! Comment pouvons-nous être sursum corda, c’est-à-dire ad Dominum, si le prêtre est face à nous et catalyse notre attention ? Cela est très difficile d’un point de vue psychologique. Nous pouvons penser avec le pape, que la foi et la prière retrouveront ce sens de l’orientation si la Croix est à nouveau au centre, attirant l’attention du regard du prêtre et des fidèles. Et l’on peut ajouter que l’orientation du célébrant ad Dominum est un geste œcuménique envers les orthodoxes ! [sur cette question, nous renvoyons également nos lecteurs à notre article sur l’orientation]

 

Vous insistez beaucoup dans votre livre sur le sens du sacré de la liturgie, sur l’importance de la beauté, des gestes et symboles (comme l’agenouillement par exemple) : comment ce sens du sacré a-t-il été perdu et comment le réintroduire dans la liturgie actuelle ?

Entre les juifs et les chrétiens, quand il s’agit de sacré, ils se réfèrent à la Présence tout court (shekinah en hébreu) de Dieu dans le Sancta Sanctorum, c’est-à-dire le Sanctissimum. Le geste classique de la reconnaissance de la présence divine est l’agenouillement : il s’agit d’adoration. La perte du sens de la présence du Seigneur dans l’Église a produit la perte du sens de la liturgie en tant que culte. Pour le recouvrer, la place du tabernacle est très importante ! Sur ce point, une réflexion et un débat seront nécessaires pour résoudre certaines contradictions que l’on trouve dans les instructions post-conciliaires, comme je l’indique dans mon livre. [La question de la place du tabernacle est effectivement problématique. C’est même la quadrature du cercle dans la plupart des églises. Dans ses interventions notamment auprès de l’agence Fides, Mgr Nicola Bux ne manque effectivement jamais de mentionner la question du tabernacle dans les réflexions liturgiques qu’il y propose. On retrouvera ces dernières dans la liste des liens donnés en introduction à l’article.]


En abordant le motu proprio Summorum Pontificum, vous justifiez l’analyse de Benoît XVI sur le fait qu’il ne peut y avoir de « rupture » dans la liturgie : comment conciliez-vous cette affirmation avec les propres écrits du cardinal Ratzinger qui a plusieurs fois parlé de rupture et de « liturgie fabriquée » ou, plus concrètement, avec ce qui a été vécu par de nombreux fidèles qui ont vu la messe se transformer brutalement ?

Le pape, dans le motu proprio, décrit la liturgie de l’Église à travers les siècles en continuité avec l’âge apostolique, parceque la liturgie est avant tout apostolique. Lorsque Benoît XVI a parlé de rupture ou de liturgie fabriquée, il voulait dire que la « connexion » a été interrompue. La valeur sacrificielle de la messe a été remplacée par la mémoire du dernier repas du Jeudi Saint : voilà la principale rupture. Paul VI lui-même a corrigé cette hérésie dans l’editio typica première du Missel romain (art. 7) ; bien sûr, la messe est aussi un repas, mais le repas pascal, c’est-à-dire avec l’Agneau de Dieu immolé pour nous. Donc la divine liturgie, comme on dit en Orient, est un « repas mystique » au Corps sacrifié et au Sang répandu in remissionem peccatorum. Le livre de l’Apocalypse décrit aussi la liturgie éternelle, représentée sur la terre par la liturgie de l’Église. L’aspect fraternel, ou mieux communionel de la messe, dépend uniquement de ce mystère.


