Le rite eucharistique et ses liens dans l’ancien et le nouveau testament (II)

Suite de notre série sur Eucharisitie et rite sacrificiel. 

A cette époque, Salomon est comparé, identifié au prêtre – roi Mechisédech. Le temple est construit à l’endroit où Abraham avait offert son fils Isaac en sacrifice.
Liturgie au temple :
–    Holocauste : un animal entier brûlé comme une oblation odorante au Seigneur. (Lev 1,3-7 6,8-13)
–    Offrande de grains ; du blé avec de l’huile et de l’encens en conjonction avec d’autres sacrifices (Lev. 2,1-16, 6,14-23, Nbres 6,14-17, 28,3-6)
–    Offrande de Paix : les graisses sont brûlées et les viande est mangée par  celui qui fait le sacrifice et les prêtres. (Lev 3,1-17, 7,11-36)
–   Offrande de péchés ; un animal est offert pour le rachat du péché et la purification du pêcheur (Lev 4,1-5 6,24-30)
–    Offrande de culpabilité : un bélier offert en réparation d’une offense envers un voisin par ex.
Les anciens Israélites rythmaient leur année et leurs journées par des sacrifices. Sacrifice du soir et du matin. Tous les 7 jours, pour le sabbat, les sacrifices étaient doublés (Nombres 28,9-10).
Au début de chaque mois, Israël célébrait la fête de la nouvelle lune. La nouvelle année était également célébrée avec des sacrifices rituels (Nombres, 29,1-6).
Il y a aussi la fête des tabernacles, la fête de la pentecôte, le Yom Kippour. Le centre le l’année liturgique juive était la fête de la Pâque. (Nbres 28,16-25, Lev 23,4). Flavius Josèphe, l’historien juif du 1er siècle raconte qu’en l’année 70 de notre ère, environ 40 ans après la crucifixion, 256.500 agneaux furent offerts en sacrifice au Temple.

–    Signification du sacrifice :
Le Ps 49 9-13 nous apprend que Dieu n’a pas besoin de sacrifices. Mais c’est une demande de Dieu, dont Moïse fait part au Pharaon ; ce sacrifice offense les Egyptiens parce que les animaux sacrifiés sont considérés comme des divinités. Dieu demande en effet aux Hébreux de tuer les divinités des Egyptiens, en pénitence pour leur idolâtrie passée. (Jos 24,14, Ez 20,7-8, Ac 7,39-41).
Le sacrifice est toujours un acte de renonciation et de repentance pour des fautes. Le sang de l’animal représente la vie de celui qui offre le sacrifice. Reconnaissant que le péché conduit à la mort, la personne offrait la vie de l’animal à la place de la sienne.
Ailleurs, le sacrifice pouvait être un don pour reconnaître la souveraineté de Dieu sur la création. En sacrifiant les premiers fruits de la récolte, on sacrifie une partie de soi-même en remerciant Dieu pour ses bénédictions (Lev 23,10-14, Deut 26,1-11, Ex 13,1-2, Nombres 3,11-13, 44-51).
Mais les liturgies du temple telles que retracées dans le livre des psaumes montrent une incompréhension croissante entre la pratique sacrificielle et la volonté divine. Il demande un sacrifice intérieur ou spirituel. Le sacrifice spirituel n’est pas opposé au sacrifice d’animal. Idéalement, le sacrifice d’animal doit refléter un sacrifice intérieur comme une façon de se plier humblement à la volonté divine.

Les prophètes dénoncent donc une déconnexion entre les sacrifices offerts par le peuple au temple et le fond de leur cœur. Isaïe dit que le manque de foi et de justice rend leurs offrande inutiles (Is 1,10-16 ; Amos 4,4-6, Malachie 1,10 13-14).
Jérémie se souvient que Dieu ne demanda aucune holocauste au moment de la libération d’Egypte. A la place, il demanda à son peuple de marcher dans Ses voies et d’écouter sa voix (Jr 7,21-24, Michée, 6,6-8).
A la fin, Israël sait que c’est l’amour et non les sacrifices que Dieu désire réellement (Osée 6,6).
Le Ps 30 cite particulièrement les sacrifices d’animaux, de grain (oblation) et de péché. Et le psalmiste chante que Dieu ne les agrée pas. A la place il désire les oreilles ouvertes pour l’obéissance, et les cœurs enclins à réaliser la volonté de Dieu.
Les Psaumes 39, 18,31, 40,65,68, 119,137 sont les psaumes de la Todah qui peut être traduit en Grec par Eucharistia, action de grâce. Ils étaient chantés pour les sacrifices d’action de grâce au Temple. Une personne faisait son sacrifice d’action de grâce et offrait la coupe du Salut (ps115 13-14, 17-18) pour avoir été libéré d’une menace, d’une maladie, d’une persécution, ou d’un danger mortel.
Le Ps21 que Jésus a prié sur la croix (Deus, Deus meus, respice in me , quare me dereliquisti ?..) raconte les tourments faits par la main des malfaisants et finit par une note de triomphe.
Beaucoup de psaumes sont composés comme des hymnes de procession pour accompagner les sacrifices du Temple. On chante dans les psaumes des supplications pour être libérés des oppresseurs (Ps53, 66 106, 115).
Isaïe prophétise l’envoi par Dieu d’un serviteur qui offrira sa vie pour le peuple. (Is 42,1-4, 49, 1-6, 50, 4-9, 53-11). Ce serviteur est comparé à l’agneau du sacrifice qui prend le péché de tous. Il donne sa vie en offrande pour les péchés (Is 53, 1-11).
Dans le livre des Macchabées, cette notion préexiste, celle de personnes se sacrifiant librement en obéissance à la loi divine pour le rachat des péché de la nation (2Mac 6,12 à 7,40).
–    Dimension universelle du sacrifice.
Les prophètes qui critiquent fortement l’hypocrisie des Israélites, envisagent la continuité des sacrifices dans un nouveau  et éternel royaume (Jer 17,25-26 ; 33,16-18). Isaïe voit même un autel dédié à Dieu en Egypte. Dans le royaume à venir, même les Egyptiens offriront des sacrifices et des oblations au Seigneur.
Malachie prophétise la même chose, à encore plus grande échelle : Il voit les peuples de l’univers apporter un sacrifice à Dieu. (Malachie 1,11).

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