Importants changements liturgiques au Vatican (1er épisode)

On devrait toujours au moins orienter visiblement toute la communauté vers un crucifix placé devant ou sur l'autel (et non à côté : les regards doivent se concentrer sur le Christ, pas sur le prêtre !) (Joseph, Cardinal Ratzinger)

Les observateurs attentifs auront noté un certain nombre d'avolutions récentes au Vatican. Le nouveau maître des cérémonies pontificales, Msgr Guido Marini, paraît avoir ptis xomme livre de chevet le livre "évènement" sur la liturgie d'un certain Cardinal allemand, l'Esprit de la liturgie de Joseph Ratzinger.

Nous avions déjà dans ces colonnes souligné la question spécifique de l'autel, en faisant remarquer deux choses :

1 – la liturgie est célébrée par le Christ vers le Seigneur, quelque soit la position de l'assemblée. L'orientation de la célébration "vers l'Est" (c'est un pléonasme) est soit réelle (dans les églises construites vers l'orient) soit figurée.

2 – le missel romain actuel prévoit la célébration "ad orientem", et donc le cas échéant, "dos au peuple". Cela n'a rien de choquant, et des églises y compris récentes contruites au Vatican (cf. la chapelle Redemptoris Mater ) le prévoient.

On connaissait l'habitude de tous les souverains pontifes y compris après le Concile de célébrer de façon privée la messe dite "dos au peuple" . On connaissait également l'habitude de l'évêque de Rome de célébrer dans les basiliques majeures de la Ville à la fois "vers l'Orient" et "face au peuple, du fait de non par l'orientation mais de "l'occidentation" de Saint Pierre du Vatican, de Saint Paul Hors les Murs, de Saint Jean de Latran, et de Sainte Marie Majeure. Le primat de l'orientation c'est à dire de la célébration "vers l'Est" est bien établi, et ce y compris à l'époque contemporaine.

Le souverain pontife souhaite manifestement en donner une signification encore plus accentuée, secondé en cela par son maître des cérémonies pontificales.

 Les célébrations de Saint Pierre de Rome sont désormais clairement "orientées" vers le crucifix :

http://www.scholasaintmaur.net/img/images_benedetto/1_1_2008_2.jpgVoici une photo de la Solennité de l'Epiphanie, le 6 janvier 2008. On remarquera la présence de 7 cierges sur l'autel de Saint Pierre du Vatican, ainsi que d'un crucifix en plein centre de l'autel.

Ceci est tout à fait conforme à la liturgie romaine post conciliaire, et explicitement demandée dans les livres liturgiques les plus récents :

 Présentation Générale du Missel Romain, editio typica tertia 2002 . 117. [b] Sur l'autel ou alentour on mettra au moins deux chandeliers avec des cierges allumés – ou même quatre, ou six, ou encore sept si c'est l'Evêque du diocèse qui célèbre.
Ceremoniale Episcoparum, art. 125 Sont préparés (…) sept (ou au moins deux) candélabres avec les cierges allumés.

Au sujet du Crucifix, voici ce que donnent les normes liturgiques actuelles :

Présentation Générale du Missel Romain, editio typica tertia 2002. 308. De même sur l'autel ou à proximité, il y aura une croix, bien visible pour l'assemblée, et portant l'image du Christ crucifié. Il convient que cette croix demeure près de l'autel même en dehors des célébrations liturgiques, pour rappeler à l'esprit des fidèles la passion salutaire du Seigneur.

Il convient d'ailleurs que l'image du crucifié soit tounée vers la table de l'autel, y compris (comme c'est le cas sur cette photo) lorsque la Messe est célébrée face au peuple. 

 

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Voici ce qu'explique le Cardinal Ratzinger en 2001, quelque temps après la publication en français de son livre de référence, Introduction à l'Esprit de la Liturgie

 (journaliste) _ Vous insistez fortement sur l'« orientation » des églises (et donc de l'autel et du prêtre autant que de l'assemblée) vers le Soleil levant, le Christ. Cette direction symbolique, attestée dès l'Antiquité, connaît beaucoup d'exceptions (autel au centre chez saint Augustin, Saint-Pierre de Rome tourné vers l'Occident…). Faut-il être systématique en un tel domaine ?
 (Joseph, Cardinal Ratzinger) _ Je ne sais pas exactement comment saint Augustin procédait, mais je connais la conclusion de beaucoup de ses sermons, « Conversi ad Dominum ! » : toute la communauté, avec l'évêque, « se tournait » (convertere) vers cet Orient. Ce qui est important dans ce mouvement d'« orientation », c'est l'expression radicale de la dimension cosmique de la liturgie : elle n'est pas une petite chose dans ma maison,
mais l'inscription de notre vie et de notre histoire dans le grand mouvement du monde, avec toute la création ainsi transformée en symbole du Christ qui vient. C'est une interprétation eschatologique de la Création : nous sommes en chemin vers le Christ qui vient déjà, dans l'eucharistie, se rendre présent à nous dans le monde. La liturgie ne se laisse pas enfermer dans nos murs ; au contraire, elle les ouvre vers le soleil, vers la vraie Lumière du monde, le Christ qui vient nous rencontrer là pour nous guider vers les cieux nouveaux et la terre nouvelle. Je reste cependant très modeste quant à la mise en pratique de cela. On ne peut pas à nouveau tout changer dans la disposition de nos églises _ et je suis opposé aux changements permanents : il faut de la stabilité dans la liturgie ! Mais la croix peut très bien se substituer à l'Orient : s'il n'y a pas de possibilité de déplacer l'autel pour que toute l'assemblée « s'oriente » vers le Soleil levant, on devrait toujours au moins orienter visiblement toute la communauté vers un crucifix placé devant ou sur l'autel (et non à côté : les regards doivent se concentrer sur le Christ, pas sur le prêtre !).

 

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