Importants changements liturgiques au Vatican (3ème épisode)

 "(…) J'ai toujours voulu rester fidèle au concile Vatican II, cet aujourd'hui de l'Eglise, sans nostalgie pour un hier irrémédiablement passé, sans impatience pour un demain qui ne nous appartient pas." Cardinal J. Ratzinger, Entretien sur la foi, éd. Fayard, 1997, p. 17.

Ad Orientem. 

D'après certains, pourtant réputés de "sensibilité " liturgique opposée, la messe célébrée vers l'Orient ou "dos au peuple" est absolument impensable avec le Missel actuel…

Ce n'est manifestement pas l'idée de notre pape. Observons immédiatement que le missel actuel prévoit, dans ses rubriques, la possibilité de célébrer "dos au peuple".

Au numéro 124, le Missale Romanum de 2002 mentionne ainsi :

Cantu ad introitum expleto, omnibus stantibus, sacerdos et fideles signant se signo crucis. Sacerdos dicit: In nómine Patris, et Fílii, et Spíritus Sancti. Populus respondet: Amen. Deinde, versus ad populum et manus extendens, sacerdos eum salutat, una adhibita e formulis propositis. Potest etiam ipse sacerdos vel alius minister, brevissimis verbis introducere fideles in Missam illius diei.

"Versus ad populum". Ceci est bien la preuve que le cas peut très bien se présenter où justement, la messe est célébrée vers l'abside et non vers le peuple, puisque la rubrique le mentionne. C'est ainsi d'ailleurs qu'a célébré Benoît XVI, pontificalement, ce matin pour le Baptême du Seigneur dans la chapelle Sixtine. 

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 Le pape a (détail ?) d'ailleurs célébré non pas en latin mais en Italien, peut être pour essayer de ne pas induire en erreur les gens : oui, c'est bien la "forme ordinaire" qu'il a célébré et même concélébrée ; ce n'est pas une façon pour lui, malgré toutes les bêtises que vont dire les journalistes, de "donner des gages aux traditionnalistes". La leçon est pour tous et chacun :

 « Après le Concile, qui lui-même ne mentionne pas de “se tourner vers le peuple”, on disposa partout de nouveaux autels, tant et si bien que l'orientation de la célébration “versus populum” parait être aujourd'hui la conséquence du renouveau liturgique voulu par le concile Vatican II. En fait l'orientation “versus populum” est l'effet le plus visible d'une transformation qui ne touche pas seulement l'aménagement extérieur de l'espace liturgique, mais implique une conception nouvelle de l'essence de la liturgie : la célébration d'un repas en commun. Cette notion résulte non seulement d'une fausse interprétation du sens de la basilique romaine et de la disposition de son autel, mais aussi d'une compréhension pour le moins approximative de ce que fut la sainte Cène » (Joseph, Cardinal Ratzinger, L’esprit de la liturgie, p. 65).

Bien évidemment, le Figaro s'est empressé de tomber (à dessein ?) dans ce piège ou dans cette incompréhension, comme le montre l'article ci dessous :

 

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Dans la Chapelle Sixtine, Benoît XVI a tourné le dos au fidèle à plusieurs reprises, une pratique courante de la liturgie ancienne qu'il a réhabilitée il y a six mois.

Benoît XVI rompt avec la tradition en vigueur depuis le Concile de Vatican II, et fait un pas vers celle, plus ancienne, du missel de Saint Pie V. Sous les majestueuses fresques de la Chapelle Sixtine, le pape a choisi de célébrer la messe non pas depuis l'autel situé face à l'Assemblée qu'utilisait Jean-Paul II, mais depuis celui plus ancien qui se trouve contre un mur, sous la fresque du Jugement dernier de Michel-Ange.

Mais, surtout, il a tourné à plusieurs reprises le dos à l'assemblée, une pratique abandonnée suite à la promulgation du missel de Paul VI en 1970 suite au Concile de Vatican II. Selon ce missel, le prêtre officie face aux fidèles et dans les langues vernaculaires.

Il y a six mois, Benoît XVI a lui-même réhabilité le missel de Saint Pie V, qui date de 1570, faisant un pas vers les catholiques traditionnalistes. Cette mise en œuvre inédite d'une pratique du rite ancien par le pape lui-même apparaît comme un nouveau geste à leur intention, même s'il a prononcé la liturgie en italien (conformément au nouveau rite) et non en latin.

 

 

 


Non, le Figaro a tort. Le pape ne rompt avec aucune tradition, et surtout pas avec Vatican II. Le Concile n'a jamais demandé que l'on célèbre exclusivement face au peuple, ni le missel romain y compris dans ses éditions les plus récentes (editio typica tertia 2002). Il est d'ailleurs tout à fait vain et même ridicule de chercher à interpréter les changements liturgiques au Vatican comme une sorte de manoeuvre politico-médiatique. Il est cependant exact qu'il s'agit en l'espèce d'une véritable évolution de coutume, puisque ce signe qui était cher au Cardinal Ratzinger notamment dans son livre sur la liturgie de 2001 n'a été que peu employé par ses prédecesseurs, comme le prouve cette photo dans la même chapelle sixtine :

 

 

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 Herméneutique de continuité ; La chapelle sixtine à travers les âges.

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