La Messe au fil de ses rites – Dom Robert Le Gall (éd. C.L.D.)

« L’Eucharistie est la source et le sommet de toute vie Chrétienne » nous enseigne la constitution Lumen Gentium du Concile Vatican II. Cette vérité profonde, que l’on peut observer dans les exemples de nombreux saints et bienheureux, peut paraître un peu intellectuelle et ne se ressentir que faiblement à travers notre pratique de ce sacrement. Comment pouvons nous alors faire devenir une réalité dans nos propres vies, cette affirmation des pères conciliaires.

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Dom Robert Le Gall nous donne, de manière certes un peu détournée, une piste pour approfondir notre relation à l’Eucharistie. Il nous propose de nous intéresser à la messe, lieu de l’Eucharistie, à ses rites et à ce qu’ils traduisent comme élan vers Dieu. Sans doute est-ce là, la traduction de l’expérience qu’il a pu faire de la liturgie Eucharistique  comme moine bénédictin.

Le chemin qu’il nous invite à suivre est bien un chemin de spiritualité et d’expérience spirituelle et non un simple guide de bonne pratique de la liturgie. D’ailleurs si sa seule volonté en écrivant cet ouvrage fut d’en faire un livre sur la bonne pratique de la liturgie, il n’aurait pas eu besoin de faire plus qu’un simple commentaire des rubriques du missel. Ce que nous propose Dom Robert Le Gall en est vraiment très éloigné, ce n’est pas un ouvrage pour rubricistes liturgiques pointilleux.

 

Dom Robert Le Gall, Père Abbé de l’abbaye bénédictine de Kergonan, lorsqu’il écrivit cet ouvrage, et actuellement archevêque de Toulouse, nous propose de nous arrêter quelques instants sur l’ensemble des rites de la messe. Même, et surtout, sur ceux qui nous paraissent les plus insignifiants. Il nous propose de découvrir comment chacun des rites possède une richesse propre insoupçonnable et comment, intégré dans l’ensemble qu’est la liturgie Eucharistique, ils en font paraître un éclat plus riche encore.

 

L’ensemble de son ouvrage montre comment l’ensemble des rites de la messe est entièrement tendu vers l’Eucharistie. Dés l’entrée, il nous décrit l’importance de ces rites initiaux qui paraissent anodins. De la salutation initiale et la manière dont elle manifeste le rôle ministériel du prêtre, au chant du gloria, en passant par le rite pénitentiel et le Kyrie, il explore la profondeur de ces rites qui manifestent la volonté et le désir de l’Eglise de répondre à l’amour de Dieu. Il nous invite aussi à approfondir notre vie spirituelle à partir de la collecte, cette prière que le prêtre dit, pour unifier la prière de l’assemblée, à la fin du gloria, et de ses variations au fil de l’année liturgique.

 

Il nous rappelle quel est le rôle ministériel du lecteur lorsqu’il proclame la parole de Dieu et présente la réponse que les fidèles et les chantres font à cette parole, à travers le psaume. A travers son commentaire de la liturgie de la parole, il nous rappelle que les chantres ont un rôle ministériel propre, et surtout que nos liturgies prennent racines dans les différentes liturgies juives. Il attire notre attention sur la richesse, la diversité et l’importance des textes des lectures proclamées au fil de l’année.

 

L'image “https://i0.wp.com/catholozere.cef.fr/eveque/imagee/eve2.jpg?resize=199%2C137” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Enfin vient la liturgie Eucharistique, la partie la plus riche de la liturgie, d’ailleurs il lui consacre sa plus longue partie, et malheureusement la partie que nous connaissons le moins bien, car trop souvent nous n’y portons pas toute l’attention que nous devrions. Trop souvent pouvons-nous nous surprendre à ne pas être totalement tourné vers l’action liturgique et tourné vers Dieu malgré ce que nous répondons au prêtre avant la préface : « Nous le tournons vers le Seigneur ». Dans ces dialogues entre le prêtre et l’assemblée, Dom Le Gall met en avant des aspects que nous n’imaginons pas.

 Comme pour les collectes, il souligne la richesse spirituelle et la richesse pour la vie spirituelle, que constituent les quelques quatre-vingts préfaces du missel. Il nous propose de nous arrêter sur les quatre prières eucharistiques, à la fois sur leur unité et sur leur diversité.

Enfin, alors que la messe est presque finie, mais loin d’être achevée, que la communion approche, il nous invite à découvrir l’extrême profondeur et la concision de ce rite de la communion.

La présentation du rite de conclusion met un point final à cet ouvrage. Elle cèle cet éclairage sur la cohérence et la diversité de ces rites, sur l’importance de chacun d’entre eux, même de ceux qui paraissent le plus insignifiants. Il ouvre, par ailleurs, à l’exploitation des richesses du trésor liturgique pour la vie spirituelle, afin de pouvoir vivre cette réalité proclamée par le Concile : « L’Eucharistie est la source et le sommet de la vie chrétienne. »

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