Le Grand Silence

L'image “https://i2.wp.com/a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/63/18/04/18699448.jpg?resize=250%2C330” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

 

Le Grand Silence

 

Documentaire – 162 min

 

Voici un film pour le moins inhabituel. Un film dont les dialogues n’ont pas été écrits. D’ailleurs il n’y en a presque pas. Un film dont les acteurs ne jouent pas un rôle mais vivent leur vie quotidienne. Un film sans aucun rebondissement spectaculaire, mais qui pourtant tient en halène jusqu’à la dernière minute… Et pourtant c’est long, 162 min de silence.

Ce documentaire nous entraîne au cœur de la vie monastique la plus austère de l’occident. Philip Gröning, qui a vécu six mois à la Grande Chartreuse pour tourner ce reportage, nous propose d’entrer dans le quotidien des moines Chartreux. Il nous montre des images exceptionnelle de la vie du monastère : la profession de deux novices, alors que même les familles ne peuvent y assister, l’intimité de la vie des Pères Chartreux dans leurs cellules, une introduction en cellule…

Les images sont exceptionnelles de profondeur et de vérité. Le film est construit sur un perpétuel va et viens. Des scènes de la vie quotidiennes des moines qui sont repris plusieurs fois. Mais aussi un jeu subtil avec quelques citations Evangéliques  qui vont, qui viennent et qui reviennent à l’écran. L’auteur à fait le choix de n’ajouter en plus de son montage aucun commentaire personnel, si ce n’est à la fin du film un bref texte où il décrit brièvement les conditions du tournage. L’aspect immuable de la vie monastique est particulièrement bien rendu. On y découvre, par exemple, la profondeur de l’office des vigiles avec une image très forte : un écran noir avec  seulement au fond une petite lumière rouge…

Le seul défaut ou plutôt imperfection qu’on peut lui trouver, est la mauvaise qualité de certaines prises de vue. Peut-être est-ce le prix à payer pour voir ces images si authentiques.

C’est donc un film à ne pas manquer, et à aller voir en famille, sans doute ; entre amis, sûrement. Il ne faut pas préjuger de la non compréhension de certains, car c’est un film qui s’adresse directement à ce qu’il y a sans doute de plus profond en l’homme : sa relation à Dieu.

L'image “https://i1.wp.com/www.legrandsilence-lefilm.com/images/foto01.jpg?resize=389%2C262” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Si vous êtes un jour passé par la Grande Chartreuse peut-être avez-vous perçu le caractère exceptionnel de ce lieu. Si vous n’y êtes jamais allés, je vous encourage à découvrir ce lieu magnifique.

Permettez moi cependant de vous décrire ce lieu brièvement. Le monastère est au beau milieu d’une vallée d’altitude orienté Nord-Sud, à peu près à mi-distance entre le col qui la ferme au nord et le torrent qui l’ouvre au sud.

Si un jour vous vous rendez à la Grande Chartreuse vous y arriverez en voiture, par le sud, le long de ce torrent et vous la laisserez votre voiture à la Correrie, ensemble de bâtiments qui était utilisé autrefois par les frères convers. Toutefois c’est sans doute l’endroit le moins approprié pour entrer dans ce qu’on appelle le désert de Chartreuse. Le choc est par trop brutal entre le monde moderne bruyant et cette vallée qui appelle au silence.

Le plus bel accès est sans doute par ce col qui ferme au nord la vallée.

L'image “https://i0.wp.com/www.legrandsilence-lefilm.com/images/foto04.jpg?resize=389%2C262” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Environ 300 mètres de dénivelé depuis les dernières habitations – La Ruchère, tel est le nom du hameau.  Vous monterez par un chemin d’exploitation forestière. Arrivé au col vous franchirez une clôture. Celle-ci est double, elle sert de limite de pâturage d’altitude. Mais lorsque vous la franchirez, vous pourrez lire un panneau qui vous invite au silence, il vous annonce votre entrée dans le désert de Chartreuse.

Bienvenue au Désert !

Il vous restera alors plus qu’à redescendre doucement et tranquillement vers le monastère. La descente vous permettra de vous imprégner de la majesté des lieux, des falaises qui la limitent à l’Est et à l’Ouest. Peu à peu au fil de la marche le silence se fait.

Non pas celui de la nature, elle est toujours bruyante, quand on sait l’écouter. Mais le silence du cœur et de l’âme.

L'image “https://i0.wp.com/www.legrandsilence-lefilm.com/images/foto02.jpg?resize=389%2C262” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Enfin au détour du chemin vous arriverez au monastère de la Grande Chartreuse. Tableau irréel que ce grand ensemble de bâtiments posés au milieu de nulle part, au milieu du désert. Mais seulement l’impression se fait qu’ils ont toujours été là. De loin et des petites hauteurs environnantes on peut voir les maisons des pères chartreux. Ainsi que la plupart des bâtiments conventuels. Lequel sert à quoi ? Impossible de le dire.

Le silence est tel que le son de la cloche de l’office vous ramènera à la réalité et vous indiquera que ce lieu vit.  Avec son rythme si particulier, mais il vit. Car un court instant vous vous demanderez si vous n’avez pas été transporté hors du temps. Vous vous apercevrez que toute parole est superflue, et même incongrue.

Vous ne pourrez rien voir de plus, on n’entre pas.

Alors vous poursuivrez votre chemin et descendrez à la Correrie. Brièvement vous aurez goûté au désert. Vous vous apercevrez que cette vallée ne ressemble à aucune autre, non pas par sa géographie particulière, mais parce que des hommes ont choisis d’y vivre le reste de leur vie en l’offrant à Dieu.

A la Correrie, il y a un accueil pour les visiteurs avec un musée qui retrace l’histoire de la Grande Chartreuse, à partir de sa fondation par saint Bruno, et ainsi que celle de l’ordre cartusien. Celui-ci est particulièrement bien fait.

Laisser un commentaire