Le chant grégorien après Vatican II.

Le chant grégorien est il pastoralement et spirituellement « à propos » dans nos paroisses du troisième millénaire ? Au regard de la pratique courante, il semblerait que non… ! Et pourtant. Les arguments tant juridiques que de bon sens militent dans le sens d’une pratique beaucoup plus large de cet art sacré, y compris en dehors des monastères…

Alors, qu’attendons-nous ?

Utilisation du chant grégorien aujourd’hui,

dans une liturgie post-conciliaire.

1.     Pourquoi le chant grégorien est légitime dans la liturgie des paroisses en 2005 ?

1.1     Un chant canonisé depuis S. Pie X et à de nombreuses reprises par Vatican II, le Missel romain dans sa dernière édition (2002), et dans d’autres sources.

Vatican II : Sacrosanctum Concilium

30. Pour promouvoir la participation active, on favorisera les acclamations du peuple, les réponses, le chant des psaumes, les antiennes, les cantiques et aussi les actions ou gestes et les attitudes corporelles. On observera aussi en son temps un silence sacré.

36. § 1. L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins

116. L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place.

Les autres genres de musique sacrée, mais surtout la polyphonie, ne sont nullement exclus de la célébration des offices divins, pourvu qu’ils s’accordent avec l’esprit de l’action liturgique, conformément à l’article 30.

 

Commentaire : Vatican II n’a jamais supprimé le latin dans la liturgie.

 

27 janvier 2001 : congrès international de musique sacrée au Vatican.

La musique sacrée est partie intégrante et nécessaire de la liturgie. Le chant grégorien, que l’Église reconnaît comme le  » chant propre de la liturgie romaine  » , constitue un patrimoine spirituel et culturel unique et universel, qui nous a été transmis comme l’expression musicale la plus limpide de la musique sacrée, au service de la Parole de Dieu. Son influence fut considérable sur le développement de la musique en Europe. Les travaux savants de paléographie de l’Abbaye Saint-Pierre de Solesmes et l’édition de recueils de chant grégorien, encouragés par le Pape Paul VI, la multiplication des chœurs grégoriens, ont contribué au renouveau de la liturgie et de la musique sacrée en particulier. Reconnaissant la place éminente du chant grégorien, l’Église se montre aussi accueillante aux autres genres musicaux, notamment la polyphonie. Il convient cependant que ces diverses formes musicales puissent  » s’accorder avec l’esprit de l’action liturgique « .

 

Commentaire : le chant grégorien, même au XXI°siècle, continue à détenir la primauté dans le discours du pape. Cette affirmation est d’une grande constance chez tous les papes depuis S. Pie X.

 

Présentation Générale du Missel Romain 2002

41. Le chant grégorien, en tant que chant propre de la liturgie romaine, doit, toutes choses égales par ailleurs, occuper la première place. Les autres genres de musique sacrée, mais surtout la polyphonie, ne sont nullement exclues, pourvu qu’ils s’accordent avec l’esprit de l’action liturgique et qu’ils favorisent la participation de tous les fidèles

 

Commentaire : « occuper la première place », ou « la place du Prince » en latin ‘Princeps’, c’est à dire la place d’honneur. Vatican II comme le Missel romain de 2002 cite d’abord le chant grégorien comme chant sacré ; les autres genres de musique ne sont « pas rejetées », mais il appartient de bien évaluer la signification profonde de l’assertion qui suit la déclaration de primauté du chant grégorien. Le chant grégorien n’a aucune exclusive. Mais les autres genres de musique sacrée ne sont pas mises au même niveau d’équivalence.

Cette approche de primauté est bien reprise dans un document encore plus récent, les Instrumentum Laboris du synode sur l’Eucharistie.

 

Instrumentum laboris du synode sur l’Eucharistie. (2005)

D’autres réponses, au contraire, déplorent la pauvreté des traductions des textes liturgiques et de nombre de textes musicaux en langue courante, traductions sans beauté aucune et parfois même ambiguës au niveau théologique, capables d’affaiblir la doctrine et la compréhension du sens de la prière. Une attention particulière est accordée, dans quelques réponses, à la musique et au chant durant les Messes pour les jeunes. À ce sujet, il est souligné l’importance d’éviter toute forme musicale qui n’invite pas à la prière, parce qu’assujettie à des règles d’usage profane. Certains musiciens font preuve d’une trop grande préoccupation pour la composition de nouveaux chants, succombant presque à une mentalité consumériste, sans se préoccuper de la qualité de la musique et du texte et en négligeant trop facilement un immense patrimoine artistique dont la valeur théologique et musicale a fait ses preuves dans la liturgie de l’Église.

