La liturgie, célébration de la Parole de Dieu (III)

Suite de notre série sur Liturgie et Parole de Dieu. 
 
3- La liturgie, lieu de la Parole
 

En réalité, on le comprend bien, la liturgie est aussi le lieu où la Parole de Dieu s’accomplit. La phrase désormais peut être trop fameuse citée plus haut sur la table de la Parole la Table du Corps du Christ est peut être mal comprise. Arnaud Joint-Lambert (Guide pour comprendre la Messe, 2002, p. 75-76.) nous explique que cette idée des « deux tables » est ancienne. Pour autant, si on lit bien le texte du Concile, ainsi que la présentation générale du missel romain (n°56) on se rend compte que ce mot « table » est au singulier. Les bonnes pratiques concernant l’architecture des églises recommandent de faire apparaître justement une unité entre l’autel et l’ambon, qui est le lieu de la Parole. Car c’est dans un lieu unique que s’accomplit la Parole de Dieu, que ce soit sur l’Autel ou à l’Ambon. Ce sont des paroles que prononce le prêtre sur les espèces à consacrer lors de la liturgie eucharistique. Faut il donc vraiment, un peu trop artificiellement, trop séparer le lieu de la Parole et le lieu du Sacrifice ? Rien n’est moins sûr… Il ne s’agit pas de proclamer les lectures depuis l’autel, mais bien de signifier l’unité de lieu, qui est le sanctuaire, le « presbyterium » de « l’opération » de la Parole de Dieu.
Dans la liturgie de la Parole, le mystère n’est pas seulement annoncé ; il est d’ores et déjà vécu, et c’est ce que rappelle bien la présentation générale du lectionnaire romain. De même, dans la liturgie eucharistique, le mystère n’est pas seulement vécu, il est annoncé. On peut par exemple penser à Charles de Foucauld venu répéter les paroles de la consécration comme annonce de conversion aux populations du sud algérien. L’acte eucharistique est une annonce de salut, il est célébré « in remissionem peccatorum », et son efficacité dépasse probablement les seuls communiants.

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