Le chant propre de la Liturgie.

La place des Psaumes dans la Liturgie Romaine :

Qui connaît de nos jours la place des Psaumes dans notre vie ?
Pourquoi en certains lieux ces chants datant d’avant Jésus-Christ
paraissent-ils si importants et sont-ils considérés comme une grande
richesse ?

Nous connaissons tous le chant des Psaumes. Nous imaginons souvent que
chanter les Psaumes est le propre des moines et moniales, des religieux
et religieuses dans la Liturgie des Heures.

Or, en écoutant ou lisant ce que dit Dom de Reynal,
nous nous rendons compte que la Liturgie des Heures est ouverte à tous
les baptisés. En partant de ce que nous enseigne le concile Vatican II
et que nous rappelle le RP Dom de Reynal, nous pouvons dès à présent chanter ou réciter les Laudes et les Vêpres
seuls ou en communauté (familiale, paroissiale, religieuse, …). Ces
offices nous permettent d’approcher tous les psaumes avec une
répartition sur 4 semaines ainsi que nous mettrent à l’écoute de
certains extraits de la Parole de Dieu.

L’enseignement de Vatican II va plus loin. Dans la
constitution « De Sacra Liturgia », intitulée Sacrosanctum Concilium
(SC), les Pères Conciliaires confirment que le chant grégorien est le
chant propre de la Liturgie Romaine (SC n°116 et 117). Sous
l’appellation « chant grégorien », sont en réalité regroupés plusieurs
sortes de chants, en particulier pour la Messe : introït, graduel,
alleluia / trait, offertoire, communion.
Il est alors très intéressant de se pencher sur ces trésors pour
essayer de comprendre pourquoi ils représentent le chant propre de la
Liturgie.
Les différentes pièces pour la Messe sont constituées d’une antienne
qui peut servir de refrain et d’un Psaume. L’antienne peut être un
stique du Psaume ou un verset tiré de la Bible, voir d’une des lectures
du jour ou même de la péricope (passage de l’Evangile du jour). Le
chant grégorien ne se limite donc pas à chanter la Parole de Dieu, il
nous donne de chanter les chants que le Christ a lui-même chanté : les
Psaumes, ces cantiques du roi David et par là même rester dans la
Tradition de l’Eglise.

En regardant le chant Liturgique sous cet angle, nous nous
rendons compte de la continuité de la Liturgie au travers de tous ses
aspects : Messe et Office Divin. Nous sommes invités à utiliser tout au
long de la journée ces chants que nous partageons avec nos « frères
aînés » Juifs.

Cette compréhension du chant grégorien permet de le séparer
définitivement des cantiques actuels et notamment des cantiques en
langue vernaculaire. Comme les pièces grégoriennes sont les chants des
Psaumes, nous comprenons bien que la Parole de Dieu est omniprésente
dans la Liturgie. De plus, le chant grégorien se transmet depuis de
nombreux siècles, signe de son insoumission aux modes. En confirmant le
grégorien comme chant propre de la Liturgie Romaine, l’Eglise reconnaît
que les chants Liturgiques ne peuvent être soumis aux modes mais restés
intemporels. C’est une des facettes du chant grégorien.

Ces quelques points nous montrent que nous recevons la Liturgie de Dieu et quelle ne vient pas des hommes, ce qui est appuyé par Dom Guéranger dans les Institutions liturgiques :
« Dieu a tant aimé le monde, qu’il lui a donné son Fils unique (Jn 3,
16) pour l’instruire dans l’accomplissement de l’œuvre liturgique. »
Néanmoins, comme lors des noces de Cana, Dieu a besoin de l’homme pour
réaliser son action. Il revient donc à l’homme la grâce de chanter et
proclamer la Parole de Dieu, réalisant alors la double action de la
Liturgie : Dieu va vers l’homme en lui donnant sa Parole et l’homme va
vers Dieu en lui donnant son chant.

Pour répondre à ma courte introduction, non seulement le chant
des Psaumes n’est pas réservé aux moines et moniales, religieux et
religieuses, mais en plus il est le chant propre de la Liturgie Romaine
lorsqu’il est chanté en grégorien. Si nous regardons le travail musical
des communautés « nouvelles » nous pouvons observer qu’un grand nombre
de Psaumes ont été mis musique sur des thèmes « modernes ». Ainsi la
vraie richesse pour nos célébrations Eucharistique en langue
vernaculaire serait d’utiliser les Psaumes pour l’Entrée, l’Offertoire,
l’acclamation de l’Evangile et pour la Communion.

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