La réforme de la réforme est bien vivante (L’Homme Nouveau)

Sur le site de l’homme nouveau vous pourrez consulter un article intéressant, avec une photo qui nous concerne directement puisqu’elle a été prise il y a un an lors de la célébration de la messe de la Toussaint à Villars les Dombes (1er novembre 2012).

Vous pouvez consulter cet article ici : http://www.hommenouveau.fr/771/religion/la-reforme-de-la-reforme-est-bien-vivante.htm


 

Nous le commentons ci-dessous.


 

La réforme de la réforme est bien vivante

Rédigé par Henri Saint-Martin le 22 octobre 2013 dans Religion

 

La réforme de la réforme est bien vivante

Dans son carnet La messe à l’endroit (Éditions de L’Homme Nouveau, collection « Hora Decima »), l’abbé Claude Barthe disait – il le disait sous Benoît XVI – que l’on ne devait pas attendre des lois et règlements venant d’en haut pour opérer la réforme de la réforme, mais qu’elle était l’affaire des prêtres de terrain :

« la réforme de la réforme consiste essentiellement dans des choix entre les diverses possibilités laissées par le nouveau missel. Très concrètement, c’est l’aspect systématique des bons choix qui fera la réforme de la réforme ».

[Concrètement, la référence fait ici est cléricale. Ce sont les prêtres qui sont supposés faire la « réforme de la réforme ». Or chacun sait que les prêtres, de nos jours, dans les paroisses ordinaires, ne peuvent pas faire grand-chose s’ils ne sont pas appuyés par des laïcs motivés : le chœur grégorien notamment, mais aussi les servants de messe, par exemple.]

 

Une floraison d’ouvrages sur la question

À plus forte raison est-ce vrai sous le Pape François, où l’on n’a plus l’exemple romain des cérémonies pontificales et de leurs petits coups de pouce réformateurs.

[Il est certain que sous Benoît XVI un certain nombre de détails liturgiques, mis en œuvre par le pape lui-même, avait mis en marche une certaine vision du cérémonial. On pense par exemple aux chandeliers sur l’autel, au placement du prêtre par rapport à l’autel, au chant des lectures en grec et latin, à la réintroduction des cardinaux diacres, ainsi que d’autres détails notamment vestimentaires du pontife romain, dont nous sous sommes faits écho dans nos pages. Aujourd’hui tout n’a évidemment pas été abandonné, mais alors que l’on constatait une progression lente mais continue vers un ars celebrandi sobre et juste, ce ne semble plus être le charisme particulier du pape actuel. Un jésuite, comme nous le faisions remarquer, n’est en aucun cas un liturgiste…]

De fait, les parutions de livres en ce sens continuent sous le nouveau pontificat, par exemple du père Giorgio Farè, Le due forme del rito romano (Cantagalli, 2013) ; de Daniele Nigro, I diritti di Dio. La liturgia dopo il Vaticano II (Sugarco, 2013, avec une préface du cardinal Burke). On peut faire entrer dans cette ligne, le petit livre tout récemment paru de Thierry Laurent, La liturgie de la messe geste après geste. Commentaire pastoral de la messe en sa forme ordinaire (Le Laurier, 116 p., 10 €).

 

Une préface du cardinal Cañizares

L’abbé Thierry Laurent, prêtre du diocèse de Paris, a commencé son ministère sacerdotal dans le diocèse de Saint-Denis, et il vient d’être nommé aumônier du collège Stanislas, à Paris. Muni d’une préface extrêmement sentie du cardinal Cañizares, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin – « L’abbé Thierry Laurent nous a procuré beaucoup de joie… » –, il décrit, analyse, commente chaque rite. Et d’abord les choisit, car comme on le sait la nouvelle forme ordinaire est largement une liturgie à la carte, dans laquelle rien n’interdit, au contraire, d’opter pour le meilleur :

« La messe peut débuter par l’aspersion d’eau bénite de tous les fidèles… L’autel est consacré… Il renferme les reliques des saints… », etc.

[Notre conviction est qu’en réalité, la messe ne devrait justement pas être un réservoir à option à discrétion du prêtre, mais les options devraient justement être fixées dans le coutumier promulgué par chaque ordinaire. Il n’est pas normal qu’on doive faire « le choix des options » avant chaque célébration… ]

Avec d’utiles rappels : « Le lecteur est en priorité celui qui est institué pour cela » (sur le croquis correspondant, c’est un clerc en surplis). Dans cette messe ordinaire, où selon les illustrations, l’autel est bâti sur trois marches, les chandeliers sont posés sur l’autel de part et d’autre de la croix, la messe est dite face au Seigneur, les fidèles s’agenouillent (par exemple, pour réciter le Confiteor !).

 

Le canon romain

On encense l’autel au début de la messe et à l’offertoire. La prière eucharistique est aussi qualifiée de canon (et c’est la première prière eucharistique, le canon romain, que Thierry Laurent choisit de commenter), listes de saints comprises, lesquelles sont, elles aussi facultatives.

 

« Pour manifester un plus grand respect et une plus grande adoration, je peux recevoir le Christ à genoux sur la langue. (…) Il est donc recommandé de le recevoir directement en moi, sur la langue, car telle est la règle commune ». Les mots latins usuels abondent, de même que les parallèles : « Dans la messe en forme extraordinaire, on fait toujours, dans la messe en forme ordinaire, au choix du célébrant… »

[Précisément, c’est peut être ce « au choix du célébrant » qui devrait être supprimé pour fonder de façon saine la reforma reformae. Ce devrait être au choix de l’ordinaire, en conformité avec les usages légitimes locaux approuvés… etc.]

La description du rite est systématiquement suivie d’une explication mystique prise dans les commentaires patristiques et médiévaux, ce qui est peut-être l’innovation la plus remarquable de ce travail pastoral.

 

L’Offertoire traditionnel

Et comme, lors de l’offertoire, le prêtre prie « secrètement comme le Christ à Gethsémani », rien ne lui interdit de se servir des prières de l’offertoire traditionnel.

 

En encourageant l’auteur, le cardinal Cañizares pousse « les jeunes prêtres » à poursuivre un tel travail « à l’égard des enfants », comme s’il était évident que seule une nouvelle génération de clercs s’adressant à de nouvelles générations de fidèles peut l’accomplir. [Il est en effet certain que beaucoup de choses deviendront possibles lorsque les chrétiens d’un certain âge, persuadés d’être « formés », auront rejoint… Le cercueil. Il n’y a en effet rien de pire, dans la mise en oeuvre d’un cérémonial, qu’un prêtre, un diacre, une religieuse ou un laïc qui a suivi une « formation » à la liturgie et qui se complaît dans un néo rubricisme sans aucun recul] S’il n’est pas besoin de dire que cette interprétation de la messe ordinaire (comme on interprète un texte, une partition de musique et un livret de théâtre) doit beaucoup au patron que représente la célébration traditionnelle, il faut ajouter qu’une telle interprétation recrée un milieu vital extrêmement favorable au développement de la messe en forme extraordinaire au sein même des paroisses.

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