Il est également recommandé que lors des rassemblements internationaux, au moins la Prière Eucharistique soit proclamée en latin pour faciliter une participation adéquate des concélébrants et de tous ceux qui ne connaissent pas la langue du lieu, comme le suggère opportunément la Constitution sur la Sainte Liturgie Sacrosanctum Concilium.

Différentes réponses aux Lineamenta souhaitent que le chant exécuté pendant la Messe et pendant l’Adoration soit véritablement empreint de dignité. Il y est souligné la nécessité de s’assurer que les fidèles connaissent l’essentiel du répertoire du chant grégorien. Celui-ci est composé à la mesure de l’homme de tout temps et de tout lieux, et ce grâce à sa transparence, à sa discrétion, et à la souplesse de ses formes et de ses rythmes. Aussi est-il nécessaire de reconsidérer les chants actuellement en usage. Si la musique instrumentale et vocale ne possède pas à la fois le sens de la prière, celui de la dignité et celui de la beauté, elle se nie toute possibilité d’accéder au domaine du sacré et du religieux. Cela exige la bonté des formes, en tant qu’expression d’art authentique, en correspondance aux différents rites et à la capacité d’adaptation aux exigences légitimes tant de l’inculturation que de l’universalité. Le chant grégorien répond à toutes ces exigences et c’est pourquoi, comme l’a dit Jean-Paul II, il est le modèle d’où tirer inspiration.

Proposition n° 36 du Synode sur l’Eucharistie ; (octobre 2005)

UTILISATION DU LATIN POUR LES CELEBRATIONS LITURGIQUES

Afin d’exprimer au mieux l’unité et l’universalité de l’Église lors des célébrations eucharistiques, pendant les rencontres internationales toujours plus fréquentes aujourd’hui, nous proposons que la (con)célébration de la messe se fasse en latin (sauf pour les lectures, l’homélie et la prière des fidèles); que les prières de la tradition de l’Église soient récitées en latin éventuellement accompagnées de chants grégoriens; que les prêtres se préparent dès le séminaire, à comprendre et valoriser la messe en latin par l’utilisation de prières latines et du chant grégorien; et à ne pas abandonner la possibilité d’éduquer les fidèles dans ce sens.

1.2     Un chant qui est le modèle et le type du chant sacré.

Le chant grégorien est une sorte d’aboutissement du concept de chant sacré. Il n’a pas d’exclusive, mais il est bien dans la pensée du magistère, pour aujourd’hui encore, un élément non dépassé. Cela ne fait aucun doute, y compris dans les textes romains les plus récents, comme nous venons de le voir. En tant que tel, le grégorien est donc « canonisé », il n’a pas besoin d’être « défendu » en tant que tel. Par contre il a besoin d’être mis en œuvre, et mis en œuvre dans le cadre d‘une activité spirituelle, ce pour quoi il a été composé.

2.     Au delà de l’approche « juridique », comment le chant grégorien peut il nourrir la prière aujourd’hui ?

2.1     Aux racines de la notion de prière et de liturgie

Le chant grégorien est généralement rejeté parce qu’il ne permet pas aux fidèles de « participer ». C’est la remarque le plus souvent avancée pour expliquer l’abandon de ce répertoire, malgré les directives « juridiques » vaticanes. Pour proposer le chant grégorien, il faut donc trouver des arguments supplémentaires, qui sont des arguments d’ordre théologiques. Parce que oui, il y a bien une théologie de  la liturgie !

