Le catholicisme est le tombeau de l’intelligence, de la pensée, du cerveau. (Blanqui)

« Le catholicisme est le tombeau de l’intelligence, de la pensée, du cerveau ». Louis Auguste Blanqui affirme par cette phrase que la religion catholique est des plus obscurantiste. En effet il est clair dans son propos qu’il  considère l’Eglise catholique comme une secte qui a pour seul objectif le pouvoir sur la masse des peuples. Cela passe donc par une attrition de la pensée, du cerveau et de l’intelligence chez les catholiques, afin d’asseoir ce pouvoir. L’Eglise favoriserait tout ce qui y conduit.

Cette position vis-à-vis de l’Eglise, qui chez Blanqui préfigure l’anti-cléricalisme français du début du XXème siècle, est à mon sens largement erroné et idéologique, c’est ce que je vais m’employer à montrer.

Ma réponse à Louis Auguste Blanqui s’articule en deux points, le premier observe que ce n’est pas une réalité et même que le christianisme a beaucoup participé aux développement scientifique et philosophique, le deuxième affirme que le catholicisme demande au chrétien une intelligence de la foi et que celle-ci implique un développement de l’intelligence, de la pensée et du cerveau.

 

Regardons tout d’abord si dans l’histoire, le catholicisme a été effectivement et objectivement coupable des accusations de Louis Auguste Blanqui. Force est de constater que l’histoire lui donne tort, en effet au travers des siècles on compte un grand nombre de religieux, de laïcs profondément catholiques qui ont contribué de manière significative au développement de la réflexion et du savoir.

Tout d’abord lorsque l’on regarde l’œuvre théologique et philosophique laissée par l’Eglise et les catholiques on ne peut dire que le catholicisme empêche la réflexion intellectuelle. La réflexion et les oeuvres d’Origène, de st Justin, de st Augustin, de st Thomas d’Aquin en philosophie et en théologie ont un rayonnement plus large que le seul public de l’Eglise catholique et des chrétiens. Plus proche de nous les travaux du  Pape Jean-Paul II ont montré que la réflexion philosophique chrétienne avait toujours un tel rayonnement. On peut donc affirmer que dans toute l’histoire de l’Eglise, elle a été le lieu d’une intense et fructueuse réflexion intellectuelle concernant la théologie et la philosophie.   

Cependant on pourrait répondre à cela que ce n’est pas étonnant qu’une religion développe la réflexion théologique, et ce pour mieux pouvoir influencer les personnes et accomplir, selon la pensée de Blanqui, son œuvre d’attrition de la réflexion en en donnant des fondements théologiques et philosophiques.

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Alors il est intéressant d’étudier d’autres hommes, qui, alors qu’ils étaient profondément chrétiens, ont fait progresser de manière significative la connaissance du monde, c’est-à-dire la science au sens littéral du terme : le savoir.

Le monde monastique du Moyen-Âge nous offre un exemple particulièrement intéressant de chrétiens, les moines, qui ont contribués à la science. Il est vrai qu’ils n’ont pas beaucoup contribué à la science comme on l’entend généralement aujourd’hui, mais plutôt à la technique. En effet le rayonnement économique et pacificateur des monastères était alors très important, Guillaume le Conquérant a fait fondé plusieurs monastères en Normandie pour soutenir sa politique pacificatrice du duché de Normandie. Un grand nombre d’innovations technologiques majeures dans ces siècles là ont été faites et propagées par les monastères. On peut citer les techniques de cultures, l’assolement triennal, le moulin à eau, à vent, etc. En ce qui concerne les progrès de la construction à l’époque, il y avait deux moteurs, dont l’un était profondément chrétien : les constructions sacrées. Dans la construction des Eglises et des cathédrales on a put voir des progrès aussi important pour l’époque que la découverte du béton ou l’utilisation de treillis métalliques, au XIX et au XX siècle.

Plus proche de nous on peut citer un grand nombre de scientifiques chrétiens. A commencer par Léonard de Vinci, Louis Pasteur et tant d’autres. A partir de la renaissance on trouve des scientifiques chrétiens dans tous les domaines : physique, mathématiques, médecine, technique. De grands scientifiques contemporains profondément chrétiens comme le professeur Jérôme Lejeune ou  le mathématicien Laurent Lafforgue ont fait avancé la connaissance scientifiques. Cela eut-il été seulement possible si la critique de Blanqui était avérée ?

Certes on peut y opposer la réaction de l’Eglise face à certaines théories scientifiques, qui ont été des progrès incontestables de la connaissance du monde. Galilée est un exemple célèbre, cependant l’étude des raisons de sa condamnation par l’Eglises porte plus sur sa méthode scientifique que sur la nature de sa thèse. La théorie de Darwin a aussi en son temps prise avec beaucoup de scepticisme par l’Eglise. Aujourd’hui il est admis que la théorie de l’évolution telle qu’énoncé par Darwin, c’est-à-dire une évolution continue, est inexacte, on lui préfère aujourd’hui une théorie évolutive discontinue, qui permet d’expliquer de manière satisfaisante l’évolution continue des espèces ainsi que leur apparition.

L’histoire infirme donc l’affirmation de Louis Auguste Blanqui. Cependant cette réponse serait incomplète si on ne parlait des fondements qui ont poussé ces hommes, chrétiens, au développement de la connaissance et de l’intelligence.

 

Il s’agit maintenant d’aller plus loin que les simples constatations précédentes et d’expliquer les fondements théologiques de la recherche de la connaissance.

Dans le livre de la Genèse se trouve définit par Dieu la vocation première de l’Homme : «  Soyez féconds, multipliez-vous, emplissez la terre et soumettez là » Gn 1,28. De cette vocation première de l’homme je voudrais retenir ici l’aspect de la soumission de la terre aux hommes. En effet Dieu nous demande de soumettre sa création. Cela a deux aspects qui nous intéressent ici. Le premier est assez concret et immédiat, il est évident que pour modeler la création l’homme a d’abord besoin de la comprendre. C’est l’objet de la science au sens moderne du terme qui a pour objet de décrire le fonctionnement de la création. Le second est moins immédiat. La soumission de la création, dans le plan de Dieu, passe, après le péché originel, par la connaissance de ce qui est bon pour l’homme. C’est-à-dire la connaissance de l’homme en tant qu’être doué de raison et d’amour. C’est l’objet de la philosophie et de la théologie.

On peut donc affirmer que la recherche scientifique et la recherche philosophique sont profondément ancrées et soutenues par le catholicisme, on peut étendre ceci à l’art en général et l’art sacré en particulier.

Le concile Vatican I par sa constitution dogmatique Dei Filius nous donne les fondements de cette attitude et du devoir du chrétien d’utiliser sa raison et son intelligence pour mieux connaître Dieu. Par cette constitution dogmatique, l’Eglise encourage les catholiques à étudier les sciences et les arts car cette étude conduit à Dieu. En effet comme Dieu est créateur l’étude de la création conduit à Dieu. De plus Dieu lors de la création de l’homme l’a doué de raison, Dieu ne pouvant se nier lui-même, l’usage par l’homme de cette raison ne peut que le rapprocher de Dieu.

La Révélation est un équilibre entre la raison et la Foi, mais c’est par les limitations de notre raison pour comprendre le mystère divin que nous pouvons réellement faire un acte de Foi et d’obéissance en acceptant la totalité de la Révélation. C’est pourquoi l’exercice de l’intelligence et de la raison est un acte particulièrement chrétien.

Non seulement l’affirmation de Louis Auguste Blanqui ne repose pas sur une réalité, mais de plus la Foi chrétienne demande exactement le contraire de ce qu’il affirme.

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