Comment voyez-vous l’application concrète de ce motu proprio avec le recul de deux années d’expérience et qu’en attendez-vous à l’avenir 

?
Tout le monde sait qu’au début le geste du Saint-Père a été accueilli de façon variée. Il s’est surtout ouvert un débat « pour » ou « contre », [comme rappelé humoristiquement : quant à nous le Motu proprio, nous ne sommes ni pour, ni contre, bien au contraire !] mais, dans le même temps, nombre de prêtres et d’évêques ont commencé à célébrer la messe dans la forme extraordinaire. Donc, la mise en œuvre effective du motu proprio repose sur la force de l’exemple, sans aucune restriction. Nous pouvons cependant espérer que la forme extraordinaire se développera avec les nouvelles générations de prêtres qui devront reprendre l’étude du latin et de la messe de « saint Grégoire le Grand ». Nous avons besoin de beaucoup de patience, celle de l’amour, comme l’avait déjà dit le Saint-Père, encore cardinal, dans son célèbre Entretien sur la foi de 1985.

En France, on a l’impression que la réintroduction dans les paroisses de la messe de « saint Grégoire le Grand », comme vous dites, pose un problème insurmontable, au point que beaucoup d’évêques freinent des quatre fers : pourquoi une telle peur, est-ce la même chose en Italie ?

Dans le motu proprio, le pape rassure les évêques pour qu’ils n’aient pas peur d’introduire dans les paroisses de leur diocèse la forme extraordinaire, parce qu’elle ne sera pas une cause de divisions mais d’enrichissement. Voici une réflexion : aujourd’hui, nous n’avons pas peur d’inviter les chrétiens à comprendre les différentes religions et leurs cultes : évidemment, nous les estimons adultes, capables d’évaluer la situation sans scandale. Pourquoi devrions-nous croire les fidèles incapables de comprendre l’unité dans la diversité, inaptes à appréhender la richesse du patrimoine du rite romain ?

Peut être que la situation est différente en Italie, parce que l’application de la réforme y a été plus équilibrée. [Certains disent que Summorum Pontificum a été rédigé dans une grande mesure en fonction d’un contexte italien, pour le quel ce texte est bien adapté. Bien sûr, il ne s’agit cependant pas de considérer que ce dernier ne concerne pas la France…] En Italie aussi, plusieurs prêtres et évêques ont commencé à célébrer selon le missel de 1962 : on peut donc penser à une bonne évolution, lente mais inexorable.

Vous évoquez souvent dans votre livre la liturgie byzantine : comment a-t-elle évolué au cours des âges ? A-t-elle connu une réforme comparable à celle de 1969 pour le rite romain ? Comment les Orientaux perçoivent-ils notre réforme ?

Pour commencer je voudrais rappeler l’exhortation œcuménique de Jean Paul II : « L’Église doit respirer à deux poumons : celui de l’Orient et de l’Occident ». Cette phrase est souvent citée par les « œcuménistes » comme un exemple de la nécessité d’intégration entre les deux traditions. Mais, lorsque nous arrivons à la liturgie – qui est la pars magna de la tradition chrétienne –, on entend les « distinguos » ou plutôt la prise de distance de quelques spécialistes latins de liturgie orientale qui, par exemple, à propos de l’orientation du prêtre, affirment que le rite romain est une voie autre que celle du rite byzantin : c’est vrai historiquement, mais ne devrions-nous pas essayer de maintenir l’unité ou la rechercher ? Si des « œcuménistes » catholiques blâment l’Église latine de nous avoir éloigné de l’Orient lorsqu’elle a proclamé les dogmes de l’Immaculée Conception et de l’Assomption de la Vierge Marie, ne devons-nous pas également déplorer le fait que, dans le domaine liturgique, nous avons banni des gestes provenant de l’« Église indivise », comme la prière du prêtre ad Orientem ou la Communion dans la bouche ? N’est-ce pas une contradiction ? Si nous défendons les principes de l’Église primitive, fort bien, mais l’orientation en fait partie. Ne sommes-nous pas archéologistes ou modernistes selon ce qui nous convient ? [Dans la tradition liturgique orientale, il y a d’autres éléments qui ont été communs avec la tradition liturgique occidentale et qui ont été supprimés dans notre liturgie, comme le jubé, qui est l’équivalent de l’iconostase orientale. Nous en soulignions le sens profond dans notre article précédent sur Avignon. On voit bien que cette idée serait difficile à restaurer aujourd’hui, et ce d’autant plus que sa disparition ne date pas, comme d’autres symboles et rites forts, du dernier Concile. Cependant, cela participe bien du même mouvement de réflexion de fond qu’il est nécessaire d’initier ; sans restaurer ce symbole profond tel qu’il était à « sa grande époque », il est probablement intéressant de trouver un moyen de retrouver sa sémantique, tout comme l’idée du Cardinal Ratzinger (Cf. La célébration de la Foi, L’esprit de la Liturgie) de positionner une croix au centre de l’autel permet de retrouver le mouvement général de l’ensemble de l’assemblée et du célébrant vers le Seigneur, sans forcément célébrer « dos au peuple ».]