Romano Guardini, liturgiste du XX° siècle, figure du proue du « mouvement liturgique » de l’entre deux guerres, « maître à penser » de Benoît XVI : L’esprit de la Liturgie

Précisons la signification de la liturgie. Ce qu’il importe avant toute chose de mettre en lumière, c’est le rapport dans lequel elle se trouve avec la vie spirituelle non liturgique. Le but premier et propre de la liturgie n’est pas le culte rendu à Dieu par l’individu. Ce n’est ni l’édification, ni l’éveil spirituel, ni la formation intérieure de l’individu en tant qu’individu qu’elle se propose. Ce n’est pas l’individu qui est le support de l’action et de la prière liturgiques. Ce n’est pas davantage l’addition arithmétique d’un grand nombre de fidèles telle qu’elle s’offre à nos yeux dans un sanctuaire comme l’expression matérielle de l’unité de la paroisse dans le temps, l’espace et le sentiment. La personne liturgique est tout autre chose ; c’est l’union de la communauté croyante, comme telle, c’est quelque chose qui dépasse et déborde la simple addition numérique des individus — d’un mot, c’est l’Eglise. La liturgie est le culte public et officiel de l’Eglise ; elle est exercée et réglée par des ministres choisis par elle dans ce but, qui sont les prêtres. Dans la liturgie, les hommages rendus à Dieu le sont par l’unité collective spirituelle, comme telle. Il est capital de saisir cette essence objective de la liturgie. C’est ici en effet que le concept catholique du culte collectif diverge nettement de la conception protestante qui vise, elle, avant tout l’individu. Le croyant d’ailleurs trouvera précisément dans l’épanchement et le déploiement de son être au sein d’une unité large et plus haute que lui-même la libération et la formation intérieure. Ceci découle logiquement de la nature profonde de l’homme qui est tout ensemble individuelle et sociale.

Commentaire :  La liturgie n’a donc pas pour but la sanctification des fidèles. Elle est l’expression du corps mystique du Christ constitué divinement et historiquement dans un acte liturgique, le jeudi Saint. Dès les premiers siècles de l’Eglise, une ritualité précise s’est construite et continue encore aujourd’hui de l’être. Le chant grégorien, dans ce dynamisme de construction rituelle a trouvé une place de choix. Pourquoi ? Parce que ce ne sont pas les actions de l’assemblée qui donnent validité à l’action liturgique, en particulier eucharistique :

Redemptionis Sacramentum : 2004

l’Eucharistie célébrée par les prêtres est un don « qui dépasse radicalement le pouvoir de l’assemblée [ … ]. Pour être véritablement une assemblée eucharistique, la communauté qui se réunit pour la célébration de l’Eucharistie a absolument besoin d’un prêtre ordonné qui la préside. (…) Ainsi, il ne faut employer qu’avec prudence des expressions telles que « communauté célébrante » ou « assemblée célébrante », qui sont traduites dans d’autres langues modernes par « celebrating assembly », « asamblea celebrante », « assemblea celebrante », et d’autres de ce genre.

Commentaire : Il apparaît donc qu’il y a une incompréhension profonde, chez  la plupart des fidèles, de la notion de « participation ». Nous participons activement en effet, en étant présents aux mystères célébrés ; ce qui veut dire que la prière et la participation peut être réelle y compris par l’écoute le recueillement, une attitude extérieure de réceptivité, en apparence, mais en apparence seulement passive.

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Inversement, le sens de la prière liturgique est très différent du sens de la prière d’oraison. L’oraison demande une introspection, une présence à Celui qui est plus présent à moi même que moi même (Me connaître, Te Connaître, S. Augustin). La prière liturgique est fondamentalement différente. Et elle est supérieure aux autres :

Dom Guéranger, Préface générale à l’Année Liturgique

La prière de l’Église est donc la plus agréable à l’oreille et au cœur de Dieu, et, partant, la plus puissante. Heureux donc celui qui prie avec l’Église, qui associe ses vœux particuliers à ceux de cette Épouse, chérie de l’Époux et toujours exaucée ! Et c’est pourquoi le Seigneur Jésus nous a appris à dire notre Père, et non mon Père ; donnez-nous, pardonnez-nous, délivrez-nous, et non donnez-moi, pardonnez-moi, délivrez-moi. Aussi pendant plus de mille ans, voyons-nous que l’Église, qui prie dans ses temples sept fois le jour et encore au milieu de la nuit, ne priait point seule. Les peuples lui faisaient compagnie, et se nourrissaient avec délices de la manne cachée sous les paroles et les mystères de la divine liturgie. Initiés ainsi au cycle divin des mystères de l’année chrétienne, les fidèles, attentifs à l’Esprit, savaient les secrets de la vie éternelle ; et sans autre préparation, un homme était souvent choisi par les pontifes pour devenir prêtre ou pontife lui-même, afin de répandre sur le peuple chrétien les trésors de doctrine et d’amour qu’il avait amassés à leur source.

