La Foi procède du baptême

C'est le baptême qui donne la foi, et non l'inverse !

Pour faire suite à la précédente publication sur l’appellation particulière du dimanche qui suit Pâques, voici une observation sur une réalité théologique souvent ignorée : la Foi procède du baptême, et non l’inverse. Concrètement, il faut bien comprendre que c’est le Baptême qui procure la Foi, et que donc on peut difficilement sans le baptême faire une profession de Foi. C'est pour cette raison que les Néophites (les nouveaux baptisés) doivent suivre un enseignement "mystagogique" de la part de l'évêque pendant une semaine après leur baptême lors de la grande nuit de Pâques, comme nous l'avons expliqué ici. Dans un cadre liturgique, la profession de Foi ne peut donc pas être un préalable au baptême.

Cette idée a été exactement reprise dans l’Encyclique de Benoît XVI sur l’espérance (Spe salvi)

Jusqu'à présent, nous avons parlé de la foi et de l'espérance dans le Nouveau Testament et aux origines du christianisme; il a cependant toujours été évident que nous ne parlons pas uniquement du passé; la réflexion dans son intégralité intéresse la vie et la mort de l'homme en général, et donc nous intéresse nous aussi, ici et maintenant. Cependant, nous devons à présent nous demander de manière explicite: la foi chrétienne est-elle aussi pour nous aujourd'hui une espérance qui transforme et soutient notre vie? Est-elle pour nous « performative » – un message qui forme de manière nouvelle la vie elle-même, ou est-elle désormais simplement une « information » que, entre temps, nous avons mise de côté et qui nous semble dépassée par des informations plus récentes? Dans la recherche d'une réponse, je voudrais partir de la forme classique du dialogue par lequel le rite du Baptême exprimait l'accueil du nouveau-né dans la communauté des croyants et sa renaissance dans le Christ. Le prêtre demandait d'abord quel nom les parents avaient choisi pour l'enfant, et il poursuivait ensuite par la question: « Que demandez-vous à l'Église? » Réponse: « La foi ». « Et que donne la foi? » « La vie éternelle ». Dans le dialogue, les parents cherchaient pour leur enfant l'accès à la foi, la communion avec les croyants, parce qu'ils voyaient dans la foi la clé de « la vie éternelle ». En fait, aujourd'hui comme hier, c'est de cela dont il s'agit dans le Baptême, quand on devient chrétien: non seulement d'un acte de socialisation dans la communauté, non pas simplement d'un accueil dans l'Église. Les parents attendent plus pour le baptisé: ils attendent que la foi, dont fait partie la corporéité de l'Église et de ses sacrements, lui donne la vie – la vie éternelle.

Il est à noter que l'ancien rituel du baptême des enfants développait un peu plus le dialogue entre les parents / le parrain et le célébrant. Mais l'actuel rituel du baptême des adultes continue à poser les mêmes questions, à laquelle les catéchumènes sont supposés donner les mêmes réponses (je le cite en latin, pour montrer le texte en "version originale") :

Ordo Initiationis Christianae Adultorum, Sacr. Conc. Vat. II restitutum :

Tunc celebrans singulos candidatos interrogat primo, si casus ferat, de nomine civili seu de nomine familiae, nisi nomina, propter parvum numerum candidatorum, iam nota sint. Quod fit hoc vel simili modo:

Quo nomine vocaris?

Candidatus: N.

Singuli semper respondeant, etiamsi interrogatio semel tantum, ratione numeri candidatorum, a celebrante fiat. Si magis placet, celebrans singulos vocat nominatim; vocati autem respondent:

Adsum.

Reliquae interrogationes, propter magnum numerum, omnibus simul fieri possunt.

Celebrans: Quid petis ab Ecclesia Dei? Candidatus: Fidem.

Celebrans: Fides quid tibi praestat? Candidatus: Vitam aeternam.

 

Cette réflexion est à mettre en parallèle avec l’Ecriture Sainte. Nous avons en effet un verset de moins, dans le Nouveau Testament, que les Protestants. Le verset Ac, 8 37 est présent dans la TOB et dans Segond, mais est absent de la bible de Jérusalem et de la bible latine (Néo Vulgate). Cela signifie concrètement qu’il y a un numéro de moins, on passe directement de Ac, 8, 36 à Ac 8, 38. Regardons ce verset (TOB) :

Philippe dit: " Si tu crois de tout ton cœur, c'est permis. " L'eunuque répondit: " Je crois que Jésus Christ est le Fils de Dieu. "

Et qu’avons-nous, dans les bibles catholiques, autour de ces versets ? 

Ac 8,36 Et dum irent per viam, venérunt ad quandam aquam; et ait eunúchus: “Ecce aqua; quid próhibet me baptizári?”

Ac 8,36 Or, chemin faisant, ils rencontrèrent de l'eau, et l'eunuque dit : " Voici de l'eau; qu'est-ce qui empêche que je sois baptisé? "

Ac 8,38 Et iússit stare currum; et descendérunt utérque in aquam Philíppus et eunúchus, et baptizávit eum.

Ac 8,36 Et il ordonna d'arrêter le char, et ils descendirent tous deux dans l'eau, Philippe et l'eunuque, et (Philippe) le baptisa.

 

La croyance du préliminaire de la Foi pour obtenir le baptême n’est pas attestée dans les manuscrits les plus anciens de la Bible, c’est pourquoi la Néo-vulgate omet ce verset. Ac 8,37 qui n'est pas conforme à la pensée de l'eglise, à sa liturgie, et à sa pratique baptismale.

 

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