Le sens du Motu Proprio, par Don Marc Aillet

(Compte rendu de lecture par Pro Liturgia

https://i0.wp.com/www.editionstempora.fr/images/vignettes/_securefilesystem_media_20071018104452_CouvEvenement__250.jpg?resize=155%2C250Le Père Marc Aillet, Vicaire général dans le diocèse de Fréjus-Toulon, nous livre une étude riche et claire sur le sens du Motu proprio Summorum pontificum de Benoît XVI. Son ouvrage de 140 pages s'ouvre sur une préface de Mgr Rey, Evêque de Toulon, dans laquelle il est rappelé que "Le Motu proprio a pour horizon le projet de réforme de la réforme, c'est-à-dire la redécouverte de l'esprit de la liturgie et la progressive resacralisation du culte, en particulier du rite ordinaire."

Puis le P. Aillet (membre de la Communauté Saint-Martin fondée par le P. Guérin) montre qu'au-delà de ce qui a pu être dit et écrit, le document magistériel n'a pour objet que de relacer le mouvement liturgique qui, il faut bien le reconnaître, s'est quelque peu enlisé dans les méandres marécageux d'une créativité débridée et de déformations arbitraires. C'est dans cette optique que le P. Aillet précise d'emblée que son intention n'est pas de faire l'apologie du missel antérieur à celui issu du Vatican II, mais de valoriser les principes de la réforme liturgique et de mettre en lumière les richesses théologique et spirituelles du nouveau missel. Pour autant, il se dit convaincu, fort de son expérience de prêtre, qu'il est possible de célébrer la messe selon l'une ou l'autre forme du rite romain, à condition que ce soit bien dans l'esprit de la constitution Sacrosanctum Concilium, comme Jean-Paul II suggérait de le faire.

L'image “https://i0.wp.com/www.cshm.info/ciel/wdonmarcaillet.jpg?resize=215%2C324” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Le P. Aillet montre alors comment le motu proprio s'inscrit dans une continuité liturgique que doivent reconnaître aussi bien ceux qui ont cru voir une "rupture de tradition" dans la réforme liturgique que ceux qui ont pu penser – bien à tort – que cette même réforme leur donnait un droit à la désobéissance liturgique. Et pour bien montrer les enjeux de cette nécessaire continuité liturgique, le P. Aillet explique ce qu'a été – ou qu'aurait dû être – la réforme liturgique et ses inplications pastorales, pour en venir à affirmer l'idée selon laquelle "on ne sortira pas de la crise [liturgique] sans revenir à une plus grande fidélité aux normes liturgiques", ce qui implique de retrouver l'art de bien célébrer en valorisant la gestuelle sacrée du rite romain accompli avec amour et intériorité et en donnant une plus grande place à la véritable musique sacrée dont fait partie, au premier chef, le chant grégorien.

Après avoir abordé plusieurs points de la pastorale liturgique actuelle qui mériteraient d'être corrigés, l'Auteur étudie les fondements théologiques et la nature véritable de ce qu'on a appelé "la participation active" – participation "actuosa" – à la liturgie et qui est prioritairement un exercice du sensus fidei des baptisés. Le P. Aillet achève son étude en rappelant combien il est urgent que la liturgie "source et sommet de la vie et de la mission de l'Eglise" cesse d'être le lieu psychologique de la division et de l'exclusion. Et pour cela, il demande de prier pour le Saint-Père qui, le jour où il a inauguré un pontificat qu'il savait difficile, avait dit: "Priez pour moi, priez pour que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups".

Un livre clair et très riche qui vient à point nommé pour permettre une lecture fructueuse du Motu proprio Summorum pontificum de Benoît XVI: Père Marc AILLET, Un évènement liturgique ou le sens d'un Motu proprio, éd. Tempora, Perpignan (140 pages, Prix:13,90 + frais de port).

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