Cela étant dit, nous pouvons voir que la liturgie byzantine a évolué en un système cohérent, d’abord avec la tradition apostolique et, ensuite, avec la culture de Byzance, mais en conservant l’unité entre les trois dimensions : le rite, la disposition architectonique et iconographique, l’ermêneia, c’est-à-dire l’herméneutique des symboles liturgiques ou mystagogie. [Pour aller plus loin : si la liturgie byzantine n’a pas réalisé de réforme de ce type, c’est probablement qu’elle n’en a pas eu besoin : ici le mot de mystagogie est prononcé, qui signifie que les fidèles et célébrants sont initiés aux mystères célébrés. En Orient, la piété n’a pas non plus été nourrie de méthodes d’oraisons, de « composition de lieu », de devotio moderna. Comme l’exprime dom Guéranger dans la Préface générale à l’Année liturgique : {début de citation} Aussi pendant plus dé mille ans, voyons-nous que l’Église, qui prie dans ses temples sept fois le jour et encore au milieu de la nuit, ne priait point seule. Les peuples lui faisaient compagnie, et se nourrissaient avec délices de la manne cachée sous les paroles et les mystères de la divine liturgie. Initiés ainsi au cycle divin des mystères de l’année chrétienne, les fidèles, attentifs à l’Esprit, savaient les secrets de la vie éternelle ; et sans autre préparation, un homme était souvent choisi par les pontifes pour devenir prêtre ou pontife lui-même, afin de répandre sur le peuple chrétien les trésors de doctrine et d’amour qu’il avait amassés à leur source. Car si la prière faite en union avec l’Église est la lumière de l’intelligence, elle est aussi, pour le cœur, le foyer de la divine charité. L’âme chrétienne ne se retire pas à l’écart pour converser avec Dieu et louer ses grandeurs et ses miséricordes, parce qu’elle sait bien que la société de l’Épouse du Christ ne l’enlève pas à elle-même. (…)Mais trop de siècles déjà se sont écoulés depuis que les peuples, préoccupés d’intérêts terrestres, ont abandonné les saintes veilles du Seigneur et les heures mystiques du jour. Quand le rationalisme du XVIe siècle s’en vint les décimer au profit de l’erreur, il y avait déjà longtemps qu’ils avaient réduit aux seuls dimanches et fêtes les jours où ils continueraient de s’unir extérieurement à la prière de la sainte Église.{fin de citation}] Donc, elle n’a pas connu une réforme comparable à celle du 1969 pour le rite romain. En Russie, au début du siècle dernier, le patriarche Nikon a tenté de réformer les livres liturgiques, mais les fidèles ont complètement rejeté le projet de réforme avec une grande violence. Peut-être est-ce cette expérience qui explique l’attitude favorable des orthodoxes à la réforme de Benoît XVI. Nous savons que le défunt patriarche Alexis a exprimé son approbation du motu proprio, disant que la redécouverte de la tradition réconcilie les chrétiens entre eux.

Que peut nous apporter l’exemple de la liturgie byzantine aujourd’hui ?