La liturgie est une prière de « configuration au Christ », et à son corps qui est l’Eglise, et non plus d’introspection. On prie vraiment et réellement en chantant avec l’Eglise le chant propre de la liturgie romaine, même sans aucune action d’introspection. Le chant grégorien est donc entièrement, par son exécution ou son audition, une participation pleine à la liturgie, en tant que chant propre de la liturgie, puisqu’il nous configure au Christ.

Dom Gajard (Solesmes), les plus belles mélodies grégoriennes commentées, introduction générale

« La beauté surnaturelle du Seigneur en nous, dit admirablement l’abbé de Solesmes[1] dans son Commentaire sur la règle de Saint Benoît, cette ressemblance parfaite avec Lui que toute l’économie surnaturelle s’emploie à graver, cette empreinte divine que la frappe du balancier liturgique imprime perpétuellement en nos âmes, ne nous est pas donnée pour que nous en jouissions tout seuls, dans une sorte de coquetterie intérieure… Et c’est seulement parce que Dieu « cherche des adorateurs en esprit et en vérité » qu’Il nous a faits un avec son Fils par son Saint- Esprit. Dans cette phrase extraordinaire qui commence l’Epître aux Ephésiens, saint Paul marque bien que la fin suprême de la création et de la Rédemption, de la récapitulation de toutes choses dans le Christ, c’est le témoignage liturgique de l’excellence et de la beauté infinies : Elegit nos in ipso ante mundi constitutionem, ut essemus sancti et immaculati in conspectu ejus in caritate ; qui praedestinavit nos in adoptionem filiorum per Jesum Christum in ipsum, secundum propesitum voluntatis suae, in laudem gloriae gratiae suae, in qua gratificavit nos in dilecto Filio suo.

Il y a donc connexion étroite des trois éléments : union à Dieu, louange de Dieu, gloire de Dieu. Notre sainteté individuelle (…) se traduit dans cette même prière liturgique qui la réalise le plus efficacement ; notre béatitude, c’est d’entrer dès ici-bas dans la vie et la Joie de notre Dieu ; c’est de faire refluer éternellement par la voie de l’Esprit et du Verbe, vers le principe sans principe qui est le Père, tout l’être créé et incréé qui descend de cette source par le Verbe et par l’Esprit ».

Regardez attentivement nos mélodies grégoriennes ; c’est bien cette note-là qu’elles sonnent ! Comme nous le remarquions plus haut, elles expriment à merveille, non pas seulement ce que nous disons à Dieu, mais aussi et peut-être surtout ce que nous sommes devant Lui, notre attitude d’âme. Or S. Benoît résume toute cette attitude en un mot, comme il ramène toute sa spiritualité à une seule vertu compréhensive : l’humilité, laquelle est chez lui le fruit d’un double regard, regard de Dieu sur nous, et de nous vers Dieu, cette disposition foncière d’humilité profonde, d’adoration, d’action de grâces, de louange, de confiance absolue aussi, d’inaltérable paix et d’amour, dont nous avons parlé ; et c’est précisément cela même qui fait le fond, la principale beauté et toute l’efficacité de la prière chantée de l’Eglise. A la différence de beaucoup d’âmes modernes, qui ont besoin, dans leur piété, de perpétuels retours sur soi, d’examens répétés, etc., les anciens aimaient à faire surtout crédit à Dieu et oubliaient plus volontiers le moi pour s’appuyer davantage sur l’efficacité unique de l’Œuvre Rédemptrice. Oculi mei semper ad Dominum, quia ipse evellet… Les mélodies grégoriennes sont singulièrement éloquentes et expressives de la vieille et bonne spiritualité ; et c’est là d’où leur vient leur extraordinaire action dans les âmes, qu’elles pacifient, dilatent et portent vers Dieu.

