Jean-Baptiste : la violence des pacifiques

 

L'image “https://i0.wp.com/hdelboy.club.fr/saint_jean_1.jpeg?resize=257%2C349” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Cette année, la fête de la Nativité de Saint Jean Baptiste tombe un dimanche et prend donc le pas sur le Douzième dimanche « sur l’année », qui eût été sans cela à notre menu. C’est une bonne occasion de nous mesurer à cette figure majeure de notre christianisme, dont Jésus a proclamé que « parmi les enfants de la femme, il ne s’en été pas levé de plus grand que Jean» (Luc 7,28). Beau témoignage en vérité, qui nous encourage à donner au Baptiste une plus grande place dans notre prière et notre vie chrétienne.

 

Il nous restitue d’abord tout le côté ascétique de notre vocation de baptisés : cet amoureux du désert, « vêtu de poil de chameau avec une ceinture de cuir autour des reins »; « se nourrissant de sauterelles et de miel sauvage » (Marc 1,6) nous redit que nous ne sommes pas dans ce monde pour nous y installer, que le confort et la facilité dont nous jouissons ne sont pas éternels et qu’il serait bien, au moins à certains moments, de nous apprenions à nous en passer quelque peu pour redonner à l’amour de Dieu la première place dans notre vie et pour partager le sort de nos frères plus défavorisés : éprouver un peu la faim dans le jeûne, s’exposer quelquefois au froid, sortir sans argent dans sa poche, monter les escaliers sans sans prendre l’ascenseur, ne pas s’appuyer sur le dossier de son siège , que sais-je encore ?, tout cela n’est pas vain et participe à ce désir tenace de nous désencombrer pour Dieu : il s’agit de « préparer les chemins du Seigneur », comme l’a répété Jean le Baptiste.  Car les repus, eux, ne préparent pas grand-chose…

 

Jean nous rend peut-être un regard droit sur tous ceux qui ne sont pas de notre milieu. Aux publicains qui venaient à lui, aux soldats romains qui l’interrogeaient, il recommande les exigences élémentaires de la justice : « n’exigez rien de plus que ce qui vous a été fixé » (Luc 3,13), « ne faites ni violence ni tort à personne, et contentez-vous de votre solde » (Luc 3, 14). On a envie de dire : c’est tout ? Ces collaborateurs, ces envahisseurs, ces gens odieux pour des juifs convaincus ne sont là considérés que comme des êtres humains capables d’un certain progrès. On ne leur demande pas de devenir des pharisiens ou des zélotes, on ne les rejette non plus dans les ténèbres extérieures, on leur propose un pas en avant. Puissions-nous avoir ce regard juste sur ceux que nous rencontrons dans nos rues et jusque dans nos immeubles et qui semblent si loin de nous par la culture, les centres d’intérêt, et les convictions. Dieu leur demande non de se renier, mais de se convertir, ils ne ressembleront peut-être jamais à un français de souche, ils ne parleront pas comme nous, ils n’aimeront pas la même musique et ne mangeront pas les mêmes plats, mais ils peuvent, par nous, avec nous, découvrir la vérité qui est le Christ et s’y ouvrir.

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Jean est un vrai guide dans notre vie d’amour avec le Christ. Lui l’a aimé profondément. Il a même commencé avant de naître, puisqu’il a tressailli à son approche dans le sein de sa mère. C’est lui qui nous en parle comme de l’Epoux, dont il se dit l’ami (Jean 3,29). Ecoutons sa phrase étonnante : « Moi, je ne suis pas le Christ, mais je suis celui qui a été envoyé devant lui. Celui qui a l'épouse est l'époux; quant à l'ami de l'époux, il se tient là, il l'écoute et la voix de l'époux le comble de joie. Telle est ma joie, elle est parfaite. Il faut qu'il grandisse et que moi, je diminue » (Jean 3, 28-30). Tout est dit : par delà le rôle qu’il a eu à jouer pour un temps, faire connaître le Christ et sa mission, il se réjouit d’être seulement là pour le connaître, le voir agir, l’entendre parler. Sa joie est de n’être plus rien pour que Jésus soit tout et il se dit comblé par ce lien caché qu’il a avec lui…

Qui n’aimerait partager cela avec Jean ?

 

Michel GITTON

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