Jean Paul II a publié la lettre apostolique Orientale lumen en 1995 dans laquelle il a exhorté les chrétiens à se tourner vers l’Orient d’où venait Jésus-Christ : l’Orient avec toute sa richesse de doctrine, de liturgie et de sainteté. Nous savons que pendant les soixante-dix ans du communisme, les chrétiens de l’Est ont réussi à survivre grâce à la divine liturgie célébrée constamment dans des situations difficiles en raison de la destruction d’un grand nombre d’églises. Quel enseignement en tirer ? Que la liturgie est « fons et culmen » de la vie de l’Église sur la terre, parce qu’elle ne vient pas d’ici-bas mais du Ciel. [C’est une citation de Vatican II, Sacrosanctum Concilium : « la liturgie est le sommet auquel tend l’action de l’Église, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu. »] C’est la raison pour laquelle le Concile Vatican II a souligné que la liturgie a une partie immuable d’institution divine : c’est sur cette partie qu’il faut concentrer les recherches. Le rite byzantin, avec sa vision de la liturgie comme « Ciel sur la terre », pourrait nous aider à découvrir aussi l’aspect mystique de la liturgie latine. Mais pour les catholiques qui ne connaissent pas ou ne peuvent facilement accéder à la liturgie byzantine, la messe de « saint Pie V », ou mieux de « saint Grégoire le Grand » – qualifiée de forme extraordinaire du rite romain –, suffit pour appréhender la tradition liturgique latine [Qualifier l’ordo de S. Pie V de « liturgie de S. Grégoire » a cependant un inconvénient : la façon de célébrer comme de chanter par rapport à cette époque a profondément évolué. Les textes eux-mêmes – à part celui du canon de la messe – ont fortement évolué. Par ailleurs, la réforme liturgique de S. Grégoire a consisté à une rupture très forte par rapport à ce qui se pratiquait avant lui ; c’est établi par les textes anciens : donc si la liturgie de S. Grégoire soit être considérée comme une litrugie distincte de celle dite de Paul VI, ou forme ordinaire, on entérine le fait que nous sommes aujourd’hui dans une cassure, qu’il faudrait pérenniser… Ou qu’on contribue à pérenniser en employant de tels termes. Enfin, célébrer la forme ordinaire en latin permet au moins autant que la forme extrardinaire de percevoir la richesse de l’essence de la tradition liturgique romaine… Cette dernière phrase « la FERM suffit pour appréhender la tradition liturgique latine » semble pour le moins exagérée]. Les chrétiens byzantins (orthodoxes et catholiques) ont pendant l’année liturgique l’opportunité de participer à la « liturgie de saint Jean Chrysostome », à celle « de saint Basile », ou encore à celle « des Présanctifiés » : c’est bien une pluralité dans le même rite [De quoi parle t’on ici ? Dans le rite romain, nous avons aussi une « liturgie des présanctifiés », qui est la célébration du Vendredi Saint ; on y chante même en grec, « Hagios O Theos » ! Pour autant, c’est pleinement la forme ordinaire du rite romain, qui est un rite latin…. Est-ce qu’on ne confond pas un peu tout, là ?].

La liturgie byzantine nous donne donc un bon exemple d’unité et de pluralité sans aucune rupture ou division, parce que la tradition de la foi qui nous donne la liturgie est unique et que celle-ci ne peut se développer que par un enrichissement, jamais par un appauvrissement. Il n’y a donc aucun scandale si le pape, dans le motu proprio, propose, sans l’imposer, l’utilisation des deux formes du même rite romain.

Propos recueillis par Christophe Geffroy


Une contribution essentielle


Mgr Nicola Bux est un proche de Benoît XVI qui l’a récemment nommé conseiller des Cérémonies pontificales. C’est un liturgiste chevronné, spécialiste des rites orientaux. Son livre a été salué en Italie, à tel point que sa traduction espagnole a été préfacée par le nouveau préfet de la Congrégation pour le Culte divin, le cardinal Canizarès lui-même (préface reproduite en… postface de la présente édition en français). C’est un livre assez petit par la taille, mais dense et puissant qui s’inscrit sans conteste dans ce « nouveau mouvement liturgique » souhaité par le pape Benoît XVI et auquel Mgr Bux consacre son dernier chapitre.

