Le gallicanisme …

Voici un extrait d’une lettre d’un prêtre de l’Est de la France, proposé par la lettre dinformation de "Paix Liturgique dans le 92". Il attire notre attention sur les manques en matière de formation de qualité dans les séminaires et sur les dérives qui en découlent.

NB : nous ne sommes pas forcément d’accord avec toutes les options prises par "Paix Liturgique 92", en particulier en ce qui concerne  les moyens employés pour défendre la cause de ce qu’ils appellent la "Paix liturgique", mais l’extrait de cette lettre – rédigée par un un prêtre non traditionnaliste – nous a paru particulièrement éclairant…

Témoignage d’un curé de l’Est de la France :

 (…)
Je pense qu’il faudrait qu’on nous accorde, à nous, les vrais prêtres conciliaires, un Motu Proprio nous permettant de célébrer dans la nouvelle forme liturgique dignement, sans suppression, sans ajout de chants profanes (voire de lecture de textes profanes)… bref de célébrer comme l’Eglise nous le demande.
(…)
La formation que nous avons reçue en liturgie au séminaire était bien déficiente, on nous parlait beaucoup des premiers siècles, ensuite c’était "l’obscurantisme rubriciste" et le renouveau. Celui-ci était présenté comme le règne de la liberté et le mépris de tout ce qui touchait de près ou de loin à la "rubrique". Le seul péché était de n’être pas assez inventif. Quelques exemples : au séminaire, il y a moins de quinze ans, nous devions inventer de nouvelles formes de prières à la place des offices classiques, l’encens bien sûr était interdit comme un rite païen indigne d’une liturgie chrétienne (le temple de Jérusalem était-il donc un temple païen ?). On nous apprenait que la chasuble, depuis la réforme liturgique, est réservée à l’évêque, que l’habit ecclésiastique est interdit en France (certains prêtres y croient encore dur comme fer). Plus grave encore, que si un calice se renversait, le contenu n’était plus signifiant…
(…)
 Comment s’étonner ensuite qu’il y ait, encore aujourd’hui, des problèmes liturgiques dans la vie des paroisses (car ces idées ont servi à la formation de laïcs) ?
(…)
Ainsi, au-delà des simples questions d’application du Motu Proprio "Ecclesia Dei adflicta", c’est une démarche de conversion beaucoup plus profonde qu’il reste à accomplir dans l’Eglise en France (et pour tous quel que soit la forme du rite).
(…)
Et si j’avais un souhait à formuler ce serait de voir arriver sur le "marché" des séminaires et des diocèses de vrais formateurs en liturgie. Formateurs parce qu’eux-mêmes bien formés et non pas uniquement des archéologues voulant nous reconstituer une prétendue liturgie des premiers siècles.

Un curé de l’Est de la France

Voilà un témoignage, loin d’être unique, sur ce que nos séminaristes subissent en matière de Liturgie et de formation en Liturgie.
Comme le dit ce prêtre, pas étonnant de voir ce que nous subissons ensuite dans nos paroisses !

Il serait grand temps en effet de revenir à ce que nous enseigne réellement le Concile !

En discutant avec quelqu’un engagé depuis plus de 10 ans sur ma paroisse, je lui ai parlé de Sacrosanctum Concilium, la constitution sur la liturgie de Vatican II,  en lui récitant le numéro 36 :
 1. L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins
2. Toutefois, soit dans la messe, soit dans l’administration des sacrements, soit dans les autres parties de la liturgie, l’emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple ; on pourra donc lui accorder une plus large place, surtout dans les lectures et les monitions, dans un certain nombre de prières et de chants, conformément aux normes qui sont établies sur cette matière dans les chapitres suivants, pour chaque cas.
3. Ces normes étant observées, il revient à l’autorité ecclésiastique qui a compétence sur le territoire, mentionnée à l’art. 22 (même, le cas échéant, après avoir délibéré avec les évêques des régions limitrophes de même langue), de statuer si on emploie la langue du pays et de quelle façon, en faisant agréer, c’est-à-dire ratifier, ses actes par le Siège apostolique.
4. La traduction du texte latin dans la langue du pays, à employer dans la liturgie, doit être approuvée par l’autorité ecclésiastique ayant compétence sur le territoire, dont il est question ci- dessus.

Conernant, le premier point stipulant l’usage du Latin, il me dit ne pas l’avoir lu dans le même sens que moi. Il me semble pourtant que ce point est très clair et ne nécessite aucune interprétation (de même que le reste de cette constitution).

 Voilà ce contre quoi nous devons nous battre : des gens (voir uniquement des laïcs) qui font la pluie et le beau temps dans nos paroisses et nos diocèses mais qui ne connaissent pas les textes et divers documents du Magistère et qui ne veulent pas suivre ce que dit l’Eglise sous le fallacieux prétexte que chacun est libre de penser ce qu’il veut, que de ce fait l’Eglise n’a pas à imposer son mode pensée et enfin , qu’il serait grand temps que l’Eglise s’adapte aux gens (notamment en Liturgie).

Si nous nous reconnaissons Catholiques, nous reconnaissons alors par là même que nous choisissons de suivre l’Eglise Catholique dans ce qu’elle fait et ce qu’elle dit.
Il y a un terrible manque de cohérence, donc de crédibilité, chez ceux qui se disent catholiques mais qui vont à l’encontre de l’Eglise ! Malheureusement, ce sont les plus nombreux aujourd’hui.
Du point de vue de la Liturgie, lorsque nous nous reconnaissons d’un rite de cette même Eglise Catholique, nous devons être fidèles à ce rite : accepter tous les éléments de ce rite sous peine de mettre en cause sa validité actuelle ou passée. Pour cela, il y a des normes Liturgiques à suivre. Chacun, qu’il soit Romain – Dominicain – Melkite – Arménien – Gréco-Catholique,  a un rite propre, défini dans des livres Liturgiques (par exemple pour le Rite Romain : le Missel Romain). La fidélité à la Liturgie garantie également la fidélité à l’Eglise et aux vérités de Dieu (et de manière générale à la théologie Catholique).

Mais alors, si nous devons nous battre, comment ? Surtout pas à la manière de ce qui se fait dans les banlieues ! Nos armes doivent être d’une part  la Parole de Dieu, et d’autre part les textes du Magistère (Conciles, Encycliques, Lettres, …), les Pères de l’Eglise, etc. Ces armes doivent être utilisées pour faire passer le Vrai message de l’Eglise au travers de soirée débat, groupe de formations, célébrations Liturgiques : selon soit le Missel de Jean-Paul II, (donc en Latin !), soit selon la Liturgia Horarum romaine (et non bénédictine).

Alors, prions pour que, comme l’avait fait Dom Guéranger au XIXème siècle, l’ensemble des catholiques se convertissent en profondeur et retrouvent la Foi telle que nous la professons dans le Credo.

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