La liturgie, célébration de la Parole de Dieu (I)

L’ensemble de la liturgie est pétri d’expressions bibliques. Le problème est que pour beaucoup de nos contemporains, il n’y a en fin de compte pas grand chose en commun entre l’Ecriture Sainte et la Liturgie.
Or, non seulement la Messe est entièrement une paraphrase de la Bible, mais la Bible est en majeure partie écrite pour la liturgie. En réalité dans le plan divin de la rédemption, Bible et liturgie sont faites l’une pour l’autre.  On peut affirmer qu’une des causes de l’écriture de la Bible est la liturgie, et quand ce n’est pas directement le cas, l’Ecriture Sainte est une codification ou une justification du culte divin.

1- La liturgie eucharistique, une parapharase de la Bible

Chaque messe commence par le digne de la croix : « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Ce signe de croix est lui même un rite qui nous vient des apôtres, qui dès les premiers temps du christianisme, « scellent » les nouveaux baptisés en le traçant sur leur front (cf. Eph 1,13, Ap 7,13). Les mots que nous prononçons en faisant ce signe font partie des derniers mots que le Christ lui même a prononcés pour ses apôtres (Mt 28,19). Ensuite le prêtre salue l’assemblée, en employant directement un vocabulaire biblique (2Th 4,22) : « Le Seigneur soit avec vous ». Dans l’Ecriture sainte, ces mots sont une demande une sollicitation de la présence divine, sa protection et son aide (Ex 3,12, Lc 1,28). Même quand le prêtre choisit une formule de salutation différente (« Gratia Domini Ieus Christi et caritas Dei… », « La grâce de Notre Seigneur Jésus Christ … », cette formule est directement issue également dans l’Ecriture ( 2 Cor 13,14 Eph 1,2). Et la messe continue ainsi, comme un dialogue entre les fidèles et Dieu, avec pour médiateur de prêtre. Ce qui est frappant, c’est que justement nous continuons ce dialogue en utilisant entièrement le langage biblique.
Cela continue avec le rite pénitentiel suivi de la prière de supplication : Ps 51, Baruch 3,2, Lc 18,13-38-39. Nous continuons ainsi avec l’hymne des anges lors de la nuit de Noël (Gloria in excelsis Deo, Gloire à Dieu…) qui est dans Lc 2,14. Même les prières eucharistiques sont fortement imprégnées de vocabulaire étroitement liés à l’Ecriture Sainte. Avant de nous agenouiller devant l’autel, nous chantons une autre hymne angélique qui est également présente dans la bible « Sanctus Sanctus Sanctus, Dominus Deus sabaoth », « Saint Saint Saint le Seigneur… ») tiré de Is 6,3 et repris dans Ap 4,8 en la joignant à la psalmodie triomphale de ceux qui accueillirent Jésus à Jérusalem (« Hosanna in excelsis », « Hosanna au plus haut des cieux » (Mc 11,9-10). Au centre de la Messe, nous entendons à nouveau les mots du Christ lors de la dernière Cène (Mc 14, 22-24). Nous prions le notre Père avec les paroles que le Rédempteur nous a lui-même données (Mt 6,9-13) et nous le reconnaissons en reprenant une phrase de S. Jean Baptiste ( Jn 1,29-36) : « Ecce agnus Dei » : « Voici l’agneau de Dieu ». Avant de le recevoir dans la communion, nous confessons notre indignité avec les mots mêmes du centurion (Lc 7,7). Nous nous agenouillons,(Ps 95,6 Actes 21,5), nous chantons des hymnes (2 Mach 10,7-38, Actes 16,25), nous échangeons le baiser de paix (1 Samuel 25,6 1Thes 5,26). Nous nous approchons de l’autel (Gen 12,7 Exode 24,4 Samuel 24,25, Ap 16,7) avec de l’encens (Jr 41,5 Ap 4,8) ; il y a un clergé (Exode 28,3-4 Ap 20,6), nous offrons du pain et du vin (Gn 14,18 Mt 26,26-28). Depuis le signe de croix jusqu’au dernier « Amen », (Cf. Néhémie 8,6, 2 Cor 1,20) la liturgie de la messe est entièrement tissée de gestes et de paroles bibliques.

Laisser un commentaire