Sans jamais verser dans la critique systématique ni dans la remise en cause des fondements de la réforme liturgique de 1969, Mgr Bux n’en dresse pas moins un tableau sévère de la situation liturgique actuelle : c’est bien le sens même de la liturgie que tout un peuple a perdu par la faute de ses pasteurs. Dans ce contexte, la reconnaissance du droit de cité de l’ancien missel, voulue par le pape Benoît XVI dans le motu proprio Summorum Pontificum, est bien plus qu’un acte de justice rendu à des prêtres et fidèles attachés à cette forme liturgique : elle remet à l’honneur un trésor de l’Église qui est de nature à aider au grand mouvement de resacralisation de la liturgie que le pape appelle de ses vœux. Elle dépasse donc de loin le périmètre du monde traditionaliste.

Mgr Bux ne vient d’ailleurs nullement de ce monde-là. Un des intérêts de son livre est qu’il prend de la hauteur par rapport aux querelles liturgiques passées et qu’il apporte une véritable compétence liturgique pour faire avancer les choses. En conclusion de son analyse, il évoque cinq « déformations » issues de la réforme :

1)     « La transformation de la liturgie, faite de prière ou de dialogue avec Dieu, en exhibition d’acteurs et en torrents de paroles. Cette déformation est favorisée par la position du prêtre ».

2)     « La substitution du concept de sacrifice par celui de repas ».

3)     « La confusion produite par le fait de dire l’anaphore versus populum, ce qui a contribué à renforcer l’idée que la messe est un repas fraternel ».

4)      « La disparition totale du latin ».

5)      « La révolution “artistique” qui a eu les effets suivants : l’autel a changé de forme ; il est devenu une table. Le tabernacle a été décentré et remplacé par le siège du prêtre, toujours plus visible » (p. 168-169).

Ce livre d’une réelle qualité, après d’autres comme ceux des Pères Nichols, Lang ou Cassingena-Trévedy, montre que la réflexion sur la liturgie s’étend dans l’Église, condition nécessaire pour l’avènement d’un véritable nouveau mouvement liturgique. À lire et méditer d’urgence

[P. Aidan Nichols, op : Regard sur la liturgie et la modernité

P. Uwe Michael Lang : « Se tourner vers le Seigneur. Essai sur l’orientation de la prière liturgique » (traduction française: Ad Solem, Genève, 2006)

RP Dom Cassingena-Treverdy : Te Igitur

On pourra aussi regarder avec profit les autres ouvrages dans la même lignée :

Marc Aillet : Le sens du Motu Proprio, un évènement liturgique

Jean Duchesne : Retrouver le Mystère, plaidoyer pour les rites et la liturgie, Desclée de Brouwer 2004

Jonathan Robinson, La liturgie au risque de la modernité, Tempora, 2008]

Christophe Geffroy [L’auteur de l’article peut être présenté comme un « traditionnaliste modéré », qui n’a pas de discours « extrême » sur la forme ordinaire du rite. Il est en général sollicité pour donner une opinion « vue du monde tradi » sur les grands évènements ecclésiaux. Il était par exemple sollicité récemment pour participer à une émission de KTO sur les conséquences de l’affaire Williamson, « Benoît XVI et la Tradition » en compagnie notamment de du P. Armogathe, de Samuel Pruvot (Famille chrétienne), de l’abbé Ribeton de la Fraternité S. Pierre et Dom Piron (abbé de Ste Anne de Kergonan)]

La réforme de Benoît XVI. La liturgie entre innovation et tradition, de Mgr Nicola Bux, préface de Mgr Marc Aillet, postface du cardinal Canizarès, Tempora, 2009, 208 pages, 17,90 euros. 

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