Jésus de Nazareth – Benoît XVI

Notre Pape explique lui-même dans l’avant propos de son œuvre les raisons qui l’ont poussé à entreprendre l’écriture de ce livre. Depuis les années cinquante et l’utilisation systématique de la méthode historico-critique, un fossé s’est creusé entre le Jésus historique et le Jésus de la Foi. Or l’incarnation est un des mystères fondamentaux de notre foi. Ainsi ce fossé entre histoire et foi est néfaste ne peut qu’être néfaste pour cette seconde. Dans la lignée d’une série d’ouvrage des années trente, notre Pape nous propose donc de redécouvrir la figure de Jésus au travers des Evangiles, sans omettre cependant de prendre en compte les apports des historiens et des exégètes de ces dernières décennies.

 

Ce livre ne représente que la première partie de cette œuvre ambitieuse. Benoît XVI prend soin de signaler qu’il est le fruit d’un long cheminement intérieur. En effet il a commencé la rédaction de cette œuvre avant son élection au siège de Pierre. Sans doute, cette œuvre est le fruit et le couronnement de sa longue vie de théologien.

 

Il commence son œuvre par une lecture presque chronologique de la vie de Jésus. En effet ses premiers chapitres sont consacrés au Baptême de Jésus, aux tentations dans le désert et au sermon sur la montagne. La lecture qu’il nous donne de ces évènements n’est pas seulement factuelle mais aussi et surtout théologique. Le développement qu’il mène sur le baptême de Jésus est particulièrement riche. En effet Benoît XVI nous invite à considérer ce baptême en partant de la Croix, à considérer ce baptême comme le consentement du Christ à porter le péché du monde. Le développement des tentations au désert est tout aussi riche. Dans le commentaire sur le sermon sur la montagne, Benoît XVI nous montre comment Jésus fait éclater sa nature divine.

 

Dans les autres chapitres, Benoît XVI aborde des sujets qui sont plus transversaux que chronologiques. On trouve d’abord un commentaire sur le Royaume de Dieu, en fait sur l’Evangile du Royaume de Dieu, sur le Notre Père, sur les disciples, sur les paraboles. Dans le commentaire du Notre Père, Benoît XVI nous propose de nous plonger dans la prière du Christ, de méditer chacune des demandes. Le commentaire de chacune des paraboles de l’Evangile n’étant pas l’objet de son œuvre, Benoît XVI nous propose d’en découvrir trois qui sont sans doute les plus connues et « dont la beauté et la profondeur touche instinctivement même les non-croyants » : La parabole du bon Samaritain, la parabole du fils prodigue et celle de Lazare et du riche.

 

Dans un chapitre particulier, il commente les grandes images de l’Evangile de Jean. Ces grandes images sont des symboles bien connus et qui peuvent nous paraître habituel : l’eau, la vigne et le vin, le pain et le pasteur. Il profite de ce chapitre pour faire une digression sur la question johannique, c’est-à-dire la question du véritable auteur de cet Evangile si particulier. Cette digression nous rappelle la genèse commune de tous les livres de la Bible : la liturgie. Et ce n’est qu’en se rappelant que les livres de la Bible ont été mis par écrit seulement pour servir d’aide mémoire à ce qui était prié dans les liturgies que l’on peut aborder cette question.

 

On trouve encore un commentaire de la confession de foi de Pierre et de la Transfiguration, il est étonnant de voir ces deux passages commentés dans un même chapitre. Le résultat en est particulièrement riche.

 

Enfin Benoît XVI fini la première partie de son œuvre en commentant les affirmations de Jésus sur lui-même. Ces dénominations bien connu de nous et quelque peu énigmatiques  de Fils de l’Homme et de Fils. Et un commentaire sur l’usage par Jésus de l’expression « Je suis » qu’il serait plus correct d’écrire « JE SUIS » pour mieux mettre en valeur le lien étroit de ces expressions de Jésus avec le nom de Dieu, YHWH.

 

Cet œuvre est d’une richesse rare, cependant elle gagne à être lu avec auparavant une connaissance intime des Evangiles. Par connaissance intime je n’entends pas plusieurs années d’études des Evangiles, mais une lecture cursive et si possible méditée des Evangiles. La présentation de la figure de Jésus par notre Pape en prend alors une dimension plus riche.

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