 

2.2     Concrètement : réintroduire le chant grégorien dans la pratique (liturgique) ?

Nous sommes donc à ce stade persuadés de la pertinence du chant grégorien, tant pour des raisons disons « juridiques » que des raisons « spirituelles ». Il s’agit donc de réintroduire la « vielle et bonne spiritualité » dont parle Dom Gajard. Une spiritualité de l’objectivité, celle de la Parole chantée, habitée par une mélodie géniale, inspirée, et qui lui est dédiée.

Il y a deux attitudes généralement possibles : l’une est de rejeter la liturgie actuelle puisque son déploiement depuis environ 40 ans a été le synonyme d’abandon du latin, donc du grégorien. C’est une attitude qui a été adoptée par un certain nombre de fidèles, dont on peut saluer à la fois le courage et la piété.

Mais est-ce la bonne attitude ? Nous avons vu quel malgré la pratique la plus répandue dans nos paroisses, le chant grégorien continue d’être proposé aux fidèles par le magistère comme le modèle de la musique sacrée. Le rite romain rénové continue à revendiquer le grégorien comme son chant propre. Nous avons vu que l’efficacité de la prière liturgique a pour critère principal la configuration au corps mystique du Christ, le cas échéant par la communion eucharistique. Or, la prière de l’Eglise officielle, ce sont les dernières éditions des livres liturgiques. Dans l’idéal, cela exclut donc la célébration liturgique avec les livres de 1962, et le tout sans ressentiment ou idéologie aucune.

Il y a donc une deuxième voie, peut être plus étroite, et qui demande même un acte de foi, un acte de confiance dans l’Eglise et la liturgie éternelle ; elle n’est de plus pas la plus facile, pour des raisons essentiellement idéologiques (nul besoin de dessin) : le chant grégorien dans la liturgie post conciliaire. Il faut montrer que cela a un sens, mais lequel ?

          l’universalité dans un contexte international. Le latin peut et doit primer sur l’Anglais, pour cette raison (qui n’a rien de nostalgique). Cf. les idées de Taizé.

          Le terreau culturel : le chant grégorien est aujourd’hui « dépossédé » de la liturgie. Sa réintroduction permet l’intervention de critères extérieurs, transcendants.

Concrètement (« pastoralement ») : il ne s’agit pas de proposer de façon systématique, des liturgies entièrement grégoriennes. Il s’agit de maîtriser suffisamment bien l’art liturgique pour intégrer de façon harmonieuse avec des cantiques et des « chants de foule »

1 – à la messe.

          Les chants de l’ordinaire de la Messe,

          L’introït pendant l’encensement après une procession d’entrée ‘avec cantique’.

          La communion (pendant la communion du prêtre, du diacre, ou des concélébrants – ce rite, contrairement à ce que mentionne le missel romain de 2002, se déroule en effet la plupart du temps en silence…)

          L’offertoire (qui le plus souvent est en fait en silence dans les paroisses ou accompagné d’orgue)

          L’Alléluia avec ou sans son verset.

          Le graduel

2 – pour la liturgie des heures :

          Les hymnes et les antiennes, avec s’il le faut, une psalmodie modale en Français.

3 – Dans le cadre non liturgique, voire missionnaire :

          Pourquoi pas à l’occasion de saluts au S. Sacrement ou soirées d’adoration (hymnes et antiennes eucharistiques, en allant plus loin que Tantum Ergo)

          Dans le cadre d’échanges avec d’autres confessions, chrétiennes, d’autres religions ? Le sens du rite est en effet universel, et le chant grégorien (cf. expériences à Solesmes) est quelque chose qui peut montrer des points communs davantage que des différences.

          Dans le cadre de « concerts spirituels » ; quelquefois plus ‘politiquement corrects’ que la liturgie (cf. notre expérience de S. Maur).

 

Et surtout : une pédagogie dépassionnée, en dehors des luttes idéologiques, sans « guerre de missels » ou « pastorale participative ». Une affirmation tranquille de la nature de ce qu’attend l’Eglise des fidèles, qui par leur baptême sont aussi prêtres, donc partie prenantes de la liturgie.


[1] Dom Delatte, deuxième succeseur de Dom Guéranger.

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